mercredi 4 septembre 2013

Ray Lema : "Le conflit dans l’Est du Congo est voulu et entretenu..."

Tuesday, 03 September 2013 

"Les Multinationales sont au cœur de ce conflit"


L’artiste musicien congolais Ray Lema, qui fait l’honneur de la RD Congo sur le plan mondial, affirme dans un entretien avec le correspondant du Potentiel en France Robert Kongo que « le conflit dans l’Est du Congo est voulu et entretenu, les multinationales sont au cœur de ce conflit qui sert la cause de l’Occident ».

Comment analysez-vous la situation en RD Congo, attaquée par les rebelles soutenus par le Rwanda et l’Ouganda dans sa partie orientale ?

C’est une suite logique de la colonisation. L’Occident a un train de vie qui dépend de nos matières premières. Nous regorgeons de richesses minières et forestières d’une valeur inestimables. 


C’est notre malheur : le Diamant, l’Or, le Cuivre, le Colombo Tantalite (Coltan), la Beauxite, le Fer, le Manganèse, le Charbon, le Pétrole, le Zinc, l’Argent, le Gaz méthane, le Schistes bitumeux, le Cobalt… 

Il n’est pas étonnant que nous soyons enviés par nos voisins et convoités par les grandes puissances du monde.

Le conflit dans l’Est du Congo est voulu et entretenu. Les multinationales sont au cœur de ce conflit qui sert la cause de l’Occident. C’est un secret de polichinelle.

A vous entendre, les Congolais ne devraient donc pas compter sur l’Occident pour résoudre le conflit dans l’Est du Congo ?

Il faut comprendre que l’Occident n’est pas là pour résoudre nos problèmes. Je répète avec force que l’Occident tient à son train de vie qui dépend des richesses de notre sol et de notre sous-sol. 


Par exemple, si l’Assemblée nationale congolaise votait une loi visant à interdire, encore qu’elle en ait les moyens, l’exploitation du Coltan, métal stratégique dans le secteur de l’électronique, la situation serait grave pour l’Occident.

Le Congo est aujourd’hui la source la plus importante du Coltan pour l’Occident, loin devant le Niger et l’Australie. Les occidentaux sont au Congo pour leurs propres intérêts. Ils ne sont pas là pour nous aider à pacifier l’Est du pays. 


La Monusco, cette armée des Nations Unies déployée au Congo, et qui a coûté des sommes considérables, illustre jusqu’au scandale l’impuissance et la lâcheté de la communauté internationale.

Depuis le début de ce conflit, cette structure de l’ONU n’a rien changé au Congo. 


Si l’on compte le nombre de Congolais dont la mort est liée à la guerre au Kivu, qui dure depuis 16 ans, sous d’autres cieux, cela s’appellerait holocauste.

A une certaine époque, vous avez été interdit du Congo. Pourquoi ?

Quand je terminais ma mission en tant que directeur de musique du Ballet national, la présidence zaïroise, à l’époque, a voulu faire un opéra à la gloire de Mobutu. 


Par principe, je ne pouvais pas chanter les louanges de Mobutu .

Conséquence : j’ai été dépouillé de tous mes biens et je suis retourné vivre dans ma famille. Quelque temps après, en 1979, j’ai eu la chance de recevoir une invitation de Rockefeller Foundation. Je suis donc parti aux Etats-Unis.

Lors d’une émission sur une antenne de radio africaine à Paris, vous débattiez sur la situation politique en Afrique. Etes-vous un artiste engagé ?

Je suis un artiste très engagé pour la reconnaissance de la culture africaine. Notre culture a été prise en otage depuis des lustres. J’essaie de militer pour que nous devenions des personnes libres dans la tête. 


Pour ce faire, il faut que nous réhabilitions notre culture car elle est un atout de développement et un facteur d’identité et de cohésion sociale. Il est donc temps que l’Afrique se reconstruise, au sens large du terme, pour donner une meilleure image d’elle-même. 

L’avenir de nos enfants, petits enfants… en dépend.

La gouvernance des pays africains depuis les indépendances est tant décriée. Une autre Afrique est-elle possible, selon vous ?

Absolument. Rien dans la vie n’est statique car il n y a pas une nuit éternelle ni un jour éternel. Je pense sincèrement que l’Afrique s’éveillera. Je parle beaucoup avec des jeunes africains. Ils sont dans les entreprises et ils sont créatifs. Ils pensent tous que l’Occident s’essouffle. 


Par contre , en Afrique, nous avons des potentialités pour assurer notre développement.

Il nous faut sortir de cette passivité et ne pas nous contenter de regarder l’Occident comme un modèle. 


Je crois en l’Afrique qui reste un continent d’avenir ; un continent au potentiel considérable. Nous avons des génies en Afrique. Je dis que demain, c’est l’Afrique.
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Robert Kongo

RDC : Gouvernement union nationale, une distraction politique

image Joseph KABILA et les membres du Gouvernement MATATA 

A concurrence de l'homme politique, la rue de Kinshasa ne transige pas. A sa manière, elle fait sa lecture des Concertations nationales. Le recoupement de différentes réactions atteste qu'une large frange de la population kinoise n'est pas favorable au schéma d'un nouvel ordre institutionnel. 

Pour certains Kinois, " un tel projet relève d'une simple distraction politique savamment concoctée par des acteurs politiques assoiffés du pouvoir, dans le seul but d'assouvir leurs appétits gloutons ". 

