mercredi 15 décembre 2010

Côte d'Ivoire - Opinions françaises divergentes - Michel Lambret

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Mediapart a mis en ligne le 13 décembre dernier, sous le titre "Je ne suis pas un partisan aveugle de Gbagbo, mais...", dans la section des "Invités de Mediapart" un "témoignage" sur les derniers évènements de Côte d'Ivoire, émanant de Michel Lambret. Témoignage qui fait suite à une série de révélations dues à l'organe d'Edwy Plenel, à propos des rôles, responsabilités et culpabilités françaises (MAM est dans le viseur) dans les tristes épisodes de Bouaké et, partant, dans les tirs sur la foule abidjanaise en 2004... En voici quelques extraits.

"Je ne suis pas un partisan aveugle de Laurent Gbagbo. J'ai vécu plusieurs années en Côte d'Ivoire à partir de 1988, j'y retourne régulièrement depuis pour des séjours plus ou moins longs, de deux ou trois mois à une année entière parfois. (...) Après avoir regardé jeudi soir le premier volet de l'enquête consacrée à cinquante ans de Françafrique, sur France 2, je reste stupéfait ! Stupéfait que le parallèle qui existe entre ce qui s'est déroulé par le passé dans d'autres pays africains et ce qui se déroule depuis 2002 en Côte d'Ivoire ne saute pas aux yeux des commentateurs et journalistes qui connaissent parfaitement ce jeu trouble que la France joue depuis 1960 sur ce continent.
"Je suis persuadé de deux choses. La première est que si MrOuattara accède au pouvoir en Côte d'Ivoire, il n'apportera pas le bonheur et la paix tant attendue, il n'améliorera pas la condition des citoyens ivoiriens et encore moins celle des habitants du nord du pays (ses plus fervents partisans). Le nord de la Côte d'Ivoire n'a aucun potentiel économique. La seule priorité économique qui concerne le nord de la CI est l'amélioration des voies de communications vers les pays voisins (Burkina Faso et Mali au premier chef et ensuite un axe vers la Guinée).
"La seconde est que dans quelques années, d'autres journalistes nous raconteront comment l'Elysée a tenté de renverser Laurent Gbagbo en septembre 2002 et comment après l'échec de cette tentative il a créé une situation de partition de fait du pays qui aurait du amener à un effondrement économique de la Côte d'Ivoire et à une chute du régime. (...) Le 19 septembre 2002 éclate la tentative de coup d'état, des combats ont lieu dans de nombreuses localités du pays et à Abidjan. Laurent Gbagbo se trouve à Rome, il fait appel à la France et demande que soient activés les accords de défense qui lient la Côte d'Ivoire et la France. L'Elysée refuse, arguant qu'il s'agit d'une affaire ivoiro-ivoirienne et propose à Gbagbo un asile doré en France. Contre toute attente Gbagbo regagne immédiatement Abidjan, il y est accueilli dès sa descente d'avion par de très nombreux habitants d'Abidjan et aussi par des militaires et des policiers fidèles. (...) Ce n'est que plusieurs jours plus tard, alors que les rebelles ont échoué dans la prise de contrôle d'Abidjan et qu'ils se replient vers le nord du pays que la France interviendra au motif d'éviter des massacres inutiles, créant ainsi une ligne de front et aussi les conditions de la partition de fait du pays.(...) Comme d'autres observateurs, je ne peux m'empêcher de penser que le déclenchement de la tentative de coup d'état en Côte d'Ivoire moins de 5 mois après la réélection de Chirac n'est pas fortuite. Peut-être va on tenter de nous faire croire qu'il n'y a plus de cellule africaine à l'Elysée et que, sous le règne de Sarkozy, les relations de la France avec ses anciennes colonies devenues des pays indépendants sont enfin normalisées. (...) La Françafrique existe toujours, elle ne poursuit plus l'unique but de l'indépendance énergétique de la France. Quels sont ses buts ? Empêcher un véritable démarrage économique de ces pays qui les mettrait en position de force dans la commercialisation de leurs ressources pétrolières, minières, etc. Pour cela il est impératif d'avoir des gouvernants africains dociles. Laurent Gbagbo a des qualités et des défauts mais la docilité n'est assurément pas ce qui le caractérise, alors que Ouattara !!! (...)

Dessin - Waga   Texte - Michel Lambret

La « stratégie des présidents de père en fils » [ FILM EXCLUSIF ] :www.AfriSCOOP.net

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Goma : Des Coups de feu dispersent les sympathisants de Vital Kamerhe

