mardi 4 septembre 2012

Kampala 2 : une distraction de plus

le mardi 4 septembre 2012

CIRGL et crise dans l’Est de la RDC




Pure distraction que de se rendre à Kampala pour une seconde réunion des chefs d’Etat de la CIRGL. Les dernières sorties de Kigali sont contraires aux recommandations formulées lors de la rencontre d’Addis-Abeba enjoignant Kinshasa et Kigali à adopter des attitudes d’apaisement.

Passant outre cette recommandation, Kigali multiplie des déclarations et manipulations afin de porter l’estocade sur Kinshasa en la mettant en porte en faux vis-à-vis de sa population.

Après le rendez-vous manqué du 9 août 2012, les dirigeants des pays membres de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) se retrouvent les 7 et 8 septembre à Kampala, capitale de l’Ouganda, pour lever une option définitive sur le déploiement d’une force internationale neutre dans la partie Est de la RDC.

Il s’agit pour les chefs d’Etat des pays membres de la CIRGL d’avaliser les conclusions du sous-comité des ministres de la Défense de la CIRGL qui a abouti, le 16 août 2012, au terme de trois jours de discussions à Goma, à une mouture d’opérationnalisation de cette force.

La nouvelle donne

Cependant, la nouvelle rencontre de Kampala se tient dans un contexte tout à fait particulier. Beaucoup de choses ont changé, entre-temps. C’est notamment ces révélations contenues dans la dernière interview de James Kabarebe, ministre rwandais de la Défense, publiée sur le blog de Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir.

L’autre fait de l’actualité qui aura sans doute des répercussions sur la deuxième rencontre de Kampala est le retrait annoncé à grande pompe par Kigali de ses forces spéciales, positionnées depuis les opérations conjointes de 2009 dans la partie Est de la RDC, essentiellement dans le territoire de Rutshuru.

Autant de pressions qui devaient influer sur la rencontre de Kampala 2. Dans quelles conditions Kinshasa pense-t-il aborder ce deuxième round de négociations ?

Va-t-il céder finalement au chantage de Kigali qui, apparemment, a fait monter les enchères avec les événements de ces derniers jours ? L’on ne sait de quelle manière Kinshasa entend intégrer cette nouvelle donne.

Toujours est-il que depuis dimanche, le gouvernement est en alerte maximale d’autant plus que l’offensive rwandaise vise directement l’opinion publique congolaise. En première ligne, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, qui s’est exprimé sur les antennes de la télévision publique, le dimanche 2 septembre.

Il récidive 24 heures seulement après, afin de porter une voix plus audible à travers l’ensemble des organes de presse présents dans la capitale congolaise.

Preuve que les dernières sorties médiatiques du Rwanda, à l’occurrence celle de James Kabarebe et le retrait des troupes spéciales, ont été prises très au sérieux dans la capitale congolaise.

Loin d’une simple agitation, il s’agit maintenant de s’interroger sur la nouvelle ligne d’attaque que devait adopter Kinshasa pour accréditer devant ses pairs de la CIRGL la thèse d’une agression du Rwanda.

En fin stratège, le Rwanda est méticuleux dans ses agissements. Tout est calibré et chronométré. Il s’agit de prendre Kinshasa de court sur le terrain qu’il affectionne le plus, celui d’affirmer l’existence de l’agression dont le pays est victime de la part du voisin rwandais.

Or, pour Kigali, démontrer par des faits palpables la présence des troupes régulières rwandaises sur le territoire congolais, avant la création du Mouvement du M23, revient à démonter le socle sur lequel est construite l’accusation d’agression avancée par Kinshasa.

En retirant ses «officiers de renseignements» à grand renfort médiatique, Kigali tient à semer le grain du désamour entre les dirigeants congolais et leur opinion publique.

Sur le plan diplomatique, le coup de Kigali vise à infléchir la position des décideurs du monde, dont la fermeté est plus que perceptible à son égard. Ce pavé jeté dans la mare à quelques jours du deuxième round de la réunion de Kampala, relève d’une stratégie savamment ficelée depuis Kigali.

Un passe-temps inutile

Qu’attendre alors de Kampala 2 ? Tout dépend de l’attitude qu’affichera Kinshasa. Il s’agit de présenter des arguments de poigne qui chargeront davantage Kigali. Tout doit donc être mis en œuvre pour ne pas tomber dans le piège de Kigali.

En effet, le Rwanda n’a qu’un seul objectif : réduire à néant la thèse de l’agression de la RDC en prouvant l’existence d’un accord qui autorise depuis 2009 ses troupes à se déployer à l’intérieur des frontières de la RDC.

Ce sera le nouvel enjeu de la rencontre de Kampala. Suivre Kigali sur ce terrain revient à lui rendre l’initiative diplomatique perdue depuis un temps.

Et pourtant, tout est désormais clair comme l’eau de roche. En effet, depuis toujours, des négociations entamées pour, soi-disant, trouver une solution à la crise dans l’Est de la RDC n’ont été qu’une façon de gagner du temps.

Ces rendez-vous ont permis à Kigali de consolider ses moyens de défense. La RDC en sort généralement perdante à force de tout concéder pour obtenir, à tout prix la paix à l’intérieur des frontières nationales.

Les conclusions sorties de la réunion du sous-comité des experts de Goma le prouvent. S’agissant ainsi de la Force internationale neutre, « les ministres ont décidé qu’elle soit dotée du mandat de l’Union africaine et des Nations unies et comprenant les troupes des pays africains ». Pas un mot sur sa composition ainsi que son financement.

Mais, selon Alexandre Luba, vice-Premier ministre, ministre congolais de la Défense, cette force, supposée « neutre », devait être déployée à l’intérieur de la RDC, particulièrement dans quatre points situés à l’intérieur des frontières du Nord-Kivu.

Ce qui, dès le départ, la rend de plus en plus inopérante. Dans la mesure où, selon le principe arrêté à Addis-Abeba, cette force devait, en principe, être déployée aux frontières communes entre la RDC et le Rwanda.

La déployer à l’intérieur de la RDC, c’est passer outre les options levées à Addis-Abeba et en faire une force d’interposition, et non une force neutre.

Le schéma de Kigali

Pendant que Kinshasa se concentre sur les négociations menées au sein de la CIRGL, Kigali n’y a jamais porté son intérêt. James Kabarebe, son ministre de la Défense, du reste présent à la dernière réunion de Goma, l’a avoué subtilement à Colette Braeckman. Ses déclarations traduisent bien le désir de son gouvernement.

Lorsqu’on lui pose la question sur les «solutions possibles» dans l’Est de la RDC, il pense que «c’est aux Congolais qu’il appartient de les trouver.

Et aussi aux Etats membres de la Conférence internationale sur la sécurité dans les Grands Lacs, qui vont se revoir le 5 septembre (Ndlr : ce sera plutôt les 7 et 8 septembre) ».

Il enfonce, par la suite, le clou sur l’idée que le Rwanda se fait de la Force internationale neutre, convenue dans le cadre de la CIRGL. «Je ne suis pas sûr que la force neutre ne verra jamais le jour ». Il va jusqu’à donner ce qui va se passer, selon Kigali, comme solution de rechange.

«Par contre ce qui fonctionnera, poursuit-il, c’est le mécanisme conjoint de vérification, qui sera composé de trois représentants de chacun des Etats membres de la conférence ».

James Kabarebe en connaît même le format : « Le commandement sera exercé par l’Ouganda, le numéro deux sera originaire de Brazzaville, les autres viendront de la RDC, du Rwanda, du Burundi, de l’Angola, de la Tanzanie… ».

Puis, son mandat : «Ces officiers vérifieront la frontière entre la RDC et le Rwanda, ils contrôleront aussi sur le terrain l’application du cessez-le-feu entre l’armée congolaise et le M23 et la présence des FDLR sur le terrain ».

Enfin, la finalité : «Tout cela en attendant l’éventuel déploiement de la force neutre. Si elle vient jamais… ». C’est tout dire.