Déjà, de nombreux Kinois ne cachent plus leur désolation. Ils ne comprennent pas que les politiciens très accrocs au pouvoir, sacrifient l'idéal du retour de la paix dans les zones troubles du territoire national, au profit d'un énième partage du pouvoir. " 

La formation d'un nouveau Gouvernement, peu importe la dénomination qu'on aura collée à cette équipe, est loin d'apporter la solution aux vrais problèmes du pays. Ce n'est pas un nouveau Gouvernement qui mettrait fin à la rébellion…

Et même alors, comment peut-on envisager l'entrée, au sein des institutions, des dirigeants d'un mouvement rebelle qui a commis de pires atrocités et autres crimes contre l'humanité sur le territoire national, en échange d'une parcelle de pouvoir ? 

A qui profiterait une nouvelle Transition politique ? Sur quelle base juridique saurait-on justifier un tel schéma ?".

Quelle analyse la classe politique congolaise fait-elle  des Concertations politiques en vue ? Il semble que tout le problème est là. Et, c'est justement  la réponse à cette question qui résume l'essentiel des divergences entre les acteurs d'une certaine aile de l'Opposition politique et ceux de la Majorité. 

Les uns pensent que ces Concertations nationales devront impérativement déboucher sur un nouvel ordre politique. Autrement dit, de nouvelles institutions avec de nouveaux dirigeants. Genre Dialogue national de Sun City en 2002 en Afrique du Sud. Avec  à la clef, la formation d'un Gouvernement d'union nationale.

Toujours du côté de l'Opposition politique, un autre courant de pensée (inique ?) perçoit déjà l'ombre de la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1992. Les partisans de ce camp réclament une nouvelle Transition à l'issue de cette rencontre nationale. 

Une table rase dont seuls ses auteurs détiennent les secrets.

De l'autre côté de la Majorité présidentielle au pouvoir, les deux approches semblent être battues en brèche. 

" Les Concertations nationales pour les uns et le dialogue politique pour les autres, ne doivent être  ni un remake de Sun City  ni  un remix de la Cns ". 

Ce point de vue des dignitaires de la Majorité  présidentielle semble rencontrer l'assentiment de certains acteurs de l'Opposition institutionnelle. En l'occurrence le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. 

Par la bouche de son secrétaire général, Thomas Luhaka  Losendjola, le Mlc est de ceux qui excluent l'éventualité d'un nouvel ordre politique issu de cette rencontre qu'il préfère appeler " Dialogue politique " du " Concertations nationales ".

Doit-on vite considérer le propos de Thomas Luhaka comme une confession intime ? Pas si sûr. Faut-il aussi considérer ce point de vue du MLC comme une simple déclaration politique pour une consommation extérieure ? Pas non plus évident.

TOLLE DANS LES RUES DE KINSHASA

 

A concurrence de l'homme politique, la rue de Kinshasa ne transige pas. A sa manière, elle fait sa lecture des Concertations nationales. 

Le recoupement de différentes réactions atteste qu'une large frange de la population kinoise n'est pas favorable au schéma d'un nouvel ordre institutionnel. 

Pour certains Kinois, " un tel projet relève d'une simple distraction politique savamment concoctée par des acteurs politiques assoiffés du pouvoir, dans le seul but d'assouvir leurs appétits gloutons ".

Déjà, de nombreux Kinois ne cachent plus leur désolation. Ils ne comprennent pas que les politiciens très accrocs au pouvoir, sacrifient l'idéal du retour de la paix dans les zones troubles du territoire national, au profit d'un énième partage du pouvoir. 

" La formation d'un nouveau Gouvernement, peu importe la dénomination qu'on aura collée à cette équipe, est loin d'apporter la solution aux vrais problèmes du pays. Ce n'est pas un nouveau Gouvernement qui mettrait fin à la rébellion…

Et même alors, comment peut-on envisager l'entrée, au sein des institutions, des dirigeants d'un mouvement rebelle qui a commis de pires atrocités et autres crimes contre l'humanité sur le territoire national, en échange d'une parcelle de pouvoir ? 

A qui profiterait une nouvelle Transition politique ? 

Sur quelle base juridique saurait-on justifier un tel schéma ?".

Quelle que soit la pertinence de l'argument des politiques, les Kinois demeurent intransigeants. Nombreux sont ceux qui pensent qu'à quelque deux années de la fin de la législature actuelle, on devrait s'interdire toute tentative de nature à obliger le navire à faire marche arrière. Sauf si l'on voudrait une chose et son contraire. " 

Qu'il soit mis en place un Gouvernement d''union nationale, comme l'entendent ses séditieux, ce n'est pas là la solution aux vrais problèmes du pays. 

Quel Gouvernement  n'a-t-on jamais eu dans ce pays ? 

Depuis Mobutu jusqu'à Joseph Kabila, en passant par Laurent-Désiré Kabila, les Congolais ont connu plusieurs Exécutifs de diverses dénominations : Gouvernement national, Gouvernement d'union nationale, Gouvernement de large union nationale, Gouvernement de combat, Gouvernement de mission…

Mais pour quels résultats ? 

Aussi ahurissant que cela puisse paraître, c'est que parmi les tenants de la thèse d'un Gouvernement  d'union nationale, se retrouvent plusieurs politiciens carriéristes, auteurs de toutes les formes antérieures des Gouvernements. 

Voilà que sans la moindre gêne, les mêmes opportunistes reviennent sur le même schéma qui a prouvé ses limites par le passé. Finalement, on tourne à rond. 

