lundi 30 juillet 2012

KABILA SE DISQUALIFIE DE SES FONCTIONS



par Henri Paul VungboIl 


Nous ne cesserons jamais de le souligner. Les confrontations à l'Est du Congo, dans la région des Kivu, spécialement dans le nord est une situation pathétique qui offre une mer à boire pour le Président Congolais. (1)

Pour autant que cette situation demeure d'actualité, la violation de la souveraineté nationale et de l'intégrité du territoire congolais par le M23 couplé du soutient prouvé de Paul Kagame et du Rwanda aux miliciens dudit mouvement rebelle demeure comme de la paille ou l'épine dans l'œil du Président Congolais.

C'est donc dans ce cadre que les députés du Nord Kivu et du Sud Kivu sont allés voir Joseph Kabila dans son fief de Kingataki, puisque l'homme, comme un tourbillon, n'a pas un demeure fixe où il passe ses troublants nuits.

Dans la journée, cependant, Kingataki demeure encore ce lieu apparemment sur et jugé en dehors de l'indiscrétion des yeux et des oreilles des Kinois qui ne cherchent que sa démise. C'est donc à Kingataki que ces élus du peuple des deux Kivu sont allés à la rencontre de l'homme qui est supposé garantir la sécurité des frontières nationales entre ses neufs voisins constituants les pays limitrophes avec le Congo.

A l'agenda c'était bien entendu la question sécuritaire à l'Est. La question qui était mise sur la table par ces députés était celle de savoir quelles actions salvatrices que le gouvernement Congolais comptait entreprendre pour sauvegarder la sécurité à l'Est du pays et en empêcher ainsi la balkanisation du pays devant ces forces diaboliques qui ne dormiront dans leurs lauriers qu'une fois leur objectif de déclarer l'indépendance du Kivu est atteint.

La question rendra Kabila dans tous ces états au point de déclarer à peu près ce qui suit: « Toujours vous me parlez de Kivu et vous ne jurez que par Kivu. Est-ce que le Congo ne peut survivre sans Kivu?»

La glass a ainsi donc sonné! comme dira le "Terminator"

A l'entendre parler, les Congolais devront se poser la question de savoir quels preuves doivent-ils encore amasser pour qualifier l'homme qui est à la tête du pays d'un indésirable, de l'ennemi du Congo.

Alors que Kabila et son entourage compte le reste du Congo, sacrifiant ainsi la partie Est du pays, les vrais fils et filles du Congo parlent le langage de ce tout qui est et qui doit demeurer indivisible et inaliénable selon les dispositions même de la Loi Bakajika demeuré célèbre du point de vue de sa porté historique.

Quel est ce président qui aime vraiment son pays doit se voir satisfait alors qu'un parti du territoire de son pays réputé indivisible, souverain et inaliénable est hypothéqué au risque le perdre aux forces du mal?.

Pour sauver sa peau et bénéficier d'un semblant de paix et de liberté de mouvement, Kabila a cédé une partie du territoire Congolais à l'Angola et maintenant ne voit pas le vrai danger de la balkanisation, si l'on tient compte de sa réponse aux parlementaires ressortissants des deux Kivu.

Voici ce que nous disons: peu importe comment le président Congolais (sic) défini l'intégrité territoriale...peu importe comment Kabila comprend la défense de la souveraineté nationale et assurément peu importe quel est le degré de son amour vis-à-vis du Congo, les Congolais, les vrais, s'inspirent de la Parole de Dieu nous livrée dans Luc. Jésus Christ raconte en ces termes cette parabole aux publicains, les gens de mauvaise vie qui s'approchèrent de lui pour l'entendre et aux pharisiens et les scribes qui murmurèrent: «Quel homme d'entre vous, s'il a cent brebis, et qu'il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve? Lorsqu'il l'a retrouvée il la met avec joie sur ces épaules et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue... Ou quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu'elle en perde une, n'allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle la retrouve? Lorsqu'elle l'a retrouvée elle appelle ses amies et ses voisines, et dit: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue. De même, je vous dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.» (Luc 15:3-5; 8-10)

Nous disons donc et nous réitérons que le Président du Congo, le vrai, doit porter les deux Kivu à cœur et voir en la balkanisation du Congo un plan machiavélique à combattre à sang et à feu. De la même manière que cet homme qui a laissé derrière lui les «quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve» et de la même manière aussi cette femme qui avait dix drachmes et qui en a perde une, «n'allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle la retrouve», de la même manière aussi le Président Congolais, le vrai, abandonnera sa ferme de Kingataki, son domaine feutré, son luxe et de surcroit, il abandonnera les autres provinces qui jouissent d'une paix relative pour aller en guerre contre les usurpateurs jusqu'au moment où la libération inconditionnelle la région de Kivu menacée de balkanisation sera totale.

Mais pour lui de tenir un langage aussi irresponsable et simpliste tel que « Toujours vous me parlez de Kivu et vous ne jurez que par Kivu. Est-ce que le Congo ne peut survivre sans Kivu» non seulement "confirme les accusations du visionnaire Ngbanda qui l'accuse d'un "étranger", mais le "disqualifie de ses fonctions de Président de la République" aux yeux des milliers des Congolais qui se sont présentés aux urnes le 28 novembre 2011 et de ceux qui ont voté par conscience le légitimant, le validant et légalisant comme un fils digne du pays capable de se présenter aux suffrages universels du Congo.

Pour avoir répondu en ces termes aussi accusateurs et simplistes aux parlementaires des deux Kivu, Kabila a simplement cessé d'être le Président du Congo. Il doit donc partir et peu importe comment.

RDC : KAGAME n'est pas dans la logique de la balkanisation du Kivu

30/07/2012 

                                                              Paul KAGAME

Kigali donne, en effet, l'impression qu'il ne saurait être en paix tant que toute la sous région des Grands Lacs n'est pas totalement sous ses bottes. S'il en a la volonté, il n'est pas certain qu'il en ait les moyens de nature à lui permettre d'arriver à ses fins.

Contrairement à ce que l'on croit, un peu trop vite et naïvement, Kigali n'est pas dans la logique de la balkanisation de la RDC. Il veut, au contraire, être le centre d'où la RDC doit être dirigée.

Il est dans une troublante démarche qui lui fait croire, à tort naturellement, que seul lui possède le personnel politique ayant l'intelligence et les qualités morales requises pour diriger avec bonheur tous les pays des Grands Lacs, et spécialement la RDC.

Il fait comme s'il était encore le maître du jeu insipide qui se joue sous nos yeux depuis plus d'une décennie. Et pourtant, les choses changent. Elles changent à une vitesse telle que Kigali, qui ne s'y attend pas risque de connaître des surprises désagréables.

A ce jour, je n'ai pas l'impression qu'il prend l'exacte mesure de ce qui l'attend au tournant. Déjà, il devrait sentir que le vent qui souffle en ce moment n'est pas propice à ses caprices hautement fantaisistes et injustifiés.

Kigali donne, en effet, l'impression qu'il ne saurait être en paix tant que toute la sous région des Grands Lacs n'est pas totalement sous ses bottes. S'il en a la volonté, il n'est pas certain qu'il en ait les moyens de nature à lui permettre d'arriver à ses fins.

Contrairement à ce que l'on croit, un peu trop vite et naïvement, Kigali n'est pas dans la logique de la balkanisation de la RDC. Il veut, au contraire, être le centre d'où la RDC doit être dirigée.

Il est dans une troublante démarche qui lui fait croire, à tort naturellement, que seul lui possède le personnel politique ayant l'intelligence et les qualités morales requises pour diriger avec bonheur tous les pays des Grands Lacs, et spécialement la RDC.

Kigali a visiblement du mépris pour les Congolais " incapables ", comme il le dit souvent, de gérer leur propre pays. Cela me fait penser à ce que disait jadis le président Nasser : " On peut s'entendre avec quelqu'un qui ne vous aime pas, mais difficilement avec celui qui vous méprise ".

En confondant systématiquement tribus et nationalités, Kigali s'enfonce dans une logique qui se retourne petit à petit contre lui-même.

Pour preuve, les uns après les autres, tous ceux qui passaient pour être ses inconditionnels supporters, s'éloignent ostensiblement de lui, en lui coupant au passage toutes les diverses formes d'aide dont ils ont bénéficiées.

Ce mouvement de désamour des bailleurs des fonds vis-à-vis de Kigali va se poursuivre et s'intensifier au point d'entraîner ceux qui hésitent encore à suivre l'exemple des autres.

De même, Kigali doit savoir que du côté de l'Union africaine, sa situation d'hyper-protégé va devenir précaire. La grande dame qui a succédé à Jean Ping a son idée sur ce qu'il se passe dans la sous région des Grands Lacs. Où selon toute probabilité, elle tentera de prendre ses distances face à la politique de son pays.

D'après des indications en ma possession, Pretoria lui-même s'apprête à opérer un virage inattendu vis-à-vis de Kigali. Dont il accueille beaucoup de cadres, d'ethnie tutsi essentiellement, scandalisés par la politique suicidaire que leur pays mène en RDC.