Quant aux probables négociations avec le M23, James Kabarebe pense que «cela dépend de ce que décidera la conférence (Ndlr : Kampala)», niant de ce fait à Kinshasa toute initiative allant dans le sens de rechercher une solution interne par des mécanismes imaginés et pilotés par des Congolais eux-mêmes.

Pour l’instant, le ministre rwandais de la Défense est convaincu qu’«il faut laisser jouer les mécanismes régionaux».

Y a-t-il encore lieu d’attendre quelque chose de la deuxième réunion de Kampala ?

Pas du tout, en tout cas. C’est à tout de point de vue une distraction de plus pour faire endormir Kinshasa.

Le Potentiel

RDC : La déclaration politique de l'opposition - Intégralité

Mardi, 04 Septembre 2012



L'opposition politique congolaise s'est réunie ce lundi 03 septembre 2012 à la salle CEPAS et publie la déclaration dont la teneur suit:

1.L'opposition politique congolaise estime qu'il importe, avant toutes choses, de rappeler à l'opinion tant nationale qu'internationale que l'élément déclencheur de la guerre de l'Est du pays est le fameux accord signé entre le gouvernement de la République et le CNDP le 23 mars 2009 ;

2.Cet accord dont le contenu a été délibérément caché aux institutions qu'à la population congolaise, a permis le déploiement sur le territoire national des troupes militaires rwandaises et ougandaises chargées de traquer les FDLR et les autres forces négatives ;

3.Suite aux protestations de la population face aux exactions subies de la part de ces troupes, le gouvernement de la République a annoncé, quelques mois après, leur retour dans leurs pays d'origine et a opéré une mise en place constituée de seuls officiers complices du Rwanda dans la chaîne de commandement au sein de l'armée, de la police et des services de sécurité, à partir du Nord Katanga jusqu'en Ituri et d'une manière plus subtile dans les autres provinces avec pour finalité la facilitation de la balkanisation de la partie orientale de notre pays ;

4.Face à plusieurs recommandations des institutions et des notables de la République réclamant le changement de a chaîne de commandement pour éviter toute confusion avec une quelconque présence étrangère, le gouvernement a affirmé en son temps que toutes les troupes étrangères avaient réellement quitté le pays et que la dégradation de la situation sécuritaire à l'Est était el ait des communautés locales ;

5.L'opposition politique congolaise ainsi que toute la communauté internationale ont suivi avec attention les récentes déclarations du ministre rwandais de la Défense nationale faisant état du retrait des troupes rwandaises encore stationnées au Congo depuis 2008 à l'insu du peuple congolais ;

6.Par contre, le porte-parole du gouvernement congolais a déclaré avec légèreté, au nom du pouvoir en place, qu'il ignorait la présence des troupes rwandaises sur le sol congolais. Il vous souviendra que c'est le même porte-parole qui avait affirmé que les militaires de l'armée rwandaise que la MONUSCO avait capturés sur le terrain des opérations n'étaient pas rwandais et qu'il s'agissait, selon lui, d'une simple manipulation ;

7.Eu égard à ce qui précède et vu la gravité de la situation qui prévaut dans notre pays, l'opposition politique congolaise ;

a) constate que la complicité du pouvoir en place avec les agresseurs dans la situation de guerre à l'Est de la République est totalement établie et que toute approche militaire, diplomatique et politique sur la seule initiative du régime en place ne peut aboutir, si ce n'est autour d'un dialogue national frac et sincère avec toutes les forces politiques et sociales du pays ;

b) rejette le déploiement de la Force internationale neutre car elle est de nature à concrétiser la balkanisation du pays, mais propose par contre la requalification du mandat de la MONUSCO en tenant compte des dispositions du Chapitre 7 de la Charte des Nations-Unies ;

c) recommande au Parlement de la République, dès la prochaine rentrée parlementaire de ce mois de septembre, d'enclencher le mécanisme de mise en en accusation du Président de la République, monsieur Joseph Kabila Kabange pour haute trahison, tel que prévu par les dispositions de l'article 165 de la Constitution.

Enfin, s'agissant de la déclaration du Président François Hollande de prendre part au 14ème sommet de la Francophonie prévu à Kinshasa au mois d'octobre prochain, l'opposition politique congolaise note que, en dépit de ses promesses électorales relatives à la démocratie et au regard des droits humains, le Président français a privilégié des considérations autres que les valeurs contenues dans la Charte de l'Organisation internationale de la Francophonie.

L'opposition politique congolaise lui fera parvenir par les voies officielles ses préalables quant à ce le moment venu de l'opportunité de le rencontrer ou non.

Fait à Kinshasa, le 03 septembre 2012
Source :

58 soldats rwandais dans le camp de la Monusco à Goma Parmi eux, 14 enfants « déserteurs »

Mardi, 04 Septembre



«58 soldats rwandais dont 14 enfants qui ont déserté les rangs de M23 se trouvent actuellement dans le camp DDRRR de la Monusco à Goma », a déclaré à la presse Patrick Garba, le chef de l'unité DDRRR (démobilisation, désarmement, rapatriement, réinstallation et réinsertion) du Nord-Kivu.

C'est le samedi 1er septembre 2012, lors d'une séance d'information dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu que la presse a été mise au courant.

Il a signalé que suite à leur long séjour dans ce camp, ces soldats ont voulu créer un désordre il y a quelques semaines. La Monusco a dû faire appel aux FARDC pour ramener de l'ordre.

Le 29 juillet 2012, la Monusco a tenté de les rapatrier dans leur pays le Rwanda, mais le président Rwandais Paul Kagamé a déclaré qu'il ne les reconnaissait pas comme des rwandais.

C'est cela qui constitue le blocage pour le rapatriement de ces soldats rwandais ex-combattants du M23.

Patrick Garba estime que pour le moment il y a une évolution du côté de Kigali. Il s'appuie pour cela sur une déclaration du général James Kabarebe à un média le 29 août dernier.

Le chef d'état-major de l'armée rwandaise reconnaissait ces 58 soldats comme des hutus rwandais qui étaient rapatriés au Rwanda mais puis sont revenus combattre en Rd Congo.

Sur base de cette interview, espérons que l'homme fort de Kigali autorisera le retour de ses compatriotes au pays. Les premiers soldats à se rendre à la Monusco sont ceux qui y avaient trouvé refuge après avoir quitté les rangs du M23.

Ils avaient affirmé avoir été recrutés dans leur pays pour servir dans l'armée nationale rwandaise puis se sont retrouvés en Rd Congo.

La radio britannique BBC s'est procurée le rapport interne, de la Monusco et a pu informer le monde entier de la présence des soldats rwandais dans le mouvement rebelle du M23.

Des 11 militaires de départ on arrive aujourd'hui à 58. C'est la preuve ce qu'il y avait beaucoup des militaires rwandais parmi les éléments du M23.

JRB

Le président Kabila accusé de « haute trahison »?



KINSHASA — Une vingtaine de partis d’opposition de la République démocratique du Congo a demandé qu’une mise en accusation pour « haute trahison » soit lancée contre le président Joseph Kabila suite au regain d’instabilité dans la province du Nord-Kivu (est).

Parmi les signataires de la déclaration figurent le député Rémy Masamba, issu d’une branche de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le principal parti d’opposition qui avait rejeté le résultat des élections présidentielle et législatives contestées de fin 2011, remportées par Joseph Kabila et son camp.

La coalition « recommande » au parlement, dès la rentrée parlementaire de septembre, « d’enclencher le mécanisme de mise en accusation du président de la République, monsieur Joseph Kabila Kabange, pour haute trahison », écrivent les signataires du texte publié lundi.

L’armée affronte depuis mai le Mouvement du 23 mars (M23) près des frontières rwandaise et ougandaise. Ce mouvement est né d’une mutinerie de soldats congolais en majorité issus de l’ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrée dans l’armée en 2009 après un accord de paix.

« L’élément déclencheur de la guerre qui sévit à l’est du pays est le fameux accord », dont les rebelles revendiquent la pleine application, et « dont le contenu a été délibérément caché tant aux institutions qu’à la population congolaise », estiment les opposants.