Un éternel cercle vicieux délibérément entretenu pour condamner le pays dans une situation d'instabilité politique permanente " chaque fois que le pays tente de prendre l’élan, a déclaré hier à Forum des As, un Prof d'université ayant requis l'anonymat.
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[L. K.]
© KongoTimes

Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu investis par 25 groupes armés congolais et étrangers

Wednesday, 04 September 2013



Les regards des officiels congolais et étrangers sont fixés sur le seul Mouvement du 23 mars 2009 (M23) depuis son entrée en action en avril 2012 au Nord-Kivu, multipliant sommets ordinaires et extraordinaires des organisations internationales (ONU, Union africaine, CIRGL, SADC, etc.).

Tous, ou presque, ont oublié que l’Accord de paix de Goma n’avait pas été signé le 23 mars 2009 à Goma que par le gouvernement de la RD Congo et le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple, dont se réclame le M23), mais aussi par une vingtaine de groupes armés établis dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les Concertations nationales convoquées le 7 septembre 2013 au Palais du peuple à Kinshasa relancent la question des groupes armés qui n’y « sont pas invités », aux dires du gouvernement congolais.

Cette question a été évoquée le 31 août dernier par des groupes parlementaires et partis politiques de l’opposition représentés à l’Assemblée nationale, dans leur Déclaration par laquelle ils affirment ne « pas participer aux Concertations nationales ».

« En ce qui concerne la crise sécuritaire qui sévit à l’Est du Congo, ces Concertations nationales sont clairement engagées dans une voie qui ne pourra nullement apporter la paix dans cette partie du pays. En effet, au-delà des interférences extérieures, il faut rappeler que la question sécuritaire qui se pose dans notre pays touche tous les Groupes armés qui foisonnent sur le territoire national au point de poser finalement le problème de la réforme de l’armée, de l’organisation et du fonctionnement des services de sécurité tant civile que militaires, thème qui ne figure pas du reste dans les thématiques retenues ; or, il s’avère que tous les Groupes armés ne sont pas invités », ont-ils relevé.

La liste des groupes armés, qui naissent en désordre, n’est pas exhaustive

I.Groupes armés nationaux au Nord-Kivu et au Sud-Kivu

01)Maï-Maï APCLS -Alliance des Patriotes pour un Congo libre et
souverain, (Masisi, Walikale), Nord-Kivu, du lieutenant général Janvier BUINGO Karairi;

02) Maï-Maï-Forces de défense congolaises, ex-GUIDE (Walikale),
Nord- Kivu, du colonel Luanda Butsi

03) Maï-Maï-Kifuafua (Ufamandu) Sud-Kivu et (Ziralo), Nord-Kivu
 
04) Maï-Maï - Nduma Defense du Congo, du colonel Sheka NtaboNtaberi (Walikake), Nord-Kivu
05) Maï-Maï –Raia Mutomboki (Shabunda et Mwenga), Sud-Kivu
 
06) Maï-Maï Kirikicho, (Kalehe), Sud-Kivu, du colonel chef Kanyere Longangi;
 
07) Maï-Maï Simba (Lubero) Nord-Kivu, du colonel Jean-Luc ;
 
08) Maï-Maï Shetani (Rutshuru, Chefferie de Bwito), Nord-Kivu, du colonel Shetani Muhima ;
 
09) Maï-Maï Jackson (Rutshuru et Lubero), Nord-Kivu, du colonel Paluku Jackson ;
 
10) UPCP/FPC - Union des Patriotes Congolais pour la Paix / Forces Populaires Congolaises, en sigle (ex-Pareco), du général de brigade Kakule Sikuli Vasaka alias Lafontaine, (Lubero), Nord-Kivu

11) M23 – Mouvement du 23 mars 2009 ex-CNDP, (à Kitshanga) qui a fusionné avec l’ex-Pareco -FAP, (à Ngungu, Masisi), l’ex-Pareco-Fodepe (Masisi), l’ex-Pareco-Force (Masisi), l’ex-Pareco-Mongol (Masisi), l’ex-Pareco-Nyeganyega (Masisi), l’ex-Pareco-rengera Buzima, (Masisi) tous ont adhéré au M23.

12) Pareco-Natura (Masisi), Nord-Kivu

13) Maï-Maï Yakutumba (Fizi et Uvira), Sud-Kivu

14) Maï-Maï Folc - La Force œcuménique pour la libération du Congo, du colonel Bana Sultani Selly, alias « Kava wa Selly », alliée au M23 (Beni, dans la vallée du Semiliki), Nord-Kivu;
 
15) Maï-Maï MCC-Mouvement congolais pour le changement du colonel Bede Rusagara (Uvira), Sud-Kivu ;
 
16) ALEC - Alliance pour la libération de l’est du Congo, présidé d’abord par Akim Hakizimana Muhoza, puis par Tommy Tambwe résident au Rwanda; allié au MCC et au M23 (Uvira, plaine de la Ruzizi) Sud-Kivu

II.Groupes armés étrangers au Nord-Kivu et au Sud-Kivu

1) FDLR- Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda : Le colonel Pacifique Ntawhunguka, alias « Omega», reste à la tête du secteur du Nord-Kivu et le lieutenant-colonel Hamada Habimana a pris le commandement du Sud-Kivu. Chacun des six sous-secteurs des FDLR compte de 250 à 400 soldats.
 
2) FDLR/FOCA -Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda-Foca, (Walikake) Nord-Kivu ;
 
3) FDLR–RASTA -Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda-Rasta, (Walikake et Masisi) Nord-Kivu ;
 
4) FDLR-RUDI -Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda-Rudi,
(Walikake, Masisi et Tshuru) Nord-Kivu ;
 
5) ADF-NALU (Ouganda) basé dans les montagnes de Beni (Ruwenzori) ;
 
6) FPM-Front du peuple murundi, groupe burundais, Sud-Kivu ;
 
7) FNL-Forces nationales de libération, burundais au Sud-Kivu ;
 
8) FDA-Forces démocratiques alliées sous le contrôle de l’Ouganda, en coopération avec le groupe terroriste Al-Chabab en Afrique de l’Est,(Beni) Nord-Kivu ;

9) FPM-ADN-Front du Peuple Murundi – Alliance divine pour la nation, burundais au Sud-Kivu.
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Angelo Mobateli

La bataille de Goma : Les troupes rwandaises sont fortement amassés le long de la frontière...