Ils sont de plus en plus nombreux à attirer l'attention de Pretoria sur le danger que représente pour l'avenir la politique de Kigali qui risque de leur créer des problèmes dans une RDC où eux-mêmes et leurs parents, n'ont jamais souffert de la moindre discrimination tribale ou autre.

Pendant que ses hommes liges s'enfoncent dans la forêt congolaise, Kigali ne voit pas la grosse corde qui se déploie autour de son cou. Si Kigali ne fait pas preuve d'humilité et de lucidité, ce sont les Rwandais eux-mêmes qui se chargeront de le ramener à la raison. Plus tôt qu'on ne saurait le croire.

Les signaux qu'il faut rapidement décoder intelligemment, démontrent que, contrairement aux apparences, Kigali tire ses dernières cartouches, le dos totalement vissé au mur.

Il reste que Kinshasa doit d'ores et déjà savoir comment mieux gérer toutes ces sympathies qui lui viennent de partout. Et comment mieux recadrer son discours par rapport aux réalités du moment.

Car, il lui est impérativement interdit de rater ce virage capital qui approche. Et qui va mettre Kigali totalement et définitivement K.O.

Mankenda Voka
© KongoTimes

Rwanda : les morts se font entendre

lundi 06 septembre 2010

Mis en cause par l'ONU pour des massacres commis au Congo, le régime rwandais voit son image se ternir davantage. Le passé finira-t-il par rattraper le président Kagame ?

Novembre 1996, des réfugiés Hutus sur la route de Bukavu. © Belga

La fin d'un régime intouchable ?

Depuis qu'un rapport provisoire de 560 pages du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a « fuité» dans la presse, le Rwanda est à nouveau montré du doigt.

Ce document, dont Le Vif/L'Express avait annoncé le caractère explosif (2/7/2010), fait l'inventaire de quelque 600 « incidents violents » au Congo entre 1993 et 2003, et pointe l'ensemble des belligérants qui s'y sont affrontés, soit huit armées et 21 factions rebelles.

Mais c'est le Rwanda qui reçoit en pleine figure l'accusation à peine voilée de « génocide », alors qu'il se pose en victime de l'unique génocide qu'il reconnaisse, celui des Tutsi en 1994. Ce sera toutefois à la justice de se prononcer définitivement, tient à préciser le rapport.

La plupart des violations recensées datent de la première guerre dans l'ex-Zaïre, de 1996 à 1998. C'est l'époque où l'armée de Paul Kagame, qui a pris le pouvoir au Rwanda après avoir mis en fuite les génocidaires, et la rébellion tutsi de l'Alliance des forces démocratiques de libération du Congo (AFDL), dont Laurent-Désiré Kabila était le porte-parole, décident de liquider les camps de réfugiés rwandais dans l'est du Congo.

But officiel : déloger les génocidaires et rapatrier les autres. Mais cela tournera au massacre à grande échelle. Les enquêteurs affirment que les « attaques systématiques et généralisées » perpétrées par les troupes rwandaises contre les réfugiés hutu « révèlent des éléments accablants qui, s'ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de génocide ».

Les faits sont connus dans les grandes lignes depuis 1997. On parlait déjà l'époque d'attaques contre des camps de réfugiés, d'aide humanitaire bloquée ou utilisée comme appât, d'éliminations systématiques.

Les diplomaties européennes étaient au courant, mais trop contentes de voir Mobutu tomber de son socle, et gênées de n'avoir rien fait pour empêcher le génocide, elles se gardaient bien de dénoncer Kagame, le nouveau maître du Rwanda, d'autant qu'un million de Rwandais étaient entre-temps rentrés au pays.

En Belgique, une polémique éclate la même année lorsque le secrétaire d'Etat à la Coopération Reginald Moreels (CVP) affirme que les rebelles tutsi opèrent un véritable « contre-génocide », des propos jugés révisionnistes dans les milieux des rescapés.

A l'époque, l'ONU avait déjà voulu enquêter. A l'issue de tractations serrées, Laurent-Désiré Kabila (père de l'actuel président) avait fini par accepter une mission d'enquête menée par le rapporteur spécial Roberto Garreton, mais en en délimitant strictement le champ d'investigation.

Kabila était en fâcheuse posture : des massacres ont été commis à son insu, mais sa position lui imposait de couvrir ses officiers, rwandais pour la plupart. Cela n'empêchera pas la commissaire européenne Emma Bonino de traiter Kabila de « boucher », et d'avancer le chiffre de 200 000 Hutu volatilisés.

« Deux ou trois mois après, on en a retrouvé un grand nombre massacrés dans les forêts au sud de Kisangani », rapporte Marti Waals, de l'ONG Memisa.

D'incidents en obstructions, l'enquête n'aboutira jamais à des sanctions, d'autant que la deuxième guerre éclate le 2 août 1998. Débarrassé de ses protecteurs rwandais, Kabila a finalement lâché le morceau : « Ce n'est pas nous qui avons autorisé ces massacres, nous n'étions même pas informés, a-t-il déclaré au Soir en novembre 1998.

Les victimes se comptaient par milliers. Jamais nous n'aurions imaginé que ces gens puissent être si cruels, si sanguinaires, c'était révoltant. Nos compatriotes étaient bouleversés parce qu'on leur demandait même d'aider les militaires, de mettre les corps dans des sacs, de les jeter dans les charniers. Ils devaient promettre de ne pas révéler où on les avait enterrés. »

Aujourd'hui, on comprend mieux pourquoi le Rwanda a tout tenté pour éviter la publication du document, jusqu'à menacer de retirer ses 3 600 Casques bleus du Soudan. Kigali justifie sa présence passée au Congo par un « droit de poursuite », dicté par le fait que l'ONU a fait tous les mauvais choix en 1994.

Non seulement elle n'a pas réussi à empêcher le génocide au Rwanda, mais elle a laissé des camps de réfugiés se former à sa frontière. Ceux-ci étaient devenus de dangereux abcès à cause de la présence de génocidaires mélangés aux réfugiés.

Enfin, Kigali voit dans la parution du document un prétexte pour détourner les regards de la récente affaire des 170 femmes violées par des rebelles rwandais au Congo... alors que les troupes de l'ONU étaient à deux pas.

Face aux initiatives pour étouffer le rapport, la haut- commissaire Navanethem Pillay (une Sud-Africaine qui a également présidé le Tribunal pénal international sur le Rwanda) a sans doute été tentée de « sauver » son texte de la raison d'Etat en en livrant une version non expurgée.

A Kinshasa, certains se réjouissent de voir le Rwanda enfin épinglé, mais d'autres se seraient volontiers passés de cet inventaire macabre. La réconciliation est en marche entre les deux capitales, et le document pourrait avoir un effet déstabilisateur.

Il risque aussi de jeter une lumière crue sur les complicités nouées par Kabila père, tout comme sur les responsabilités de son fils Joseph, l'actuel président, tandis que se profilent les élections de 2011.

François Janne d'Othée
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Le vif.be

Concert Staff Benda Bilili à Carcassonne

JEUDI 2 AOUT 2012 à 22h15
 
Concert Staff Benda Bilili
 
Lieu:
Square André Chénier
Carcassonne

Le gouvernement rwandais propose la réintégration des officiers rebelles du M 23 au sein des Fardc



* Le gouvernement rwandais a publié une réplique de 28 pages au rapport de l’ONU sur son implication dans l’agression dont la Rdc est victime ; implication qu’il continue à nier *

Acculé sur le plan diplomatique, Paul Kagame propose dans ce document la réintégration des officiers de M 23 au sein des Fardc et la neutralisation des forces négatives qui opèrent au Congo *

Le document en question est truffé de mensonges en accusant un prétendu évêque congolais qui répondrait au nom de Elizee et qui aurait déclaré une guerre sainte contre les Tutsi ; un nom totalement inconnu parmi les évêques congolais *

Parmi les réactions à cette réplique, nous avons relevé celle de l’Américain John Campbell du Council on Foreign Relations qui qualifie le rapport de l’ONU de " complet et préoccupant " mais fustige la réplique rwandaise qui contient des " allégations absolument ridicules "

Comme on peut s’en rendre compte, l’étau se referme petit à petit sur Paul Kagame et son régime. La communauté internationale qui était son protecteur le lâche petit à petit. Après la publication du rapport des Nations Unies et de ses annexes, le gouvernement rwandais vient de donner la réplique à cette publication.

Cette réplique du gouvernement rwandais de 28 pages est un tissu de mensonges. Ce qu’il faut en retenir est que Kagame continue à nier son implication dans la guerre en aidant le mouvement rebelle.

En conclusion, le gouvernement rwandais propose la réintégration des officiers rebelles du M 23 au sein des Fardc. C’est une manœuvre bien ficelée de Kagame qui n’est pas à son premier essai.

Dans sa petite tête, ces officiers-là seront de la cinquième colonne et vont finalement faire l’espionnage pour une nouvelle fois mettre les Kivu sous tension. Le peuple congolais n’est plus dupe.