Après le lancement sans heurt de son parti politique UNC (Union pour la Nation Congolaise) à Kinshasa, le bouillant Honorable Vital Kamerhe, Ancien Président de l’Assemblée Nationale, a fait ce mercredi 15 décembre 2010 le déplacement de Goma, son fief naturel, pour y poser les structures de base de son parti politique nouvellement porté sur les fons baptismaux en R.D. Congo. Comme d’accoutumée au Congo-Kinshasa, toute rencontre d’un homme politique de la trempe de Vital Kamerhe, doit commencer par un petit bain de foule avec une courte adresse au large public avant d’entrer en réunion de travail avec les cadres locaux du parti politique. Si cette procédure n’a pas rencontré d’embûches à Kinshasa, à Goma, elle a été tout simplement bloquée et réprimée par des coups de feu. On a cru que les volcans environnants étaient entrés en ébullition sans préavis des géologues. 
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                           Ville de Goma: Rond Point Rutshuru
Attendu à Goma à 11h00, l’avion du Président de l’UNC a d’abord été bloqué lors de son escale à Kisangani pour un motif inconnu. Pour les observateurs, Kisangani serait complice de Goma dans le coup fait au Président de l’UNC. Mais n’ayant pas de raison de bloquer pour longtemps l’avion de Vital Kamerhe, la RVA Kisangani l’a finalement laissé s’envoler pour Goma où il a atterri à 15h30, heure de Goma. En l’absence du Gouverneur de Province, Son Excellence Julien Paluku Kahongya, en séjour à Kinshasa, le Président de l’UNC a été accueilli par le Ministre Provincial de l’Intérieur, Son Excellence Muhindo Mutete Mundenga. 
Le constat est que le blocage de l’avion à Kisangani a été plutôt bénéfique pour Vital Kamerhe car toute la ville a eu le temps d’apprendre la nouvelle du blocage et de vouloir exprimer sa sympathie pour ce fils du Sud-Kivu qui n’est pas inconnu au Nord-Kivu et qui dans l’opinion locale est l’un des grands favoris aux élections de 2011. Comme Goma porte mieux que quiconque les plaies de la guerre d’agression qui dure depuis 1996, il faut comprendre que l’idée du changement de régime en R.D.Congo est le mot de passe dans cette ville des volcans. L’éviction de Vital Kamerhe du perchoir de l’Assemblée Nationale pour avoir dénoncer l’alliance contre nature de Joseph Kabila avec le Rwanda fait de Vital Kamerhe un héros au Nord-Kivu car en effet, ce qu’il craignait est arrivé, à savoir, l’insécurité, les massacres des populations. Pour cela, Vital Kamerhe est tenu pour prophète dans cette partie du pays. 
L’annonce du ralliement sans condition et sans repentance aucune du CNDP, symbole des tueries massives au Nord-Kivu, à l’AMP, n’a fait davantage qu’éloigner les Nord-Kivutiens de Joseph Kabila, autorité morale et candidat présidentiel de l’AMP. Les Nord-Kivutiens auraient que Joseph Kabila conditionne l’adhésion du CNDP à l’AMP à l’arrêt des tueries, et à l’acceptation par l’armée du CNDP de servir aussi ailleurs qu’au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, et que les commanditaires des tueries soient punies par la loi congolaise. Aucun de cela n’a eu lieu. 
Et comme si cela n’était pas suffisant, au cours de la nuit précédente, l’épouse de l’évêque Levy Mbala Milenge de l’ECC/Nord-Kivu, Maman Viviane, a été assassinée en son domicile dans la nuit par des hommes en uniforme. L’évêque lui-même survivant de l’attaque lutte entre la vie et la mort.
Tous les ingrédients pour assaisonner un accueil délirant à Vital Kamerhe, le héros de la dénonciation de l'alliance avec le Rwanda,  étaient donc réunis. 
De leurs quartiers, les Gomatraciens ont convergé en grand nombre au Rond Point Bralima, Centre Ville de Goma, non loin de l’OZACAF et de l’Alimentation TUTANE pour s’offrir une petite consolation et une lueur d'espoir d'une alternance politique au Congo de la part de l’ancien speaker de la Chambre.
Mais la Police en avait décidé autrement. Des policiers armés jusqu'aux dents et munis des bombonnes de gaz lacrymogène, ont pris position au Rond Point Bralima pour disperser la foule nombreuse qui s’y était amassée et qui agrandissait au fur et à mesure que l’arrivée de Vital Kamerhe était retardée. Cette foule qui a déjà tant pleuré a résisté sans problème au gaz lacrymogène. Devant ce défi inattendu, la police a recouru aux tirs de sommation pour créer un climat de terreur dans la ville et disperser la foule. Mais ces tirs n’ont fait que répandre la présence de Vital Kamerhe dans la ville et la méchanceté de la Police de la ville de Goma.
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Le premier meeting de Vital Kamerhe n’a pas eu lieu mais son message sans mot est passé grâce à ceux qui l’avaient empêché de parler. Sans le savoir, la Police de Goma vient de faire de Vital Kamerhe, un autre héros de la lutte contre l’occupation de la R.D. Congo. 
Pour sa securité personnelle, Vital Kamerhe s’est refugié au gouvernorat. La question que tous se posent est de savoir pourquoi une autorité accueillie avec honneur par le Ministre de l’Intérieur qui a en charge la securité de la Province peut être empêché par la Police de saluer les membres de son parti ? Est-ce que la Police de Goma dépend toujours du Ministère de l’Intérieur, ou alord du gouvernement parallèle que Vital Kamerhe a fustigé hier à Kinshasa lors du lancement officiel de l’UNC ? 
Quoi qu’il arrive, l’arrivée de Vital Kamerhe à Goma est une grande réussite en ceci qu’elle a une fois de plus révélé que la République Démocratique du Congo n’est pas encore démocratique. Le peuple congolais est prêt pour la démocratie, mais ses dirigeants et leurs parrains internationaux ne sont pas prêts. C’est pourquoi l’opportunité de 2011 est une occasion en or pour que le peuple congolais reprenne son pouvoir de souverain primaire. Et pour cela, il faut des leaders convaincus et qui n’ont pas peur des armes ou de la mort car il n’y a pas de révolution sans martyrs. L’échec de la longue transition congolaise qui voulait se passer de la dure loi de la révolution est là pour rappeler aux congolais que leur libération ne fera pas l’économie de la lutte sous toutes ses formes. Les partis politiques de la R.D.Congo devraient se mettre en ordre de bataille pour diriger cette lutte congolaise contre les ennemis de la R.D.Congo. 
Vital Kamerhe vient d’en goûter à Goma. Ceux qui ont cru faire œuvre utile en empêchant son meeting de Goma, ont, sans le savoir, fait sa campagne. En effet Vital Kamerhe est apparu comme un des Nord-Kivutiens réprimés par les armes depuis 1996 et qui n’ont pas la liberté d’exprimer leur ras-le-bol. Pour les politiciens, cette empathie avec la base est un capital politique de haute facture. Il ne faut pas être prophète pour prédire que, plus l’armée réprimera les candidats de l’opposition au Nord-Kivu et ailleurs à l’Est du pays, plus l’AMP alliée du CNDP-symbole de la répression sanglante, perdra davantage sa crédibilité et peut-être aussi la bataille électorale de 2011.
 En effet, avec son monopole des armes, certains observateurs qui ne voient pas comment l’AMP alliée au CNDP non repenti peut remporter les prochaines élections en R.D.Congo, prédisent déjà le syndrome ivoirien avec la balkanisation de la R.D. Congo entre Est et Ouest. Le CNDP qui contrôle déjà militairement l’Est, constituerai l’armée de cette partie du pays où Joseph Kabila pourrait se refugier avec une défaite dans les urnes. L’infiltration incontrôlée de ceux qu’on appelle retournés du Rwanda ou déplacés de Masisi est perçue au Nord-Kivu comme un moyen de s’offrir une population sympathique parlant la même langue que les parrains rwandais du CNDP. Le refus d’arrêter ou de dénoncer les massacres actuels des populations congolaises du Nord-Kivu serait un message aux populations du Nord-Kivu qu’elles doivent laisser la place aux retournés du Rwanda plus proches du CNDP… Mais à la différence de la Côte d’Ivoire où chacun de deux belligérants est populaire dans son fief, le CNDP n’est ni populaire ni majoritaire à l’Est du pays. Il ne s’y maintient que par les armes. Pour que le CNDP établisse son règne à l’Est du pays, il a deux choix, notamment, la conversion à la vraie démocratie ou le génocide des populations congolaises qui lui opposent depuis toujours une résistance farouche. Pour l’instant, il parait que la deuxième voie soit celle sur laquelle le CNDP est engagée en dépit de bonnes intentions de démocratie exprimées ci et là. Au CNDP de prouver le contraire dans les jours et les semaines qui viennent. 
Interrogé sur le pourquoi de l’attitude de la Police de Goma, un policier qui a requis l’anonymat a dit que, d’après sa hiérarchie, l’heure de la campagne n’était pas encore arrivée et que Vital Kamerhe était accusée d’aller vite en besogne. Il y aurait donc une confusion entre lancement d’un parti politique, un rassemblement des membres d’un parti politique et une campagne électorale. Pourtant le lancement de l’UNC de Vital Kamerhe n’avait pas été réprimé à Kinshasa ? Pourquoi Goma fait-il toujours le contraire de ce qui se fait à Kinshasa ? 
Interrogés sur leur appartenance politique et sur leur candidat favori aux élections de 2011, plusieurs sympathisants n’ont pas caché leur profond mécontentement vis-à-vis du gouvernement actuel avec son record des promesses non tenues, l’insécurité, la collaboration avec le Rwanda qui n’a fait qu’accroître l’insécurité dans la région au lieu de l’éradiquer comme promis, etc. 
A la question de savoir s’ils sont pour Vital Kamerhe, plusieurs ont répondit qu’entre la vie et la mort, le choix est clair. D’autres ont dit qu’ils voudraient d’abord connaître tous les nouveaux candidats présidentiels pour se prononcer et qu’ils voulaient d’abord entendre le message de Vital Kamerhe. La bataille électorale de 2011 au Nord-Kivu s’annonce ainsi très dure et époustouflante pour les candidats qui devraient braver les intimidations de la police et faire mieux que d’entonner des petits slogans, faire une litanie des promesses, distribuer des pagnes frappées à leurs effigies, etc. 
De Goma,
A. Maene 
©Beni-Lubero Online