Des ONG, l’ONU et Kinshasa ont accusé le Rwanda de soutenir en hommes, armes et munitions les dissidents, qui contrôlent une partie du territoire de Rutshuru.

Vendredi, quelques centaines de soldats rwandais ont quitté le Rutshuru pour retourner chez eux. Ils opéraient au sein d’un bataillon congolo-rwandais déployé après une opération militaire des deux pays menée début 2009 contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Le ministère congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, affirme que la présence du bataillon était « publique » et « officielle », mais la coalition d’opposants considère que les troupes rwandaises sont entrées en RDC « à l’insu du peuple congolais ».

Jugeant « totalement établie » la « complicité du pouvoir (…) avec les agresseurs », elle plaide pour un « dialogue national franc et sincère entre toutes les forces politiques et sociales du pays », et « rejette le déploiement de la force internationale neutre ».

Cette force doit être déployée à la frontière entre la RDC et le Rwanda, et ses bases doivent à être discutées mercredi à Kampala au cours d’une nouvelle réunion des Etats de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRLG).

Direct!cd

Rediffusion : Spécial Emission avec le lieutenant-général John Tshibang...

L'opposant rwandais Frank Ntwali, sauvagement agressé à Johannesburg, accuse Paul Kagamé

Le président rwandais Paul Kagame.
Le président rwandais Paul Kagame.
Reuters

Par RFI
En Afrique du Sud, Frank Ntwali, le président du parti d'opposition rwandais pour l'Afrique, le Congrès national rwandais (RNC), a été poignardé et blessé par neuf coups de couteau le 22 août à Johannesburg.

Frank Ntwali est le beau-frère du général Kayumba Nyamwasa, ex-chef d'état-major de l'armée rwandaise (qui s'est réfugié en Afrique du Sud). Nyamwasa a échappé à une tentative d'assassinat en juin 2010.

Le procès de trois Rwandais et trois Tanzaniens accusés d'avoir organisé cette tentative d'assassinat doit reprendre ce mercredi. Frank Ntwali doit être prochainement appelé à témoigner dans cette affaire par le juge. Il accuse Kigali de mener une chasse aux opposants.


Encore affaibli et choqué, tout juste sorti de l'hôpital, Frank Ntwali raconte son agression. Il a été frappé de neuf couteaux. Le 22 août dernier, il voyageait dans sa voiture près de l'aéroport de Johannesburg. Trois personnes se faisant passer pour des policiers ont suivi son véhicule, avant de faire signe au chauffeur de s'arrêter et de le poignarder.

« Regardez, ils m'ont poignardé trois fois dans l'épaule, ici aussi dans le coude, et quand j'ai réussi à sortir de la voiture, ils m'ont poignardé juste à côté d'un rein et dans la hanche. Ils m'ont laissé sanguinolant. Tout ce qu'ils ont pris, ce sont les clés de la voiture, alors qu'il y avait mon ordinateur portable à l'arrière. Cela fait 13 ans que je vis en Afrique du Sud, et je me fais agresser quand je commence à m'exprimer contre le régime de Kagamé. Je pense que ça n'a rien à voir avec une coïncidence. »

Le leader du Congrès national rwandais en Afrique est aussi le beau-frère du général Kayumba Nyamwasa, qui a échappé à une tentative d'assassinat en 2010. Frank Ntwali doit témoigner devant le tribunal à ce propos. Comme le général Nyamwasa, il accuse le président Kagamé de vouloir l'éliminer.

« On a tiré sur le général Nyamwasa parce qu'il avait donné l'ordre de l'abattre. Les gens sont emprisonnés quand Kagamé le décide et il donne des ordres pour éliminer tous ses opposants, les gens qui dénoncent son régime. Je pense que cette tentative de meurtre ne peut être que l'exécution d'un ordre donné par le leader suprême, comme il se surnomme maintenant. »


Franck Ntwali
Opposant rwandais
L'ambassade rwandaise ici a bien fait comprendre qu'elle chasse les leaders de l'opposition du RNC
03/09/2012 par Sophie Ribstein

Frank Ntwali assure se sentir menacer en permanence. Mais il appelle les membres de son parti à continuer la lutte contre le régime de Paul Kagamé.

Comment on vit en zone M23 : immobilisme et couvre-feu meurtrier

le 25/08/2012

Les casques bleus “ne font rien” pour aider les civils. Des militaires congolais et agents de l’ICCN abandonnés à leur sort.



"La Libre Belgique" est entrée en contact avec une personne ayant passé, au Nord-Kivu, plusieurs jours en zone contrôlée par le M23, la rébellion d’ex-insurgés congolais qui avaient été intégrés en 2009 dans l’armée nationale après des accords en partie respectés par Kinshasa.

"Ce qui frappe, c’est l’absence totale d’activités", note cette source, qui souligne que la zone contrôlée par le M23 est pourtant "très peuplée" (300 habitants au km2).

Dans la zone qu’il contrôle, "le M23 a imposé un couvre-feu dès 19 h et abat sans pitié toute personne qui circule entre cette heure et 6h du matin. C’est notamment terrible pour les femmes qui accouchent la nuit", indique la source.

"Le M23 est peu visible mais les populations qui n’ont pas fui la région se plaignent de nombreux vols, attaques à main armée, pillages". Parfois, les habitants tuent les voleurs qu’ils réussissent à désarmer.

"Un pilleur", comme on dit au Congo, a ainsi "été brûlé vif par la population d’une petite localité exaspérée d’avoir subi toute une nuit de pillage, et cela à 200 mètres d’un poste de la Monusco", indique cette source.

La Monusco (Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo) est extrêmement critiquée dans la région pour son apathie à protéger les civils comme l’exige son mandat. "Les casques bleus présents dans quelques postes de la zone contrôlée par le M23 ne font RIEN", souligne notre source.

Elle a ainsi "refusé de ravitailler par air les gardes de l’ICCN" (Institut congolais de conservation de la nature) "encerclés par les FDLR" (groupe armé hutu rwandais, issu des génocidaires; l’offensive du M23 a en effet stimulé les activités des autres groupes armés) "à la station de Lulimbi".

Cette station sert à la formation des gardes des parcs nationaux, notamment par d’anciens militaires belges. Lulimbi a déjà subi plusieurs attaques des FDLR et c’est sous leur feu que l’ICCN, dont ce n’est pas le métier, doit ravitailler par air la station assiégée puisque les casques bleus refusent de le faire.

"En trois jours dans cette zone et sur ses limites, je n’ai pas vu un seul casque bleu", poursuit notre source. Ceux-ci sont pourtant 17 500 au Congo, essentiellement dans les Kivu.

On nous signale également que les soldats de l’armée congolaise installés dans le parc des Virunga, à la station ICCN de la Rwindi , "ne sont pas nourris et doivent donc braconner les animaux" protégés "pour survivre".

Le braconnage dans le Parc national a massivement repris. "Ils seraient 2 000 militaires congolais aujourd’hui à être privés de logistique et ce nombre a atteint 6 000 hommes il y a peu."

Les FDLR pratiquent aussi le braconnage d’hippopotames et d’éléphants. Selon une autre source, ce groupe armé occupe notamment la ville d’Ishasha, frontalière avec l’Ouganda, et le village-pêcherie de Niakakoma, au sud du lac Edouard, "prélèvant des impôts et recrutant des enfants-soldats".

MFC
Lalibre.be

Le Nord-Kivu en proie à la violence et aux exactions

Par Jean Serjanian | Publié le 03/09/2012

Enfant d’un groupe de réfugiés arrivé à Kibati le 25 juillet 2012.
Enfant d’un groupe de réfugiés arrivé à Kibati le 25 juillet 2012.
Province orientale de la République démocratique du Congo (RDC), limitrophe du Rwanda, le Nord-Kivu est déchiré depuis fin avril 2012 par la rébellion d'une faction issue de l'armée congolaise, le M23.

Ce regain de violences a déjà fait plus de 250.000 réfugiés et des centaines de morts.

La mutinerie du M23 a de nouveau embrasé une région chroniquement instable peuplée de Hutus, de Tutsis et de Maï Maï toujours prêts à en découdre.