Le schéma rwandais est bien connu. En plus, il s’attend à ce que le gouvernement congolais neutralisation des forces négatives qui opèrent au Congo. Il fait allusion aux Fdlr en dépit du fait qu’une partie de ces forces ont été rapatriées avec le concours de la Monusco mais que le Rwanda fait revenir en Rdc en les intégrant de force dans les rangs de la rébellion de M 23.

La famille Batshikamire est congolaise et non rwandaise

Les esprits honnêtes qui ont lu cette réplique relèvent qu’elle n’est qu’un tissu de mensonges. Ainsi par exemple au point 17, le gouvernement relève que l’évêque du nom de Elizee aurait déclaré une guerre sainte contre les Tutsi en demandant aux Congolais de tuer les Tustsi d’où qu’ils se trouvent à travers le monde.

Un autre mensonge contenu dans ce fameux document concerne les accusations du gouvernement rwandais selon lesquelles les Congolais auraient brûlé vifs, le 24 juillet dernier à Goma, six enfants d’une famille rwandaise du nom de Batshikamire qui sont tous morts carbonisés.

Pour le porte-parole du gouvernement que nous avons joint au téléphone, en Rdc, nous n’avons pas un évêque du nom de Elizee. C’est une invention purement rwandaise pour justifier l’injustifiable.

Quant au drame qui est survenu à la famille Batshikamire, il rectifie en affirmant que l’incendie qui a tué ces enfants était accidentel dû à l’imprudence des enfants. En plus, dément-il, cette famille est congolaise. Ils sont de la tribu des Bahavu, originaires de l’île d’Idjwi.

Il persiste et signe que les Bahavu ne sont pas des Rwandais mais bien des Congolais. Dès lors, en quoi cela regarde-t-il les Rwandais ?, s’interroge le ministre Lambert Mende Omalanga. La littérature de la réplique du gouvernement rwandais transpire à mille lieux de la haine ethnique et de la xénophobie.

John Campbell : « Les allégations rwandaises sont absolument ridicules »

Cette réplique du gouvernement rwandais a suscité beaucoup de réactions défavorables. Nous citerons l’une d’elles, celle de John Campbell, un officiel américain du Council on Foreign Relations.

Ce dernier a affirmé que les derniers développements de la situation sécuritaire à l’Est de la Rdc ont détérioré les rapports harmonieux depuis 15 ans entre Kigali et Washington.

Pour lui, le rapport des Nations Unies est « complet et préoccupant » car il apporte des preuves palpables et tangibles de l’implication du Rwanda dans l’agression dont la Rdc est victime.

Par contre, il fustige la réplique rwandaise qui contient des allégations « absolument ridicules »

Evaluer les accords n’est pas synonyme de négociations

Lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abéba, il a été décidé la mise en place d’une force internationale neutre tout le long de la frontière entre la Rdc et le Rwanda en vue de mettre hors d’état de nuire le M 23. A cette même occasion, la République démocratique du Congo a demandé que soient évalués les accords du 23 mars.

Ceci pour démontrer que lesdits accords ont été bel et bien appliqués. Il y a lieu de noter qu’une radio périphérique a dit que le gouvernement congolais aurait fait le premier pas pour négocier avec le M 23.

Ce que le porte-parole a catégoriquement démenti car, dit-il, évaluer les accords n’est pas synonyme de négociations. La République démocratique du Congo a été à Addis Abéba avec ses pairs de la Conférence Internationale pour la Région des grands Lacs (CIRGL).

La décision a été prise dans le cadre de ce grand ensemble sous-régional. Affirmer que la Rdc a fait le premier pas pour des négociations avec le M 23, comme l’a fait croire cette média, est une idiotie et une infamie, a conclu le porte-parole du gouvernement congolais.

Mais Kagame et ses collaborateurs assoiffés de sang doivent savoir que quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finira par poindre.

Après les Usa, les Pays-Bas et l’Angleterre, l’Allemagne vient de sanctionner le Rwanda

On se rappellera qu’il y a quelques jours, les Etats-Unis d’Amérique convaincus que le gouvernement rwandais était impliqué dans l’aide apportée au M 23, mouvement rebelle, venaient de geler son aide militaire au Rwanda.

Quelques jours plus tard, les Pays-Bas lui emboîtaient le pas en décidant de geler l’enveloppe de 5 millions de dollars destinée à épauler le fonctionnement de l’appareil judiciaire du Rwanda.

La série noire en défaveur du Rwanda ne s’arrête pas là. Car, dans son édition de vendredi 27 septembre dernier, le journal anglais « The Financial times » annonçait que l’Agence britannique au Développement », DFID en sigle anglais a annulé le remboursement budgétaire au Rwanda pour le mois de juillet 2012.

Tout cela au motif que le gouvernement rwandais, preuves à l’appui, est coupable d’apporter une aide massive tant en équipement qu’en homme le mouvement rebelle M 23 qui sème la désolation et la mort au sein de la population meurtrie de l’Est de la République Démocratique du Congo. Et l’Allemagne a fait de même.

Signalons que les 60 % des ressources budgétaires du Rwanda sont constituées des dons des pays occidentaux. Si tous ces pays qui sont ses protecteurs patentés le boudent pour ses initiatives meurtrières, il y a lieu de croire que dans un avenir proche, les autorités rwandaises finiront par craquer. En fait, elles sont en train de récolter ce qu’elles ont semé durant plusieurs décennies.

La communauté internationale est finalement convaincue qu’elle était piégée par le Rwanda dont la principale préoccupation est de provoquer la guerre en République Démocratique du Congo dans l’objectif de profiter au maximum de l’exploitation illicite des ressources minières de ce pays.

A telle enseigne que ce pays de mille collines est devenu du jour au lendemain grand exportateur du coltan, de la cassitérite, de l’étain, … alors que son sol et son sous-sol sont pauvres. C’est ce qui a enrichi Kagame et tous ses proches collaborateurs.

Malheureusement pour la Rdc, cette guerre fait des milliers de morts parmi sa population alors qu’au Rwanda, c’est le calme plat et sa population est en sécurité. C’est ce que les pays occidentaux partenaires du Rwanda ont finalement compris.

Les populations congolaises de l’Est du pays sont constamment traumatisées tant dans leur chair que dans leur âme. En tout cas, le Rwanda n’est plus le bon élève d’antan que la communauté internationale a toujours apprécié.

Une diplomatie agissante et efficace

Les actions punitives des pays occidentaux envers le Rwanda est la résultante d’une diplomatie congolaise particulièrement agissante, efficiente et efficace sous la houlette du président Joseph Kabila Kabange.

C’est dans cet ordre d’idées que le ministre des Affaires Etrangères, Coopération internationale et Francophonie, M. Raymond Tshibanda N’Tunga Mulongo est tout le temps entre deux avions pour refaire l’image ternie de la Rdc dans les quatre coins du monde.

L’Avenir

Solution de la tragédie congolaise : Chasser «Joseph KABILA»

29/07/2012


Joseph Kabila et sa soeur "jumelle" Janet

L’ennemi numéro un des Congolais, c’est Joseph Kabila ; la tragédie au Congo d’aujourd’hui, c’est Joseph Kabila ; il en est la cause, il en est le gage et le garant, et il incarne le mal et le venin qui empoisonnent toute notre existence.

La solution ou le début d’une vraie solution, c’est la destitution de Joseph Kabila et celle-ci entraînera la mise en ordre de toutes les institutions, infiltrées par des pays étrangers. La solution de la tragédie congolaise, c’est de chasser immédiatement Joseph Kabila. Chasser Kabila, oui !

C’est la solution pour sortir la République Démocratique du Congo de sa tragédie qui n’a que trop duré !

Depuis son accession à l’indépendance, la République Démocratique du Congo a connu des guerres, des sinistres et des assassinats. Mais jamais l’ampleur de ces tragédies n’avait atteint ce que le Congo connaît aujourd’hui.

Le premier des artisans de cette folie meurtrière n’est autre que Joseph Kabila Kanambe.

1. La tragédie congolaise : scandale et folie du monde

Comprenons-nous bien sur le thème que nous abordons ici, en parlant de la République Démocratique du Congo, qui n’en finit pas de gémir, de souffrir, de se lamenter, de s’éteindre sans vraiment mourir, en tant que peuple et nation. Et cependant, le bât blesse quelque part !

S’agit-il d’un « poème dramatique, dont le sujet est le plus souvent emprunté à la légende ou à l’histoire, mettant en scène des personnages illustres, et représentant une action destinée à provoquer la terreur ou la pitié, par le spectacle des passions humaines et des catastrophes qui en sont les conséquences ? ». Pas tout à fait.

En effet, dans le cas de la République Démocratique du Congo, il s’agit bien d’une situation dramatique, vécue par tout un peuple depuis bientôt une dizaine d’années !

Voilà pourquoi, au sens figuré, on dira que la tragédie est un événement funeste, une sanglante tragédie !

Nous y sommes, pour ainsi dire, affrontés, comme à la fin du monde.

La tragédie congolaise, c’est toute la situation terrible et sanglante que connaît et vit le peuple congolais depuis l’arrivée de l’A.F.D.L. Aujourd’hui plus qu’hier, la tragédie congolaise est une crise de plus en plus aiguë, dont l’ampleur dépasse l’entendement !

