| jeudi 3 mars 2011 Jossart Muanza (AEM) |
Suite à un appel anonyme, via le net et les sms, à manifester le lundi 7 mars à la Place de l’Indépendance à Luanda et à l’étranger par la diaspora afin de demander le départ du Président dos Santos, le gouvernement angolais vient de prendre un train de mesures préventives. Des mesures jugées « excessives » par notre confrère Rafael Marques de l’hebdomadaire indépendant Folha 8, qui estime que « le MPLA n’aurait pas dû réagir à un appel anonyme » et qui doute de la tenue de ladite manifestation. Celles-ci seront illustrées notamment par un déploiement important des forces de maintien de l’ordre. Ce n’est pas tout, le régime de Luanda a décidé également d’allumer un contre-feu par l’organisation, deux jours plus tôt, soit le 5 mars, d’ une marche « pour la paix, la démocratie et la stabilité nationale. » |
| Optimistes, les autorités angolaises annoncent au moins 2 millions de personnes à Luanda qui iraient des militants du MPLA, le parti de la majorité, jusqu’à ceux des partis de l’opposition en passant par les membres des églises, des ONG et des associations professionnelles. Selon le premier secrétaire du MPLA Bento Francisco Sebastião Bento, cette marche partira de l’Avenida (Avenue) Deolinda Rodrigues et tous les participants, vêtus de blanc et munis de mouchoirs de couleur blanche, arpenteront plusieurs rues de la capitale. Pour leur part, les organisateurs de la manifestation « anti-dos Santos » ont fait coïncider la date choisie avec le lancement de la 33e édition du Carnaval en Angola. Ils espéreraient, sans doute, rallier le public que va attirer le carnaval. Une démarche qui irrite Bento Francisco Sebastião Bento qui accuse « Ces Angolais résidant dans les pays comme le Portugal, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande Bretagne, la Begique qui veulent s’inspirer des soulèvements populaires en cours dans les pays arabes comme l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et la Lybie, avec comme objectif le renversement des régimes et chefs d’État. » Dans la foulée, après avoir accusé certains hommes politiques de vouloir « agiter les populations », Bento Bento les invite « à participer aux élections qui constituent l’unique voie pacifique pour l’alternance dans tout État démocratique et de droits au lieu d’inciter à l’agitation sociale. » « Le peuple ne va pas céder à cette confusion », a-t-il averti tout en appelant les populations au calme et à dénoncer toute tentative d’agitation. Interrogé sur ce que les autorités comptent faire au cas où cette manifestation aurait effectivement lieu, notre confrère João Nobre a, pour sa part, précisé que dès lors que celle-ci n’a pas été autorisée, elle serait considérée comme « une action troublant l’ordre public et, par conséquent, réprimée. » De son côté, le secrétaire général du MPLA, Julião Mateus Paulo « Dino Matrosse » a dénoncé jeudi à Luanda « ces tentatives d’incitation à la violence orchestrées par certains Angolais visant, selon lui, à mettre un frein au processus de reconstruction en cours dans le pays. » Et de conclure : « Ces tentatives répétées d’incitation à l’anarchie, à la désobéissance, à la violence et à la subversion, par des milieux bien identifiés, visent à interrompre le travail de reconstruction du pays mené sous la direction du président José Eduardo dos Santos ». Pour rappel, José Eduardo dos Santos, 68 ans, préside aux destinées de l’Angola depuis 1979 à la mort du premier président de ce pays, Agostinho Neto. Son parti, le MPLA au pouvoir depuis 1975, compte 191 députés sur 220 au Parlement issu des élections législatives des 5 et 6 septembre 2008. |
samedi 5 mars 2011
Angola : Le gouvernement allume un contre-feu
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