La province - riche en ressources agricoles, mais aussi en ressources naturelles, principalement minières, en particulier le coltan indispensable à l'industrie des composants électroniques - constitue le principal foyer de conflits du pays et de tensions dans la région des Grands Lacs africains.

Frontalier du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda et de la Tanzanie, Le Kivu s'est trouvé au cœur des tragédies de la région : rivalités communautaires et politiques, conflits fonciers, exodes massifs en 1994 de près d'un million de réfugiés rwandais hostiles au régime de Kigali, présence de milices tribales, de miliciens rwandais hutu et de rebelles burundais et ougandais.

Carte de la province du Nord-Kivu (RDC)
Carte de la province du Nord-Kivu (RDC) © AFP


Les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003 ont commencé dans le Kivu et à deux reprises, le Rwanda a envoyé des troupes et soutenu des rebelles, justifiant ses opérations dans l'Est par des impératifs de sécurité liés à la présence de rebelles rwandais hutu.

En 2007 et 2008, le Nord-Kivu est le théâtre d'affrontements entre l'armée et des soldats insurgés ralliés à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda. A la tête de la rébellion du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), soutenue par le Rwanda, Nkunda met l'armée en déroute dans la région en 2008 et menace de prendre Goma, la capitale régionale.

Début 2009, à la suite d'un retournement d'alliance, les armées congolaise et rwandaise lance une opération sans précédent contre les rebelles des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) - regroupement de hutus rwandais supplétifs des forces gouvernementales congolaises pendant la guerre - alors que le tutsi congolais Nkunda est arrêté au Rwanda.

Le Nord Kivu à nouveau en proie à des violences


France 24, le 10 juillet 2012

Le M23 fauteur de troubles 

Le groupe rebelle, qui s'est donné pour nom Mouvement du 23 mars (M23), est formé principalement d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), intégrés dans l'armée de la RDC depuis 2009.

Le M23, dirigé par le colonel Sulutani Makenga, est composé d'un millier d'hommes, jadis regroupés autour de Bosco Ntaganda, un ex-général accusé de crime de guerre, qui se trouve sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).

Début juillet 2012, la rébellion a pris plusieurs localités lors d’une offensive sur la route de Goma. Les combats avec l'armée congolaise, les Forces armées de la RDC (FARDC), ont provoqué la fuite des populations des villages de la région vers le nord. Un rapport de l'ONU affirme que de hauts responsables militaires rwandais soutiennent le M23, ce que Kigali dément.

De son coté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dénonce, lui, des violences, à caractère ethnique de plus en plus affirmé, contre les civils.

«La détérioration de la situation sécuritaire générale dans le Nord-Kivu suite à la mutinerie du M23 et aux attaques impitoyables contre les civils qui y sont liées est extrêmement alarmante», prévient le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RDC, Roger Meece.

Enquête sur des massacres de masse

L'ONU enquête sur des massacres ayant fait des centaines de tués début août 2012 sur le territoire de Masisi.

La force des Nations-unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), composée d'une dizaine de milliers d'hommes chargés d'assurer une présence dissuasive, a recensé depuis mai 45 attaques visant 30 villages du Nord-Kivu.

Le bilan fait état de violations graves des droits de l'homme, des massacres de civils, des destructions et pillages d'habitations et de biens, ainsi que le déplacement massif de milliers de civils.

Selon la Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Navi Pillay, «des rapports préliminaires suggèrent qu'un nombre important de personnes - pour la plupart des femmes et des enfants - auraient été massacrés. La brutalité même de ces tueries dépasse l'entendement. Dans certains cas, les attaques contre des civils pourraient constituer des crimes contre l'humanité», indique-t-elle.

Ces attaques sont imputées d’une part aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), principalement composées de Hutus et d’autre part à un groupe dénommé Raïa Mutomboki, composé en majorité de Tutsis congolais, soutenu par des Rwandais selon le gouvernement de Kinshasa.

France24

Rwandais au Kivu : Kabila en difficulté

le 04/09/2012

L’annonce du retrait de troupes rwandaises admises au Kivu fait l’effet d’un coup de tonnerre dans l’opinion. Elle mobilise l’opinion contre le chef de l’Etat.


L’annonce, vendredi, par Kigali, que le Rwanda "retirait les deux compagnies de ses forces spéciales qui travaillaient aux côtés de leurs homologues des FARDC (NdlR : armée congolaise) dans un bataillon conjoint opérant à Rutshuru, au Nord-Kivu", a suscité un tollé au Congo, où la majeure partie de l’opinion ignorait ou avait oublié que des soldats rwandais se trouvaient toujours en territoire congolais.

Les deux pays sont en effet à couteaux tirés, depuis des semaines, en raison d’un rapport d’experts de l’Onu indiquant que Kigali a armé, équipé et soutenu par l’envoi de recrues la mutinerie congolaise du M23 au Nord-Kivu.

Ces derniers jours, les deux capitales s’expliquent devant le Comité de l’Onu pour les sanctions et le ministre congolais des Affaires étrangères a évoqué - le jour même de l’annonce rwandaise - une "situation de guerre" entre les deux pays.

L’annonce du retrait rwandais a semé une certaine confusion côté congolais, où le porte-parole du gouvernement a d’abord indiqué ce week-end, selon Radio France internationale, ne pas être informé "d’une présence non autorisée des forces rwandaises après la fin des opérations conjointes depuis le 25 février 2009".

De son côté, le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, indiquait que les forces évoquées par Kigali faisaient partie d’un bataillon "public" et "officiel", mis en place en mars 2011, composé de deux compagnies de forces spéciales congolaises et deux rwandaises, chargées de combattre ensemble les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires).

Dimanche, le porte-parole a indiqué que le nombre d’hommes concernés "ne pouvait pas dépasser 50" (deux compagnies feraient environ 280 hommes) affectés à la surveillance conjointe de la frontière commune.

Et d’ajouter : "Nous savons que, dans les discussions que nous avons eues avec eux pour cette surveillance commune, il ne devrait pas y avoir plus de 100 officiers de chaque côté."

Rien n’est dit, cependant, pour expliquer pourquoi les forces rwandaises se trouvaient encore au Congo jusqu’au week-end dernier, alors que le président Kabila avait annoncé en avril dernier la fin des opérations contre les FDLR - annonce qui avait mécontenté Kigali et, selon plusieurs analystes, expliquerait les raisons pour lesquelles les autorités rwandaises auraient aidé le M23, créé le 6 mai, soit après l’annonce de la fin des opérations contre les FDLR.

Quoi qu’il en soit, l’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans la rue congolaise et sur Internet, où nombreux sont les opposants à Joseph Kabila qui l’accusent de "haute trahison" , en reprenant les vieilles accusations selon lesquelles il n’est pas congolais mais rwandais.

Beaucoup de Congolais de la rue ne peuvent s’expliquer qu’ainsi l’incapacité de leur armée (95 000 hommes) à mettre fin à la mutinerie du M23 (300 hommes au départ, 400 à 600 aujourd’hui, selon une source onusienne).

Les élections frauduleuses, à l’issue desquelles Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir, et la répression de toute contestation de ces résultats, ont accentué l’impopularité du chef de l’Etat là où il était déjà peu aimé.

Ainsi, à Kinshasa, on signale que dans la foule qui marche chaque jour pendant des heures, faute de transports en commun, le long des grandes artères, des groupes de piétons entonnent maintenant des hymnes religieux dont ils modifient les paroles en : "Seigneur, tue Kabila comme tu avais tué son père"; tapent sur les véhicules; chantent l’hymne national de Mobutu, "La Zaïroise", et des chants de l’ex-parti unique à la gloire de Mobutu, repris en chœur par des passants.

Marie-France Cros
Lalibre.be

Retrait de 350 soldats rwandais de Rutshuru SVP, dites-nous la vérité

le 3 septembre 2012.



Lambert Mende : « Il s’agit d’une exfiltration déguisée »

Les officiels rwandais viennent de lancer un nouveau pavé dans la mare des relations congolo-rwandaises en affirmant, haut et fort, qu’ils avaient décidé de retirer leurs troupes de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, où elles étaient cantonnées depuis janvier 2009.