Le peuple congolais de l’ère d’une libération de la dictature de Mobutu, est devenu méconnaissable en ces années qui sont les nôtres : il apparaît fatigué, épuisé, sans joie, sans entrain, défaitiste, découragé, affamé, sans travail, presque sans identité digne d’elle, écrasé dans ses droits fondamentaux en tant qu’êtres humains !

Il y a donc un grave problème dont les médias ne parlent que par intermittence, et selon certains intérêts particuliers ou divers dans le monde.

Comment laisser perdurer pareil scandale et pareille folie meurtrière ?

2. Constat amer et faits accablants de cette tragédie

Son drame puise ses racines dans la fameuse libération des 30 années de dictature de Mobutu.

Comment se manifeste cette guerre de libération en vue d’accéder, en tant que peuple, à la liberté et à l’autodétermination véritable ? S’il y a lutte de libération, une guerre ou un combat politique d’un peuple, c’est qu’il y a des ennemis à combattre.

La liquidation physique des personnalités et des leaders politiques, des officiers et militaires des Forces Armées Zaïroises (FAZ) fut un fait marquant, et l’une des tragédies les plus ignobles de notre temps.

Bien d’autres chefs de file des droits de l’homme, tel Floribert Chebeya, montrent bien que la République Démocratique du Congo n’est pas encore au bout de ses peines.

Son champ véritable de confrontation se trouve dans les institutions, qui sont à mettre en place, à consolider et à épanouir, afin qu’elles soient à même de remplir leur mission sacrée : faire du Congo un pays où il fait bon vivre, où les habitants sont fiers et libres de leurs choix et de leur destin.

Malheureusement dans toute cette histoire vieille à peine de quelques cinquante ans d’indépendance, on voit bien que la démocratie est encore balbutiante, incapable de définir une loi constitutionnelle qui soit respectée par tous, et qui réponde aux attentes de tous !

L’Etat congolais peine à exister, pour donner un destin à son peuple. La tragédie nationale de la R.D.C., c’est qu’on veut bien l’appeler « démocratique », sans démocratie réelle, la voir exister, mais de façon nominale, et non pas réellement !

Ce qui a, comme grave conséquence, la désorganisation totale du tissu étatique, de toute la fonction publique en désarroi, de tous les organes de l’Etat, dans un disfonctionnement éloquent.

On est en droit de parler ici de tragédie véritable quand demeurent impayés ou payés maigrement ou d’une manière irrégulière, les fonctionnaires de l’Etat, l’éducation nationale, la santé publique, l’administration du territoire, les agents du ministère de la justice, et ceux de la presse étatique, etc. !

Les régimes politiques successifs du Congo depuis d’indépendance, ont chacun connu leurs limites. L’avènement de Laurent-Désiré Kabila a malheureusement ouvert toutes les portes de la maison, et ainsi tous les courants d’air se sont introduits, grippant toutes les machines qui faisaient fonctionner l’Etat congolais.

En chassant Mobutu du pouvoir, il a jeté le Congo dans les mains des pires ennemis des Congolais. Maintenant, il n’est un secret pour personne que Joseph Kabila est devenu le gage et le garant de la tragédie congolaise.

Ses mains sont tachées de sang, il est l’homme de la tragédie congolaise actuelle qui a doublé d’intensité suite à son implication personnelle dans l’action de déstabilisation du tissu national d’un Etat souverain.

Le sang n’a pas cessé de couler au long de l’histoire de notre jeune république. Et le sang est même devenu, pour le cas de l’est du Congo, une banalisation : c’est une culture de sang, qui n’a plus aucun respect de la vie des humains, et particulièrement de celle des femmes et des enfants. Trop c’est trop !

En effet, l’est de la RDC, avec ses deux provinces martyres, fortement convoitées par l’étranger et les voisins, demeure un point chaud de la tragédie congolaise. Tout le drame y est concentré, à cause des atouts que représente tout le Kivu.

Pour pousser cette tragédie à son paroxysme, on fait souffler le chaud et le froid, avec l’intention de liquider le peuple congolais. Voilà pourquoi les maisons de nos villages sont régulièrement la cible des envahisseurs rwandais qui viennent s’y installer, et y construire très vite des maisons de haut de gamme !

Tous les traitements que l’ennemi inflige à une population innocente, sont là pour décrire tous les contours de cette tragédie congolaise dont Joseph Kabila a construit le supplice.

Et dire que Joseph Kabila, a été, en 2006, élu président, sur la promesse d’une paix dans l’est, alors que le peuple n’a vu venir que la guerre avec encore plus d’atrocités !

Rira bien qui rira le dernier. Il faudra bien qu’on sorte de cette spirale de guerre satanique, imposée au peuple congolais, en prenant comme otage nos frères et frères de l’est !

Nous ne voulons plus de cette tragédie supplémentaire dans l’est, qui conduira le Congo à la balkanisation. Or, pour celle-ci, tout le peuple congolais, comme un seul homme, dit : NON !
L’unité de la R.D.C. ne sera jamais négociable !

La Monusco est au Congo depuis belle lurette. Mais la RDC n’est toujours pas capable de s’assumer comme Etat. Les armées étrangères viennent continuellement troubler la paix au Congo.

Maintenant, devant le bruit des bottes persistantes qui endeuillent à nouveau tout l’est (le Kivu), nos frères africains, réunis dans le cadre de l’Union Africaine, sont portés à tomber dans le même piège, d’envoyer des troupes combattantes sur le front de l’est du Congo.

Et pourtant, telle n’est certainement pas la solution que la République Démocratique du Congo attend, pour redorer son blason en tant qu’Etat souverain, libre et indépendant, et pouvant jouir de ses ressources et de ses richesses, en paix avec tous.

Le rôle obscur que joue Joseph Kabila, président de la République, dans cette tragédie, est immense. Il s’est fait l’ennemi numéro un du Congo. N’avons-nous pas dit, lors des dernières élections présidentielles, qu’un « mandat de plus pour Joseph Kabila, c’est un mandat de trop ! ».

Nous y sommes. Il est au sommet de l’Etat et il dirige par défi en utilisant les armes qui tuent les Congolais pour être au contraire l’agent moteur des intérêts sordides pour des étrangers (Kigali, Kampala, etc.)

Joseph Kabila, commandant suprême des FARDC ? En réalité, il est le traitre suprême et majeur de l’armée du peuple congolais. D’ailleurs, celle-ci n’est que l’ombre d’elle-même, car pour affaiblir la République, on a commencé par détruire cette grande armée, qui fut redoutable dans le continent.

Aujourd’hui, on a quelques bons soldats, souvent commandés par des officiers d’armées étrangères.

Après ce constat amer, et les faits accablants et tragiques pour notre peuple, il est grand temps de mobiliser toutes les forces vives, intellectuelles, morales et militaires pour la défense de la nation en péril et la protection de l’Etat congolais en décomposition.

A cet Etat, il faut restituer sa force vitale, qui est dans une saine et authentique démocratie. Il faut lui rendre son armée comme son poumon, sa force de dissuasion pouvant garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Etat. Il faut lui rendre sa vraie justice et le sens de l’équité nationale.

Il faut remettre ses fils et filles au travail, car les richesses sont à acquérir au prix du travail de tous les citoyens, afin qu’elles deviennent efficaces.

3. Conclusion : La cause et le garant de la tragédie congolaise actuelle

Pour conclure, l’ennemi numéro un, c’est Joseph Kabila ; la tragédie au Congo d’aujourd’hui, c’est Joseph Kabila ; il en est la cause, il en est le gage et le garant, et il incarne le mal et le venin qui empoisonnent toute notre existence.

La solution ou le début d’une vraie solution, c’est la destitution de Joseph Kabila et celle-ci entraînera la mise en ordre de toutes les institutions, infiltrées par des pays étrangers (l’armée, les services de sécurité, la police, les institutions bancaires, les douanes, les administrations provinciales, et notamment à l’est, le gouvernement, le parlement national, les représentants diplomatiques, etc.).

Joseph Kabila est-il garant de la nation congolaise ? Malheureusement non.

Joseph Kabila est-il le garant de la tragédie congolaise ? De toute évidence, oui.

Car tous les événements malencontreux de celle-ci, tels qu’évoqués plus haut, interpellent aujourd’hui, en tout premier lieu, et d’une façon particularisée, l’homme dit silencieux, alors qu’il ne l’est pas ! Il a des heures de paroles et il sait dans quel milieu il doit parler pour être pris en compte.

A cause de tout cela, Joseph Kabila doit faire profil bas ! Au lieu d’être Congolais et président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila a préféré garder son petit accoutrement de caporal, garde corps de Kagame ! Dès lors, on sait qui est son maître et où sont ses intérêts !

Mais le peuple congolais n’oubliera jamais le camouflet qui lui a été infligé dans son histoire de jeune nation, promue à un avenir de prospérité et de puissance émergente !

Pour toutes ces raisons et ces griefs, la solution de la tragédie congolaise, c’est de chasser immédiatement Joseph Kabila. Chasser Kabila, oui !

