mercredi 1 août 2012

M23 et Mbusa Nyamwisi : la crainte de la répétition de l’histoire ?





Certains medias ont relayé, à Kinshasa, les propos d’un député proche du gouverneur de la province du Nord Kivu accusant Mbusa Nyamwisi d’être complice du désordre qui prévaut actuellement à l’Est de la RDC.

Ce député national élu de Butembo aux dernières est cité comme l’une des personnalités politiques congolaises œuvrant en faveur de cette nouvelle rébellion. Une manière de le présenter comme potentiel
dirigeant de M23.

Nos limiers ont essayé de fouiner pour avoir un peu de lumière sur ces allégations.

A Beni, Butembo et Kampala en Ouganda, des questions ont été posées, par nos limiers. à plusieurs sources dignes de foi même si le principal concerné (Mbusa Nyamwisi) n’avait pu être contacté.

Il ressort de ces investigations qu’à ce stade de l’évolution des choses il est difficile d’établir l’implication de cet ancien Ministre des affaires Etrangères congolais dans l’actuelle insurrection de l’Est faute des preuves.

Ceux qui l’incriminent, se limitent au fait qu’il était de passage à Kampala en Ouganda.

Pourtant, c’est dans cette capitale ougandaise que presque tous les députés de l’Est du Congo (Ituri, Haut Uélé, Nord Kivu) atterrissent venant de Kinshasa avant de se rendre, par route, dans leurs fiefs respectifs en RDC.

Les proches d’Antipas Mbusa ne s’étonnent pas de cet acharnement du pouvoir contre leur leader. Cela ne date pas d’aujourd’hui, a confié une de nos sources.

Mbusa Nyamwisi fait l’objet des cabales montées dans l’entourage proche de Joseph Kabila. Il fait peur aux Kabilistes qui n’hésitent pas un instant de jeter des peaux de bananes sur son parcours politiques.

C’est très normal puisque Joseph Kabila connais combien de fois il a floué Mbusa Nyamwisi dans leurs rapports depuis avant le dialogue inter congolais de Sun City jusqu’aux dernières élections a martelé une dame membre du RCD/K-ML.

Peut être redoute-t-il un éventuel retour de l’ascenseur de la part de Mbusa Nyamwisi a-t-elle conclu. Bosco Ntaganda et Sultani Makenga qui ont commencé la mutinerie de M23 étaient des protégés du pouvoir de Kinshasa.

C’est connu de tous. Pourquoi veut-on nécessairement voir l’ombre de Mbusa derrière cette insurrection ?
La raison est bien simple, pense un proche de Mbusa. Alors, Ministre des affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi avait proposé des pistes pour régler la question du CNDP de Laurent Nkunda sans se faire entendre dans l’entourage de Joseph Kabila.

Malheureusement, tout ce qui a été fait par l’entourage du chef de l’Etat congolais pour gérer la situation de l’Est a échoué lamentablement au point de déboucher sur cette mutinerie (rébellion) que l’on déplore ce jour.

L’entourage de Kabila découvre tardivement que Mbusa avait raison. Cet ancien Ministre des affaires étrangères pensait, déjà à l’époque, qu’il fallait, pour régler définitivement la question du CNDP, envisager d’avoir des relations sincères entre la RDC et le Rwanda, le temps de construire une armée forte capable de défendre les frontières de la RDC.

Il n’a pas été entendu et la suite est bien connue. Les « Mbusa boy’s » de Beni ne voient pas leur leader œuvrer pour la balkanisation du Congo. Ils rappellent que c’est le RCD/K-ML de Mbusa Nyamwisi qui était la première rébellion à tendre la main à Kinshasa avant même la tenue du dialogue inter congolais de Sun City.

C’est pour cela qu’ils le considèrent comme pionnier de la réunification du Congo. Ils ne comprennent pas pourquoi l’entourage de Kabila s’acharne sur leur leader.
Ce n’est pas lui qui peut cracher sur ce pourquoi il avait consacré tout son combat politique de plusieurs années.

Nul n’ignore que le pouvoir de Kinshasa a tout fait pour dresser certains politiciens du Nord Kivu contre la personne de Mbusa dans l’objectif de l’étouffer politiquement dans cette partie de la RDC.

Pour y arriver, tous les coups sont permis. Hélas, Mbusa a survécu politiquement à tous les coups montés contre lui par l’entourage de Kabila. Il en a donné la preuve en se faisant élire haut la main dans un territoire où toutes les grosses pointures du PPRD avaient broyé du noir, pense-t-on à Butembo.

Pourquoi fait-il peur?

Ancien président de l’Assemblée Générale de la rébellion du RCD/Goma et ancien chef rebelle du RCD/K-ML, Mbusa doit avoir des entrées dans les sphères politiques du Rwanda et de l’Ouganda, deux pays associés à l’histoire de dernières rebellions congolaises.

Natif de l’Est du Congo, Mbusa Nyamwisi est sensé avoir une bonne lecture de la situation qui prévaut dans cette partie de la RDC qu’il connait très bien pour l’avoir dirigée pendant la rébellion.

Il a été Ministre des Affaires Etrangères du Congo et donc eu le temps d’enrichir son carnet d’adresses. Dans son Nord Kivu natal pullule des groupes mayi-mayi qui n’ont besoin que d’un «donneur d’ordre » pour agir dans un sens comme dans un autre. Tout ceci fait peur aux Kabilistes.

Les tenants du pouvoir à Kinshasa se rappellent que c’est une insurrection de banyamulenge (des tutsi congolais) soutenue par le Rwanda qui s’était transformée en rébellion de l’AFDL et porté Kabila père au pouvoir.

Le pourvoir actuel qui en est la prolongation ne peut que craindre la répétition de l’histoire avec cette autre insurrection des tutsi congolais, le M23.

En attendant d’avoir d’autres faits probants, le doute profite à l’accusé. Trêve donc à la spéculation. Wait and see.

Joska Kaninda Nkole

L’imminente chute de Goma?

le 31 juillet 2012.



Dans l’est de la République démocratique du Congo, les rebelles du M-23 avancent vers Goma, la capitale de la province du Nord Kivu, avec l’objectif avoué d’encercler la ville tenue par l’armée régulière pour la faire tomber comme un fruit mur.

A quelques journalistes dont un reporter de l’AFP qui ont pu se rendre dans la zone ce weekend, le chef des opérations des rebelles pour le secteur, le colonel Innocent Kayima, a expliqué que l’intention du M23 était d’aller jusqu’a Kibumba, dernière agglomération sur la route de Goma où se trouve encore positionnée l’armée régulière congolaise, les FARDC.

Cette localité est présentée par un diplomate occidental à Kinshasa comme le « dernier verrou » vers Goma.

De là, assure le colonel Kayima, « nous encerclerons la ville (Goma) et nous démoraliserons les forces jusqu’a ce qu’elles s’en aillent ». « Nous prendrons la ville sans tirer », a-t-il assuré.

Place forte des forces armées de la RDC dans l’est du pays, il parait toutefois improbable que Goma soit abandonnée à son sort. D’autant qu’elle abrite des milliers de civils venus s’y réfugier et que de nombreuses troupes des Nations unies y assurent leur sécurité.

Mardi dernier, pour protéger les populations qui fuyaient les combats, des hélicoptères d’attaque des Nations unies sont intervenus contre la rébellion.

Ce weekend, Kibumba était défendue par six chars et un lance-roquettes multiples des forces de Kinshasa. Mais les rebelles n’étaient qu’à cinq km de là et, après s’être entendus au téléphone avec eux, les journalistes ont rejoint les premières lignes du M-23.

« Nous avançons petit à petit vers Kibumba », a affirmé le colonel Albert Kahalaha un déserteur de l’armée régulière passé en mai dernier dans l’autre camp.

Vêtus d’uniformes disparates de l’armée régulière sans aucun signe de grade, les hommes du M-23 sont positionnées de part et d’autre de la route sans autres armes lourdes que des mortiers de 60 mm, portables à dos d’homme, en place avec des caisses d’obus à proximité.

Les combats qui durent depuis mai restent intermittents et dans les zones dont le M-23 s’est emparé la vie reprend lentement son cours.

A Rutshuru, un bourg au nord de Kibumba tenu par la rébellion, un obus de mortier ou une grenade tirée par un fusil est bien tombé dimanche en fin d’après-midi sur une case vide qui a été détruite. Mais dans la matinée, une messe avait été célébrée, des civils étaient présents dans les rues, le coiffeur ouvert.

Dans le centre, les rebelles s’activaient à préparer la nourriture dans de grandes bassines. Des petits groupes électrogènes permettaient à chacun de recharger sa radio ou sontélephone portable.

Lors des combats de la semaine précédente, un pylône de transmission téléphonique a été touché, perturbant les communications. Un autre réseau en a profité et, quelques heures plus tard, après un changement de puces électroniques, les communications avaient repris normalement dans la ville.

Des combats plus durs au nord

Plus au nord, l’atmosphère est tendue.

Les journalistes ont pu gagner le village de Madango, à une trentaine de kilomètres de Rutshuru. Là, un responsable militaire des rebelles, le colonel Justin Mahizi, leur a interdit d’aller plus loin prétextant la dureté des combats.

Selon lui, les FARDC en se retirant ont tué plusieurs personnes et ont jeté leurs corps dans la rivière. Dans un ravin gisent deux hommes aux mains liées, tués par les FARDC selon le M-23.

Sur la route vers le lieu-dit Mayamoto, en limite du parc naturel des Virunga, un gros camion de travaux publics a brûlé avec toute sa cargaison d’armes et les munitions ont explosé.

Selon le M-23, les FARDC l’ont réquisitionné avec son chauffeur, y ont entassé des armes des munitions et du matériel de transmission mais, devant l’avancée du M-23, les soldats y ont mis le feu et ont tué le chauffeur.

Aucune voiture ne circule. Selon un officier, les combats sont difficiles.

Les rebelles, que le Rwanda voisin est largement accusé d’aider bien qu’il s’en défende, affirment avoir récupèré leurs armes sur l’ennemi. Les obus sont dans des caisses et les bandes de mitrailleuses encore rangées dans leur emballage.

Les responsables nient absolument tout approvisionnement rwandais, même si des sources occidentales à Kinshasa ont évoqué des livraisons le week-end précédent.

Tous parlent le Swahili, généralement utilisé dans l’est du pays et dans les pays de la région, ainsi que le Kinyarwanda, la langue nationale rwandaise. Un peu d’anglais et un peu de français aussi.

Le M-23 a été formé par des membres d’une ancienne rébellion qui avaient été intégrés dans l’armée régulière en 2009 mais qui se sont mutinés en mai et ont repris les armes contre les FARDC.

FESTIVAL DE CARCASSONNE 2012 - HARLEM FANTASY ORCHESTRA + STAFF BENDA BILILI


STAFF BENDA BILILI


Benda Bilili signifie"regarde au-delà des apparences" - littéralement "mets en valeur ce qui est dans l'ombre".
Musiciens des rues de Kinshasa, handicapés de surcroit, le groupe congolais Staff Benda Bilili n'avait pas vraiment d'atout en poche.