Le communiqué rendu public le vendredi 31 août par l’état-major général de la «Défence Force of Rwanda» fait état de deux compagnies composées d’environ 350 soldats.

Mende : «Il s’agit d’une exfiltration déguisée »

Lambert Mende, ministre des Médias, Relation avec le Parlement et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté, a qualifié de mensonge la nouvelle selon laquelle le Rwanda était en train de retirer de Rutshuru des troupes qui y étaient déployées depuis janvier 2009 avec l’accord du gouvernement congolais.

Selon le ministre, les opérations conjointes « Umoja wetu » entre les armées rwandaises et congolaises, destinées à la traque des FDLR, avaient pris fin en février 2009. En date du 25 février 2009, une cérémonie officielle avait été organisée à cette fin.

Le porte-parole du gouvernement congolais a souligné que l’opération enclenchée le week-end dernier par Kigali était une exfiltration des soldats rwandais venus appuyer le M23. Ce constat est renforcé par le refus du pouvoir rwandais d’associer la Monusco comme témoin de ce retrait.

Selon Lambert Mende, après la fin de l’opération « Umoja wetu », les gouvernements congolais et rwandais s’étaient mis d’accord pour le déploiement, à l’Est du Congo, d’officier de renseignement -100 par pays et non des militaires, en vue de la surveillance des activités des forces négatives, afin de mettre fin aux accusations réciproques de déstabilisation et de perturbation de la paix.

Il a balayé d’un revers de la main l’existence d’un quelconque accord secret entre Kinshasa et Kigali au sujet de la présence d’un contingent militaire rwandais en territoire congolais.

Où est la vérité ?

Face à cette nouvelle zone d’ombre apparue dans le dossier sécuritaire du Nord-Kivu, nos compatriotes ne demandent qu’une chose à ceux qui les gouvernent : la vérité. De quel côté se trouve-t-elle? Difficile de le savoir.

Ce qui est fort troublant, c’est le fait que les Congolais apprennent des autorités rwandaises pratiquement tout ce qui touche à la situation militaire et sécuritaire de cette province congolaise.

Même s’il est acquis que le régime de Kigali est passé maître dans l’art du mensonge, il n’en demeure pas moins que les « vérités » qu’il exhument dérangent, surtout celles qui semblent couvertes du voile du secret- défense ou secret d’Etat sous les cieux congolais.

Pendant qu’à Kigali, l’on communique abondamment et sans arrêt, Kinshasa donne l’impression d’avoir choisi la stratégie des démentis sur le tard, ce qui laisse l’initiative à la partie rwandaise, avec tous lés dégâts que l’on peut imaginer dans l’imagerie populaire congolaise.

La rétention volontaire ou involontaire des informations sur l’état des lieux au Nord-Kivu ne va pas sans faire suspecter des décideurs politiques et militaires congolais d’être complices de l’insécurité permanente dans cette partie de Ta République.

En tous les cas, l’opinion nationale et internationale sont plus que jamais surprises d’apprendre que la RDC, qui accuse le Rwanda de soutenir militairement la rébellion du M 23 (Mouvement du 23 mars 2009), a hébergé pendant trois ans un contingent d’une armée étrangère, en l’occurrence celle du Rwanda voisin.

Des millions de Congolaises et Congolais, mobilisés officiellement depuis le mois de juillet 2012 contre l’agression rwandaise au Nord-Kivu, aimeraient savoir pourquoi leurs gouvernants n’avaient-ils pas dénoncé, pendant trois ans, cette autre présence d’une armée d’occupation dans la même partie de la République.

Où sont passés les services spéciaux et les animateurs de la territoriale?

La République Démocratique du Congo, Etat indépendant et souverain, regorge en son sein d’une multitude de services spéciaux (Agence Nationale des Renseignements, Direction Générale de Migration, Services des renseignements militaires, Police Nationale Congolaise) censés apporter aux gouvernants toutes les informations sensibles en rapport avec la sécurité intérieure et extérieure.

Les membres de ces instruments de surveillance et de protection du territoire national savaient-ils qu’après les opérations mixtes FARDC-Armée rwandaise en janvier-février 2009, les militaires rwandais n’avaient-ils pas pris le chemin du retour vers Kigali?

Les limiers des services spéciaux avaient-ils fait rapport à qui de droit et n’avoir pas rencontré une oreille attentive ? Que s’est-il passé au niveau des mécanismes d’espionnage et contre-espionnage pour qu’un silence plat soit observé autour d’une présence militaire de tous les dangers?

En plus des services spéciaux, l’autorité de l’Etat est assumée en provinces par des responsables connus : gouverneurs de province, commissaires des districts, administrateurs des territoires, chefs des secteurs, chefs coutumiers…

On devrait expliquer aux Congolaises et Congolais pourquoi, de 2009 à 2012, les animateurs da la territoriale, au Nord-Kivu, sont restés motus et bouches cousus.

Savaient-ils que les autochtones de Rutshuru cohabitaient avec des étrangers identifiés comme membres de l’armée rwandaise?

Conspiration du silence?

Le peuple congolais serait-il victime d’une conspiration du silence? En effet, si les officiels rwandais n’avaient pas annoncé, le week-end dernier, le retrait de leurs soldats de Rutshuru, le statu quo entamé depuis janvier 2009 n’allait pas être brisé.

Que cache ce jeu qui consiste à laisser au régime de Kigali le soin de livrer aux Congolais la primeur des informations, vraies ou invraisemblables, telle celle relatif au cantonnement, depuis trois ans, de plus 350 militaires rwandais à Rutshuru?

Le régime de Kigali aurait pu décider, lui aussi, de se taire et son contingent militaire allait continuer à parader à Rutshuru pour une durée indéterminée.

Avec le recul du temps, c’est le lieu de constater qu’en 2011, nos compatriotes de l’Est ont été enrôlés et conduits aux urnes par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) sous la haute surveillance de l’armée rwandaise.

Les députés nationaux, qui se trouvaient en session ordinaire puis extraordinaire pendant que le Nord-Kivu brûlait, n’ont pas trouvé mieux que de « tuer » le débat en se réfugiant derrière, le huis clos.

Quant aux sénateurs, ils n’ont jamais trouvé le temps d’inscrire le dossier sécuritaire du Nord-Kivu à l’ordre du jour de leurs travaux. Ceci peut sans doute apporter aux Congolais un peu d’éclairage sur ce qui s’apparente à la conspiration du silence.

Dès lors, notre peuple est en droit de se demander si le retrait annoncé bruyamment par les Rwandais va être effectif.

Ne s’agit-il pas là d’un énième coup médiatique rwandais destiné à nous distraire davantage ?

Quelle garantie avons-nous que les 350 soldats rwandais sont en train de plier bagages, d’autant qu’ils ont la possibilité de se fondre dans les rangs du M23 ?

Compte tenu de ce nouveau feuilleton aux contours flous, les Congolais ont des raisons de beaucoup craindre pour l’avenir du Nord-Kivu, une province visiblement vouée à asseoir la balkanisation du Congo.

Kimp
Direct!cd

Mot d'ordre : Tous les «militaires en exil» doivent rejoindre le Colonel TSHIBANGU

04/09/2012
Colonel John TSHIBANGU

Le Colonel John Tshibangu se trouverait «quelque part» entre les deux provinces du Kasaï. « John » serait occupé à structurer son Mouvement par la mise en place d’une coordination. Ces informations émanent d’un de ses proches, un ancien officier de renseignements dans le Mouvement de libération du Congo (MLC).

Cet interlocuteur qui a exigé l’anonymat assure que John Tshibangu n’est pas à la tête d’une nouvelle rébellion. «Il est à la tête d’un groupe de militaires congolais fatigués par la mauvaise gouvernance et la manière dont le monde extérieur traite notre pays, dit-il.

Outre, l’exigence de la vérité des urnes, notre objectif est de contribuer à l’instauration de la démocratie et la réhabilitation de l’armée. L’homme de lancer un "appel pressant" à tous les "militaires en exil" de rejoindre ce mouvement.