Gbagbo président ? J’applaudis !

lundi 6 décembre 2010 Botowamungu Kalome (AEM)
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Laurent Gbagbo|Photo d’archive


En empruntant ses raccourcis récurrents, dès lors qu’il s’agit de la politique africaine, et en affichant une sévérité à la tête du client, les autoproclamés « maîtres du monde » ont décidé de se substituer aux institutions de la Côte d’Ivoire. Et de dénier à ce pays l’essence même de l’existence d’un État : la souveraineté. Entre une « Commission électorale indépendante » composée très majoritairement des représentants de l’opposition et un Conseil constitutionnel dont les membres seraient proches du président sortant, le Conseil de sécurité de l’Onu, les États-Unis, l’Union européenne, la burlesque Union africaine, la France et même le moribond parti socialiste français ont décrété que la vérité était détenue par la Commission électorale présumée indépendante. Ces puissances détiennent, peut-être, les preuves de la défaite de Laurent Gbagbo, mais leur prise de position a-t-elle été équitable depuis toujours ? Rien n’est moins sûr.

De quoi parle-t-on ici ? D’un pays dont le président, Laurent Gbagbo, normalement élu a été empêché d’exercer son mandat dès la deuxième année. Au lieu de dénoncer une rébellion qui venait d’échouer dans sa tentative de coup d’État, la France et la Communauté internationale l’ont plutôt confortée en créant une zone tampon offrant ainsi le nord du pays à ce mouvement qui ne s’est pas privée de commettre des actes abominables y compris des assassinats à caractère ethnique. Pire, aucune pression n’a été faite sur cette rébellion pour qu’elle désarme ! Et quand Gbagbo posait le désarmement de ces forces comme préalable pour aller aux élections, il était accusé de vouloir prolonger indéfiniment son mandat. C’est ainsi que toutes les médiations de la crise ivoirienne ont abouti à des accords qui déchiraient, à chaque fois, une ou plusieurs pages de la constitution ivoirienne. Et c’est encore et toujours Gbagbo qui a dû prendre sur lui la décision de rendre éligible un Alassane Dramane Ouattara qui ne pouvait l’être qu’en tordant le bras au peuple ivoirien. Ironie du sort, Ouattara lui-même avait appelé à voter pour la constitution révisée qui excluait sa candidature à la présidence.

Ces élections exécrables que vient de connaître la Côte d’ivoire étaient, dès lors, inéluctables. En experts de caisse de résonnance d’une lecture infantilisante de la vie politique africaine, les médias occidentaux et la mission des Nations-unies en Côte d’ivoire ont décidé d’ignorer les rapports circonstanciés des observateurs africains qui ont noté des cas flagrants de fraude dans le nord contrôlé par la rébellion. Les puissances occidentales désignent Gbagbo comme fraudeur, ce qui n’est pas une hypothèse à écarter, mais oublient de se souvenir de la tentative de fraude monumentale découverte au sein de la Commission électorale indépendante avant l’élection. Le précédent président de cette commission, qui était issu des rangs de l’opposition, avait essayé d’introduire, souvenons-nous, 300.000 faux électeurs. Tentative de fraude qu’il avait reconnue, du reste, devant la justice. Et l’on n’évoque même pas ces bureaux de vote du nord où le nombre des votants dépassait celui des inscrits !