Et pourtant ce groupe est l'une des success stories de la scène musicale internationale : après avoir quitté les rues de Kinshasa pour la première fois en 2009, le Staff Benda Bilili a enthousiasmé le public et les médias dès son premier album et ses premiers concerts européens.

Tandis que les articles élogieux s'accumulent, la force, la délicatesse, la stupéfiante beauté de leur musique ; la pulsion de la rumba kinoise éternelle, les grooves chaloupés du reggae et ceux sauvages du funk et ces superbes voix qui rassemblent des éclats de toute la diaspora (les crooners de la Havane, les toasters de Kingston, the Godfather of Soul himself) font vibrer et transcendent une audience qui s'élargit de jour en jour.

Dirigé par Ricky Likabu, le coeur du groupe est constitué de quatre chanteurs/guitaristes d'âge mûr et d'un " ambianceur ". Derrière eux, une puissante section rythmique qui utilise des instruments bricolés maison.

Pour agrémenter le tout, les interventions du jeune prodige Roger Landu sur un luth électrique à une corde qu'il a inventé et construit lui-même à partir d'une boîte à conserve.
Ouverture
  • Le 02 août 2012 - À partir de 20:30
Tarifs
  • Entrée gratuite
  • Gratuit : €
Tél. : 33 (0)4 68 11 59 15  Site web : http://www.festivaldecarcassonne.fr

The US, Mining and Dictators in the Congo

TINGI-TINGI HUTU REFUGEE MASSACRE 1997 PART ONE

Plus de 100.000 fidèles catholiques marchent à Kinshasa contre la guerre à l’Est

le 1 août 2012.



KINSHASA – Des milliers de catholiques ont défilé pacifiquement à Kinshasa contre la guerre qui oppose depuis mai l’armée à des mutins regroupés dans la province instable du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a constaté l’AFP.

Les marcheurs, qui ont observé une minute de silence et ont aussi défilé à l’intérieur du pays, se déplaçaient par groupes de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines avec des bibles et des chapelets, et en priant et chantant, a constaté une journaliste de l’AFP.

En début d’après-midi, ils étaient au moins 100.000 à avoir rejoint les différents points de chute, selon l’abbé Léonard Santedi, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui est à l’initiative de cette marche de l’espérance pour la paix.

Sur les calicots et les pancartes, un message revenait souvent: Non à la balkanisation de la RDC. Une référence aux mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars, issus de l’ex-rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), et soutenus par le Rwanda voisin selon l’ONU et des ONG -une accusation que réfute Kigali.

Je ne veux pas voir mes frères souffrir, mourir. J’espère que la communauté internationale et tout ceux qui sont là pour le maintien de paix pourront lutter contre cette guerre d’agression, a expliqué à l’AFP un chrétien, alors que l’Union africaine prévoit d’envoyer une force neutre à la frontière congolo-rwandaise.

L’objectif de nos actions est de sensibiliser tout le peuple congolais pour montrer à l’échelle internationale qu’il ne veut pas de cette guerre, ne veut pas de la balkanisation de son territoire, qui est un et indivisible, a déclaré à l’AFP l’abbé Santedi Léonard.

A Kinshasa, un dipositif policier, avec patrouilles et éléments à pied, a été déployé pour encadrer les différentes manifestations, qui n’ont pas connu d’incidents.

Dans le reste du pays, la marche a été bien suivie, surtout à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, selon l’abbé Santedi. En revanche, rien n’a été organisé à Goma, première ville du Nord-Kivu, a constaté dans cette ville un journaliste de l’AFP.

Nous n’avons pas pu organiser de marche parce que nous ne pouvions pas contrôler les éventuels débordements des conducteurs de motos et des enfants de la rue qui ont toujours profité des marches pour casser des biens et voler la population, a déclaré à Goma à l’AFP un cadre de l’Eglise catholique.

Guerre au Nord-Kivu : Les Congolais ne baissent pas la tête

01/08/2012


Combattant - Marche du 30 Juin à Bruxelles

La guerre qui sévit au Nord-Kivu n’en finit pas de démoraliser les Congolais. Mais ils ne baissent pas la tête. Dans la capitale Kinshasa, des milliers de chrétiens sont ainsi sortis dans la rue, mercredi 1er août, à l’initiative de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Des dizaines de milliers de Congolais ont manifesté pacifiquement, mercredi 1er août, à l'appel de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Avec un leitmotiv : refuser la "balkanisation" de la RDC, en cours selon eux dans l'est du pays en proie à la rébellion du M23.

La guerre qui sévit au Nord-Kivu n’en finit pas de démoraliser les Congolais. Mais ils ne baissent pas la tête. Dans la capitale Kinshasa, des milliers de chrétiens sont ainsi sortis dans la rue, mercredi 1er août, à l’initiative de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

Objectif : protester pacifiquement contre la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et la progression semble-t-il inéluctable des rebelles du M23 vers Goma. À l'intérieur du pays, notamment à Bukavu (capitale du Sud-Kivu), de nombreux défilés ont été organisés dans le même but : dire non au démembrement du pays et aux exactions contre les populations civiles innocentes.

À Kinshasa, bibles et des chapelets à la main, les manifestants ont observé une minute de silence avant de reprendre leurs marche en priant et chantant, par groupes de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines.

Selon l'abbé Léonard Santedi, secrétaire général de la Cenco, les marcheurs étaient au moins 100 000. « L'objectif de nos actions est de sensibiliser tout le peuple congolais pour montrer à l'échelle internationale qu'il ne veut pas de cette guerre, ne veut pas de la balkanisation de son territoire, qui est un et indivisible », a déclaré à l'AFP l'abbé Santedi Léonard.

Envoi d'une force neutre

« Non à la balkanisation de la RDC » : c’est de fait le leitmotiv qui revenait sur les calicots et les pancartes de cette marche pour « l'espérance pour la paix ». Une référence aux rebelles que l’ONU accuse d’être soutenus par le Rwanda – ce que réfute catégoriquement Kigali, qui se trouve néanmoins de plus en plus isolé sur la scène internationale.

L'Union africaine (UA) prévoit quant à elle d'envoyer une force neutre à la frontière congolo-rwandaise.

« Je ne veux pas voir mes frères souffrir, mourir. J'espère que la communauté internationale et tout ceux qui sont là pour le maintien de paix pourront lutter contre cette guerre d'agression », a expliqué un manifestant.

Pas de mobilisation à Goma, en revanche. « Nous n'avons pas pu organiser de marche parce que nous ne pouvions pas contrôler les éventuels débordements des conducteurs de motos et des enfants de la rue qui ont toujours profité des marches pour casser des biens et voler la population », à un cadre de l'Église catholique.

(Avec AFP)

Le Congo-Kinshasa n'a jamais été une priorité pour Obama

Pourquoi le président Obama a-t-il laissé tomber le seul pays africain qu'il avait promis d'aider?


Barack Obam à Washington, 22 juillet 2012. © MANDEL NGAN/AFP
Le 1er août: Les forces gouvernementales congolaises ont reculé devant les rebelles du mouvement M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), abandonnant des villages par manque de munitions, ont indiqué le 31 juillet des diplomates à l'ONU.
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Durant son court mandat de sénateur, Barack Obama a vu promulguées deux de ses propositions de loi.
L'une d'elle était la loi "loi de promotion de l’aide, de la sécurité et de la démocratie en République démocratique du Congo" de 2006, alors parrainée par douze autres sénateurs, dont Hillary Clinton.

Cette loi consacrée à la République démocratique du Congo (RDC) comprend des provisions relatives aux ressources minières faisant l'objet de conflits; à la violence sexuelle; aux sanctions contre les groupes armées et à leur soutien au sommet de l’Etat, et à la promotion de la démocratie.

L'article 105 de cette loi Obama autorise le secrétaire d'Etat américain à suspendre toute aide à un pays étranger s'il estime que le gouvernement dudit pays tente de déstabiliser la RDC.

Ce texte, vieux de six ans, est le seul document officiel répertorié encadrant la politique étrangère américaine face à la crise du Congo.

Au vu de l'intérêt qu'il avait porté à leur pays, de nombreux Congolais espéraient qu'une fois à la Maison Blanche Obama continuerait de considérer la RDC comme une priorité.

Frustrations après le discours d'Accra

Ces espoirs avaient été ravivés par le discours plein d'émotion  prononcé par le président américain à Accra, la capitale ghanéenne, dans le cadre de son premier (et, pour l'heure, seul) voyage en Afrique subsaharienne.

Barack Obama avait alors appelé les Africains à prendre en main leur propre destin. Il avait promis que les Etats-Unis ne soutiendraient plus les hommes forts de la région, qu'ils ne toléreraient plus la corruption; que son gouvernement contribuerait à l'édification d'institutions fortes.

Le Congo est un Etat souffrant de dysfonctionnements majeurs, doté d'un faible leadership politique, d'une armée incompétente et d'institutions de sécurité défaillantes.

Au cours de la dernière décennie, le gouvernement de la RDC n'est pas parvenu à restaurer l'autorité de l'Etat sur son territoire.

Il a de ce fait permis la prolifération de groupes armés et de seigneurs de guerre —comme Thomas Lubangarécemment condamné— qui recrutent des enfants, se rendent coupables de viols systématiques et pillent les ressources naturelles.

Certaines de ces milices sont soutenues (financièrement et logistiquement) par des Etats voisins.
A la fin 2011, le conflit avait déjà conduit au déplacement de près de deux millions de civils, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières de la RDC.

Dans son discours d'Accra, lorsqu'il a évoqué les conflits agitant les régions du Congo et du Darfour au Soudan, le président Obama a dénoncé le caractère criminel et la lâcheté des viols systématiques et du recrutement forcé d'enfants soldats.

Il s'est aussi engagé, au nom des Etats-Unis, à soutenir les efforts visant à contraindre les criminels de guerre à rendre des comptes.

Or, aujourd'hui, lorsqu'il s'agit du Congo, Obama n'a visiblement aucune intention de rester fidèle à sa propre action politique.

Depuis le début de sa présidence, il n'a jamais mis en œuvre sa propre loi, et ce en dépit de nombreuses cas d'abus avérés.

La schizophénie diplomatique de Washington

L'administration américaine a bien essayé de contenir la crise congolaise, mais ses timides tentatives ont accouché d'une diplomatie schizophrène et totalement inadaptée. Cette diplomatie alimente un conflit au long cours, et n'est nullement parvenue à mettre un terme aux tueries. 

C'est peut-être dans l'espoir de remédier au peu d'attention que son administration a témoigné à l'Afrique —dans son ensemble— qu'Obama a dévoilé, le 14 juin, une nouvelle stratégie visant à renforcer les institutions démocratiques, à encourager la croissance économique, à faire progresser la paix et la sécurité et à promouvoir le développement économique dans la région.

