lundi 18 juillet 2011

Sénégal : L’appétit du pouvoir du Pds n’est pas fortuit

Me Abdoulaye Wade, président du Sénégal (DR)
(AfriSCOOP Analyse) — Exit provisoirement la polémique autour du « ticket présidentiel » proposé par le parti au pouvoir au Sénégal, le Pds (Parti démocratique sénégalais). Place maintenant aux débats enflammés « pour ou contre » une nouvelle candidature de Me Abdoulaye Wade à la présidence. Un différend politique interne qui a pour origine la mainmise presque insolente du Pds sur la République du Sénégal, depuis l’an 2000.
Les élections municipales du premier semestre 2009 ont certes desserré l’étau de la mainmise du Pds sur le Sénégal, d’un point de vue politique, dans la plupart des villes sénégalaises. Avec au passage la défaite infligée à Karim Wade à Dakar. Cependant, cette défaite est loin d’ébranler les certitudes du président Wade et de son parti ; au sujet de leur cote de popularité au sein des populations de la terre de la Téranga. Me Wade a fait connaître cet état d’esprit la semaine écoulée. En rappelant entre autres qu’il est prêt à participer à « une élection présidentielle anticipée » et qu’il « est sûr de la remporter ».
Depuis la présidentielle de 2007 dont les résultats ont été contestés par l’Opposition sénégalaise, quelle est la véritable et cohérente planification de conquête du pouvoir que les Opposants sénégalais ont concrètement mis en place pour infliger une défaite dans les urnes au camp Wade en 2012 ? Le lancement le 28 mai 2011 par l’Afp (Alliance des forces du progrès, principal regroupement de l’Opposition sénégalaise) d’un projet visant « la mise en place d’une période de transition de 3 ans à l’issue de la présidentielle de 2012 » est une preuve du manque d’assurance dans cette classe des politiques de ce pays. Même si l’on peut aisément penser qu’une telle transition viserait à remettre à plat les aspérités créées par le pouvoir Pds. Comme beaucoup d’Opposition d’Afrique francophone, les opposants au régime du Pds continuent de se déchirer. Au nom des luttes d’egos. Une tare politique au sein des oppositions francophones qui facilite la falsification de résultats électoraux aux pouvoirs en place. Une appréhension que Hamadou Mocktar Mbow (ancien directeur de l’Unesco), aujourd’hui âgé de 90 ans, a résumé sur « Rfi » en ces termes : « Le pouvoir est concentré dans les mains du président Wade (…) Il a les moyens qu’il emploiera. Est-ce que cela suffira, je ne sais pas ? ».
Avant les Wade, le Sénégal n’était-il pas moderne ?
Ils sont nombreux ; qu’ils soient des citoyens sénégalais, de simples voyageurs ou résidents sur la terre de la Teranga à concéder que jamais le Sénégal n’a disposé autant d’infrastructures modernes sur plusieurs plans, comme sous les deux mandats de Wade. Tout comme les dizaines de manifestations d’envergure internationale abritées par la terre natale des Senghor depuis plus d’une décennie. Ou encore la diplomatie « no limit » de Dakar dans divers dossiers chauds sur la planète. En Afrique comme dans le reste du monde. Même si généralement ces rencontres internationales et cette diplomatie tout azimut coûtent aux contribuables sénégalais. L’amère expérience du coût exorbitant des infrastructures ayant abrité le Sommet de l’Anoci à Dakar est restée dans des mémoires. Autant d’actions et de réalisations pour redorer l’image du Sénégal sur plusieurs plans qui donnent la certitude au Pds et à son fondateur qu’ils ne peuvent pas essuyer une défaite lors d’un scrutin présidentiel. Quelle que soit la période au cours de laquelle cette élection sera organisée. Peuple sénégalais, à toi donc d’arbitrer sereinement le bras de fer de 2012.
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