Cette façon de s’accommoder avec ces fraudes, et d’une manière générale d’une rébellion condamnable à tous points de vue, est pire qu’un procédé néocolonialiste, c’est trouver les Ivoiriens et les Africains d’une manière générale indignes de la démocratie, de la paix et de la liberté de décider souverainement de leur destin. Le dire fortement n’est pas soutenir Laurent Gbagbo, ni approuver l’ensemble de son œuvre qui a sa part d’ombre, mais c’est refuser une façon de traiter l’Afrique qui en fait le marchepied du cynisme de l’Occident mais aussi de ses fonctionnaires des Nations-unies dont l’arrogance en Côte d’ivoire devient la caractéristique principale de la tonalité de leur discours.

Ouattara est fâché avec l’alternance conforme à la constitution

Autant Laurent Gbagbo est connu pour nouer et dénouer avec ruse des alliances exclusivement à son avantage, autant Alassane Dramane Ouattara a montré, très tôt, son envie d’enjamber la constitution pour gagner la présidence de la République. Lorsque le président Houphouët Boigny disparaît, l’alors premier ministre essaye d’empêcher le président de l’assemblée nationale, Henri Konan Bédié, d’assurer l’intérim comme prévu par la constitution. Ce ne sera qu’une partie remise car il a été, au pire, le cerveau, au minimum, la caution politique, la face civilisée d’une rébellion qui a voulu écourter le mandat de Laurent Gbagbo. En répondant à la question « À qui a profité la rébellion ? », on arrive aisément à identifier ses vrais commanditaires.

Pour avoir accordé une légitimité sans contrepartie à la rébellion, la France et la Communauté internationale l’ont consacrée comme une forme de régulation de la vie politique admise en… Afrique. Que l’opposition ivoirienne conteste une décision du Conseil constitutionnel, cela relève de la vie normale d’un pays, mais que la France et l’ONU disqualifient, à moins de 24 heures, la décision du conseil constitutionnel d’un pays souverain, cela est étonnant. Ce soutien précipité, bruyant et ostentatoire apporté à Ouattara n’est pas le genre de légitimité qui sert un homme politique dans un pays où le peuple vit un patriotisme vif pour ne pas dire vigoureux quelquefois. Gbagbo aurait dû sans doute s’appeler Ali Ben Bongo, Blaise Compaoré, Denis Sassou N’Guesso, Joseph Kabila, Paul Biya, Faure Gnassingbé Eyadema… Ou la Côte d’ivoire aurait dû être aussi peu juteuse que la Guinée dont personne ne s’est soucié de vérifier si la décision d’entériner la victoire « improbable » d’Alpha Condé était juste ou pas.

Pour toutes ces raisons, j’applaudis la réélection de Laurent Gbagbo tant que des parties désintéressées n’apporteront pas la preuve que l’élection au nord n’a été entachée d’aucune irrégularité.

Botowamungu Kalome (AEM)

Le TP Mazembe affrontera l'Inter de Milan en finale du Mundial des Clubs 2010.

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L`armée ivoirienne tiendra l`ONU responsable de toute violence à Abidjan - RTI

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CPI : le fils de Jomo Kenyatta dans le viseur de Luis Moreno-Ocampo


15/12/2010 à 16h:39 Par La rédaction web de Jeune Afrique


Uhuru Kenyatta est l'un des six leaders politiques cités à comparaitre par le procureur de la CPI.Uhuru Kenyatta est l'un des six leaders politiques cités à comparaitre par le procureur de la CPI.© Reuters
Déjà accusé d’acharnement sur les Africains, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, risque de subir une nouvelle vague de critiques. Dans l’enquête sur les violences postélectorales de 2007-2008, il suspecte six responsables kényans de crimes contre l’humanité, dont Uhuru Kenyatta le fils du père de l’indépendance.
La liste du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, fait trembler le Kenyaau point que des mesures ont été prises par les autorités pour renforcer la sécurité dans tout le pays. Le chef de la police a mis en garde le personnel politique contre toute tentative d’incitation à la violence.
Trois ans après les violences postélectorales au Kenya, le procureur a révélé mercredi les noms de six suspects, dont ceux de deux présidentiables à l’élection de 2012. Moreno-Ocampo a demandé aux juges de la CPI de délivrer contre eux des citations à comparaître pour crimes contre l'humanité. Les deux personnalités les plus connues sont le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Uhuru Kenyatta, et le ministre de l'Éducation (suspendu pour une autre affaire), William Ruto. Ils sont membres des deux principaux partis de la coalition gouvernementale.
Deux dossiers d’accusation
Pour Moreno-Ocampo, il y a deux dossiers distincts de crimes contre l'humanité concernant les six suspects. Le premier met en cause trois membres de l'ethnie kalenjin, dont deux responsables du Mouvement orange démocratique (ODM) de M. Odinga : William Ruto et le ministre kényan de l'Industrialisation Henry Kosgey, ainsi que le directeur d'une station de radio locale, Joshua Arap Sang. Les trois hommes sont soupçonnés d'être les « principaux organisateurs et responsables » de crimes commis contre des partisans du Parti de l'unité nationale (PNU) du président Kibaki : meurtres, transferts forcés de population, persécutions basées sur l'appartenance politique et tortures.
Le second dossier concerne les trois autres suspects : deux responsables du PNU, le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta et le chef des services publics Francis Muthaura. Ils sont soupçonnés de crimes contre des sympathisants de l'ODM, ainsi que l'ancien chef de la police, Hussein Ali. Ils sont aussi accusés de meurtres, transferts forcés de population, persécutions basées sur l'appartenance politique, viols et autres actes inhumains.
Uhuru Kenyatta, fils du héros de l'indépendance kényane Jomo Kenyatta, s'est dit prêt à s'expliquer devant la CPI. « Je n'ai jamais commis aucun crime », a-t-il assuré. « Je me trouve à présent en position de suspect. Je suis prêt à répondre à toutes les allégations faites contre moi », a-t-il déclaré à la presse kényane.
« Long voyage pour la justice »
Nairobi ayant échoué à mettre en place un tribunal spécial pour juger les crimes commis après les élections de fin 2007, Moreno-Ocampo avait reçu le feu vert de la CPI, le 31 mars dernier, pour enquêter.
« L'intervention de la CPI n'est qu'une étape dans un processus », a déclaré le procureur lors d'une conférence de presse à La Haye. « L’avenir du Kenya se trouve dans les mains des Kényans, nous essayons de les aider ». « C'est le début d'un long voyage pour la justice au Kenya », a-t-il dit.
Au final, les six suspects de la liste « sont les principaux responsables mais bien sûr, il y en a beaucoup d'autres [...], nous nous concentrons sur les plus responsables », a poursuivi Moreno-Ocampo. Pour lui, « la période postélectorale de 2007-2008 a été l'une des périodes les plus violentes de l'histoire de la nation ».
Selon des chiffres de l'accusation, plus de 1 100 personnes ont été tuées, 3 500 blessées et jusqu'à 600 000 personnes déplacées lors des violences qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki, le 27 décembre 2007, face à son adversaire Raila Odinga, aujourd'hui Premier ministre du gouvernement de coalition. (Avec AFP)