Mais l'annonce de ces mesures arrive en fin de mandat: tardives, elles s'avèrent aussi insuffisantes.

Lorsqu'il est question d'histoire, les Congolais ont une mémoire -—collective— d'éléphant. Les Etats-Unis s'intéressent à la RDC depuis 1960, lorsque le pays a obtenu son indépendance de la Belgique.

Les Américains désiraient alors jouer un rôle actif dans la transformation de cette jeune nation. Objectif: tirer parti de sa position géographique stratégique et de ses ressources naturelles dans le cadre de la Guerre froide.

Cette implication américaine a conduit à l'assassinat de Patrice Lumumba, (premier Premier ministre congolais) et à la guerre civile qui s'ensuivit; puis au déploiement d'une mission de maintien de la paix des Nations unies (la plus grande jamais lancée à l'époque), ainsi qu'à l'essor et à la chute du maréchal Mobutu Sese Seko, qui a dirigé le pays pendant trente-deux ans.

Lors des cinquante dernières années, les Etats-Unis ont été —au moins partiellement— impliqués dans chacun des grands bouleversements politiques congolais.

On peut également citer le soutien du président Jimmy Carter à l'émergence d'une opposition politique face au maréchal Mobutu (fin des années 1970, années 1980) et l'invasion du pays (1997) par une armée de coalition.

Celle-ci était menée par le Rwanda et l'Ouganda —avec le soutien des Etats-Unis— et visait à chasser le dictateur (et ex-allié des Américains) du pouvoir.

Quant au conflit qui agite aujourd'hui l'est du pays, il est une répercussion de l'action américaine au Rwanda: les Etats-Unis souhaitent garantir la sécurité du régime (à dominante Tutsi) du président Paul Kagame.

Mais les Américains sont peu enclins à servir de médiateurs impartiaux entre les deux parties, qui sont profondément marquées par la guerre.

Cette attitude ne fait que prolonger l'instabilité régionale —et elle dégrade de ce fait les perspectives (à long terme) de paix véritable au Rwanda.

Les Congolais considèrent donc la dernière initiative comme une énième tactique de relations publiques à court terme —riche en rhétorique, mais bien pauvre sur le plan de la planification stratégique, à l'instar de la stratégie de l'administration Clinton, qui visait à promouvoir le processus démocratique au Congo en provoquant un conflit armé.

Mobutu, qui était alors aux marches de la mort, fut contraint à l'exil —avant d'être remplacé par un nouvel homme fort.

Les voisins en embuscade

Voilà bientôt vingt-ans que le Congo fait face —tant bien quel mal— à une série de crise. La source de ces crises n'est un mystère pour personne.

Un gouvernement inepte, qui fait preuve d'un manque de leadership, ne dispose d'aucune vision clairement définie, et souffre d'une totale absence de légitimité au lendemain du fiasco des élections présidentielles de 2011.

Il faut aussi compter avec des voisins (le Rwanda, l'Ouganda et l'Angola) en embuscade, la prolifération de groupes armés et une mission de maintien de la paix des Nations Unies bien trop politisée —et bien peu efficace.

Ce cocktail de problèmes est renforcé par un corps diplomatique apathique, dont chaque membre est bien plus motivé par les intérêts à court terme du pays qu'il représente que par la perspective d'une stabilisation durable du Congo et de l'Afrique centrale.

La RDC est un Etat qui fonctionne si mal qu'il est particulièrement difficile de déterminer quelle réforme y serait la plus urgente.

Pour autant c'est sans doute la réforme du secteur de la sécurité qui constitue la première urgence du pays. Sans armée professionnelle compétente, la RDC ne pourra enrayer la prolifération des milices.

Le gouvernement a opté pour la stratégie inverse: il a choisi de s'entendre avec les miliciens et de les intégrer à l'armée nationale. L'absence de tout programme adéquat d'intégration national a donné naissance à des structures de commandement parallèles au sein de l'armée.

Ce qui signifie qu'un grand nombre des milices qui rejoignent l'armée demeurent dans les régions qu'elles contrôlent et n'apportent pratiquement aucune modification à leurs structures de commandements.

Cet arrangement permet aux «anciens» miliciens de maltraiter les populations civiles et de conserver leur accès aux ressources locales, tout en se sachant protégés par leurs nouveaux uniformes de soldats congolais.

C'est là un processus d'intégration pour le moins désorganisé, qui contribue à perpétuer les violations des droits de l'homme dont se rendent coupables les milices (entre autres éléments récemment incorporé dans l'armée), et complique les poursuites judiciaires à l'encontre des chefs de groupes armés ainsi que de leurs associés.

La communauté internationale doit profiter de cette situation pour faire pression sur le gouvernement du Congo, afin qu'il présente un plan de réforme complet du secteur de la sécurité; les pays donateurs pourraient contribuer à sa mise en œuvre.

Sans cette réforme profonde et sérieuse du secteur de la sécurité, le peuple congolais ne connaîtra jamais de paix durable.

Or, la loi Obama de 2006 pourrait précisément contribuer à réaliser cet objectif. Elle exige en effet une plus grande responsabilisation du gouvernement de la RDC, et propose des lignes directrices qui permettraient à l'assistance américaine et multilatérale d'aider l'Etat à rétablir sa capacité à gouverner.

La sécurité, un enjeu incontournable

Le texte comporte plusieurs recommandations utiles quant à la réforme du secteur de la sécurité, la transition démocratique et la traduction en justice des criminels de guerre et de leurs soutiens au sommet de l’Etat (au Congo comme ailleurs).

Au Congo, les Etats-Unis arrivent au premier rang des pays donateurs (avec près d'un milliard de dollars d'aide financière).

Mais le gouvernement américain use rarement de cet somme conséquente pour faire pression sur le pouvoir, afin d'encourager la mise en place d'une meilleure gouvernance.

La rhétorique du département d'Etat est pessimiste. Johnnie Carson, secrétaire d'Etat adjoint pour l'Afrique, évoque ainsi la taille du Congo, ses problèmes insolubles, le manque de fiabilité du gouvernement de la RDC en tant que partenaire.

La vérité, c'est ce que Carson s'est jusqu’ici appuyé sur une diplomatie terne et discrète, qui a produit bien peu de résultats tangibles pour les Congolais.

Les donateurs (Etats-Unis compris) financent la moitié du budget national de la RDC. C'est là un investissement considérable —si considérable que l'Amérique peut se permettre d'être nettement plus exigeante avec le gouvernement congolais, mais aussi avec la mission de maintien de la paix des Nations unies et avec ses propres diplomates à Kinshasa et dans les pays voisins.

Or, pour l'heure, la nation la plus puissante de la planète se contente, ici, de rester sur la touche.
Des ONG, des universitaires et des militants sont venus combler ce vide diplomatique. Mais la plupart d'entre eux évitent de s'attaquer aux causes fondamentales des problèmes du pays.

Leur rhétorique met l'accent sur deux symptômes d'un mal bien plus vaste: la violence sexuelle et les conflits liés aux ressources minières.

C'est là une simplification excessive du problème; elle laisse entendre aux contribuables et aux donateurs américains qu'une fois ces violences sexuelles et ces conflits endigués, le Congo reprendra le chemin du progrès, puis celui de la paix.

Cette vision réductrice est erronée, et elle a donné naissance à plusieurs initiatives inefficaces.
Prenons l'exemple de l'article 1502 de la loi de réforme financière de 2010. Elle exige de la Securities and Exchange Commission qu'elle s'assure que les compagnies américaines ne s'approvisionnent pas en minéraux provenant des zones de conflits congolaises (et plus précisément des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu).

Ceci constituerait une étape essentielle dans le processus de paix. Comme si la politique pakistanaise de Washington se consacrait soudain exclusivement au conflit du Cachemire.

Dès 1994, avec l'exode de près de deux millions de réfugiés rwandais fuyant le génocide, la région du Kivu a été la plus touchée par la violence ethnique, les crimes de guerre, les viols de masse systématiques et le pillage des ressources naturelles.

Mais les provinces du Kivu ne représentent qu'un quinzième du territoire congolais, et leurs problèmes découlent de l'incapacité de l'Etat à s'acquitter de ses fonctions.

Ces problèmes doivent être traités dans le cadre de l'élaboration d'une politique nationale d'ensemble.
Par ailleurs, cette approche (ONG-universitaires-militants) met en avant les côtés les plus sombres du Congo.

Elle marginalise le peuple congolais aux yeux du monde; les fait passer pour des incompétents, incapables de résoudre leurs propres problèmes —et devant impérativement être secourus par les bonnes gens du reste de la planète.

Le Congo est aujourd'hui la cible d'une forme bien particulière de préjugés: il est constamment sous-estimé.
En dépit de leurs bonnes intentions et de leur militantisme, les ONG ne peuvent compenser l'incapacité de l'Etat à protéger et servir le peuple congolais.

Et le militantisme ne peut remplacer l'élaboration des politiques publiques, assurée par le gouvernement et le Congrès américains.

De plus, contrairement aux gouvernements (qui rendent des comptes à leurs citoyens), les ONG ne répondent pas de leurs actes face au peuple qu'elles prétendent servir.

Elles ne sont redevables qu'à leurs donateurs et à leur conseil d'administration.

Mais qu'on le veuille ou non, ces organisations jouent souvent un rôle disproportionné dans l'élaboration des initiatives gouvernementales congolaises.

Le double jeu du département d'Etat

Lorsqu'en 2009 la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, s'est rendue dans les villes congolaises de Kinshasa et de Goma, elle a dénoncé la violence sexuelle et a appelé à l'arrestation, au jugement et à la punition des auteurs de ces actes.

A Goma, elle a fait un don de 17 millions de dollars visant à financer la formation de nouveaux gynécologues et la prestation de soins de santé; elle a par ailleurs suggéré qu'on distribue des caméras parmi la population, afin de conserver des preuves des violences faîtes aux femmes.

A Kinshasa, elle a encouragé les étudiants à s’exprimer pour en finir avec la corruption, la violence et les conflits.

Des gestes  certes réconfortants, mais qui ne faisaient en aucun cas pression sur le gouvernement de la RDC et sur les Etats qui soutiennent les milices directement responsables des abus en question.

Les propos de Clinton ne sont certes pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Deux ans plus tard, les Congolais se sont élevés contre la corruption et la violence lors d’élections controversées, entachées par des accusations de fraudes, des défaillances logistiques et des affrontements brutaux.

Toutefois, face à cette débâcle électorale, le département d’Etat n’a pas témoigné un grand intérêt à l’équité et à la transparence du processus.

Lorsque la majorité parlementaire pro-Kabila a adopté une révision de la Constitution en réduisant les deux tours de la présidentielle à un unique tour de scrutin —ce qui avantageait le candidat sortant— l’ambassadeur américain au Congo, James Entwistle, a affirmé qu’il s’agissait là d’une affaire interne au pays concerné.