C’est la solution pour sortir la République Démocratique du Congo de sa tragédie qui n’a que trop duré !

Voilà, peuple congolais, ce qu’il fallait vous dire ! Mais c’est à vous de jouer et d’agir promptement.

Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences politiques de l’UCL
Analyste des questions politique du Congo

Etats-Unis-Rwanda: le vent tourne contre Kagame, selon les experts

29/07/2012  Par AFP


Le président rwandais Paul Kagame à Londres le 11 juillet 2012. © Carl Court/AFP/Archives

En gelant leur aide militaire au Rwanda, les Etats-Unis ont mis fin à leur idylle débutée il y a 15 ans avec le régime du président Paul Kagame, accusé aujourd'hui par l'ONU de soutenir la rébellion en République démocratique du Congo, estiment des experts.

Le département d'Etat a annoncé la semaine dernière dans un communiqué sibyllin "ne plus pouvoir fournir au Rwanda de financement militaire étranger" en 2012, soit une enveloppe modeste de 200.000 dollars.

"Nous l'avons répété au gouvernement rwandais: nous sommes profondément inquiets du soutien du Rwanda à un groupe rebelle congolais dénommé M23", le Mouvement du 23 mars, a expliqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland.

Washington a appelé à "la fin des violences dans l'est de la RDC et à ce que "cesse tout appui extérieur" aux insurgés congolais.

Le patron du bureau de la Justice criminelle internationale au département d'Etat, Stephen Rapp, a enfoncé le clou, déclarant au quotidien britannique The Guardian que M. Kagame pourrait un jour être poursuivi pour "complicité" de crimes de guerre perpétrés dans un pays voisin.

Kagamé dans une "position inconfortable"

Pour Richard Downie, du Centre d'études internationales et stratégiques (CSIS) à Washington, "c'est réellement la première fois que l'on entend des mots aussi durs du gouvernement américain contre Paul Kagame". L'expert y décèle "une vraie inflexion" dans la politique des Etats-Unis à l'égard du Rwanda, "dorénavant dans une position bien inconfortable".

Car depuis que M. Kagame a pris le pouvoir et mis fin au génocide en juillet 1994, il était "le favori, le chouchou, des donateurs internationaux", au premier rang desquels "les Etats-Unis et le Royaume-Uni, premier pourvoyeur d'aide bilatérale", rappelle M. Downie.

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair est conseiller spécial de M. Kagame et, comme l'ex-président américain Bill Clinton, soutient sans faille le développement du Rwanda, via sa fondation Africa Governance Initiative.

Mais le vent a tourné en juin pour Kigali. Dans un rapport, des experts de l'ONU ont mis au jour un lien direct entre le M23 et des dignitaires rwandais --notamment le ministre de la Défense et le chef d'état-major des armées-- qui fournissent armes et recrues.

Après plusieurs rapports internationaux accusatoires depuis 15 ans restés sans écho, le département d'Etat a jugé celui des Nations unies "tout à fait complet et préoccupant". John Campbell, du Council on Foreign Relations, pense aussi que les experts onusiens "apportent les preuves de l'implication du Rwanda dans l'est de la RDC".

Kagamé : "Allégations ridicules et insensées"

"Cela aura impact sur la relation" entre Washington et Kigali, prédit-il. Le Rwanda a toujours nié toute ingérence en RDC et M. Kagame a brocardé sur CNN des allégations "absolument ridicules et insensées".

Le M23 s'oppose depuis mai à l'armée de la RDC dans l'est du Nord-Kivu, frontalier du Rwanda et de l'Ouganda. Ces mutins sont issus d'une ancienne rébellion tutsi en RDC, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégré en principe à l'armée congolaise depuis le 23 mars 2009.

Mais le M23 reproche au président congolais Joseph Kabila d'être revenu sur leur accord. Le CNDP était déjà réputé soutenu par le Rwanda pour combattre, en RDC, des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Le Rwanda accuse les FLDR d'avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 et de rester une menace militaire. Kigali avait ainsi dépêché des soldats en RDC en 1996-1997, puis entre 1998 et 2002, avant d'agir par milices interposées, au prix, selon des experts, de grands massacres.

La décision de Washington sonne "peut-être le début de la fin pour le soldat Kagame et son permis de tuer et de piller depuis 1994 et la révision de la politique américaine dans les Grands lacs", espère le journaliste français Pierre Péan, auteur controversé d'enquêtes sur la région.

Isolé diplomatiquement et affaibli politiquement : «KABILA» veut négocier avec le M23

29/07/2012


Joseph KABILA - President sortant de RDC

"Le M23 exige la démission de Joseph Kabila", a-t-on appris dimanche dans la matinée. C’est une première. Diverses sources laissent entendre que le "chef de l’Etat" congolais "isolé diplomatiquement et affaibli politiquement" serait disposé "à négocier" avec le M23.

Négocier quoi?

"La reconnaissance des grades et l’intégration des cadres politiques dans les institutions nationales", clame ce Mouvement. Des analystes suspectent le M23 de monter les enchères en exigeant l"autonomie de la partie du territoire controlée par leurs forces.

Devant une dizaine de journalistes triés sur le volet par le service de presse de la Présidence de la République, "Joseph Kabila" a enfin décidé d’exercer le ministère de la parole. C’était le samedi 28 juillet.

S’estimant sans doute exonéré de l’obligation de rendre compte à la population, l’homme est resté muet depuis le déclenchement de ce qu’il a qualifié hier de "petite mutinerie".

Cela fait trois mois. "Joseph" est-il sorti de son silence suite à la détérioration de la situation militaire sur le terrain aux conséquences politiques imprévisibles? Nous reviendrons sur cette interview dans un tout prochain article.

"Joseph" est sorti de son silence au moment où les agences de presse font état d’un certain avantage que le M23 semble prendre sur le terrain au détriment des forces "loyalistes". Les combattants du CNDP-M23 sont appuyés par des soldats rwandais.

Selon des activistes de la société civile du Nord Kivu, des "soldats ougandais" auraient rejoint les insurgés.

Samedi soir, des informations difficiles à vérifier annonçaient la prise de la ville de Goma par les amis de Sultani Makenga et Jean-Marie Runiga Lugerero.

"Je ne peux ni confirmer ni infirmer cette information, déclarait, samedi soir, à la rédaction de Congo Indépendant, Jean-Paul Epenge, représentant du M23 en France. L’homme qui revendique le grade de "colonel" d’ajouter :"La coordination politique du M23 va faire une importante communication incessamment".


Au cours de ce mois de juillet, les confessions religieuses ont pris position sur la "guerre à l’Est" en rejetant catégoriquement toute idée de pourparlers avec les insurgés. La grande majorité de la population n’a jamais fait mystère de sa détestation de "Joseph Kabila".

Est-ce pour autant qu’elle serait disposée à embrasser Makenga et Runiga sur la bouche? Rien n’est moins sûr. "Choisir entre "Kabila" et le M23, reviendrait à faire le choix entre la peste et le choléra", entend-on dire. La situation reste kafkaïenne.

Des observateurs s’étonnent par ailleurs de voir les "pressions internationales" - suspension d’aide financière par les USA, les Pays-Bas etc. - exercées sur le principal soutien du M23 - en l’occurrence le Rwanda de Paul Kagame - ne produire le moindre effet sur les "rebelles" et leur mentor.Bien au contraire.

Ces mesures de retorsion semblent revigorer ce dernier.

[B.A.W]
CongoIndependant

Prise de Rwindi, Vitsumbi et Kanyabayonga : Kagame et Museveni placent la barre très haut

le lundi 30 juillet 2012

 

Prélude des négociations annoncées, le décor sur le terrain se plante. Alertes, Kigali et Kampala élargissent leur cercle d’influence, en plaçant de nouvelles localités sous la coupe du M23. L’annonce d’une éventuelle médiation sous l’égide de Sant’Egidio fait déjà courir Kagame et Museveni qui se mettent en position de force, en prenant de nouvelles positions sur le front militaire.

Le Rwanda, principal soutien du M23, a allié à sa cause Kampala dans cette entreprise de déstabilisation de la RDC. Kigali et Kampala tiennent désormais à la consolidation des positions de leurs poulains sur le terrain militaire. L’objectif non feint est de peser lourd sur la balance - lors de prochaines négociations.

Le premier à avoir parlé d’une éventuelle négociation sur la situation de l’Est de la RDC, c’est le gouverneur du Nord-Kivu. Pour Julien Paluku, «il faudrait que ça soit un mécanisme international qui se localise en dehors du gouvernement et des autres acteurs nationaux pour que l’on puisse évaluer cet accord avec plus d’objectivité».

Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende a embrayé dans le même sens, demeurant toutefois dans la logique de l’accord conclu récemment à Addis-Abeba dans le cadre de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL).

L’article 15 de cet accord prévoit : «Le Comité international de suivi effectuera des évaluations périodiques afin de mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord». Ce comité est constitué de l’ONU, de l’UA et la CIRGL.

Pour le M23, qui en appelle régulièrement à des négociations, la brèche est mise à profit pour occuper un maximum de position. La progression sur plusieurs localités, avec en ligne de mire les villes de Butembo, Beni et Goma, permet à Kigali et Kampala de placer en ordre utile des pions lors des négociations.