C’est la déclaration faite samedi 1er septembre à Congo Indépendant par un officier proche de l’officier dissident. Plus de trois semaines après sa défection des Forces armées de la RD Congo, le colonel John Tshibangu est toujours «en cavale». Il se trouverait «quelque part» entre les deux provinces du Kasaï.

« John » serait occupé à structurer son Mouvement par la mise en place d’une coordination. Ces informations émanent d’un de ses proches, un ancien officier de renseignements dans le Mouvement de libération du Congo.

Cet interlocuteur qui a exigé l’anonymat assure que John Tshibangu n’est pas à la tête d’une nouvelle rébellion. «Il est à la tête d’un groupe de militaires congolais fatigués par la mauvaise gouvernance et la manière dont le monde extérieur traite notre pays, dit-il.

Outre, l’exigence de la vérité des urnes, notre objectif est de contribuer à l’instauration de la démocratie et la réhabilitation de l’armée. L’homme de lancer un "appel pressant" à tous les "militaires en exil" de rejoindre ce mouvement. Il prévient : "Nous n’avons pas besoin d’aventuriers et des opportunistes".

A Mbuji-Mayi, le gouverneur de la Province du Kasaï Oriental, le négociant en diamant Ngoy Kasanji, a lancé un véritable «Wanted» à l’encontre du colonel John Tshibangu. Une «prime» de 20.000 $ US est promise à quiconque pourrait fournir des informations pour arrêter «le dissident ».

Est-ce un aveu implicite de l’échec de la chasse à l’homme lancée contre Tshibangu ?

Il y a quelques jours, le ministre provincial de l’Information, Mutombo Mobe, invitait la population «à la vigilance» et à «dénoncer à la police toute présence suspecte dans son environnement». Et d’ajouter que le colonel Tshibangu «est traqué» par les forces de sécurité «pour atteinte à la sécurité de l’Etat en composant avec les agresseurs rwandais».

Cinq personnes ont été arrêtées «pour complicité» dont deux journalistes. On se demande bien qui de John Tshibangu et de "Joseph Kabila" est en intelligence avec les "agresseurs" après l’annonce surprise par le Rwanda du retrait de 280 militaires de ses forces spéciales qui se trouvaient - à l’insu du gouvernement et du Parlement - depuis trois ans à Rutshuru?

Le 16 août dernier, les Congolais apprenaient qu’un certain colonel John Tshibangu, 42 ans, commandant en second de la 4ème Région militaire (les deux Kasaï), était entré en dissidence quatre jours auparavant. Un cas sans précédent. La nouvelle a été plutôt bien accueillie dans le milieu des Congolais de l’étranger.

Un milieu qui n’a jamais fait mystère de sa détestation de «Joseph Kabila». Le «déserteur» est en effet natif du Kasaï autrement dit un citoyen Congolais de souche. «Nous exigeons la vérité des urnes», déclarait Tshibangu dans une première déclaration faite à la presse.

En réaction, le pouvoir politico-militaire a lancé trois cent militaires et policiers aux trousses du «fugitif» accusé d’être «en intelligence avec les agresseurs rwandais». Une attitude qui tranche avec l’impunité générale dont bénéficient les militaires déserteurs dans les provinces du Kivu et dans le district de l’Ituri (Province Orientale). Le cas du chef milicien «Cobra Matata» se passe de tout commentaire.
"Combattre un système d’oppression et d’injustice"

Au cours d’un entretien téléphonique samedi 1er septembre, le proche du colonel Tshibangu précité a donné quelques clarifications sur le l’organisation en gestation. Comment se porte le colonel Tshibangu ? «Il se porte bien et nos effectifs ne cessent d’augmenter».

Que sont devenus les 300 militaires et policiers lancés à ses trousses ? «Quarante d’entre eux ont été tués au combat, cent quarante ont rejoint John Tshibangu et les autres se sont égayés dans la nature. Ils ont l’origine que vous savez… ». A en croire cet interlocuteur, quatre colonels et un général ont rejoint Tshibangu.

Et que deux véhicules et une importante cargaison d’armes ont été récupérés.

Disposent-ils d’une base arrière ?

«Nous n’en avons pas besoin.

Le Congo est notre pays, nous nous battrons ici. Il y a des pays qui cherchent à nouer de contacts avec nous. Par expérience, nous voulons compter d’abord sur nous-même».

Quelle est la position du Mouvement en gestation à l’égard des pays tels que le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola ?

«Les pays que vous avez cités sont nos voisins. Nous n’avons rien contre eux. Nous voulons simplement que le Congo retrouve la respectabilité au niveau de sa souveraineté».

Quid des militaires au service du régime de Kinshasa ?

«Nous ne nous battons pas contre les militaires Congolais. Ils sont nos frères et doivent nous rejoindre. Nous nous battons contre un système politique qui a institutionnalisé l’oppression et l’injustice dans notre pays».

«Le colonel Tshibangu n’entend pas prendre la tête d’une nouvelle rébellion. Les postes ministériels ne nous intéressent pas. Le commandant Tshibangu est à la tête des militaires décidés à changer le destin de leur pays par l’instauration de la démocratie et du respect de la personne humaine.

Vous pouvez convenir que depuis les bouleversements intervenus dans l’ex-Zaïre en 1997, le militaire ex-Zaïrois a payé un lourd tribut».

Avant de clore l’entretien, l’officier de renseignement décide de lancer un "appel" aux militaires Congolais en exil en les invitant à "rejoindre le mouvement".

« Nous demandons à nos frères d’armes en exil de se souvenir qu’ils ont une mission sacrée qui consiste à défendre l’intégrité du territoire national. Nous leur demandons de ne plus porter des tenues militaires lors des marches parce que cette tenue est sacrée. Nous devons nous rassembler pour sauver le Congo. Nous sommes des militaires. Nous n’allons plus laisser les politiciens contrôler l’armée».

Que doivent faire les militaires désireux de joindre le Mouvement ?

«Nous leur demandons de laisser leurs coordonnées dans leurs réactions à Congo Indépendant, conclut-il. Nous n’avons nullement besoin d’aventuriers ou d’opportunistes. Pour le moment, nous n’avons pas besoin de recevoir des contributions financières».
[B.A.W]
Congoindependant

Le Phare : « Accord secret ou non : l’aveu des Rwandais trouble les Congolais »

le 4 septembre, 2012


Des soldats des FARDC se retirent des forces spéciales entre la RDC et la Rwanda pour traquer les FDLR à Rutshuru au Nord-Kivu.

Revue de presse kinoise du mardi 4 septembre 2012


Le retrait des troupes rwandaises du territoire de Rutshuru fait encore la une des journaux kinois parus ce matin. Pour Le Phare, les Congolais continuent de se poser des questions au sujet du nombre exact des soldats rwandais ayant réellement quitté le territoire national et ceux qui y résident encore.

A ce stade, poursuit le journal, personne n’est en mesure de leur garantir qu’il n’y a plus de soldats rwandais en RDC. Par conséquent, commente le quotidien, les Congolais ne peuvent que s’inquiéter de la poursuite du déploiement, à travers les garnisons militaires, d’ex combattants CNDP, présumés encore fideles aux FARDC.

En tout cas, si les écuries ne sont pas correctement nettoyées, prévient Le Phare, il y a lieu de craindre des coups fourrés du genre de ceux de Nkunda, Ntaganda ou Makenga.

Après trois ans de mutisme sur la présence des officiers rwandais, titre de son côté La Tempête des tropiques, « Kinshasa tente de se justifier ».

Pour le journal, les explications fournies à la presse, hier, par le ministre Lambert Mende n’ont pas convaincu de nombreux Congolais. Ces derniers ne comprennent pas pourquoi Kinshasa a attendu si longtemps pour faire ces graves révélations.

De son coté, L’Observateur relaye les propos de Lambert Mende :« Le gouvernement rwandais s’agite parce qu’il digère mal son échec diplomatique ».