Lorsque la Cour suprême de la RDC a confirmé les résultats contestés des élections de décembre 2011 —et la victoire de Kabila— Clinton a publié un communiqué pour faire part de sa déception face à la décision de la Cour, et elle a appelé de ses vœux une évaluation du processus électoral par les autorités congolaises et des experts internationaux.

Mais, quelques semaines plus tard, alors que le pays était encore agité par la violence postélectorale, l’ambassadeur Entwistle a écarté la solution du dialogue démocratique.

Il a reconnu le président sortant vainqueur de l’élection —et président pour les cinq années à venir—, et il a entrepris d’expliquer aux Congolais que la démocratie dépassait le processus électoral.

Si le département d’Etat avait opté pour une prise de position plus marquée, condamnant la perversion de l’ensemble du processus, il aurait envoyé un signal fort en faveur d’élections équitables, légitimes et transparentes.

Clinton ferait bien plus pour les victimes de violences sexuelles en décidant de s’attaquer aux milices et à leurs soutiens (au Congo et ailleurs).

La loi rédigée par le sénateur Obama (rappelons qu’elle a co-parrainée) lui en donne le pouvoir.

Elle pourrait imposer des sanctions aux chefs de milices ainsi qu’à leurs soutiens (qu’il s’agisse d’individus ou d’Etats), et les déférer devant le système de justice pénale internationale. Les sanctions comprendraient des interdictions de voyager, le gel d’avoirs, et d’autres mesures punitives.

Face à l’absence de toute politique américaine solide, les voisins du Congo sont eux aussi venus combler ce vide politique. Le Rwanda est aujourd’hui le premier instigateur des rébellions qui agitent le Congo, et les milices qu’il soutient comptent parmi les plus brutales.

En 2009, les Pays-Bas et la Suède ont suspendu l’aide apportée au Rwanda après qu’un rapport rédigé par un groupe d’experts des Nations Unies a prouvé le soutien apporté par ce pays à la milice du CNDP.

Menée par Laurent Nkunda, cette milice s’était rendue coupable de terribles violations des droits de l’homme parmi la population civile – notamment des meurtres et des viols de masse.

Peu après la suspension de l’aide humanitaire, les Forces de défense  rwandaises ont arrêté Nkunda lors d’un raid.  Pour l’heure, il ne fait l'objet d'aucun chef d’accusation.

La malédiction du Nord-Kivu

Le Nord-Kivu est aujourd’hui déchiré par une énième rébellion, lancée par un groupe issu de la milice du CNDP, qui se fait appeler le mouvement M23.

Ce groupe a orchestré la mutinerie d’ «anciens» membres du CNDP intégrés à l’armée congolaise.
Ils sont dirigés par Bosco Ntaganda, un criminel de guerre notoire condamné par contumace à La Haye; un ancien bras droit de Nkunda.

Plusieurs rapports —y compris ceux du groupe d’experts des Nations Unies— ont établi un lien entre cette milice et plusieurs hauts fonctionnaires du gouvernement du président rwandais Paul Kagame.

Le continuel aventurisme militaire du Rwanda sur le territoire congolais a contribué à la mort de millions de personnes, et il a exacerbé les tensions entre des groupes ethniques qui coexistaient jadis dans une relative harmonie.

Kagame s’évertue à nier l’impact néfaste qu’ont ses actions sur les populations locales. Il accuse souvent le roi Léopold II de Belgique d’être responsable de la crise.

Les Etats-Unis (qui maintiennent des relations amicales avec le gouvernement de Kagame) auraient tenté d’empêcher ou de retarder la publication du passage accablant figurant dans l’enquête des Nations unies, sapant par là même la stratégie africaine d’Obama —et sa loi.

L’impunité jette de l’huile sur le feu des conflits ; elle enhardit les criminels de guerre et déstabilise la région.
Dans la droite ligne de son approche réticente et inéquitable de ce conflit, le département d’Etat a publié un communiqué mesuré, appelant toutes les parties à répondre de manière constructive aux éléments exposés dans le rapport onusien —comme si les torts étaient également partagés.

Les Etats-Unis auraient «discrètement» demandé au Rwanda d’interrompre son soutien à la rébellion, mais les conflits se poursuivent avec la même violence, et risquent de plonger la RDC dans une guerre de plus grande ampleur.

La stratégie américaine n’est ni en accord avec son intention déclarée (promotion de la paix), ni en accord avec la loi Obama (qui cherche à mettre un terme à l’immunité), bien au contraire: cette diplomatie pleine de préjugés —en place depuis prêt de vingt ans— sème les violences et les atrocités de demain, et condamne la région à une instabilité perpétuelle.

Les Etats-Unis devraient aller encore plus loin que les Pays-Bas et la Suède, en retirant l’aide internationale au Rwanda et en sanctionnant les individus cités dans le rapport.

L'équation du Rwanda qui veut un siège au Conseil de sécurité

Le Rwanda sera candidat à un siège non permanent au conseil de sécurité des Nations unies à la fin de l’année, et il aura besoin de l’appui des Etats-Unis.

L’administration américaine devrait donc conditionner son soutien de la candidature rwandaise à la fin de l’actuelle rébellion.

La RDC doit quant à elle prendre une série de mesures décisives pour restaurer l’autorité de l’Etat et regagner le contrôle de son territoire. Mais sans légitimité, l’actuelle majorité pro-Kabila est incapable de gouverner.

Les Etats-Unis (et d’autres pays donateurs) devraient faire pression sur le gouvernement Kabila pour l’amener à tenir des élections provinciales libres, équitables, et transparentes —de manière à compenser l’effet paralysant de la présidentielle de 2011.

Pour l’heure, rien ne pousse l’administration Obama à agir. Le Congrès ne prête visiblement aucune attention au sujet, et les ONG n’ont pas assez d’influence pour mobiliser l’opinion publique.
Mais l’Amérique s’est engagée à promouvoir la démocratie et la paix dans la région —et cette mission est mise à rude épreuve au Congo.

La nouvelle stratégie africaine d’Obama n’aura de sens que lorsque sa rhétorique sera accompagnée d’actions concrètes. Fort heureusement, le président n’a pas besoin d’une stratégie entièrement nouvelle. Il lui suffit de mettre en œuvre celle qu’il a élaborée il y a six ans.

Mvemba Phezo Dizolele ,
traduit par Jean-Clément Nau
SlateAfrique

« KABILA » achète des armes en Ukraine pour le M23 !

COMMUNIQUE DE L’APARECO : « KABILA » achète des armes en Ukraine pour le M23 !
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L’Alliance des Patriotes pour la refondation du Congo (APARECO) attire l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale sur le double jeu auquel se livre « Joseph KABILA » qui joue au pyromane et au pompier dans la prétendue rébellion qui sévit dans le Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo.


L’APARECO détient en effet des preuves sur la duplicité de «KABILA» qui travaille de connivence avec les hautes autorités politiques et militaires de son pays d’origine le Rwanda pour accélérer le processus de balkanisation et d’annexion de la partie Est de la RDC par le Rwanda.

•Primo : L’APARECO a reçu plusieurs témoignages de colère de la part des officiers supérieurs congolais des FARDC au front dans la Kivu, et qui sont outrés par des ordres contradictoires venant du « commandant suprême » via des officiers rwandais du CNDP incorporés dans les FARDC, pour stopper la progression et les offensives militaires chaque fois que les troupes du M23 sont dans des positions difficiles ou sur le point d’être défaites.

Ces nombreux actes de trahison ont exacerbés le patriotisme de certains officiers congolais qui ont quitté le front et se sont repliés dans la forêt en guise de protestation contre la hiérarchie militaire des FARDC, et se disposent à combattre le traitre au sommet de l’Etat congolais.

•Secundo : L’APARECO a reçu plusieurs rapports détaillés des actions de sabotage par les officiers et experts rwandais du CNDP déversés par « Kabila » au sein des FARDC. Parmi ces nombreux cas de sabotage nous citons celui des hélicoptères de combat. Sur douze hélicoptères que possédaient les FARDC, il n’en reste plus que six, dont 3 à Kinshasa et trois à Goma.

Les officiers et « experts » rwandais ayant dépiécés les six autres et emportés des pièces à Kigali dans le but de réduire la capacité de frappe aérienne des FARDC. Et sur les 3 hélicoptères basés à Goma, 2 ont été peints aux couleurs du Rwanda et volent sous le contrôle de l’armée rwandaise. Tous ces faits sont connus des autorités militaires de la MONUSCO basées à Goma et à Kinshasa.

•Tertio : L’APARECO détient des preuves irréfutables d’une mission militaire que «Joseph KABILA» a envoyée en Ukraine. Il a en effet mandaté deux officiers des FARDC, de son entourage pour acheter, au noir comme d’habitude, une importante quantité d’armes sophistiquées et de munitions «pour le compte des FARDC » et pour une valeur de 200 millions de dollars américains.

Les deux colonels full, NUMBI NGOY, un Mulubakat du Katanga et bras droit de «Kabila» et MONZIA, un Musakata du Bandundu, tous les deux officiers de la force aérienne des FARDC, se trouvaient encore bloqués en Ukraine il y a quelques jours.

Car, à la fin de leur commande, alors qu’ils attendaient la réception de la première cargaison de leurs marchandises, leur contact local, un officier ukrainien, leur annonça un important changement de programme.

Cet officier ukrainien, un conseiller militaire, est un ancien général de l’armée de l’URSS. Il parle couramment français et il a combattu au Zaïre aux côtés des rebelles à MOBA comme conseiller dans les années 1985.

Il annonça aux deux officiers congolais estomaqués qu’un autre Colonel Tutsi du nom de MANZI WAGIRA, S3 appartenant au M23 a été désigné par « le Président Kabila » pour récupérer cette première cargaison. Et il les informera que le nouvel envoyé spécial a déjà signé le bordereau de livraison dont il leur montra la copie sans la leur remettre.

Par les mêmes sources, nous apprenons que plusieurs dizaines de pilotes ukrainiens recrutés par « Joseph Kabila » sont en formation à Kigali sous les ordres personnels du Président rwandais Paul Kagamé.

L’APARECO tient à porter ces faits à la connaissance de l’opinion nationale congolaise pour la prévenir de ne pas tomber dans la campagne de charme et de distraction que «Joseph Kabila» et ses griots déploient à travers les médias pour dénoncer des bouts de lèvres l’implication du Rwanda dans cette prétendue rébellion qui camouffle l’agression de la RDC par les autorités politiques et militaires rwandaises avec leurs complices infiltrés dans les institutions de la RDC.

Il n’existe aucun conflit réel entre Kagamé et « Kabila ». Les deux hommes se sont déjà réconciliés au sujet des divergences suite aux maladresses de la « fraude électorale mal organisée par Kabila en novembre 2011». L’action de sabotage que mène « Kabila » au sein des institutions congolaises ne peut être possible et efficace que si les congolais continuent à croire naïvement qu’il se bat pour la RDC.