04/09/2013

 

RDF - Rwandan Defence Force

Parlant au nom de la population du Nord-Kivu, Julien Paluku estime que les pourparlers de Kampala sont inopportuns étant donné que c’est le M23 lui-même qui a brisé l’élan en choisissant l’option militaire le 14 juillet dernier. 


A ce sujet, faute d’une offensive militaire, la population du Nord-Kivu attend purement et simplement la dissolution de ce mouvement terroriste (M23). 

A l’heure qu’il est, les engins de la guerre ainsi que les troupes rwandaises sont fortement amassés le long de la frontière rwandaise de la Grande barrière vers Kibumba, précisément à Kabuhanga en territoire rwandais et sur une partie du territoire congolais. 

La même population s’interroge aujourd’hui sur le silence de la Communauté Internationale face à l’attroupement des forces de l’armée rwandaise et des chars à la frontière, alors qu’il n’y a pas de guerre déclarée entre les deux pays.

Arrivée en Rd Congo depuis le 1er septembre 2013, c’est hier que Mary Robinson a foulé le sol de Goma. Dans cette ville, elle a eu une séance de travail avec Julien Paluku, Gouverneur de cette province. 


Après avoir suivi la présentation sur Power Point du condensé des récents événements et des dégâts y relatifs, Julien Paluku a porté à la connaissance de son hôte les attentes de la population telles que formulées par les différentes composantes qu’il a rencontrées.

Parmi ces attentes, il se trouve en bonne place la poursuite des offensives militaires aux fins de la libération immédiate des territoires occupés par le M23 pour mettre fin aux souffrances endurées dans les camps des déplacés et refugiés ; 

  • Une reprise apaisée de la rentrée scolaire qui est reportée au lundi 9 septembre 2013 pour Goma et Nyiragongo ; 
  • Mettre fin aux actes de violation et sévisses auxquels le M23 s’adonne à longueur de journée (meurtres, assassinats ciblés : le cas du chef de quartier Buturande à Kiwanja, enrôlement des enfants soldats…). Cette activité devrait rapidement se faire par les éléments des FARDC appuyés par la Brigade d’intervention de la Monusco. 
S’agissant de Kampala

La population du Nord-Kivu estime que les pourparlers de Kampala sont inopportuns étant donné que c’est le M23 lui-même qui a brisé l’élan en choisissant l’option militaire le 14 juillet dernier. 


Le M23 s’est révélé être un mouvement terroriste avec les derniers événements confirmés par le Secrétaire Général des Nations Unies à savoir le largage des bombes à Goma(RDC) et Gisenyi (Rwanda) tuant et blessant des populations civiles. 

A ce sujet, faute d’une offensive militaire, la population du Nord-Kivu attend purement et simplement la dissolution de ce mouvement terroriste (M23).

Elle attend par ailleurs le déploiement sur terrain des enquêteurs de la Cour Pénale Internationale car nombreux sont ceux qui pensent que « larguer des bombes dans les grandes concentrations des populations comme Goma et Gisenyi sur des civils est constitutif de crime de guerre ».

La CPI est très attendue au Nord-Kivu pour enquêter également sur les autres crimes de guerre, crimes contre l’humanité et les violations de droit de l’homme plusieurs fois dénoncés par les experts des Nations Unies et Human Right Watch. 


Cette présence de la CPI permettrait d’identifier les acteurs internes et externes en vue de leur arrestation et partant, la limitation des crimes dans la Région des Grands Lacs.

Quant aux preuves sur l’implication du Rwanda, la population du Nord-Kivu pense qu’il est aussi simple que cela ne devrait pas susciter des polémiques : d’abord la résistance opposée par le M23 au niveau de Kibati ainsi que l’artillerie (munitions, armes lourdes), et les moyens humains dont le nombre croissant sur le champ de bataille a suscité la curiosité de plus d’une personne.

Ensuite les indications trouvées sur les quelques corps tombés sur le champ de bataille à Kibati même (tenues militaires rwandaises, insignes de l’armée rwandaise trouvées sur les corps, …) Enfin les blessés de guerre et les deuils organisés au Rwanda sont aussi des axes à explorer dans le cadre des enquêtes à diligenter à ce sujet.

S’il y a des blessés de guerre dans les hôpitaux rwandais, l’opinion s’interroge si au Rwanda il y a une seule localité où on note des affrontements militaires pour justifier des nombreux cas d’hospitalisation des militaires à Gisenyi, à Ruhengeri, à Kigali et ailleurs. 


Pour cela, la population demande que le mécanisme conjoint de vérification et les experts de Madame l’Envoyée Spéciale du Secrétaire Général de l’ONU soient mis à contribution pour tirer toutes les conclusions qui mettront fin à toutes les spéculations.

Le même mécanisme et les mêmes experts devront être déployés à Kibumba, précisément à Kabuhanga où l’on note en ce moment la traversée des troupes rwandaises. 


Des sources crédibles des populations vivant dans cette partie ont fourni ces renseignements depuis le dimanche 1er septembre 2013. 