Côte d’Ivoire : L’Onu et la France reculent, le Rhdp les suivra-t-il ?


Extrême tension à Abidjan (Photo archive : Afp)













(AfriSCOOP Abidjan) — Qui soutiendra le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), opposition politique, soutien d’Alassane Ouattara, « candidat élu » de l’élection présidentielle du 28 novembre, selon la Commission Electorale indépendante (CEI), à occasionner un bain de sang par la « marche pacifique » qu’il appelle, sera tenu « pour responsable » de cette solidarité.

Ainsi en a décidé, mercredi, l’armée régulière favorable à Laurent Gbagbo dans une déclaration lue à la télévision nationale par son porte-parole, le Lieutenant-colonel Hilaire Babri-Gouhourou.

Selon ce dernier, « des informations en possession de l`état-major des armées (...) affirment que le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d`Ivoire (Choi Young-Jin), soutient ces projets » ; ce qui suffit à la Grande muette ivoirienne pour tenir dans son collimateur le Sud-Coréen de l’ONUCI.

"Le général Philippe Mangou, chef d`état-major des armées et l`ensemble des FDS (Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire) tiennent M. Choi pour responsable des conséquences imprévisibles qui pourraient résulter de ces actions projetées", a ajouté le porte-parole.

Depuis mardi que le mot d’ordre de soutien tout azimut au gouvernement Guillaume Soro, Premier ministre d’Alassane Ouattara a été lancé par le président du directoire du RHDP, Alphonse Djédjé Mady, des partisans du candidat « vainqueur » du second tour du scrutin présidentiel du 28 novembre dernier, quittent massivement la zone Centre-Nord-Ouest (CNO), ex-rebelles.

Cette ruée que tente de contrôler les forces régulières, presque vain, a déjà fait une dizaine de blessés et quatre interpellations au Centre du pays, selon des sources officielles. Alors que les périmètres dans lesquels se trouvent la télévision et la radio nationale à Abidjan, sont hyper quadrillés par la gendarmerie fortement armés.

Devant ce tableau inquiétant et la mise en demeure de M. Choi par l’armée régulière, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon a réagi, appelant les parties ivoiriennes à éviter toute initiative pouvant entrainer la violence.

« Le Secrétaire général réitère son appel à toutes les parties ivoiriennes ainsi qu’à leurs sympathisants pour qu’ils fassent preuve de patience et s’abstiennent de toute action qui puisse, de manière accidentelle ou délibérée, mener à la violence », a indiqué son porte-parole Martin Nesirky dans une déclaration.

Ban Ki Moon est d’autant plus « préoccupé » que son Représentant spécial est très engagé dans la crise postélectorale et que l’armée avertit qu’elle ne lésinera sur aucun moyen en sa possession pour contrôler la situation le jeudi 17 et le vendredi 18 décembre.

« Les menaces lancées récemment par quelques commandants des forces de sécurité nationales de recourir à des solutions militaires, la confrontation qui a eu lieu entre les Forces nouvelles et les forces de sécurité nationales près de l’Hôtel du Golf le 13 décembre, et les marches prévues par les militants du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix », a rapporté Martin Nesirky la préoccupation du SG.

Mais la question qui se pose est celle de savoir si les responsables du RHDP seront attendris par cet appel pressant du chef de l’Organisation internationale accusée d’ « ingérence » par le camp de Laurent Gbagbo dans le processus électoral. YJ Choi, « un fonctionnaire onusien », selon M. Gbagbo et ses proches n’est pas habilité à décider du gagnant d’une élection présidentielle. Or, c’est qu’ils lui reprochent, le taxant d’avoir « précipitamment » certifié un scrutin en faveur de M. Ouattara alors que des représentants et des électeurs de La majorité présidentielle ont été « empêchés », « enlevés » et « violentés » dans les zones CNO.

Malgré la préoccupation de Ban Ki Moon et sa déclaration-alerte, le RHDP reste de marbre, laissant ses partisans descendre sur la capitale économique Abidjan et continuant à faire planer le spectre d’un face-à-face dangereux entre militaires et militants.

Dans ce contexte tendu, de défiance, la France réaffirme sa neutralité, selon son ministre de la Défense Alain Juppé, qui dans une déclaration à France Inter indique que des dispositions sont prises par l’Elysées en vue d’évacuer les ressortissants français si la situation basculait.

« Nous avons un dispositif en alerte pour évacuer le cas échéant, si des violences apparaissaient, nos ressortissants qui sont nombreux (environ 15.000, ndlr) Nous sommes en alerte et mobilisés et nous sommes en capacité de le faire », a-t-il déclaré, non sans en rajouter à la psychose déjà pesante.