L’APARECO appelle plutôt le peuple congolais à se dresser contre l’imposture de celui qui se fait appeler frauduleusement « Joseph Kabila ». Il exhorte tous les officiers et militaires congolais autochtones à se joindre aux forces patriotiques congolaises pour se débarrasser définitivement de l’imposteur rwandais au sommet des institutions congolaises en vue d’instaurer un véritable Etat souverain et démocratique, capable de garantir la paix pour tous les peuples de la région des Grands Lacs, et cela dans le respect mutuel des Etats membres.

L’APARECO demande à la communauté internationale, particulièrement à l’ONU dont les forces sont présentes en RDC et disposent de toutes les données réelles du terrain, de ne pas s’arrêter au simple niveau de la dénonciation de l’implication du Rwanda dans les tueries et les barbaries qui se commettent en RDC depuis 1996, mais d’aider le peuple congolais à recouvrir sa souveraineté et son intégrité aujourd’hui foulées aux pieds par ses voisins de l’Est.

Fait à Paris le 1er Août 2012
Paul-Rigobert Akanga-Gbula
Secrétaire Général –adjoint et Porte-Parole
WWW.apareco-rdc.com

Valeurs ancestrales : une nouvelle semaine artistique pour revaloriser la culture orale

Mercredi, 01 Août 2012

Des stages de danses, chants et percussions accompagnés d'échanges et formations seront au menu de l'atelier qu'organise le professeur danseur-chorégraphe Abaya Dialunda du 06 au 12 août à Kinshasa.

La troisième édition de la semaine d'Atelier artistique pour la prévention et la revalorisation de la culture orale (Saapro) sera lancée lundi prochain. Le coordinateur de cet atelier, Abaya Dialunda, rapporte « La Tempête des Tropiques », veut par ce moyen « sensibiliser la jeunesse congolaise à la dynamisation et la pérennisation de la culture orale de leur pays ».

La démarche devrait contribuer de manière notable à garder vif dans la mémoire des artistes actuels leurs richesses et valeurs ancestrales, une identité à préserver à tout prix et à partager à l'heure de la globalisation.

La rencontre s'assigne pour objectif la revalorisation de la danse traditionnelle africaine avec un focus particulier sur les expressions congolaises. Un processus inscrit dans la durée dont l'éducation et la formation de jeunes artistes est l'une des méthodes.

La participation de divers groupes traditionnels reste la manière la plus sûre de transmission des connaissances qui ont bravé le temps. Ainsi , les trois premiers jours se succèderont ceux des provinces du Kivu, Bandundu et de l'Équateur.

L'animation du premier stage de danses et chants, apprend-on, sera assurée par le ballet Intore. Le lendemain ce sera au tour de Ok-Ok de faire preuve de son savoir-faire. Viendront en dernier, le mercredi 8 août, les Ekonda au rythme de leurs danses, chants et percussions légendaires.

La suite de la programmation prévoit que le danseur-chorégraphe Kanga Docta, du ballet Umoja entre en danse dans la matinée du jeudi 9 août. Il animera ainsi une première session de formation tandis qu'Abaya Dialunda lui succèdera l'après-midi.

Le propos du deuxième orateur, signale notre source, devrait porter « sur l'anatomie artistique, la préparation du corps avant et après une répétition ainsi que la décomposition d'un mouvement ».

Quant à la séance de vendredi, elle sera des plus chargées avec les contributions annoncées de la seconde formation issue de la province du Bandundu, le groupe Bambala, d'Abaya et des étudiants de l'Académie des Beaux-arts.

En outre, la soirée promet d'être encore plus animée à la faveur du concert d'animation au programme. Sont à l'affiche les ballets Manianga, Umoja et la version masculine des Ekonda avec en bonus une représentation de la troupe théâtrale feu d'amour.

Les deux dernières journées, quant à elles, s'achèveront sur des productions musicales. Les samedi 11 et dimanche 12, Jean Goubald se constituera en griot à l'occasion de ce concert tandis que le groupe de Jupiter se focalisera sur le folklore Mongo.

Le spectacle « Lowanzo » s'ajoutera à ces deux premières prestations qui s'annoncent exceptionnelles. Les ballet Intore et la version féminines, cette fois, du ballet Ekonda précèderont les chanteurs sur la scène.

Pour boucler la boucle, l'atelier Saapro s'achèvera sur un concert religieux inhabituel où le style traditionnel aura sa place, indique-t-on. Deux chorales catholiques de la commune de Lemba se livreront à cet office peu ordinaire ainsi qu'un chœur protestant de Matete.

Nioni Masela

Par le Rwanda interposé : La complicité du CANADA dans le génocide et pillages des ressources minières du Congo

livre du Congolais Patrick Mbeko intitulé : «Le Canada dans les guerres en Afrique centrale : génocide et pillages des ressources minières du Congo par le Rwanda interposé», dévoile «l'existence d'opérations concertées entre le Canada, les puissances occidentales et leurs multinationales, par le Rwanda interposé, pour dépouiller la RDC de ses ressources stratégiques, quitte à la démembrer en de micro-Etats».

Le texte ci-dessous est la préface du livre du Congolais Patrick Mbeko intitulé : «Le Canada dans les guerres en Afrique centrale : génocide et pillages des ressources minières du Congo par le Rwanda interposé», publié aux Editions Le Nègre Editeur, Montréal, 2012.

L'ouvrage a été présenté le 12 mai 2012 au Canada . Aujourd'hui, nous nous sommes intéressé la préface qui, comme tout le contenu d'ouvrage, «plonge le lecteur dans les méandres de l'économie du crime qui sévit en... Afrique centrale, particulièrement en RD Congo».

Ce, en dévoilant «l'existence d'opérations concertées entre le Canada, les puissances occidentales et leurs multinationales, par le Rwanda interposé, pour dépouiller la RDC de ses ressources stratégiques, quitte à la démembrer en de micro-Etats».

Le préfacier, un Canadien blanc, fait d'abord le récit de son voyage en Afrique avant de souligner la complicité des médias occidentaux et le rôle joué et continuer de jouer Paul Kagame et Yoweri Museveni dans la dramatique situation que vit la RD Congo. Ci-après l'intégralité de la préface.


Le General Canadien au UNAMIR 1994 -- General Romeo Dalaire

A la fin du printemps de 1991, je traversai l'Ouganda sur un vélo de montagne et je fis une incursion dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), qui se nommait alors le Zaïre. A l'époque, je ne m'intéressais pas à la politique et je ne savais rien à propos des relations interraciales et de l'impérialisme.

Encore moins à propos des génocides. L'Afrique était une aventure. Je voulais la vivre en plongeant au milieu des cultures tribales et de la nature que j'avais aperçue dans les pages du magazine National Geographic. J'avais commencé par quelques safaris au Kenya et en Tanzanie.

J'avais fait l'ascension du Kilimandjaro (dont la partie supérieure, toute blanche, était couverte de glaciers, à l'époque). Alors, l'esprit imprégné des portraits de l'Afrique sortis de l'imagination des médias occidentaux, je décidai de m'enfoncer «au coeur des ténèbres» jusqu'au Zaïre.

Dans l'Ouest de l'Ouganda, je traversai le parc national du Lac Victoria, mais j'y vis peu d'animaux. L'Ouganda venait de subir, de 1980 à 1990, l'autorité d'une guerre que l'on qualifie aujourd'hui de "guerre civile" entre tribus africaines, comme on le faisait alors.

Issue du Mouvement patriotique ougandais, l'Armée de résistance nationale avait déclenché cette guerre et l'avait gagnée, sous le commandement de Yoweri Museveni, qui devint "président" de l'Ouganda et qui l'est encore aujourd'hui, soit depuis 24 ans. Cette armée était appuyée par des intérêts anglo-étatsuniens. Mais je ne savais rien de tout cela et je ne m'y intéressais aucunement.

En outre, je n'avais jamais entendu le nom de Paul Kagame, le soi-disant "président" actuel du Rwanda, qui y dirige un régime dictatorial depuis qu'il s'est emparé du pouvoir par un coup d'Etat, en 1994, avec l'aide de Museveni.

Kagame fut d'abord le directeur du renseignement militaire de Museveni et, pendant le bain de sang qui permit à l'Armée de résistance nationale de prendre le pouvoir (1980-1985) et de le consolider impitoyablement (1985-1990), les deux hommes furent responsables de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de crimes de génocide en Ouganda.

PAUL KAGAMÉ POUR LE TERRORISME DE LA TERRE BRÛLÉE

En 1990, le major-général Paul Kagame était aux Etats-Unis, plus précisément au collège de commandement et d'Etat-major général de Fort Leavenworth, au Kansas. Il y suivait les programmes de formation d'élite du Pentagone sur les opérations psychologiques et les mesures anti-insurrectionnelles. En septembre, on le rappela en Ouganda pour y prendre le commandement de l'armée de guérilla qui allait envahir le Rwanda le 1er octobre 1990.

Or, compte tenu de l'oeuvre de Paul Kagame en Ouganda (de 1983 à 1988 environ), au Rwanda (de 1990 à 1994) et au Congo (de 1995 à 2010), nul doute que les "opérations psychologiques" et les "mesures anti-insurrectionnelles" qu'on lui a enseignées lui ont permis de pratiquer le terrorisme de la terre brûlée, la torture, les assassinats et les exécutions massives.

Au cours de leur campagne militaire en Ouganda, puis au Rwanda et enfin au Congo, Kagame et Museveni sont demeurés fidèles à leur modus operandi : faire régner la terreur et procéder à des exécutions massives pour dépeupler le territoire, en éliminer ceux qui le gouvernent, et s'emparer des ressources qui s'y trouvent ou les piller.

Evidemment, même si j'avais voulu savoir la vérité au sujet de Kagame et de Museveni, j'aurais eu beaucoup de peine à découvrir les faits profondément ensevelis par le bulldozer du capitalisme international et dissimulés par la machine de propagande de la grande entreprise.

L'invasion du Rwanda par le Front patriotique rwandais (FPR), alias l'Armée patriotique rwandaise, à partir d'octobre 1990, constituait une violation majeure du droit international, mais, dans la véritable mise en scène que devint ce conflit, on dépeignit les guérilléros terroristes du FPR comme des libérateurs, tandis qu'on fit passer pour des terroristes les soldats, les agents et les alliés de l'Etat rwandais, dirigé par le président Juvénal Habyarimana.

Le FPR était principalement composé de militaires d'expérience des Forces de défense populaires de l'Ouganda, nouveau nom de l'Armée de résistance nationale. Dès 1991, on commença à parler de génocide, mais en imputant la faute aux Forces armées rwandaises (FAR), qui étaient obligées de défendre le Rwanda et son peuple contre l'invasion et l'occupation étrangères commandées par Paul Kagame et Yoweri Museveni, avec leurs commanditaires occidentaux, notamment le Pentagone et ses partenaires canadiens.

