vendredi 27 janvier 2012

Irresponsabilité de «KABILA» : L'Angola vole au Congo plus que la Communauté Internationale !

image Edwardo DOS SANTOS

La République d’Angola exploite des champs pétroliers se trouvant sur les eaux territoriales de la RDC, qu’elle tire de ces champs, une production journalière de 500 mille barils, et que la RDC perd, du fait du captage par l’Angola de cette production, des recettes publiques estimées à plus de 10 milliards pour la seule période allant de janvier à octobre 2011.

Uniquement sur la période allant de janvier à octobre 2011, la production pétrolière de l’Angola s’élève à 500.475.576 barils par jour. Le Trésor public angolais a encaissé 25.609.929 dollars américains contre rien à la partie congolaise.

En attendant l’aboutissement heureux d’éventuelles négociations, à entamer en 2014, le manque à gagner pour le Trésor public congolais s’élèverait à, au moins, 10 milliards de dollars américains pour l’exercice 2011. L’ardoise risque d’être très salée lors des négociations visant à rétablir la RDC dans ses droits.

Alors que la République démocratique du Congo peine à se trouver des ressources financières pour le financement de son budget, la République d’Angola, vient de battre son propre record en recettes pétrolières. En dix mois, la production pétrolière angolaise a atteint le pic de 430.730.610,470 barils, selon des statistiques publiées par le gouvernement de Luanda jusqu’au troisième trimestre 2011.

Pour le gouvernement angolais, il s’agit d’une contreperformance dans la mesure où, «ce volume de production est inférieure à ce qui avait été programmé, parce que tout au long de l’année, ont surgi de problèmes technico-opérationnels et ont connu d’interruptions temporaires, pour la manutention dans certaines installations», note un officiel en charge du secteur pétrolier.

Au prix moyen pondéré de 110,43 dollars américains, un pactole de 25.609.841.929 dollars américains constitue l’encaisse en faveur du Trésor public angolais, selonune dépêche de l’agence de presse officielle angolaise, angop datée du mardi 10 janvier. La production journalière angolaise étant de 1.646.301 barils.

Par ailleurs, cette somme ne représente que la quote-part revenant à Sonangol, l’opérateur public du pétrole en Angola. Grâce au contrôle qu’il exerce sur des surfaces importantes, notamment dans les eaux territoriales congolaises, l’Angola consolide son leadership et se classe en ordre utile pour assurer le bien-être et le développement de sa population.

LES BLOCS 14 ET 15

Qu’en est-il alors des blocs pétroliers se trouvant dans les eaux territoriales congolaises, notamment les blocs 14 et 15 ? Selon des informations livrées par l’agence PANA en date du 5 novembre 2010, le contentieux sur le plateau continental, soumis à l’arbitrage de l’ONU porte sur une réserve pétrolière s’étendant sur 4.000 km2.

Dans cette zone pétrolière, l’Angola puise 500.000 barils par jour. Une quantité qui normalement devrait revenir à la RDC, si les autorités s’étaient avisées d’investir dans le secteur pétrolier.

L’arbitrage onusien appelé à rétablir la RDC dans la jouissance de ses droits sur cet espace maritime de 40 km au large de la côte sur 200 km en profondeur. Selon la législation internationale en la matière, en cas de limitation correcte des frontières maritimes, la RDC pourrait retrouver les blocs 14 et 15 regorgent d’une réserve pétrolière de 4 milliards de barils, selon des experts.

Le manque à gagner pour la RDC est évident. Les 500.000 barils de production journalière représentent un cumul de 150 millions de barils. Au prix de vente moyen pondéré de 110 USD comme appliqué par l’Angola, il se constate qu’à cause d’un manque de vision des Congolais depuis des décennies, plusieurs milliards de dollars américains échappent au Trésor public congolais.

Sur les dix mois de l’exercice 2011, le manque à gagner oscille entre 10 et 15 millions USD. Enorme, pour un pays qui aligne un modeste budget de 4 milliards USD en ressources propres. Lorsque l’on sait qu’en matière de pétrole, les chiffres ne sont jamais exacts, ils sont sous-évalués, le manque à gagner doit être important.

SILENCE RADIO A KINSHASA

A Kinshasa, curieusement, cette manne pétrolière qui échappe au Trésor public ne semble pas émouvoir outre mesure les Congolais. Le silence de Kinshasa, qui attend poursuivre les négociations sur ce contentieux avec l’Angola, suivant le tempo imposé par Luanda démontre que la bataille est loin d’être entamée.

Le dépôt en mai 2009 d’une requête à l’arbitrage international en vue d’obtenir l’extension du plateau continental dans le cadre de la délimitation des frontières maritimes conformément aux droits à la mer, ne suffit pas à elle seule. Des actions diplomatiques doivent accompagner cette initiative pour s’assurer d’un aboutissement heureux.

L’Angola qui a intérêt à faire tirer les négociations en longueur, soutient l’option d’une zone d’intérêt commun sur les gisements situés dans les eaux territoriales congolaises. Paradoxe, dans le cadre des rapports entre Etats indépendants ! L’application des dispositions pertinentes contenues dans la Convention Montego-Bay permettrait à la RDC de se frayer une place de choix parmi les producteurs du pétrole en Afrique.

Le dernier passage du Premier ministre à Luanda, tous attendaient voir cette question être réglée dans le sens de rétablir la RDC dans ses droits. Cette réclamation mettrait-elle les relations entre les deux Etats en péril au point d’éviter d’aborder la question ?