Quel que sera le format proposé, le duo Kagame et Museveni, par le M23 interposé, compte jouer à fonds sur l’argument de l’espace occupé militairement. Les territoires sous emprise du tandem par le truchement du M23 est plus que l’étendue du territoire rwandais.

De RCD au M23

Les méthodes rwandaises sont connues. Le comportement du M23 rappelle, à quelques exceptions près, l’évolution du RCD/Goma. A l’issue du Dialogue inter congolais de Sun City, le RCD a gardé le secteur de la défense et de la sécurité, avec une mainmise sur les services de renseignements au service du mentor Paul Kagame.

Suite aux opérations d’intégration et de brassage, l’armée congolaise, les services de renseignements se sont retrouvés truffer d’infiltrés rwandais.

Sentant que la situation échappait à ses pions, Ruberwa et autres, à la suite des élections démocratiques, libres et transparentes de 2006, le président Kagame s’est vu dans l’obligation de créer une nouvelle rébellion avec Laurent Nkunda.

Le CNDP a ainsi repris du service, là où le RCD avait failli dans la matérialisation de l’agenda rwandais. L’accord de Goma a permis à Paul Kagame, à travers le CNDP en position de force sur le terrain à l’époque, de négocier avec le gouvernement congolais qui a fait des concessions de taille.

D’abord, la reconnaissance du CNDP comme interlocuteur en face d’un gouvernement élu grâce aux élections organisées avec le soutien de la communauté internationale. Ensuite, l’opération de mixage des combattants CNDP, des milliers de Rwandais ont été déversés dans l’armée et ont occupé des postes importants.

L’intégration au sein du gouvernement provincial des cadres politiques de ce mouvement est une importante concession de la part de Kinshasa.

Devenu encombrant et pour des raisons liées à l’opération militaire conjointe, Laurent Nkunda avait été soustrait de la circulation et garder en lieu sûr au Rwanda. Nkunda arrêté, Bosco Ntaganda a repris du service, malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, CPI.

A l’issue des élections de 2011, il change des stratégies. Les pressions de la CPI devenant pressant, Paul Kagame crée le M23, en essayant d’imposer Sultani Makenga à la tête, comme ce fut le cas avec le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

L’environnement international ayant changé, malgré le soutien anglo-saxon jusqu’à exercer des pressions, notamment sur la publication des annexes au rapport des experts onusiens sur le conflit mené par le M23. Le rapport indique clairement l’implication du Rwanda, en soutien à cette force négative.

Les puissances occidentales (USA, Pays-Bas notamment) ont coupé leurs aides à Kigali. Cependant, aucun pays concerné n’a exigé de Kagame et Museveni, le retrait des troupes présentes sur le sol congolais. Ce qui leur laisse de larges marges de manœuvres en vue de négocier en position de force.

L’ambigüité des revendications des agresseurs et leurs valets est telle qu’il devient difficile ou quasi-impossible de cerner leur cahier des charges. Pour des observateurs de la politique dans la sous-région des Grands Lacs, il s’agit bel et bien du projet de balkanisation de la RDC.

Le père Rigobert Minani est clair là-dessus : «Ceci rendrait possible une influence anglophone de la partie Est de la RDC, désormais sous contrôle de l’Ouganda et du Rwanda».

Les Congolais sont mis devant leur responsabilité.

Le Potentiel

Causes du maintien et de la recrudescence des groupes armés


le dimanche 29 juillet 2012



Plusieurs causes concourent au maintien et/ou à la résurgence des groupes armés. En plus de l’échec des processus mis à place pour la formation d’une armée nationale structurée et intégrée, échecs entretenus et voulus par les gouvernements successifsde Kinshasa, le recours à des expédients politiques liés au processus électoral ont joué un rôle important dans le regain des activités des groupes armes.

Lien entre les élections et le regain de violence

Le regain des violences a partir de février 2012 a obéi au contexte du processus électoral lui-même pour lequel la partie Est a voulu marquer sa désapprobation contre la politique menée par la majorité de 2006-2011.

En effet, pour n’avoir pas réalisé les promesses de campagne de 2006 relatives à la restauration de la sécurité, la population de l’Est du pays trouvaient dans les élections un moyen de se débarrasser d’un système incapable de mettre fin aux malheurs vécus tout au long de ce mandat, ce qui a entraîné une campagne en faveur de l’opposition. Ce qui n’a pas plu aux partisans du président sortant Joseph Kabila.

Ainsi, les tentatives manquées des candidats aux élections de faire valoir leurs projets de société ont engendré de la violence entre électeurs, cette situation a étéexploitée par les groupes armés pour semer un climat de terreur qui a affecté directement ou indirectement le processus électoral.

C’est dans ce cadre que les matériels de campagne du parti Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) ont été pillés sur la route Komanda-Bunia par les miliciens du groupe Cobra Matata en Ituri et qu’au Sud-Kivu, le président Joseph Kabila n’a pas pu battre campagne dans le territoire de Fizi suiteà l’activisme du groupe Yakotumba.

Dans le territoire de Masisi, l’enquête a noté que le fait pour la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) d’avoir confié le transport des matériels électoraux aux régiments, partisans du CNDP de par leur composition, a permis à ce groupe de contrôler tout le processus et de rassurer une victoire au candidat Joseph Kabila, en dépit de l’hostilité des populations civiles.

De fait, les éléments du CNDP ont eu à voter en lieu et place de la population (Kirolirwe et Kichanga) et à ravir les cartes d’électeurs (Mweso) pendant qu’ailleurs, ils ontempêché les témoins des partis politiques autres que le CNDP d’accéder aux bureaux de vote (Ngungu, Murambi, Rushoga.

Il ressort des entretiens avec certains notables Hunde que leur communautéenvisageait d’autres voies d’expression au cas où la CENI ne prenait pas la mesure d’annuler ce scrutin car, de leur point de vue, il s’agissait bien d’une politique claire visant leur extermination en tant que peuple autochtone.

Ces notables continuent à décrier la même situation dans la collectivité de Bwito, territoire de Rutshuru, oùles élections ont été sécurisées par les FDLR du groupe Soki empêchant aux Hunde de porter le choix aux candidats d’origine hunde, en particulier le candidat Kadogo.

L’enquête a noté que les deux premières semaines du mois de mars 2012 ont été caractérisées par le déploiement de plusieurs unités de régiments dans le territoire de Masisi, en prévision des opérations en vue de neutraliser le groupe APCLS pour le soutien que son leader a eu à apporter à l’Honorable Mitondeke, qui aurait remporté plus de voix dans la circonscription de Masisi.

Concernant, l’affaire Mitondeke ;des entretiens avec certains notables Hunde, il s’est dégagé une divergence des vues entre les partisans du pouvoir de Kinshasa qui ont soutenu l’option d’une rébellion que se proposait à mener le Candidat Député et d’autres qui y voyaient une tentative de museler la communauté Hunde et de l’effacer sur la scène politique de la province et du pays.

Des critiques les plus acerbes sont venues de l’ONG Synergie des femmes pour les victimes des violences sexuelles, «SFVS» qui, dans une note d’information, perçoitl’attaque contre le domicile de l’honorable Mitondeke, sous couvert d’une perquisition, comparativement à l’impunité dont bénéficie le Général Bosco Ntaganda, comme une balance de terreur judiciaire contre les personnes ayant une opinion divergente à celle du pouvoir en place.

La disqualification des incriminations par la haute Cour de justice (Cour suprême de justice) à Kinshasa, passant de l’organisation d’une insurrection à l’incitation à la haine ethnique, dénote de la légèreté avec laquelle l’enquête judiciaire dans cette affaire a été menée et ce,en dépit des positions divergentes soutenues par les différentes parties.

La base ayant servi à asseoir la condamnation du député Mitondeke risque de renforcer les craintes exprimées par certains notables Hunde de voir s’instaurer dans la province du Nord-Kivu une politique visant la destruction en tout ou en partie de la communauté Hunde. C’est cette option qui a semblé entourer l’organisation chaotique des élections dans cette partie de la RDC.

A Lubero, la police a mis aux arrêts des témoins des partis politiques de l’Opposition sur ordre des éléments du régiment du Colonel Murenzi pendant les opérations de dépouillement etla compilation des résultats des élections législatives nationales.

Sur la route Butembo-Goma, les éléments du groupe armé de Soki arrêtent tout véhicule au motif que les ressortissants de Lubero ont facilité l’élection de Joseph Kabilaalors que c’est dans les localités du territoire de Rutshuru, contrôlées en grande partie par ce groupe que le parti politique Union des Congolais pour le progrès (UCP) de M. Eugène Serufuli a battu campagne pour le présidentJoseph Kabila et y a remporté plus des voix au détriment des candidats des partis de l’Opposition.

A Kasindi, dans le territoire de Beni, M. Bwambale Kakolele a organisé un raid contre la population civile au motif qu’elle se serait attaquée à la délégation de campagne que conduisait le ministre Ferdinand Kambere Kalumbi du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), pendant que dans la ville de Butembo, le même ministre a utilisé le milicien Kitelemire alias Saperita et des Colonels Vita Kitambala et James Kasereka Matabishi pour justifier les actions de pacification menée par son candidat président Joseph Kabila.