Dans le double langage orwellien de la propagande occidentale, la guerre devient la paix, une insurrection est une lutte anti-insurrectionnelle, les victimes sont des tueurs, les tueurs sont des victimes et les massacreurs, c'est-à-dire Paul Kagame et Yoweri Museveni, sont des "entrepreneurs" et des représentants de la "nouvelle génération de dirigeants africains".

UN DRAME COLLECTIF MARQUÉ PAR LA DOULEUR ET LA SOUFFRANCE

Le bain de sang en Ouganda et au Rwanda, dont l'origine remonte à la guérilla insurrectionnelle de l'Armée de résistance nationale, de 1980 à 1985, n'est pas qu'une histoire passée, mais une histoire encore bien actuelle.

Ce n'est pas qu'un simple élément de la mémoire collective, mais un drame collectif marqué par la douleur et la souffrance. C'est un traumatisme collectif qui a dévasté des générations entières d'enfants, qui se poursuit en ce moment même et qui a gagné le Congo.

En juillet 1991, j'arrive dans le triangle où se rencontrent les territoires ougandais, rwandais et zaïrois, Paul Kagame avait pris la tête du FPR, qui commettait des atrocités à grande échelle dans le Nord du Rwanda.

Je passe la nuit dans la petite ville de Kasese, à la frontière ouest de l'Ouganda, avant de poursuivre mon voyage à vélo encore plus à l'Ouest, dans les monts Ruwenzori.

Après quelques rencontres peu rassurantes avec des soldats incontrôlables des Forces armées zaïroises (FAZ), j'arrive dans la petite ville frontalière de Kasindi, dans l'Est du Zaïre (Congo). Je traverse des kilomètres et des kilomètres de forêt tropicale humide, dans la boue et encore la boue, puis, après une savane de montagne, je débouche sur un lieu nommé Beni, l'une des villes principales du Nord-Kivu, une province dont je n'avais jamais entendu parler. Je n'en connaissais même pas le nom. Ma peau blanche et mon arrogance me confèrent une autorité supérieure.

A partir de Beni, j'enfourche de nouveau mon vélo et je prends la route de Kisangani, vers le Nord-Ouest. Puis, je me dirige à l'Est vers Bunia. Je parcours ainsi une boucle de 400 kilomètres au Zaïre et j'en ressors trois semaines après y être entré, en passant par Bunia, puis en descendant dans la vallée du lac Mobutu (Albert). Je regagne l'Ouganda en traversant le lac sur un petit bateau de bois.

VICTIMES DIRECTES ET INDIRECTES

Si vous m'aviez dit à ce moment que je retournerais sur les mêmes routes quinze ans plus tard, en tant que journaliste indépendant, que je serais arrêté par une milice rwandaise incontrôlable connue sous le nom de Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), encore sur la route entre Kasindi et Beni, et que j'allais être arrêté non pas une fois, mais deux fois par des troupes de la MONUC (Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo), à Bunia, je vous aurais pris pour un fou.

Pourtant, la folie réside plutôt dans la quantité énorme de reportages trompeurs et racistes sur l'Afrique que diffusent les grands médias occidentaux. C'est en consommant cette information, ne serait-ce qu'occasionnellement, comme je le faisais, qu'on perd la raison.

Il est temps maintenant d'entrer dans le vif du sujet. Ma brève préface vise à présenter l'oeuvre d'un fils du Congo qui a toutes les raisons d'être indigné. Il n'est pas difficile d'imaginer l'affront ressenti par les Canadiens moyens lorsqu'ils apprendront que le présent livre et les accusations qu'il contient portent sur eux.

Ce sont eux qui tuent, et leurs victimes directes sont les Congolais. Mais ils font aussi des victimes indirectes dans l'ensemble de la région des Grands Lacs africains ainsi que parmi tous les Africains de race noire et les gens de couleur du reste du monde.

Ce qui peut être dit de la participation canadienne à la guerre et au pillage en RDC s'applique également à la responsabilité canadienne dans la guerre et le pillage affligeant le reste de l'Afrique. Pourquoi d'ailleurs devrions-nous limiter la portée de nos accusations ?

Au Canada, des sociétés minières, des sociétés militaires privées, des institutions bancaires, des organismes "d'aide" humanitaire, des sociétés de conservation de la faune et des organes de l'Etat s'emploient également à piller l'Asie, l'Amérique Latine et le Canada lui-même.

Bien que les Canadiens moyens soient, dans le présent ouvrage, accusés de tuer des gens, nous pouvons également leur manifester une certaine compassion et les présenter comme des victimes (de leur propre système de prédation). Dans la hiérarchie du pouvoir et de la souffrance, les dirigeants de l'Etat canadien et les cadres supérieurs des sociétés canadiennes occupent le sommet. Ils constituent les élites riches et privilégiées.

Ce sont eux qui peuplent les conseils d'administration et les directions des ministères, où se trouvent surtout des Blancs, mais aussi quelques Noirs de service. Au bas de l'échelle, enfouie sous un tas de fumier, croupissent dans la misère les premières nations du Canada. Elles subissent un traitement semblable à celui des Congolais, bien que les violations commises contre elles soient passablement moins flagrantes.

L'IMPÉRIALISME VENGEUR, SANGUINAIRE ET IMPUDIQUE DE L'OCCIDENT

Peu importe ce qu'on cherche sous terre - les diamants du Nunavut pour De Beers, le nickel de Voisey Bay pour Diamond Fields et International Nickel (Inco), l'or du Sud-Kivu pour Banro - l'histoire fait toujours sur le terrain, par le génocide des populations autochtones, avec la participation de Canadiens de race blanche.

C'est une histoire qui concerne le sol et les substances minérales qu'il contient, comme le pétrole, les diamants, le cobalt, le cuivre, l'uranium, l'étain, le tantale, le coltan, le gernanium, le nobium, l'or et le manganèse.

Elle concerne aussi les forêts, les primates, la faune et la flore. Elle est faite de biopiratage et d'accusations de vol de propriété intellectuelle portées par les grandes sociétés agro-industrielles. C'est une histoire où l'eau est un enjeu qui devient de plus en plus important.

C'est autant l'histoire des terres d'Amérique du Nord appartenant aux nations amérindiennes que celle des terres du Congo qui appartiennent aux Congolais. Les mêmes facteurs structurels qui maintiennent, voire accélèrent le déracinement des premières nations du Canada sont partout à l'oeuvre contre les gens de couleur.

Pourtant, le Canadien moyen ne semble pas pouvoir comprendre le sens du mot "déracinement", peu importe comment on s'y prend pour lui expliquer. C'est comme si personne n'avait pu lire, un jour ou l'autre, les grandes réflexions morales de Léon Tolstoï, Martin Luther King, Frantz Fanon, Walter Rodney, Malcolm X Chinweizu, Ward Churchill, Wilhelm Reich, Thomas Sankara ainsi que Monica Sjöö et Barbara Mor (The Great Cosmic Mother).

Les Canadiens qui connaissent Arundhati Roy se sont bornés, pour la plupart, à lire ses ouvrages de fiction. Les fidèles lecteurs de cette illustre écrivaine du Sud asiatique sont nombreux à avoir renvoyé ses livres par la poste lorsque après le 11 septembre 2001, elle a rompu avec la majorité silencieuse et complaisante pour devenir tout à coup une autochtone au teint foncé, libre de ses pensées, qui n'acceptait plus l'impérialisme vengeur, sanguinaire et impudique de l'Occident.

PROCLAMER L'HUMANITARISME ET L'ALTRUISME CARACTÉRISANT L'OEUVRE DES BLANCS

Des noms comme George Washington Williams, Roger Casement et Edmund Dene Morel ne veulent rien dire pour le Canadien moyen. Tout comme ils ne veulent rien dire pour l'Etatsunien moyen, parce que le Congo ne veut rien dire pour eux, ou pour nous, à moins que nous n'ayons un emploi là-bas.

Ceci nous donne une excuse pour participer plus directement au pillage, pour faire du prosélytisme parmi les autochtones, pour aider les sauvages noirs et s'extirper de leur sauvagerie africaine, de leurs traditions africaines, de leur religion africaine ou encore pour les réduire à l'état de bêtes de somme ou de squelettes empilés, en train de sécher sous le soleil, au milieu de nulle part, comme à Bogoro ou Cyangugu. Tandis que nous continuons de proclamer bien haut l'humanitarisme et l'altruisme caractérisant l'oeuvre des Blancs.

Nous arborons notre peau blanche ou parfois simplement notre drapeau (par exemple, dans le cas de Colin Powell, Susan Rice, Andrew Young et Barack Obama) comme des symboles nous conférant une autorité supérieure et comme un permis pour tuer des gens sans renoncer au privilège de retourner faire du yoga ou siroter un gin tonic au bord de la piscine aseptisée d'un chic club pour ressortissants étrangers à Kinshasa, Kigali, Goma ou Naïrobi, ou encore dans un lieu confortable de Washington, Paris, Bruxelles, Ottawa, Montréal ou Vancouver.

Le Canadien moyen est-il coupable de ces génocides ? Comment se produisent-ils sinon avec le concours du Canadien moyen ? Les "bons Canadiens" ne sont-ils pas complices de ces crimes, eux qui leur permettent de se dérouler à l'échelle de la planète simplement parce qu'ils ne font pas l'effort de s'intéresser à ce qui se passe, ne savent pas comment résoudre le problème, aiment se dire qu'ils achètent des diamants par amour ou sont tellement incapables de gérer leurs propres affaires personnelles, ensevelis qu'ils sont sous la camelote, qu'il est hors de question pour eux de se mettre à s'intéresser aux affaires des sauvages noirs de l'Afrique centrale ?

L'INCONSCIENCE N'EST PAS ACCEPTABLE, ET C'EST À CE PROBLÈME QU'IL FAUT S'ATTAQUER

Dans son essai Managing Ignorance, l'universitaire Elizabeth Spellman se penche sur la caractérisation de l'Amérique blanche faite par l'intellectuel étatsunien de race noire James Baldwin, qui nous explique comment nous demeurons insensibles aux critiques qui pourraient nous aider à remédier à notre incompréhension du racisme.

En somme, Baldwin est d'avis que les Blancs ne connaissent pas et ne veulent pas connaître les préjudices qu'ils ont fait subir aux Noirs par l'esclavage et par d'autres manifestations du racisme (comme la poursuite des guerres et du pillage en Afrique), qui font partie de la vie habituelle des Noirs d'Amérique (et des gens de couleur partout ailleurs).

Les Blancs ne savent pas et ne veulent pas savoir ce qui, dans leur comportement et leurs institutions, a complètement bouleversé la vie des Noirs. Ils sont à court d'imagination quand vient le temps d'envisager le monde tel qu'il serait si un tel pouvoir horrible avait été empêché de sévir.

Au sujet des manques de connaissance, de sensibilité et d'imagination, Baldwin ajoute qu'il est intolérable que les gens qui sont les auteurs de cette dévastation soient de surcroît considérés comme innocents. Selon lui, c'est cette innocence qui constitue le crime.