Interrogation pertinente dans la mesure où la RDC est à la recherche des fonds pour sa reconstruction.
[Le Potentiel]

Les clarifications du cabinet du Premier ministre

Le Cabinet du Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République a lu avec intérêt l’article publié à la Une de votre journal, dans sa parution du 12 janvier, sous le titre «L’Angola doit au moins 10 milliards USD à la RDC».

Dans cet article, il est affirmé sans ambages que la République d’Angola exploite des champs pétroliers se trouvant sur les eaux territoriales de la RDC, qu’elle tire de ces champs, une production journalière de 500 mille barils, et que la RDC perd, du fait du captage par l’Angola de cette production, des recettes publiques estimées à plus de 10 milliards pour la seule période allant de janvier à octobre 2011.

Tout en reconnaissant l’existence d’un différend issu des prétentions légitimes de nos deux pays à fixer les limites de leurs espaces maritimes respectifs, en application de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer, le Cabinet du Premier Ministre de la République s’insurge contre la manière simpliste avec laquelle la gestion de ce dossier ainsi que ses enjeux financiers sont présentés, par votre prestigieux journal, sans doute pour stigmatiser un prétendu immobilisme de la partie congolaise.

En effet, la République Démocratique du Congo et la République d’Angola ne sont pas les seuls Etats côtiers à soutenir des prétentions «contradictoires» sur la délimitation de leurs espaces maritimes. Bien au-delà de l’extension du plateau continental, le différend entre les Etats côtiers porte d’abord sur la délimitation des frontières latérales de leurs mers territoriales et de la Zone Economique Exclusive.

Indépendamment des enjeux financiers d’une telle délimitation, il s’agit essentiellement d’une question éminemment technique et la prise en compte de ces aspects techniques influence et conditionne la gestion politique de ce dossier.

Conformément au droit international de la mer ainsi qu’à la pratique des Etats côtiers en matière de règlement des litiges relatifs à la délimitation des espaces maritimes, la République Démocratique du Congo et la République d’Angola se sont engagées dans la voie du dialogue pour concilier les divergences découlant de la délimitation de leurs espaces maritimes respectives.

Cette volonté commune avait d’abord abouti à la conclusion, le 30 juillet 2007, d’un accord portant sur l’exploitation et la production des hydrocarbures dans une Zone Maritime d’Intérêts Communs. C’est pour mieux préserver les intérêts de l’Etat que, nos prétentions sur nos espaces maritimes ont été par la suite confirmées par la Loi n°09/002 du 07 mai 2009 portant délimitation de ces espaces.

La promulgation de cette loi était une condition nécessaire à la préservation des prétentions de notre pays à l’extension de son plateau continental, à travers l’introduction d’une requête préliminaire auprès de la Commission des Nations Unies chargée des limites des plateaux continentaux.

C’est ce qui a été fait, en date du 11 mai 2009. Une des conséquences de cette délimitation est qu’elle impliquait une redéfinition des Zones d’intérêts communs initialement fixées entre la RDC et l’Angola. C’est l’objet des contacts maintenus par les autorités des nos deux pays, notamment à travers les deux visites de travail effectués par le Président de la République à Luanda, en 2010 et en 2011, les deux visites de travail effectuées par le Premier Ministre, à Luanda, au cours de ces deux dernières années ainsi que les différents contacts au niveau ministériel.

En vue de maîtriser l’ensemble des données techniques nécessaires à la discussion sur les frontières latérales respectives de nos espaces maritimes ainsi qu’à l’élargissement de notre plateau continental au-delà de la limite minimale de 200 miles marins, la République Démocratique du Congo a mis sur pied une Commission Nationale d’Etudes chargée du dossier du plateau continental et cette Commission est à pied d’œuvre.

C’est donc dans la confrontation de nos données techniques respectives sur les frontières latérales de nos espaces maritimes que nos deux Etats devront ensuite aboutir à une délimitation commune et, sur cette base, conclure de nouveaux accords instituant des Zones d’Intérêt Commun sur une bande adjacente auxdites frontières latérales. En l’absence de telles données techniques, les discussions au niveau politique risqueraient de se terminer sur un bradage de la souveraineté des Etats. Aucune considération financière ne justifierait une telle approche.

Ainsi, en attendant d’arriver à cette délimitation commune ou, à défaut d’accord, à la délimitation que fixerait l’arbitrage international, les accusations de captage de production ne traduiraient que la volonté unilatérale d’un Etat. Cet unilatéralisme ne se justifie aucunement au vu de bonnes relations qui caractérisent l’histoire de nos deux pays.

Bien plus, les estimations de votre journal sur le volume de production pétrolière de l’Angola ainsi que sur les prétendus manque-à-gagner pour la RDC, en termes des recettes publiques, à côté de leur caractère fantaisiste, ne contribuerait qu’à plomber les dispositions actuelles de nos deux Etats à évoluer rapidement, sérieusement et valablement, vers le règlement pacifique de ce dossier, ainsi que le font les nombreux pays signataires de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui connaissent aujourd’hui encore, des problèmes de délimitation de leurs espaces maritimes.

Sans doute, les éclaircissements ci-dessus contribueront-ils à mieux éclairer le débat sur les enjeux de la gestion du dossier de la délimitation des espaces maritimes et de l’exploitation des richesses y afférentes.

Pour le Cabinet du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Jacques FUMUNZANZA MUKETA, Directeur du Cabinet NDLR: Wait and see (attendons voir)

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