Toutefois, un recul de la France est perceptible à la lumière de la réserve qu’affiche M. Juppé.

« Aujourd’hui, c’est une journée à risques, je voudrais en appeler de part et d’autre au sang-froid comme ça a été le cas depuis maintenant plusieurs jours », a appelé à la retenue la diplomatie Sarkozy.

A Abidjan, côté camp Laurent Gbagbo, la sérénité est de mise, le ministre de l’emploi et de la jeunesse, Charles Blé Goudé, chef des ‘’jeunes patriotes‘’ a appelé les partisans du président « investit » à garder leur calme et à continuer à ne pas céder à la provocation.

Côte d'Ivoire: le siège de la RTI convoité par les deux camps


Le siège de la RTI à Abidjan.
Le siège de la RTI à Abidjan.
source: Flickr

Par RFI
En Côte d’Ivoire, c’est ce jeudi 16 décembre que le camp d’Alassane Ouattara entend faire marcher ses partisans sur la RTI. Son Premier ministre Guillaume Soro a décidé d’y installer un nouveau directeur, Pascal Brou Aka, afin de « libérer » la télévision d’Etat. Pourquoi un tel abcès de fixation sur la RTI ? Quel est l’enjeu du contrôle de cette télévision ?
Le bras de fer Ouattara-Gbagbo va-t-il tourner à l'affrontement ? C'est la crainte de tout un pays et de la communauté internationale qui aura ce jeudi les yeux rivés sur la Côte d'Ivoire. En décidant de se rendre au siège de la Radio Télévision ivoirienne pour y installer un nouveau directeur général, Guillaume Soro, le Premier ministre désigné par Alassane Ouattara, joue une partie extrêmement risquée. Selon son porte-parole, la marche sera pacifique et encadrée, les principaux chefs militaires du pays ont été avertis et aucune provocation ne sera tolérée.

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL
Présidentielle en Côte d'Ivoire
Présidentielle en Côte d'Ivoire
Mais dans le camp de Laurent Gbagbo la manœuvre est jugée inacceptable. « Cette marche ne se fera pas », a annoncé le ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo, tandis que les forces de défense et de sécurité qui gardent la RTI ont par avance rendu l'ONU responsable des conséquences qui pourraient survenir.
La RTI est un enjeu crucial pour les deux camps. Depuis le début du mois, la RTI qui avait pourtant couvert de façon équilibrée la campagne électorale, s'est mise au service exclusif de Laurent Gbagbo. Aucun partisan du camp Ouattara n'est autorisé à s'y exprimer. Et Pour Guillaume Soro cette situation n'a que trop durée.
Reste que la perspective d'une épreuve de force en effraie plus d'un. Le secrétaire général de l'ONU s'est dit profondément préoccupé. Ban Ki-moon appelle toutes les parties ivoirienne à s'abstenir de toute action pouvant mener à la violence.
La RTI : un symbole du pouvoir
Vraie porte d’entrée du pouvoir en Côte d’Ivoire, la RTI est plus qu’un symbole. Régie par l’Etat, la Radiotélévision ivoirienne, de tous temps, est aux mains de ceux qui dirigent le pays. Le 24 décembre 1999, lors du coup d’Etat dit du « Père Noël en treillis », c’est à la RTI, et non à la Présidence, que feu le général Robert Gueï s’est rendu pour se proclamer dirigeant suprême.
Dans les campements, en brousse, on ne trouve souvent qu’un téléviseur autour duquel toute la communauté se réunit à la veillée. Les actualités télévisées en provenances de l’étranger sont suspendues, les télévisions privées ivoiriennes sont toujours absentes du paysage audiovisuel et la presse écrite, du fait de l’illettrisme, est toujours aussi peu lue.
La RTI est donc pratiquement la seule source d’information dans le sud du pays. Dans le nord, en ex-zone rebelle, c’est le contraire. Les médias des Forces nouvelles diffusent depuis fort longtemps la propagande inverse de celle de la RTI. C’est vrai que l’information y est tout sauf pluraliste, surtout en période de tension. Mais, le temps de la campagne électorale, la RTI a respecté son cahier des charges et offert un travail éditorial équilibré. Depuis, ce bastion du pouvoir en place monte de nouveau la garde.

Côte d’Ivoire : l’armée pro-Gbagbo met en garde contre des marches à Abidjan


Laurent Gbagbo avec des membres de son gouvernement à Abidjan le 7 décembre 2010 ©AFP








ABIDJAN (AFP)

L’armée fidèle à Laurent Gbagbo a mis en garde mercredi les partisans de son rival Alassane Ouattara qui ont prévu d’organiser des marches à Abidjan jeudi et vendredi pour prendre le contrôle des organes de gouvernement.

Dans le même temps, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré "profondément préoccupé par l’impasse politique" en Côte d’Ivoire, craignant un "retour à la guerre civile".

L’armée loyale à M. Gbagbo, qui s’est proclamé élu après le scrutin du 28 novembre en dépit d’une majorité de votes en faveur de M. Ouattara, a lancé à la veille de ces marches "un appel" aux Ivoiriens "à s’abstenir de s’associer à de telles entreprises périlleuses".

L’armée a également accusé le représentant spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire, Choi Young-Jin, de soutenir ces marches qui visent à prendre le contrôle de la télévision publique RTI et du siège du gouvernement.

La RTI, média essentiel du pouvoir à Abidjan, est actuellement totalement sous la coupe du camp de M. Gbagbo.

L’armée a rendu responsable par avance l’ONU d’éventuelles violences.

"Le général Philippe Mangou, chef d’état-major des armées et l’ensemble des FDS (forces de défense et de sécurité) tiennent M. Choi pour responsable des conséquences imprévisibles qui pourraient résulter de ces actions projetées", indique un communiqué de l’armée.

Hamadoun Touré, porte-parole de M. Choi, a qualifié de "fausses, injustes et infondées" ces accusations.