Au sujet des relations entre la Rdc et le Rwanda


Celles-ci semblent être tendues ces derniers temps surtout lorsque tout le monde a assisté au mouvement des blindés et chars de l’armée rwandaise partant de Kigali pour Gisenyi dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 août 2013. 


A l’heure qu’il est, ces engins de la guerre ainsi que les troupes rwandaises sont fortement amassés le long de la frontière rwandaise de la Grande barrière vers Kibumba, précisément à Kabuhanga en territoire rwandais et sur une partie du territoire congolais.

Pour apaiser cette tension, les services de renseignement congolais ont demandé aux services de renseignement rwandais de saisir ensemble les Nations Unies pour une enquête internationale au sujet des obus tombés sur les sols congolais et rwandais, de leur provenance ainsi que de leurs auteurs. La partie congolaise s’est butée au refus catégorique des services rwandais.

Par ailleurs, dans le même cadre, la Monusco a proposé aux autorités rwandaises une commission tripartite Monusco-Rdc-Rwanda pour diligenter les mêmes enquêtes sans recevoir aucune suite de la partie rwandaise. 


Cela saute aux yeux de la population comme une volonté délibérée d’entretenir le flou et donc de justifier une éventuelle incursion sur le territoire congolais.

A ce sujet, la population a accueilli favorablement la précision du Secrétaire Général des Nations Unies par rapport à la provenance des obus qui sont tombés à Goma (RDC) et à Gisenyi (Rwanda). 


La même population s’interroge aujourd’hui sur le silence de la Communauté Internationale face à l’attroupement des forces de l’armée rwandaise et des chars à la frontière alors qu’il n’y a pas de guerre déclarée entre les deux pays. 

Concernant l’accord cadre et la résolution 2098


La population du Nord-Kivu a salué l’engagement de la Communauté Internationale à accompagner les efforts de paix du Président Joseph Kabila en vue d’alléger les souffrances atroces d’un peuple meurtrie depuis plus de 20 ans. 


Et depuis lors, la population a noté avec satisfaction le déploiement du contingent de la Brigade d’Intervention mais se pose la question sur le retard accusé dans le déploiement du contingent malawite.

A ce jour, la satisfaction de la population est grande lorsqu’elle a vu finalement le verrou de Kibati, forteresse du M23, sauté grâce à la conjugaison des forces de la Monusco et des FARDC. 


L’Autorité Provinciale réitère la compassion de toute la population à l’occasion du décès du casque bleu tombé sur le champ d’honneur. 

Le vœu le plus ardent, c’est que le démantèlement du M23 se fasse le plus rapidement possible afin de permettre à la Brigade de passer aux étapes suivantes à savoir : la neutralisation des FDLR, ADF-Nalu et tous les groupes Maï-Maï.

Voilà pourquoi la population voudrait avoir une compréhension de ce qu’on appelle « Solution politique ». 


A notre avis, l’accord cadre ayant été signé par 11 Etats de la Région des Grands Lacs, le dialogue politique signifie que les Chefs d’Etats de la Région doivent poursuivre le renforcement des relations entre eux pour que ce qui se passe à l’Est de la RDC n’embrase pas l’ensemble de la Région.

Si ce n’est pas cela la solution politique, la population a soif de savoir si par l’option politique, on veut parler des négociations avec le M23, les FDLR et les ADF-NALU respectivement par les gouvernements congolais, rwandais et ougandais ! 


Sinon, qu’attend alors la Brigade d’Intervention pour neutraliser lesdites forces qualifiées de forces négatives par les Nations Unies, l’Union Africaine, la SADEC et la CIRGL ?

S’agissant des engagements des pays de la Région, la population se pose la question si refuser d’exécuter les mandats émis par la RDC ne constitue pas une violation de l’accord cadre par le Rwanda qui tient à garder sur son sol Messieurs Jean Marie RUNIGA, Baudouin NGARUYE et plus de 700 militaires déversés au Rwanda en mars 2013 à la suite des affrontements entre l’aile Bosco Ntaganda et l’aile Makenga.

Et pourtant au point 5 de l’accord cadre, signé par les Etats de la Région des Grand-Lacs, il est dit que les Etats renouvellent l’engagement à : 

  • ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés ; 
  • Ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies ;
  •  Faciliter l’administration de la justice, grâce à la coopération judiciaire dans la Région.
La population du Nord-Kivu se demande pourquoi ne fait-on pas une évaluation de tous ces engagements ! 

Plus récemment encore, c’est le même Rwanda qui a refusé, au siège des Nations Unies à New York, que certains commandants du M23 soient placés sous sanction des Nations Unies. 

Tous ces éléments réunis suscitent des inquiétudes dans le chef de la population qui s’interroge sur l’agitation du Rwanda à chaque fois que la RDC et les Nations Unies (Brigade d’intervention) veulent en découdre avec un mouvement rebelle (M23) supposé être un problème interne à la RDC.

Sur un autre chapitre relatif à la solution à la crise de l’Est de la RDC, voici ce qui paraît inacceptable aux yeux de la population : l’amnistie des criminels du M23, FDLR, ADF-NALU, Maï-Maï : pour le cas du M23, la plupart de ses éléments ont déjà bénéficié de l’amnistie deux fois durant. 


Il est donc inacceptable que la RDC continue à amnistier les personnes qui tombent sous le coup de récidive comme pour consacrer l’impunité pourtant décriée par la Communauté Internationale.

L’intégration en bloc des éléments criminels du M23 dans les forces armées de la RDC. 


Les ratés du brassage et du mixage au sein des FARDC ont suffisamment démontré que ce schéma est suicidaire pour une armée qui se veut moderne, professionnelle et respectueuse des droits de l’homme. 