Ce qui vaut pour les Canadiens vaut certainement aussi pour les Etatsuniens. Pourquoi l'auteur du présent ouvrage vise-t-il seulement les Canadiens ? Est-ce parce qu'ils se supposent innocents ? Est-ce parce que, d'un côté, ils demandent au fabricant d'armes de livrer une commande d'engins de mort en Afrique ? Les gens du Kansas, du Texas, du Massachusetts ou de la Floride participeraient-ils à des assassinats collectifs, mais pas les gens de la Saskatchewan, ni ceux du Québec et de la Nouvelle Ecosse ?

Devons-nous croire que les Etats-Unis, puissance impérialiste suprême, ont l'exclusivité de vilaines politiques étrangères et d'opérations secrètes pour répandre leur terrorisme partout sur terre, profondément que partout ailleurs ? Le Canada, est-il étranger à tout cela ? Devons-nous souscrire à la croyance que les Canadiens sont bien trop vertueux par nature pour avoir de tels crimes sur la conscience ?

METTRE LA FAUTE SUR LA VICTIME : LA RUSE LA PLUS ANCIENNE DE L'HOMME BLANC

Les multinationales canadiennes protesteront certainement, elles aussi, contre une telle caractérisation. Elles déploieront leurs moyens considérables pour se livrer à la propagande, pour se draper dans la conscience écologiste ou, à défaut d'obtenir des résultats autrement, pour employer la force brute comme elles le font bien davantage au Congo qu'au Canada, où elles sont loin de jouir de la même impunité.

Comble de l'insulte, les exterminations qu'elles offrent en cadeau aux populations autochtones seront mises sur le compte de ces dernières, c'est-à-dire les brutes du Nord (les premières nations) ou les brutes de là-bas (les Congolais). Mettre la faute sur la victime.

C'est la ruse la plus ancienne de l'homme blanc, et le Canadien moyen, qui a été bien dressé, est susceptible de gober parfaitement l'idée que le tueur (le Canadien) est une victime et que la victime (le Congolais) est un tueur.

N'est-ce pas l'idée dont nous nourrit sans cesse la presse ? Les troupes congolaises commettent viol après viol et tous les hommes congolais sont des violeurs, n'est-ce pas ? Qui sont les victimes ? Qui sont les tueurs?

Nous pouvons rapidement nommer des noms canadiens, comme certaines d'entre nous l'ont fait en vain puisque, dans les économies du pouvoir blanc, au sein des populations qui décident du destin de millions et de millions d'Africains, peu de gens tendent l'oreille.

De Beers, Barrick Gold, Heritage Oil & Gas, Banro Mining, Anvil Mining, Diamond Fields Resources, Adastra (anciennement American Mineral Fields International), First Quantum, Tenke Mining Corporation, Lundin Mining : la liste est longue et scandaleuse, et elle contient de noms pour la plupart inconnus du public. Il est impossible de demeurer sains d'esprit lorsqu'on se fait ensevelir de propagande, de relations publiques, de gestion de la perception ou d'opérations psychologiques.

Par conséquent, la maladie mentale, l'amnésie généralisée, l'égoïsme, l'arrogance et l'hstérie collective - notamment à propos du massacre des Tutsis par les Hutus, au cours du génocide en 100 jours au Rwanda - sont devenus la norme.

RAIDS MINIERS DE BARRICK DANS L'ITURI

Parmi les membres du conseil d'administration de la société Barrick Gold figure l'ancien Premier ministre du Canada Brian Mulroney. L'ancien sénateur canadien John Trevor Eyton a fait partie du même conseil d'administration de 1990 à 2000, alors qu'il siégeait au Sénat. Edward N.

Ney en a fait partie également, lui qui a été ambassadeur des Etats-Unis au Canada de 1989 à 1992 et qui compte parmi les principaux dirigeants de la société Burton-Marsteller, spécialiste entre autres de la gestion de la perception (c'est-à-dire de la propagande).

Il reste beaucoup de zones d'ombre sur le rôle de Barrick dans l'invasion du Congo, en 1996, et sur le lien avec les raids miniers de Barrick dans l'Ituri, région ensanglantée au Nord-est du pays. C'est un sujet qui n'a assurément fait l'objet d'aucune enquête. Personne n'a été inculpé ou poursuivi chez Barrick. Personne n'a été même eu à témoigner sous serment, dans quelque pays que ce soit.

La société minière Banro et ses administrateurs, comme Arnold Kondrat, constituent un autre triste exemple de l'implication canadienne. Au Congo, Banro se livre à un pillage intégral et vide le territoire de sa population en sachant qu'elle peut compter sur l'appui de ceux qui tiennent les fusils.

En Amérique du Nord, elle a recours aux menaces et aux poursuites judiciaires pour bâillonner quiconque ose la dénoncer. Les seules activités minières de Banro dans le monde se trouvent au Sud-Kivu, province martyre de la RDC, et elles ont, bien entendu, l'aval des Nations unies. Banro est blanchie par le système de propagande occidental. Elle brille du même éclat qu'un téléphone cellulaire tout neuf.

BANRO POURTANT ENCOURAGÉ PAR LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS

Corruption, extorsion, pots-de-vin, assassinats collectifs : Banro ne semble reculer devant aucune bassesse au Sud-Kivu. Mais, compte tenu du silence obscène des médias occidentaux au service du capital, on ne peut pas dénoncer Banro en Occident sans avoir l'air d'inventer de toutes pièces un scénario sableux, voire de délirer complètement.

A l'inverse, aux yeux des Congolais du Sud-Kivu qui ont été dépossédés de leur terre et de leur droit à la vie, de telles accusations sont bien la moindre des choses et elles arrivent trop tard.

«Nous félicitons Banro pour son approche professionnelle et nous entendons travailler ensemble et leur apporter notre soutien afin de créer un environnement gagnant/gagnant pour toutes les parties», a déclaré Emile Bongeli, vice-Premier ministre de la RDC chargé de la Reconstruction, selon un communiqué du département des relations publiques de Banro.

Pourtant, le portrait de la réalité que dressent la vraie Société civile et les vrais défenseurs des droits de la personne au Sud-Kivu est très différent du portrait fabriqué par les avocats sans état d'âme, les bricoleurs à gages de communiqués et les boîtes occidentales qui se prostituent en faisant du renseignement pour leur maître.

Parmi ces dernières se trouvent de faux groupes de défense des droits de la personne, comme l'International Rescue Committee, l'International Crisis Group, le projet Enought ! et l'organisme Raise Hope for Congo.

Dans les trois derniers cas, on a affaire à des projets séduisants mais hypocrites qui ont été créés ou qui sont financés par le Center for American Progress (CAP), un centre d'étude nationaliste étatsunien voué aux activités de renseignement, qui oeuvre secrètement pour étendre la domination étatsunienne et l'hégémonie de grandes entreprises dans le monde.

John Prendergast, John Podesta et Madeleine Albright figurent parmi les experts et les fondateurs du CAP. Ils ont tous les trois été au coeur du gouvernement Clinton, qui a appuyé les projets de génocide de Kagame et Museveni en Ouganda, au Rwanda et au Congo (ainsi que le projet de génocide au Soudan, qui se poursuit actuellement).

INTÉRÊTS GÉNÉRALEMENT CONVERGENTS DES GRANDES SOCIÉTÉS ET DU CRIME ORGANISÉ

Les bricoleurs de communiqués à la solde de Banro ont peut-être bien rodé leur numéro d'illusionnisme, mais le Canadien moyen devient complice de génocide lorsqu'il les laisse faire leur cirque sans poser la moindre question. Les valeurs morales ne peuvent être maintenues si elles ne sont pas sous-tendues par un ensemble solide de convictions.

Or, grâce aux récompenses que distribue le capitalisme, aux punitions qu'il inflige et à l'omnipotente culture blanche de l'indifférence qui le caractérise, il a détruit la fibre morale de la société, tout comme il a anéanti des milliards de vies sur terre depuis ses débuts.

La première invasion du Zaïre (1996-1997) a été soutenue par le Pentagone, avec le concours des plus énergiques du Canada, qui a joué un rôle crucial dans cette guerre en défendant les intérêts généralement convergents des grandes sociétés et du crime organisé, ce qu'il fait, du reste, encore aujourd'hui. Le lieutenant-général Maurice Baril incarne bien les machinations canadiennes dans la région des Grands Lacs africains.

En 1994, Maurice Baril était chef de la Division militaire des opérations de "maintien de la paix" de l'ONU et supérieur du commandant de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), le Général Roméo Dallaire, un autre Canadien, qui fut un acteur clé de l'orchestration du génocide rwandais par le FPR.

En 1996 et 1997, Maurice Baril commanda la Force multinationale au Zaïre, qui devait accomplir, elle aussi, ce qu'on qualifia d'opération de "maintien de la paix". Cette force était basée en Ouganda et à Kigali et relevait en pratique du commandement de l'armée des Etats-Unis pour l'Europe, dont le quartier général se trouve à Stutgart, en Allemagne.

APPUI DU CANADA AUX DICTATEURS KAGAME ET MUSEVENI

Evidemment, le gouvernement du Canada appuie les dictatures de Paul Kagame et Yoweri Museveni. Un grand nombre d'intellectuels, de gens d'affaires, de journalistes et de représentants de l'Etat s'emploient à perpétuer les récits officiels sur les génocides au Rwanda, au Burundi, en Ouganda, au Soudan et au Congo.

Sur les rivières de sang qui coulent en Afrique vogue l'Agence canadienne de développement international (ACDI), qui a financé les projets de Kagame au Rwanda, mais n'a jamais dit un mot sur les agissements de cet homme, qui font de lui le "boucher" de Kigali. Pourquoi ce silence ? Parce que le gouvernement du Canada a participé à la boucherie et y participe encore.

En 2007-2008 seulement, l'ACDI a distribué environ 19,95 millions de dollars étasuniens en aide au "développement". Peu importe ce que raconte la propagande, nous savons bel et bien aujourd'hui que cet argent est lié à la défense des intérêts du Canada.

"A travers sa programmation régionale et sa collaboration avec les organisations multinationales, clairement les bricoleurs de communiqués à la solde du gouvernement, l'ACDI travaille également avec le Rwanda pour promouvoir la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs".

On s'étouffe de rage lorsqu'on entend un pareil mensonge, à moins d'être un Congolais ou une Congolaise, et d'avoir été soit décapité, soit violée par des troupes rwandaises qui font semblant d'être Congolaises pour mettre la violence sur le compte des Congolais.

SECTEUR MINIER : LE RWANDA POUR UNE AUGMENTATION DE 250 % DES EXPORTATIONS EN 2012

En septembre 2007, le Rwanda s'est doté d'une stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté pour 2008-2012. Cette stratégie a été élaborée de concert avec le Fonds monétaire international (FMI), dont les politiques économiques ont pour effet avéré de miner les économies en développement et d'institutionnaliser les inégalités en matière de commerce et de finance internationaux.