M. Ouattara a été reconnu vainqueur de la présidentielle par presque toute la communauté internationale.Mais le Conseil constitutionnel ivoirien a invalidé les résultats de la Commission électorale et annoncé la victoire du sortant, M. Gbagbo.

Dans la capitale administrative Yamoussoukro (centre), des sympathisants de M. Ouattara ont tenté de défiler, mais en ont été empêchés par les forces loyalistes, ont rapporté des témoins à l’AFP.Il y a eu plusieurs blessés et des arrestations, selon des témoins qui n’ont pu donner de chiffres précis.

A Abidjan, Charles Blé Goudé, chef des patriotes pro-Gbagbo et fer de lance des manifestations anti-françaises de 2003 et 2004 nommé ministre de la Jeunesse et de l’Emploi du gouvernement Gbagbo, a promis d’agir "bientôt"."Je ne suis plus prêt à tolérer des vampires prêts à boire le sang des Ivoiriens.Je vais agir bientôt", a-t-il lancé à quelque 3.000 jeunes.

Dans le quartier d’Abobo, qui a voté à une écrasante majorité pour M. Ouattara, un journaliste de l’AFP a constaté un déploiement très visible des forces de l’ordre (policiers, gendarmes et militaires).

Le Premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro, veut se rendre jeudi à la RTI avec ministres et partisans pour installer un nouveau directeur général, et prendre possession vendredi des locaux officiels du gouvernement, occupés par le Premier ministre de Gbagbo, Aké N’Gbo.

En cas de confrontation jeudi et vendredi entre militants des deux camps, la France n’a "aucune intention d’intervenir militairement" pour s’interposer, a affirmé mercredi le ministre de la Défense, Alain juppé "C’est à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités", a-t-il ajouté.

Sa collègue des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a estimé que "Gbagbo est en train de jouer le pourrissement de la situation et il se dit que la communauté internationale finira par s’effriter ou par céder".

Face à cette impasse, le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, pourrait de se rendre d’ici vendredi à Abidjan pour relancer les efforts de médiation dans la crise ivoirienne.

Congo-Kinshasa: 2011 - Tshisekedi active le Téléphone Rouge !


15 Décembre 2010

Kinshasa — Etienne Tshisekedi a été élu, par consensus, Président de l'Udps et investi candidat du parti pour l'élection présidentielle 2011. Telles ont été les résolutions 02 et 03, prises à l'issue du 1er Congrès de l'Udps, clôturé par lui-même, l'«intronisé», hier mardi 14 décembre 2010, au Centre Féminin Mama Mobutu, à Limete 13ème rue.

« C'est avec émotion et joie que j'accepte d'être le Président de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social ; d'être candidat du parti aux élections présidentielles de 2011», a répondu Etienne Tshisekedi à la question qui lui a été posé par Joachim Mukwasa, s'il acceptait d'être le président de l'Udps et candidat du parti. Il faut dire que le Congrès de l'Udps a connu plusieurs moments forts.

Pour le meilleur et pour le pire, le Mlc et alliés aux côtés de l'Udps en 2011 ! Le Mlc, le Front Commun des Forces de changement et de Progrès, le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), le G14, le MLP, le RCD National ainsi que d'autres partis ont manifesté leur voeu d'accompagner l'Udps jusqu'à sa victoire finale.

Au sein du Front Commun des Forces de Changement et de Progrès, on retrouve l'Ecidé de Martin Fayulu, le MPCR de Jean-Claude Vuemba, le Parti Travailliste de Steve Mbikayi, le Rader de Auguste Mampuya, le MLP de Franck Diongo, le parti de Mme Tacher ainsi que des indépendants comme Jacques Chalupa. Entre autres alliés de l'Udps ayant été à la « manifestation populaire », le Docteur Kabamba et le Docteur Buasa du G14. L'émotion était vive parmi les représentants des partis politiques amis.

Pour Constant Nda Ombel, s'adressant à Etienne Tshisekedi au nom de son parti le Mlc « Votre combat, c'est notre combat. Nous seront à vos côtés jusqu'à la victoire finale ». Quant à Jean-Claude Vuemba, l'Opposition ne peut aller de l'avant sans Tshisekedi. Le Docteur Kabamba quant à lui, s'adressant à Tshisekedi, déclare : « Nous avons été avec vous dans cette lutte.

Nous sommes vos élèves et nous sommes fiers de ne pas être impliqués dans les assassinats et les violations des droits de l'homme». Le téléphone rouge de Tshisekedi Le Président de l'Udps pour sa part, s'est beaucoup attardé sur les résolutions prises lors du Congrès, lesquelles devront être comprises par les combattants et combattantes.

Pour stratégie de campagne, le sphinx de Limete a parlé du « Téléphone rouge ». « Nous allons faire fonctionner ce qu'on appelle téléphone rouge 'de bouche à l'oreille'. C'est le téléphone de nos ancêtres et il était efficace », a expliqué Etienne Tshisekedi.

Pour la restitution des travaux du premier congrès, il a déclaré aux congressistes ce qui suit : « vous êtes les messagers non seulement de la base, mais de l'ensemble de notre peuple.

Faites tout pour vulgariser les résolutions de notre premier congrès. Si le peuple comprend ce qui s'est passé ici, il aura le courage de ne pas mourir de faim ». « Nos partenaires ont fait des déclarations.

Cela veut dire qu'ils ont répondu à l'appel que nous avons lancé », a encore ajouté Etienne Tshisekedi. A part la réconciliation qu'il a recommandée aux combattants de son parti, il a beaucoup prêché sur l'importance de contribuer mensuellement, étant donné que le congrès était un lieu du changement.

« C'est ensemble que nous allons donner aux congolais un Congo nouveau », a-t-il renchérie. L'Udps est déterminée à ne pas recourir aux étrangers pour financer ses élections. Pour rappel, la clôture du premier congrès a coïncidé avec l'anniversaire d'Etienne Tshisekedi qui, est né un 14 décembre.