A ce sujet, la Communauté Internationale ne doit pas demander à la RDC de reformer son armée et à la fois l’amener à dialoguer avec les criminels en vue de leur intégration dans cette même armée.

Il faut ici rappeler que la RDC dispose déjà d’une Loi qui organise les Forces armées ainsi que les critères de recrutement à leur sein. 


Or tout le monde sait qu’au sein du M23 existent des enfants soldats et des civils recrutés par force, ce qui va à l’encontre avec les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et autres.

L’intégration politique des cadres du M23 : la plupart d’entre eux sont sous sanction des Nations Unies et le M23 lui-même a été globalement placé sous sanction en décembre 2012 et janvier 2013 au même titre que Jean Marie Runiga (ancien leader politique), Eric Badege, …
La population se demande quel type de société allons-nous construire en RDC si on doit faire régulièrement allégeance à ceux qui tiennent les armes contre leur pays.

Il sied de souligner que cette visite s’inscrit dans un contexte où les intenses combats qui ont repris à l’Est de la République démocratique du Congo et les tensions régionales ont provoqué un lourd tribut sur les civils.
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[L’Avenir]

Cameroun: Églises de réveil, en finir avec les prophètes de malheur

Ces lieux de (faux) culte représentent une menace depuis longtemps. Et le Cameroun s’en aperçoit seulement maintenant. 



Les églises de réveil. À Lagos comme à Yaoundé, c'est pareil. / Reuters

Il ne se passe pas une semaine depuis le mois d’août, où l’on n’apprend pas la fermeture d’une église dite de réveil au Cameroun


Ce sont d’obscurs endroits où de malheureuses personnes, fragilisées par toutes sortes de souffrances, viennent se faire raconter des balivernes par de tristes personnages qui se prennent tous pour des prophètes.

Une cinquantaine (sur un nombre total difficile à savoir) ont été fermées dans les deux grandes métropoles de Yaoundé et Douala et dans quelques villes de l’ouest du pays comme à Bafoussam et Bamenda.

Le motif de cette opération coup de poing, les dérives des églises néo-pentecôtistes qui ont essaimé dans le pays, comme dans de nombreux autres pays africains, lorsque la crise économique a commencé à faire des ravages au tout début des années 90. 


Divers témoignages évoquent des cas de viol, séquestration, escroquerie en tout genre, tentative de déstructuration des familles, harcèlement.

Pis encore, il aura fallu attendre la mort d’une fillette de 9 ans, en août dernier à Bamenda, dans le nord-ouest anglophone, lors d’une prétendue séance d’exorcisme, pour que le gouvernement décide de mettre un terme à la récréation qui durait depuis une vingtaine d’années.

Si le gouvernement camerounais promet un «assainissement» face aux «dérives graves à répétition» de ces Églises de réveil, il faut dire que la terminologie utilisée est faible. 


Parce qu’il ne s’agit pas de simples «dérives» même «graves»: c’est un vrai scandale humanitaire qui se déroule depuis deux décennies sous l’œil indifférent (et donc, dans un sens, complice) des autorités. 

Ce qui se passe depuis l’arrivée de ces assemblées pentecôtistes est un festival du n’importe-quoi : «semaines du miracle», «journée de la guérison», «prières du succès»… Mais, bien sûr! Et la vie éternelle aussi, non?

Selon des chiffres du ministère camerounais de l’Administration territoriale, 48 organisations religieuses sont autorisées au Cameroun, alors que pour la seule capitale, Yaoundé, l’on dénombrerait pas moins de 500 églises clandestines. 


Comment se fait-il donc que le gouvernement dispose de ces chiffres et que rien n’ait été fait jusqu’ici?

Pourtant, tout le monde sait que ce que prêchent les «prophètes» de ces Églises, ce n’est pas la parole de l’espoir, mais bien un discours de délinquants. Ce qu’annoncent ces faux pasteurs, ce n’est pas la bonne parole mais plutôt le mensonge.

En somme, ce sont des prophètes de malheur qui n’ont pour seul objectif que d’exploiter la misère d’une population, où une personne sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté


Ces mouvements sont dangereux, car imaginez-vous qu’ils interdisent aux fidèles de se rendre à l’hôpital en cas de maladie. Quelle idée!

Ces assemblées sont une menace pour la sécurité même du pays parce qu’elles sont l’expression d’un fondamentalisme qui ne dit pas son nom. Il était temps de mettre fin à cette mauvaise blague, qui a, hélas, duré trop longtemps. Allez, la messe est dite!
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Raoul Mbog

Slate Afrique

Quand les Africains investissent l'Afrique

Mercredi, 04 Septembre 2013



Le réseau panafricain Ecobank (ici son siège, à Lomé) couvre une trentaine de pays. © Michel Aveline/JALes firmes étrangères ne sont plus seules à s'intéresser au potentiel de l'Afrique. Fusions-acquisitions, nouvelles implantations... 


De plus en plus de groupes africains se projettent hors de leurs frontières... mais à l'intérieur du continent.

Il y a tout juste un an, Shoprite ouvrait son premier supermarché à Kinshasa. Cette implantation, la deuxième en Afrique francophone (après Madagascar) pour le leader sud-africain de la grande distribution, était passée presque inaperçue. 


Seuls quelques médias anglophones l'avaient commentée. Et pourtant, l'opération est une parfaite illustration d'un mouvement de fond en cours en Afrique : l'émergence de groupes à capitaux locaux qui sortent de leurs frontières pour s'installer sur le reste du continent, dopant ainsi les investissements intra-africains.


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C'est ce que montre l'étude "Africa attractiveness survey 2013, getting down to business" récemment publiée par Ernst & Young. 