Dans le territoire d’Uvira, la tentative de suspendre le chef de collectivité de la plaine par l’administrateur du territoire au motif qu’il aurait facilité l’élection de l’honorable Bitakwira a échoué suite à la menace de ce chef de collectivité de faire descendre les groupes armés actifs sur le plateau dans la vallée et couper ainsi la route qui relie Bukavu à Uvira.

L’enquête a relevé de différentes variations de l’utilisation des groupes armés dans le regain de violences électorales au point de conclure que la violence a facilité l’organisation chaotique des élections, voulue et entretenue par le pouvoir organisateur en vue de contrebalancer le taux de suffrage exprimé défavorable à la majorité 2006-2011.

Les fraudes issues de l’organisation chaotique des élections constituent des sources de reconstitution et/ou de maintien des groupes armés. En effet, alors qu’il était établi que certaines personnalités proches de la majorité de 2006-2011 ne pouvaient pas emporter les élections, la désorganisation de certaines étapes du processus électoral par la CENI a abouti à l’élection de ces personnalités. Ce qui peut conduire à un autre moyen d’expression qui n’est que l’organisation ou la reconstitution des groupes armés.

Aussi, la volonté de refuser l’intégration dans les institutions politiques des animateurs des partis politiques issus de groupes signataires des accords de Goma et le fait d’avoir privé les cadres politiques de moyens pour battre campagne, pourtant devenus membres de la majorité présidentielle, poussent certains acteurs à recourir à la réorganisation des groupes armés pour faire entendreleurs voix.

Telle a été la menace proférée à la CENI par le secrétaire général du parti politique dénommé «Alliance des forces patriotiques et populaires du Congo» (AFPC), M. Gédéon Kasereka. 

Cette dénonciationsemble avoir obtenu gain de cause auprès du Ministre de l’intérieur, Adolphe Lumanu, qui l’a nommé Bourgmestre de la Commune de Karisimbi à Goma, à la veille de son option pourla députation nationale.

La faiblesse des accords d’intégration des groupes armes dans l’Armée nationale

Une des causes du regain de la violence est à chercher dans la violation des résolutions n°DIC/CDS/02 et DIC/CDS/03 portant respectivement sur le désarmement des groupes armés et le retrait des troupes étrangères ainsi que l’identification des nationaux devant faire partie de l’armée et la démobilisation des enfants.

En effet, lors de la formation de l’armée suivant les dispositions de l’AGI, certains cadres du RCD-Goma voyaient dans l’application de ces résolutions une tendance de nier leur appartenance à la nationalité congolaise.

D’où, l’organisation de la résistance qui prendra plus tardla forme d’une rébellion en 2004 avec l’attaque de Bukavu par Jules Mutebutsi et la création du CNDP en 2007 par le trio Laurent Nkunda-Bosco Ntaganda-Sultani Makenga.

La discrimination entre les éléments de différents groupes armés appelés à l’intégration est la deuxième faiblesse à relever.

A ce propos, l’enquête a noté que le gouvernement congolais a violé les dispositions des accords de paix de Goma, pour le cas récent,en intégrant les éléments du seul CNDP dans les FARDC au détriment de plus de dix autres groupes armés signataires de cess accords ; surtout c’est à tort que l’on opte pour l’intégration des éléments de groupes armés qui, pour la plupart, n’ont jamais eu l’idée d’intégrer l’armée.

L’option de recourir à la lutte armée réside souvent dans la défense d’une terre menacée d’occupation ou tout simplement s’opposer à l’exécution d’une décision judiciaire ou administrative intervenue dans le règlement d’un conflit foncier.

Il faut également mentionner le fait de limiter les activités de la réforme à la seule phase d’identification des effectifs des éléments de troupes de l’armée et de la police sans passer aux autres phases de formation, d’entretien et d’équipement des troupes.

La requalification des programmes issus de la Conférence de Goma (Programme Amaniet STAREC) a été effectuée aux dépens de leur volet intégration des groupes armés. Institué pour permettre principalement l’intégration des groupes armés, le programme Amani mué en Programme STAREC, bien qu’étendu sur la Province Orientale et la province du Katanga, est plus orienté vers les activités de développement laissant le volet militaire et sécuritaire aux opérations Amani yetu, Amani leo, Amani kamilifu, etc., lesquelles opérations se sont révélées limitées et désastreuses contre les populations civiles.

Par ailleurs, le cadre légal censé encadrer la réforme de l’armée était fondamentalement inadapté au contenu même de la reforme. En particulier, la loi de 2011 a maintenu les subdivisions des structures de l’armée instaurées par la loi de 2004.

Le fait pour le gouvernement d’introduire les secteurs et régiments, structures non prévues par la loi, constitue une volonté de désintégrer les forces armées au bénéfice des groupes armés identifiés selon leurs origines et/ou les communautés ethniques.

En effet, s’il a été établi que le commandement d’une brigade n’était pas facile à assumer, le gouvernement aurait renvoyé la loi à la nouvelle lecture devant le parlement en vue d’y introduire les structurations relatives aux secteurs et régiments d’autant que ces structuresont été utilisées bien avant la promulgation de la loi de 2011 sur les forces armées.

Les faiblesses des institutions de sécurité dues à la mauvaise gestion du secteur de sécurité

Les partenaires au développement engagés dans le processus de reforme du secteur de sécurité ont toujours insisté sur la nécessité de distinguer la chaine de commandement du circuit des finances de l’armée. Malgré cela, les chaines de commandement parallèles survivent toujours.

Le gouvernement n’a jamais répondu favorablement à cette démarche des partenaires, essentielle dans le processus de réforme, parce qu’il a maintenula chaine de paie des éléments dans la chaine de commandent, rendant ainsi les institutions de sécurité très faibles et soumises aux tempéramentsdes commandants.

Les défections enregistrées suite au non paiement de la solde des militaires sous le commandement du Colonel Bonane en constituent une preuve. Il y a lieu de relever que le contrôle administratif qu’effectue le gouvernement à l’Est du pays est toujours faible.

Faiblesse des autorités politico-administratives locales

Le fait de n’avoir pas parachevé le processus électoral de 2006 par l’organisation des élections urbaines, municipales et locales a rendu les autorités politico-administratives dépendantes de l’autorité de nomination.

La conséquence qui en résulte est l’instauration d’une gestion de la territoriale fondée sur le clientélisme politique au détriment d’une responsabilisation qui découlerait de la démocratie à la base.

Les autorités territoriales s’empêchent de prendre des initiatives dans le cadre de la sécurisation de leurs entités de peur de perdre leur poste ou d’être en contradiction avec les autorités nationales qui les ont nommées.

L’enquête note que la plupart des groupes armés évoluent dans les entités coutumières (chefferie et secteur) qui ne disposent pas de moyens matériels, politiques et humains suffisants pouvant permettre la prise en charge efficiente et efficace de la question délicate liée à l’activisme des groupes armés.

L’administrateur du territoire étant devenu une autorité déconcentrée aux termes de la Constitution et des lois sur la décentralisation et ne peut rien entreprendre de sa propre initiative.

Il a été relevé la quasi inexistence des forces de police dans les majeures parties ayant constitué le rayon de l’enquête, à l’exception de grands centres comme Bukavu et Uvira dans le Sud-Kivu, Beni, Butembo et Goma dans le Nord-Kivu ainsi que Bunia et Komanda en Ituri.

Les chefs-lieux de territoires possèdent des éléments de police en nombre très limité, incapables d’assurer le maintien de l’ordre et de la tranquillité publique.

Cette inoccupation des espaces par les forces de l’ordre facilite le mouvement des groupes armés et permet à la population de nourrir l’intention de se faire sécuriser par les jeunes de leurs communautés ethniques ou tribales.

L’exploitation illégale et irrégulière des ressources naturelles etle trafic des armes

Aucune initiative gouvernementaleni régionale n’a traité avec efficacité la question relative à l’exploitation illégale des ressources naturelles et de trafic des armes.

Les acteurs engagés dans divers processus de paix n’ont jamais eu le souci de retracer le circuit lié au ravitaillement en armes des groupes armés et de l’évacuation des produits miniers issus des territoires contrôlés par ceux-ci.

L’enquête s’est intéressée à la question de savoir comment les groupes armés quine quittent pas les zones qu’ils contrôlent sont dotés en armes et uniformes identiques à celles des FARDC et comment ils arrivent à évacuer leurs produits miniers.

La conclusion qui s’impose est celle de l’existenced’une nette collaboration entre les forces régulières de sécurité et les groupes armés. Cette collaboration est fondée sur un échange des minerais contre les matériels militaires,y compris les armes.

C’est dans ce sens que l’on trouve facilement les groupes armés dotés de la même tenue que les forces armées régulières alors que les comptes rendus faits par le porte-parole de l’armée laissent penser qu’il n’y a que les éléments de groupes armés qui tombent lors de combat.