D’entrée de jeu, rapporte le journal, le ministre a laissé entendre que cet événement aura été le grand spectacle son et lumière offert gratuitement par les autorités du Rwanda sur le retrait de quelques 300 de leurs militaires qui auraient, selon leur version, continué à bivouaquer sur notre territoire sur base de l’opération Umoja Wetu dans le cadre duquel nos deux pays avaient organisé la traque conjointe des FDLR par les FARDC et les RDF début 2009.

Selon Lambert Mende, la première chose à dire est que les observateurs rwandais qui sont supposés avoir été retirés en la circonstance avaient pour mission la surveillance de la frontière rwandaise-RDC de concert avec leurs homologues de la RDC.

” Ils n’ont strictement rien avoir avec l’opération Umoja Wetu qui a comme on le sait définitivement pris fin en date du 25 février 2009 et n’a jamais été prorogée “, a fait savoir le ministre, cité par le confrère.

Pour le ministre, la vérité est que longtemps après la défunte Umoja Wetu un accord bilatéral avait organisé un mécanisme de surveillance aux frontières entre la RDC et le Rwanda.

Pour sa part, Le Potentiel annonce:« Kampala 2 : une distraction de plus ».

Après le rendez-vous manqué du 9 août 2012, les dirigeants des pays membres de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) se retrouvent les 7 et 8 septembre à Kampala, capitale de l’Ouganda, pour lever une option définitive sur le déploiement d’une force internationale neutre dans la partie Est de la RDC.

Selon le journal, il s’agit pour les chefs d’Etat des pays membres de la CIRGL d’avaliser les conclusions du sous-comité des ministres de la Défense de la CIRGL qui a abouti, le 16 août 2012, au terme de trois jours de discussions à Goma, à une mouture d’opérationnalisation de cette force.

Cependant, fait remarquer le quotidien, la nouvelle rencontre de Kampala se tient dans un contexte tout à fait particulier. Beaucoup de choses ont changé, entre-temps.

Le Potentiel évoque notamment les révélations contenues dans la dernière interview de James Kabarebe, ministre rwandais de la Défense, publiée sur le blog de Colette Braeckman ainsi que le retrait annoncé à grande pompe par Kigali de ses forces spéciales, positionnées depuis les opérations conjointes de 2009 dans la partie Est de la RDC, essentiellement dans le territoire de Rutshuru.

Radiookapi.net

Soutien au M23 : le Rwanda de plus en plus embarrassé

on 3 septembre 2012



Le régime de Paul Kagame a annoncé le 31 août le retrait de son contingent présent sur le sol congolais depuis 2009, dans le cadre d’une mission conjointe avec les Fardc visant la traque des FDLR.

Les choses se compliquent de plus en plus pour Kigali dont la stratégie visant la balkanisation de la RDC est en train d’être dévoilée au grand jour. La récente prestation de ses émissaires devant le Comité de sanction de l’ONU à New York n’aura pas convaincu l’instance onusienne quant à la non-implication du régime Kagame dans ce qui se passe actuellement au Nord-Kivu.

En effet, les arguments présentés par la ministre rwandaise des Affaires étrangères avaient été jugés moins solides et sans pertinence face à la conviction selon laquelle son pays est le principal soutien armé du M23.

Son argument démontrant que le camp militaire situé dans le faubourg de Kigali n’était pas destiné à un plan de déstabilisation de la RDC via le M23, comme en témoigne la précarité de ses équipements, n’a pu convaincre l’instance onusienne sur la sincérité des allégations des officiels rwandais.

Il en a été encore moins du reniement des munitions saisies par la Monusco et présentées comme provenant du stock de ses poudrières. Quant à la RDC, elle continue de marteler sur la nécessité de sanctionner le régime rwandais, bras armé de la rébellion du M23.

Les instances onusiennes ayant finalement mis sur la balance les arguments des deux parties seraient en passe de frapper le M23 et dans une certaine mesure, le Rwanda. En attendant les sanctions, le régime de Kigali adopte de plus en plus un profil bas.

D’où l’annonce du départ de son contingent présent sur le sol congolais depuis 2009. Il s’agit, d’après l’état-major rwandais, des unités qui opéraient conjointement avec les FARDC dans le territoire de Rutshuru contre les rebelles hutus rwandais des FDLR en vue de leur neutralisation.

À l’heure où le Rwanda est soupçonné de soutenir militairement le M23, la présence de ses troupes sur le sol congolais devenait incompatible, même dans le cadre d’un bataillon conjoint avec des missions spécifiques.

« Nous avons négocié ce retrait avec la RDC et la Monusco », a déclaré, dans un communiqué, le ministère rwandais de la Défense.

Pendant que les 280 soldats rwandais s’apprêtaient à passer la frontière au niveau de Moudende, au nord-ouest du pays, le gouvernement congolais déclarait, par la voix de son porte-parole, ne pas être informé de cette action tout en ne reconnaissant pas ces forces rwandaises pourtant supposées avoir quitté le sol congolais à la fin des opérations conjointes intervenues le 25 février 2009.

Depuis lors, argue-t-on du côté congolais, le Rwanda n’était plus censé avoir officiellement des troupes en RDC. Est-il qu’avec les derniers développements du face-à-face Rwanda-RDC au Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, le régime de Kigali est en perte de vitesse.

À cela, il convent d’ajouter la pression interne en RDC sur fond d’une mobilisation générale contre la balkanisation décrétée par la société civile congolaise.

Alain Diasso
Les depeches de Brazzaville

John Tshibangu, l’homme qui veut chasser «Joseph Kabila» du pouvoir


Le colonel John Tshibangu.

Agé de 42 ans, chef d’état-major en second de la 4ème Région militaire (les deux Kasaï), le colonel John Tshibangu - qui revendique le grade de lieutenant général - a annoncé, le jeudi 16 août 2012, sa défection des Forces armées de la RD Congo.

Né à Kananga (Kasaï Occidental), ancien des Forces armées zaïroises, Tshibangu que la rédaction de Congo Indépendant a joint au téléphone au début de la soirée du samedi 18 août se présente comme un «commando» formé, en Israël, dans la lutte contre le terrorisme.

Antiterrorisme. Il assure avoir pris la résolution de rompre les bans avec les FARDC après avoir pris conscience de l’implication des plus hautes autorités civiles et militaires dans un «projet de balkanisation» du Congo.

Après avoir parlé du "Mouvement pour la revendication de la vérité des urnes", «John» se dit maintenant à la tête d’une «Armée du peuple congolais pour le changement et la démocratie».

Objectif : Chasser «Joseph Kabila» du pouvoir et installer «le Président élu» Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Le «Mouvement du 23 mars» initié par des ex-combattants étiquetés CNDP a fait des émules. Quatre mois après le lancement de la mutinerie du CNDP-M23, un nouveau mouvement insurrectionnel a vu le jour.

Cette fois, l’initiative émane d’un officier congolais. Comme au début de toute organisation, il se constate un certain tatonnement. La dénomination définitive n’est pas encore trouvée.

Dans un premier temps, il a été question du «Mouvement de revendication de la vérité des urnes».

Dans un second, on parle de l’«Armée du peuple congolais pour le changement et la démocratie». Un «aventurier» de plus? Toute conclusion à ce stade ne serait que hâtive. Wait and see!

"Commando antiterroriste"

Qui est John Tshibangu ? Enrôlé dans les FAZ (Forces armées zaïroises) en 1988, "John" a suivi par la suite une formation à l’EFO (Ecole de formation des officiers) à Kananga avant d’être affecté dans le Service d’action et des renseignements militaires (SARM).

Lorsque l’AFDL prend le pouvoir le 17 mai 1997 à Kinshasa, il se trouvait en poste à Uvira (Sud Kivu). En 1998, il refuse de rejoindre la nouvelle rébellion «congolaise» pro-rwandaise dénommée «Rassemblement congolais pour la démocratie».

Tshibangu aurait été emprisonné à Munzenze, au Rwanda, pour avoir tenté de détourner un avion rwandais. Il se serait évadé du pénitencier avant de rejoindre le RCD K-ML de Mbusa Nyamwisi. A l’époque, ce dernier avait déjà engagé des pourparlers avec le gouvernement de Kinshasa. La suite est connue.