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D'après les analystes du cabinet international, les investissements directs réalisés par les Africains sur leur continent suivent la même tendance que ceux provenant d'Europe, d'Asie et des États-Unis. 

En valeur, ils sont encore inférieurs et progressent moins vite que les investissements directs étrangers (IDE),qui ont atteint près de 38 milliards d'euros en 2012, soit le double du volume reçu dix ans plus tôt. Mais en nombre de projets, souligne le cabinet, ils affichent une progression robuste de 32,5 % par an entre 2007 et 2012. 

Une hausse deux fois plus élevée que celle des investissements provenant des pays émergents (hors Afrique) et quatre fois plus forte que celle issue des pays développés.

Longueur d'avance

En somme, les Africains ont de plus en plus confiance en leur propre continent. L'expansion rapide des sociétés marocaines en Afrique de l'Ouest francophone est un bon exemple de ce phénomène. 


À l'instar de Shoprite, désormais présent dans seize pays, les groupes du royaume, en quête de nouveaux relais de croissance, ont multiplié les implantations et acquisitions dans cette région. 

En juin 2012, par exemple, Banque populaire a apporté près de 90 millions d'euros pour créer, avec l'ivoirien Atlantic Financial Group, un nouveau holding bancaire, Atlantic Business International. 

L'opération a permis au groupe marocain, numéro deux sur son marché domestique, de prendre pied dans sept nouveaux pays africains et d'emboîter le pas à ses compatriotes BMCE Bank et Attijariwafa Bank, qui ont une longueur d'avance.

Mais selon Ernst & Young, ce sont les Sud-Africains qui restent les champions des investissements intra-africains, avec un total de 235 projets d'investissement entre 2007 et 2012, soit une hausse globale de 57 %. 


Depuis 2003, près de 46 000 emplois ont ainsi été créés sur le reste du continent par les entreprises de ce pays. Et à une échelle internationale, la nation Arc-en-Ciel se classe, sur cette période, au cinquième rang derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Inde. 

Rien qu'en 2012, les entreprises et institutions sud-africaines ont mené 75 opérations d'investissement, pour un montant de 1,1 milliard d'euros. Outre Shoprite, il faut compter avec l'opérateur télécoms MTN, Standard Bank ou encore d'autres enseignes de distribution comme Pick n Pay et Woolworths...


Les sud-africains MTN (ici en Côte d'Ivoire) et Shoprite, ou encore le nigérian Dangote figurent parmi les groupes les plus expansionnistes. © Junier Didi Kannah/JA

Après l'Afrique du Sud, "le Kenya et le Nigeria [notamment via leurs banques] sont les deux autres principaux investisseurs subsahariens en Afrique, écrit Ernst & Young. Mais nous prévoyons que d'autres pays, comme l'Angola, vont s'imposer au cours des prochaines années". 


Les secteurs qui attirent les entreprises de ces pays sont multiples : télécoms, construction, grande distribution, hôtellerie, matières premières, agroalimentaire... "En fait, s'il y a une dimension sentimentale dans leur démarche, les groupes africains ont avant tout, comme les Occidentaux ou les Asiatiques, une motivation capitaliste, explique Jean-Luc Koffi Vovor, président du think thank Kusuntu le Club. 

Ils vont dans des secteurs de grande consommation et délaissent par exemple l'éducation, qui offre une faible rentabilité à court terme et reste ainsi le parent pauvre des investissements intra-africains."

Comparés aux groupes étrangers, les Africains ont un atout majeur : "Ils connaissent déjà le terrain [et ses particularités] pour l'avoir pratiqué et y avoir excellé dans leur pays d'origine, soutient Lindsey Domingo, responsable de la RD Congo chez Ernst & Young. Ils ont donc développé un savoir-faire qu'ils utilisent dans leur approche des marchés, des affaires et de la négociation. 


Et puis, ayant déjà expérimenté des difficultés courantes sur le continent [périodes d'instabilité, faiblesse des infrastructures routières et énergétiques...], ils ont une perception du risque différente."

Catalyseur

Cette montée en puissance des investissements intra-africains peut être un élément catalyseur pour attirer des montants encore plus importants de capitaux étrangers. 


"Il est difficile de demander aux étrangers de venir en Afrique si les Africains eux-mêmes n'y investissent pas", explique Vincent Le Guennou, patron du fonds Emerging Capital Partners. 

D'ailleurs, de plus en plus de groupes étrangers optent pour des stratégies de plateforme : ils investissent dans une société africaine qui porte ensuite leur développement à l'échelle du continent.

L'accélération des investissements intracontinentaux viendra aussi de l'émergence des fonds de pension et des fonds souverains sur le continent. 


L'Angola, qui grâce à ses revenus pétroliers vient de lancer un fonds de 3,7 milliards d'euros, a annoncé que ses premiers investissements cibleront l'industrie hôtelière en Afrique subsaharienne, l'agriculture, l'accès à l'eau potable, la production électrique et les transports. 

D'après les calculs de la banque d'affaires russe Renaissance Capital, le total des actifs des six plus grands fonds de pension africains devrait atteindre 465 milliards d'euros à l'horizon 2020. 

Et le plus important d'entre eux, le sud-africain GEPF (actuellement doté de 90 milliards d'euros), consacre déjà 1 % - et bientôt 5 % - de ce montant au reste de l'Afrique.

Une condition est cependant indispensable à un plus large développement des investissements intra-africains : "Les États du continent doivent davantage lever les barrières à la circulation des personnes, des biens et des capitaux", affirme Vincent Le Guennou. Autrement dit, il faut renforcer l'intégration régionale.