Sortie officielle Vital Kamerhe

TP Mazembe 2 - 0 SC Internacional

Les criminels de guerre, entre les “faiseurs de paix” et les “justiciers”

Depuis le début des années 90 et la fin de la guerre froide, la justice internationale s’est invitée à la table des diplomates et des médiateurs : des tribunaux spéciaux ont été créés, pour l’ex Yougoslavie et le Rwanda, la Cour pénale internationale a vu je jour en 2002. Deux logiques semblent désormais s’affronter : d’une part celle des « faiseurs de paix », qui déploient tous leurs efforts pour mettre fin aux conflits armés et amener toutes les parties à la table de négociations. Cette démarche les oblige donc à traiter avec les groupes rebelles, les seigneurs de la guerre, les dictateurs. En face d’eux, les hérauts de la lutte contre l’impunité montent en puissance: ils estiment que la justice n’est pas négociable, que la mettre de côté, au nom du réalisme politique, équivaut à jeter les bases de futurs conflits, à permettre la réédition des crimes du passé, puisqu’ils ont pu demeurer impunis.

Invité par le GRIP, (groupe de recherches et d’information sur la paix) à l’occasion de son dernier et percutant ouvrage (1)l’essayiste suisse Pierre Hazan observe depuis de longues années cette montée en puissance de la « diplomatie judiciaire », ses trébuchements, ses avancées, ses contradictions apparentes. Il rappelle la formule de Galtung, « la paix est plus que l’absence de conflits violents et directs ». Pour lui, la négociation politique, tout comme les processus de poursuite des criminels de guerre, doivent aboutir à une « paix positive », qui permette la réconciliation entre les différents groupes, la reconstruction de la société.

Avec lucidité, ce praticien du droit international basé à Genève estime que « la justice pénale internationale est nécessaire, mais insuffisante : elle coûte cher (chaque procès à la Haye coûte plus de 10 millions de dollars), elle est lente, les populations n’en voient pas les effets, elle n’a pas d’impact social car elle ne prévoit ni aide ni indemnisation pour les victimes.. » D’autres mécanismes doivent donc accompagner cette lourde machinerie, des processus qui trouvent leurs racines dans les cultures traditionnelles comme la « gaçaça » ou « justice communautaire » au Rwanda, des programmes de démobilisation et de réinsertion des ex combattants, qui furent menés avec succès au Mozambique, permettant aux anciens belligérants de retrouver leur place dans la société.

Pierre Vincke, au nom de l’ONG Justice et Démocratie, a précisément mené de telles actions en Afrique centrale. Il estime qu’au Rwanda, de réels succès ont pu être enregistrés : « nous avons formé des juges et des officiers de police, nous avons pu mettre en place un système de libération progressive des prisonniers ». Il avoue cependant un échec: « lorsqu’il s’agissait de mettre en cause et de juger des membres de l’armée patriotique rwandaise pour leurs crimes et exactions, nous nous sommes heurtés à un blocage… » Quant au Burundi, où le président Nkurunziza a cependant promis, au moment de son investiture, de mettre en place des processus de « justice transitionnelle » et de réexaminer tous les crimes commis de 1972 jusqu’à nos jours, Pierre Vincke n’a pu que constater combien, sur le terrain, la situation demeurait bloquée, l’impunité demeurant la règle pour tous les auteurs de crimes de guerre, dont beaucoup se sont retrouvés dans les structures de pouvoir, par la magie des négociations de paix…

Même aveu d’impuissance relative dans le chef de Reed Brody, de Human Rights Watch : «nous avons salué comme un grand succès la naissance de la CPI, rêvé d’une architecture de la justice internationale. L’affaire Pinochet avait donné de l’espoir aux victimes et nous pensions que les victimes du dictateur tchadien Hissene Habré toujours réfugié au Sénégal, étaient elles aussi en droit de croire en la justice. Sur bien des points, nous avons du déchanter : les Africains, Sénégalais en tête, s’opposent à ce que Habré soit livré aux juges et surtout il y a le risque de voir apparaître une justice à deux vitesses, pratiquant le » double standard ». Lorsque la justice internationale est impuissante contre les grands, qu’elle ne peut juger les tortionnaires d’Abou Ghraib en Irak, les responsables de Guantanamo, la crédibilité de l’entreprise est mise à mal, les efforts contre les « petits tyrans » se trouvent sapés… »

Pour le professeur de droit Eric David, tous ces obstacles ne doivent pas décourager : «A chacun son travail. ..La justice doit faire son œuvre, et ne pas être un alibi à la faiblesse ou la faillite des Etats… Il n’est pas démontré que l’exercice de la justice puisse menacer la paix. Par contre, ce qui est sûr, c’est que l’absence de justice peut menacer la paix, inciter à la récidive… »

Alors que le secrétaire général de l’Union africaine, reflétant le point de vue de nombreux Etats membres, estime que le continent « sert de cobaye à cette expérience de la justice internationale » et que de nombreux pays s’organisent pour défier le mandat d’arrêt décerné contre le président soudanais Omar el Bechir, estimant qu’il est injuste et contre productif, Pierre Hazan estime que le choc frontal entre la paix et la justice peut être évité : “il faut élargir les définitions. Si la paix est plus que la cessation des hostilités, la justice elle non plus ne doit pas se réduire à l’exercice d’une sanction pénale…On peut procéder par séquences : si des médiateurs estiment que pour faire avancer les processus de paix, ils doivent traiter initialement avec des criminels de guerre, ils peuvent néanmoins introduire dans les négociations des éléments qui, par la suite, satisferont les victimes, comme l’exigence de localisation des corps des disparus, ou l’instauration d’une justice pénale. En outre des mécanismes non judiciaires peuvent être mis en place, afin d’aider les victimes, de réinsérer les anciens combattants dans la société et il ne faut pas craindre de recourir à des processus traditionnels, propres à la culture des différents pays »

Mais tout cela suppose aussi l’abandon de conceptions trop rigides de la paix et de la justice, dont les termes et les délais sont souvent dictés selon des normes occidentales…


(1)Pierre Hazan, La paix contre la justice, comment reconstruire un Etat avec des criminels de guerre ? Editions GRIP André Versaille, 9,50 euros