L’officier connaîtra plusieurs affectations à l’Est du pays. Baroudeur, disent ses proches, l’art de guerre n’aurait plus de secret pour lui. Il a affronté les combattants du CNDP à Mushaki avant la débâcle de la fin de l’année 2008. Il a participé à des combats à Kanyabayonga (Nord Kivu).

Dernier poste d’attache : Commandant en second de la 4ème Région militaire à Kananga.

Le 6 juin dernier John Tshibangu se trouvait à Kinshasa. En compagnie de 126 autres officiers supérieurs, il participait à la deuxième session du séminaire sur la réforme de l’armée à l’ex-Cité de l’OUA. La rencontre s’est terminée par une «causerie morale». L’orateur n’était autre que «Joseph Kabila».

Celui-ci a rappelé aux épaules galonnées présentes «qu’ils ont la mission sacrée d’assurer la paix et la sécurité» sur toute l’étendue du territoire national». Et qu’«il n’y a pas de place pour les officiers indisciplinés qui pensent qu’au sein des FARDC on peut avoir un commandement parallèle».

Enfin, a dit "Joseph", «l’officier militaire congolais ne peut pas servir deux maîtres à la fois. On ne peut pas être à la fois officier des FARDC et opérateur minier, il faut choisir entre l’armée et les affaires».

Profitant de son séjour kinois, «John» aurait obtenu une audience auprès du «commandant suprême» à qui il aurait révélé la proposition lui faite par un «haut gradé».

 La proposition consiste à aller livrer des armes et des munitions aux combattants du M-23. Tshibangu aurait été stupéfait et dégoûté par le «détachement» de «Joseph Kabila» à l’écoute de ce "témoignage".

"Installer Etienne Tshisekedi à la tête de l’Etat"

Samedi 18 août au début de la soirée, l’auteur de ces lignes a pu joindre au téléphone le colonel - le général ? - John Tshibangu. «Le mouvement que je dirige procède de l’initiative d’un Congolais à cent pour cent», lance-t-il en liminaire.

Pourquoi a-t-il attendu huit mois après l’organisation des élections pour lancer son "mouvement pour la vérité des urnes" ?

«Nous espérions que le personnel politique allait trouver une solution politique aux problèmes nés après l’élection présidentielle chahutée du 28 novembre 2011. Rien n’a été fait. Nous nous sommes concertés avec des amis avant de prendre notre décision…».

Quels sont les objectifs de son mouvement ?

«La population congolaise demande le changement. Le 28 novembre dernier, Etienne Tshisekedi wa Mulumba a été élu président de la République. Notre objectif est de l’installer à la tête de l’Etat».

A-t-il été contacté par des officiels à Kinshasa après son «départ» ?

«Il y a eu une tentative d’amorcer des négociations avec moi mais ma décision est irrévocable. J’ai levé l’option de lutter pour l’avènement de la démocratie».

Que pourrait-il répondre à ceux qui suspectent l’Angola de «parrainer» son mouvement ?

«Je souhaiterais bénéficier du soutien non seulement de l’Angola et de la Belgique mais aussi de celui de toute la communauté internationale…».

Quel est le fait ou événement qui a joué le rôle de «détonateur» à sa défection ?

«John» dit garder encore quelques «détails secrets» qu’il divulguera «prochainement».

Revenant sur la naissance de la mutinerie du M-23, il dit : «Au commencement, les mutins étaient à peine une trentaine d’hommes, curieusement les autorités de Kinshasa ont ordonné un cessez-le-feu alors que les FARDC pouvaient anéantir cette action.

Comment ne pas suspecter le gouvernement d’avoir ordonné un cessez-le -feu pour permettre aux insurgés de gagner du temps pour se renforcer en hommes et en matériel ?»

Autre grief articulé par le colonel Tshibangu: «Joseph Kabila devait faire une déclaration de la guerre dès que la communauté internationale a confirmé l’implication du Rwanda dans l’agression contre le Congo. En ne le faisant pas, il a bradé la souveraineté nationale en transformant le Congo en un pays de pleurnicheurs du soutien de la communauté internationale… ».

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant

Des chefs religieux de la RDC aujourd’hui à la Maison Blanche

le 3 septembre 2012.



Le passage des chefs religieux congolais a fait mouche à l’Onu. Armés de 10 millions des signatures, les chefs des confessions religieuses congolais ont secoué le staff de l’organisation planétaire.

La vague ainsi soulevée a produit ses effets à plusieurs niveaux. L’héroïque délégation est annoncée pour aujourd’hui au Congrès américain, puis à la Maison Blanche.

Dans leur gibecière, les hommes de Dieu n’ont pas qu’emmené la lourde pétition congolaise. Ils ont aussi pris le soin de prendre une large partie de la comptabilité macabre des agressions rwandaises à répétition sur le sol congolais.

Une série d’images révoltantes qui interpellent plus d’une conscience : massacres des civiles, femmes sauvagement violées, atrocités, innommables …

La machine du Congo lobbying commence à tourner à plein régime. Il est vraiment souhaitable que les religieux congolais mettent à profit l’occasion qui leur est offerte, pour provoquer la mobilisation totale et sans faille de la Communauté internationale.

Les juifs, l’ont fait avec l’holocauste. Le Rwanda de Paul Kagame a suivi le même schéma avec le génocide de 1994. Les dividendes ne sont pas fait attendre. Aujourd’hui Israël est une nation super protégée au Moyen Orient.

Plus près de nous, le régime de Paul Kagame a bénéficié de toute l’indulgence de la planète. En commençant par les Usa.

Tout le monde peut se souvenir à cet effet, de la réaction très musclée de Madeleine Albright, alors secrétaire d’Etat américaine en 2000, à la faveur du renvoi des soldats rwandais, sous M’zee L.D. Kabila, face à ce qui apparaissait très faussement comme une chasse à l’homme des sujets Tutsi au Congo, la dame de fer américaine dut prendre son portable et appeler M’zee en personne.

Pour lui crier que “les Tutsi” sont la prunelle de la Communauté internationale. Au-delà de l’indélicatesse de ces propos, force est de constater que cependant l’effet du lobbying tutsi à travers le monde.

Refaire le coup

Le temps se révèle d’autant plus propice qu’à l’Onu, tout le monde a finalement pris position en faveur de la Rdc. Les thèses lénifiantes de Kagame et son système n’endorment plus le monde. La brèche s’est donc ouverte.

Mais elle ne s’élargira pas toute seule. Les congolais de tout bord, les officiels comme les particuliers où qu’ils se trouvent, doivent s’y engouffrer et provoquer un revirement décisif sur le terrain.

Sur ce point précis, il sied de saluer la détermination de la diplomatie, congolaise qui a pratiquement assiégé le Conseil de sécurité avec ses exigences sans détours. Le ministre congolais des Affaires étrangères a réclamé des sanctions lourdes contre le Rwanda et ses officiels impliqués dans la tragédie de l’Est.

Dans cette vaste croisade, le drame serait de croire le bruit nous venons de faire sur la question suffit à lui seul. Bien au contraire, c’est maintenant ou jamais qu’il convient de redoubler d’agressivité dans notre campagne de mobilisation de la Communauté internationale.

Situation donnée, il faut une stratégie d’attaque donnée. Il ne faut pas confondre de guerre. Nous ne sommes plus en phase de sensibilisation. Cette dernière a déjà atteint son objectif. Nous sommes en pleine phase de mobilisation.

Il faut développer un discours conséquent. Malheureusement que pour l’heure, ceux qui se battent au front sur le plan international continuent à jouer les notes de la sensibilisation …

LP
Direct!cd

Le 1er rwandais à chasser de la RDC : C'est KANAMBE alias "KABILA"

image Honoré NGBANDA - Président national de l’APARECO


Honoré NGBANDA, président national de l’APARECO, persiste et signe : « Le premier rwandais à chasser de la RDC, c’est Hippolyte KANAMBE alias «Joseph KABILA».