Par ici la monnaie

Les places financières offshore tentent de s'imposer comme passages obligés pour les IDE vers l'Afrique.

Faites entrer les avocats ! Conséquence de la bonne santé économique de l'Afrique et de la croissance des flux de capitaux internationaux à destination du continent, le besoin de protéger les investissements et les revenus des entreprises, africaines comme étrangères, s'est accentué. 


D'après les Nations unies, en 2012, les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique se sont élevés à 38 milliards d'euros, soit plus de deux fois leur niveau d'il y a dix ans. 

Et des pays comme Maurice, Singapour et le Luxembourg se livrent une concurrence acharnée pour se positionner comme hubs de transit de ces capitaux en développant des dispositifs de sécurisation adaptés.

Course

Selon le quotidien britannique Financial Times, ces places financières offshore négocient actuellement des accords allant dans ce sens avec les pays africains. 


Concrètement, il s'agit, via des accords de protection des investissements, de privilégier l'arbitrage en cas de différend et de réduire les risques de nationalisation en forçant le pays d'accueil à indemniser équitablement les investisseurs, et, via des Laif Reaaccords de double imposition, d'éviter qu'un contribuable soit soumis à des impôts sur la même "matière imposable" dans deux États différents. 


L'île Maurice multiplie les accords de protection des investissements avec les pays du continent. © Samuel Zuder


"C'est une tendance forte, explique au Financial Times un banquier d'affaires spécialiste de l'Afrique subsaharienne. Bien que les accords sur la double imposition soient plus médiatisés, ce qui intéresse les investisseurs ce sont surtout les accords de protection des investissements." 


Et dans cette course à la signature, Maurice a pris une longueur d'avance sur ses concurrents. À titre d'exemple, l'île a déjà conclu cette année des traités de ce type avec le Congo, le Kenya et le Gabon. 

Elle a par ailleurs signé cinq accords sur la double imposition depuis 2010 : avec le Congo, l'Égypte, le Kenya, le Nigeria et le Gabon. 

Pendant ce temps, Malte, Chypre et Singapour ne disposent d'accords qu'avec une poignée de pays du Maghreb. D'après le Financial Times, l'Afrique du Sud et le Botswana veulent jouer un rôle similaire, à un niveau régional.

Reste que si ces dispositifs destinés à rassurer les investisseurs ont permis à l'Inde et à la Chine d'attirer encore plus d'IDE (via les places financières offshore) dans les années 1990 et au début des années 2000, ils sont critiqués par les militants de la lutte contre la pauvreté, qui estiment qu'ils réduisent les revenus des États. 

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Joël Assoko
Jeune Afrique

RDC : Après avoir conquis Kibati, l'armée congolaise progresse vers Kibumba

03/09/2013 

 

FARDC

D'après les informations en provenance de ligne de front au Nord-Kivu, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues par les éléments de la Brigade spéciale d'intervention de la Monusco, progressent vers la cité de Kibumba, chef-lieu du territoire de Nyiragongo, après avoir fait sauter le verrou stratégique de Mujoga ainsi que la place communément appelée " Trois Antennes ", longtemps occupée par les rebelles du M23.

A la suite de la prise de ces localités stratégiques, les FARDC ont engagé une poursuite contre les rebelles dans leur fuite vers la cité de Kibumba afin d'épargner la population contre des éventuelles exactions et autres cas de violations de droits de l'homme notamment les recrutements forcés des enfants dans leurs rangs.

En effet, la cité de Kibumba est située à 30 kilomètres du centre ville de Goma à moins d'une dizaine de kilomètres de la frontière terrestre rwando-congolaise, au pied des volcans éteints de Karisimbi et Mikeno.

Il s'agit d'un verrou stratégique qui ouvre la voie à la base militaire de Rumangabo, en territoire de Rutshuru. Pour rappel, le site dit " Trois antennes " est situé après les encablures de Kilima-Nyoka et donne la vue sur la cité de Kibumba bâtie au pied des volcans éteints de Karisimbi et Mikeno faisant frontière avec le Rwanda.

La prise de ces sites stratégiques ouvre la voie sur le groupement de Rugari et la localité de Rumango, en territoire de Rutshuru. Kalengera, Kako, Rubare sont les cités qui restent à conquérir afin de libérer la cité de Kiwanja, principale agglomération du territoire de Rutshuru puis enfin la bourgade de Bunagana frontalière avec l'Ouganda.

La progression des FARDC vers Kibumba intervient après plus d'une semaine depuis la reprise des affrontements entre l'armée régulière et les rebelles du M23 au niveau de la localité de Kibati. 


Liesse populaire au centre-ville de Goma

A l'annonce de la prise de la localité Mujonga et la place dite " Trois Antennes ", des scènes de liesse populaire ont été observées à travers les rues et les artères principales de la ville de Goma notamment le quartier populaire de Birere ainsi que le tronçon allant de l'aéroport jusqu'à la hauteur de Kanyaruchinya et Kibati.

De jeunes gens étaient visibles massés aux abords de la route saluant la victoire de l'armée régulière de même que les casques blues de la Monusco, spécialement les éléments de la Brigade spéciale d'intervention.

Des bidons et des sifflets ont agrémenté les manifestations spontanées. D'autres n'ont pas hésité de se percher sur des véhicules de la Monusco en signe de confiance et de gratitude pour l'appui conséquent de la force onusienne aux Fardc. 


Les motards ne sont pas restés en marge. Ils ont également envahi les rues et les artères principales dans un concert inouï des klaxons.
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[Godé Kalonji Mukendi] 

© KongoTimes