L’on note, par exemple, que le Général Masunzu de la 9ème région militaire entretient un port d’évacuation à Saint Laïc sur le lac Kivu, tenu par M. Alexis, pendant que le Colonel Makenga maintient un port autonome dénommé Amani leo pour l’évacuation des produits miniers obtenus dans le cadre des opérations menées par le Colonel Kahimbi.

Dans le Masisi, le pasteur Ramazani Omer, ancien gérant de la société Sodexmin, entretient un circuit de trafic de minerais venant des territoires occupés par Janvier Karairi en collaboration avec certains agents de l’ANR et du CNDP.

Aussi, les puits de Mubi et Bisie, source d’affrontements armés entre les troupes de l’APCLS de Janvier Karairi contre les éléments de Maï-Maï Cheka permettent aux éléments de l’armée régulière d’ériger des barrières sur la route Sake-Goma en vue de contrôler et, le cas échéant, conduire vers la frontière avec le Rwanda les négociants et acheteurs venus de ces territoires.

Dans leterritoire de Beni, la société d’exploitation du bois ENRA trouve son rendement sensiblement réduit et menace de fermer ses activités suite à l’exploitation de ses concessions par le Colonel Bisambaza, commandant du régiment déployé à Beni, bien qu’elle ait eu à saisir les autorités compétentes pour obtenir la cessation de cette exploitation illégale du bois par les militaires.

Gestion foncière et clivages ethniques

Les conflits fonciers nés entre les communautés ont entrainé desclivages entre les ethnies de la plupart des territoires de l’Est du pays. Le conflit dans le Masisi tire ses origines dans la mauvaise gestion des terres depuis l’implantation de la population d’expression rwandaise, venue du Rwanda, suite à la politique de transplantation mise en place par la colonisation belge.

Cinquante ans après l’indépendance, les gouvernements successifs de la RDC n’ont pas fait un effort déterminant pour disposer d’une politique de gestion des terres alors que la question ne se pose plus au seul territoire de Masisi. Le territoire de Lubero, habité en majorité par les Nande, n’est pas épargné.

Au cours du second semestre de l’année 2011, avec lephénomène Hutu-Nande, le Sud du territoire a failli basculer dans la violence intercommunautaire n’eut étéles efforts des comités locaux de conciliation, institués par le programme STAREC.

La guerre en Ituri des années 2000 a opposé les agriculteurs Lendu aux éleveurs Hema sur fond des terres.

De ces conflits, le gouvernement congolais n’a pas encore tiré les leçons qui s’imposent.
«Ethnicisation» des forces de sécurité et politisation des groupes armés

Devant l’incapacité de l’Etat à assurer la sécurité de la population, les communautés croient pouvoir se sécuriser elles-mêmes par l’organisation des groupes armés à vocation ethnique.

A défaut, elles recourent tout simplement à la politisation des forces de sécurité pour obtenir la recomposition des groupes armés existants ou des forces régulières de sécurité.

Tel a été le cas de la scission du groupe armé PARECO qui a donné naissance au groupe PARECO/FAP du Colonel Mugabo et a toujours été la position défendue par les membres de la communauté tutsi, qui se sont toujours opposés à l’arrestation du Général Bosco Ntaganda et qui menacent de déclencher un climat d’insécurité au cas où le gouvernement s’hasarderait à exécuter le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre celui qu’ils considèrent comme leur protecteur attitré.

C’est dans ce cadre que les éléments du CNDP ont refusé toute mutation en dehors des territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu au motif qu’ils sont seuls capables d’assurer la sécurité de leurs frères d’expression rwandaise.

Fin 2010 et début 2011, les régiments issus du processus d’intégration accélérée ont opposé un refus catégorique à la décision présidentielle de les déployés à l’Ouest de la République.

Des membres notables de la communauté tutsi ont adressé une lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU, dans laquelle ils sollicitaient l’intervention de ce dernier en vue d’obtenir la cessation de ce qu’ils qualifiaient de conspiration contre la communauté tutsi pour épargner la région des Grands Lacs du nouveau cycle de conflits armés aux conséquences incalculables, après la décision rendue le 14 mars 2012 par la CPI concernant la responsabilité pénale de Thomas Lubanga dans le recrutement des enfants soldats.

Dans cette lettre, les auteurs prennent fait et cause pour Bosco Ntaganda et soutiennent que son intervention en Ituri visait à arrêter un génocide contre les Hema, une composante des groupes ethniques «nilotiques» considérés comme proches des Tutsi.

Les signataires soulignent que c’est grâce à l’option de prendre les armes que ces groupes ethniques vivent en sécurité et qu’il serait donc absurde de considérer les actes de Bosco Ntaganda comme desactes infractionnels alors qu’il s’agit d’actes héroïques et salvateurs.

En 2004 déjà, c’est pour les mêmes raisons de protection de la communauté tutsi que Laurent Nkunda a tenté de justifier son intervention à Bukavu pour soutenir l’attaque menée par le Colonel Jules Mutebutsi contre le Général Nabiolwa.

M. Azarias Ruberwa, alors vice-président de la République dans le gouvernement de transition, avait aussi tenté d’évoquer les mêmes raisons au lendemain du massacre des réfugiés tutsi à Gatumba au Burundi, deux situations similaires qui ont failli faire compromettre le processus de paix sous l’empire de l’Accord global et inclusif.

De même, les opérations menées dans la partie Est s’adaptent aux acteurs. Lorsqu’il s’agit des groupes armés autres que ceux issus de la rébellion CNDP, les FARDC emploient la méthode forte alors que pour les éléments issus du CNDP, c’est la négociation qui prévaut.

Tel a été le cas lorsque le Colonel Kahasha a fait défection dans la localité d’Eringeti et contre qui le Colonel Ngelesa, porte-parole des opérations, a promis de le contraindre par la force alors que pour la défection des unités du Colonel Bonane en Ituri, le Général Amisi Gabriel, alias Tango Four, est parti négocier leur reddition et le gouvernement congolais a consenti que son acte est un cas d’indiscipline.

Dans la ville de Bukavu, l’inspecteur Luzembo a été surpris par la décision l’obligeant d’intégrer dans la police de circulation routière et le département de la protection de l’enfant du territoire d’Uvira des élémentsbanyarwanda dont le processus d’intégration n’est connu que du seul commissaire général de la police, Charles Bisengimana, et ne rendent compte qu’au seul Commissaire général.

Selon les renseignements recueillis par l’enquête, cette décision a été motivée par le fait que l’inspecteur Luzembo se vantait d’être à la tête d’un corps constitué des Congolais authentiques.

Cette tendance consistant en unepolitisation à outrance des forces de sécurité dans la région des Grands Lacs est l’une des causes de compromission des processus de paix de toute la région, au mépris des mécanismes de dialogue souvent mis en place pour tenter de résoudre les différends entre les communautés et de poser les bases d’une cohabitation pacifique des peuples.

Incohérences et absurdités de l’appui de la MONUSCO

Lors de la prise d’armes par les éléments des FARDC issus du processus d’intégration accélérée au camp Rumangabo au Nord-Kivu, les délégués de la Mission onusienne avaient boycotté la cérémonie au motif qu’ils ne pouvaient pas siéger à côté du Général Bosco Ntaganda sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour les crimes commis en Ituri.

C’est dans ce sens que le Conseil de sécurité s’est dit préoccupé par la promotion des responsables notoires de graves violations des droits de l’Homme au sein des FARDC.

Or, certains contingents militaires de la Mission onusienne mènent des opérations aux côtés des régiments commandés par les mêmes personnes décriées, les côtoient dans les réunions d’évaluation de ces opérations, arguant qu’il appartient au gouvernement congolais de prendre les mesures pour écarter ces personnes.

Or, pour les cas de Thomas Lubanga, Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga, la Mission onusienne a joué un rôle de premier plan dans leur arrestation et transfert à la Cour pénale internationale.

Aussi, pendant que les FARDC combattent les groupes armés nationaux, la Mission onusienne organise des rencontres pour obtenir la reddition de certains leaders, notamment le cas Muhambalyaki qui a bénéficié de plusieurs visites des délégués de la Monusco.

Par ailleurs, les paragraphes 11 et 15 de la résolution 1991 demande à la Monusco d’appuyer le gouvernement congolais dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale globale de développement de secteur de sécurité d’une part et dans l’exécution du programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion des éléments armés à l’Est, d’autre part.

Ainsi, en appuyant les opérations menées par les FARDC contre les groupes armés, la Monusco viole ses obligations légales et rend, de ce fait, incohérent et absurde son appui aux FARDC et aux efforts de paix qui visent la lutte contre l’impunité.

L’incohérence de l’appui de la Monusco s’explique aussi par les réactions de la population de l’Est. C’est le cas notamment avec l’attaque du village Kamananga, en date du 13 mai 2012, par les FDLR.

Les habitants qui avaient échappé à l’attaque de ces derniers, lors de leur retour dans le village se sont pris contre la base d’opérations mobile de la MONUSCO de Kamananga, blessant 11 casques bleus et les accusant de «protecteurs des FDLR et des Maï-Maï de Raia Mutomboki».

Rapport de Osisa
Le Potentiel