Le FMI, l'ACDI, USAID, l'UNICEF, Save the Children et d'autres encore perpétuent la violence structurelle, c'est-à-dire littéralement une agression contre les gens ordinaires. Le document décrivant la stratégie du Rwanda contient des statistiques sur le secteur minier, mais ne dit mot de la provenance des exportations minières, qui sont, en fait, le fruit du pillage du Congo.

Sur une période cinq ans, de 1996 à 2000 (les années pendant lesquelles le Rwanda a commencé à piller le Congo en pratiquant le terrorisme parrainé par l'Etat), le secteur minier rwandais a connu une augmentation moyenne de 24,5% par année.

Puis, de 2001 à 2006, l'augmentation moyenne a été de 41,3% par année. Le document ne mentionne même pas le Congo, sinon pour dire laconiquement que "la frontière entre les deux pays est instable", une affirmation qui relève de la fourberie et de l'insulte.

Peu importe, le FMI est d'avis que le Rwanda augmentera sa production minière : "Dans le secteur minier, l'objectif est une augmentation de 250% des exportations, qui devraient passer de 38 millions de dollars étatsuniens en 2005 à 106 millions de dollars en 2012".

DES PERSONNALITÉS CANADIENNES INDEXÉES

Le terrorisme parrainé par l'Etat est un concept plus large que le terrorisme d'Etat. Ainsi, nous ne devrions pas oublier les nombreux Canadiens qui ont joué un rôle déterminant dans la genèse et la perpétuation des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des génocides dans la région des Grands Lacs africains.

L'un de ces Canadiens se nomme William Schabas. C'est un agent du FPR qui se fait passer pour un avocat spécialisé dans le domaine des droits de la personne et qu'on a incorporé à la Commission internationale d'enquête sur les violations des droits de l'homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990, qui a séjourné au Rwanda en janvier 1993.

Le rapport de cette commission a été l'un des premiers instruments d'importance ayant servi à tisser la toile de fausses accusations contre le président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et contre son gouvernement.

Il a permis le lancement de l'opération psychologique réalisée avec l'aide du Pentagone (Etats-Unis) et du Commandement des forces armées (Canada), en vue de faire passer les victimes pour des tueurs, au Rwanda, et de cacher les crimes de guerre et le complot en vue de commettre un génocide auquel participaient le Front patriotique rwandais, les Forces de défense populaire de l'Ouganda et leurs commanditaires (USAID, ACDI, Banro, Adastra, et ainsi de suite).

William Schabas s'est mis au service du terrorisme parrainé par l'Etat lorsqu'il a participé à la préparation de montages de fausses accusations dans le but d'extrader des réfugiés rwandais ayant bel et bien fui le régime et se trouvant aux Etats-Unis et au Canada.

Le Général Roméo Dallaire est un autre Canadien ayant joué un rôle central. C'est lui qui était à la tête de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR). Il a secrètement aidé le Front patriotique rwandais à réaliser sa conquête génocidaire, son double assassinat présidentiel et son coup d'Etat au Rwanda (1990-1994), ce qui a préparé le terrain au cataclysme du Zaïre/Congo et pour les quinze années subséquentes de terrorisme parrainé par l'Etat à l'intérieur du Rwanda (1994-2010).

Gerald Caplan, quant à lui, est un intellectuel et un activiste canadien ayant oeuvré dans les cercles gouvernementaux. Il a co-présidé le Groupe de travail sur la politique de la radiodiffusion mis sur pied par le Premier ministre Brian Mulroney, mais il a aussi joué un rôle central dans la dissimulation des crimes de guerre et du crime de génocide en Afrique.

Salué un peu partout comme un expert du génocide rwandais faisant autorité, Gerard Caplan est l'auteur du Rapport sur le génocide au Rwanda, rédigé pour le compte du Groupe International d'éminentes personnalités pour enquêter sur le génocide de 1994 au Rwanda et ses conséquences, un organe d'enquête qui fut créé par l'Organisation pour l'Unité africaine et qui ne fut rien d'autre qu'un écran de fumée.

Gerald Caplan publie des articles de propagande dans toute la presse canadienne. Il a lancé "Rappelons-nous du Rwanda", un projet prétendument "non gouvernemental" destiné à déverser de la propagande dans le monde entier pour bien cimenter dans la mémoire collective les récits fallacieux sur les génocides et les crimes de guerre dans la région des Grands Lacs africains et au Soudan.

Les services rendus à l'Empire par M. Caplan lui ont valu d'être nommé membre d'un groupe d'experts de haut niveau par le coordonnateur spécial des Nations unies pour l'Afrique.
DES BARONS DE L'INDUSTRIE MINIÈRE DISSIMULENT LEURS ACTIVITÉS CRIMINELLES

Beaucoup de gens trempent dans des activités occultes de crime organisé qui mettent en cause directement ou indirectement le Canada en Afrique. Il se trouve parmi eux des gros bonnets intouchables comme Jean-Raymond et Max Boulle. Robert Friedland, Lukas Lundin, George Herbert Walker Bush, Peter Munk et Adnan Khashoggi.

Les barons de l'industrie minière sont nombreux à dissimuler leurs activités criminelles au milieu d'un enchevêtrement tentaculaire de conseils d'administration, de paradis fiscaux et de réseaux de blanchiment d'argent. Souvent, ils sont, en outre, liés à des fournisseurs privés de services militaires (c'est-à-dire des entreprises de mercenaires).

Robert Friedland et Tony Buckingham sont deux cas notoires d'élites qui brillent au firmament de la réussite grâce à leurs réseaux de crime organisé et de mercenaires, réseaux qu'ils exploitent dans l'impunité. Robert Friedland, surnommé "Toxic Bob", possède les citoyennetés canadienne et étasunienne.

Il est parvenu à décrocher des contrats miniers de la Mongolie au Canada, à grand renfort de pots-de-vin et d'autres formes de corruption. Son investissement dans les guerres au Congo a été payant pour lui, mais a coûté la vie à des millions de Congolais.

Après avoir vu ce qui se dessinait derrière les manoeuvres répugnantes de M. Friedland, qui usait de pots-de-vin et de mensonges pour faire exproprier les habitants, le peuple mongol a manifesté et a brûlé l'effigie de M. Friedland sur la place publique. Mais le mécontentement du peuple mongol n'a pas arrêté M. Friedland. Pas plus que la position nationaliste de Laurent-Désiré Kabila, figure de proue, au Zaïre, de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération (AFDL) de 1996 à 1998.

M. Friedland ayant de solides appuis aux Etats-Unis et au Canada, ces deux pays l'ont aidé à truquer les élections nationales de 2008, en Mongolie, et à obtenir les droits d'exploitation de l'énorme gisement de cuivre et d'or d'Oyu Tolgoi, dans le désert de Gobi, tandis que Laurent-Désiré Kabila était assassiné et remplacé par un président plus malléable, Joseph Kabila, ce qui a permis à Adastra (AMFU) de mettre la main sur quelques-unes des concessions minières les plus lucratives du Congo.

Il s'agit de gisements de la ceinture cuprifère qui recèlent du cobalt, le gros lot tant convoité qui explique que le Canada ait appuyé Mobutu pendant plus de 30 ans. Les superalliages sont essentiels au développement du complexe militaro-spatio-cancéro-nucléaro-industriel et ne peuvent être fabriqués sans le cobalt du Congo.

Le citoyen britannique Tony Buckingham est lié à de nombreuses entreprises mercenaires actives en Ouganda, en République démocratique du Congo, au Sierra Leone et en Afrique du Sud, notamment la société Héritage et ses sociétés affiliées.

Pourtant, même si ces entreprises ont des liens qui crèvent les yeux avec des terroristes en Afrique, comme le demi-frère de Yoweri Museveni, le Général Salim Saleh, en Ouganda, personne n'en dit mot, ni dans les gouvernements occidentaux, ni m^meme aux Nations unies.

Les Canadiens Michael Hibberd et Gregory Tumbull siègent au conseil d'administration de la société Héritage, où l'on n'est pas surpris de trouver également le Général Sir Michael Wilkes, qui était encore récemment le directeur des forces spéciales britanniques. Heritage Oil, Hardman Resources et H and H oil & Gas sont littéralement complices de meurtres, mais s'en tirent sans une égratignure.

Le citoyen britannique Tony Buckingham est lié à de nombreuses entreprises mercenaires actives en Ouganda, en République démocratique du Congo, au Sierra Leone et en Afrique du Sud, notamment la société Héritage et ses sociétés affiliées.

Pourtant, même si ces entreprises ont des liens qui crèvent les yeux avec des terroristes en Afrique, comme le demi-frère de Yoweri Museveni, le Général Salim Saleh, en Ouganda, personne n'en dit mot, ni dans les gouvernements occidentaux, ni même aux Nations unies.

Les Canadiens Michael Hibberd et Gregory Tumbull siègent au conseil d'administration de la société Héritage, où l'on n'est pas surpris de trouver également le Général Sir Michael Wilkes, qui était encore récemment le directeur des forces spéciales britanniques.

Heritage Oil, Hardman Resources et H and H oil & Gas sont littéralement complices de meurtres, mais s'en tirent sans une égratignure. Dans le bassin de la rivière Semliki, de chaque côté de la frontière entre la RDC et l'Ouganda, les caïds mangeurs de pauvres, Yoweri Museveni et Joseph Kabila, leur ont concédé des gisements de pétrole qu'elles exploitent goulûment.

Depuis plus de 135 ans, les économies du pouvoir blanc pillent le Royaume du Congo et en éliminent la population. Pourtant, de premières incursions d'Henry Morton Stanley, vers 1880, jusqu'aux opérations militaires récentes de la Mission d'observation des Nations unies au Congo dans la province de l'Equateur (décembre 2009), on n'entend parler que de bonnes oeuvres de l'Occident : aide humanitaire et missions de maintien de la paix. Or, rien n'est plus faux, en dépit de ce que nous, les Blancs, pouvons croire à propos de notre bonté et de notre charité. L'enfer est bel et bien pavé de bonnes intentions.

Les complices de cette exploitation sont impliqués à divers degrés de forment une sorte de hiérarchie, à l'instar des degrés de conscience et de souffrance. Tandis qu'au Canada, les Premières Nations souffrent, et qu'on leur jette les restes dérisoires de l'exploitation du monde par l'Occident, le peuple congolais est soumis aux plus abominables souffrances, et les grands médias au service du capital tiennent ces souffrances loin des regards.

La question n'occupe pas les esprits des populations qui auraient le pouvoir de changer le sort des Congolais et qui, en Europe, aux Etats-Unis et au Canada, sont responsables de ce qui se passe. Cela suffit-il à expliquer que tant de gens parmi nous ne font rien pour aider le peuple congolais à se libérer du joug de l'impérialisme ?

Conscients de machinations issues, en Afrique, du capitalisme prédateur des temps modernes et du suprémacisme blanc, de nombreux Canadiens se sont néanmoins employés à les étaler au grand jour et méritent qu'on leur rende hommage.

Parmi eux se trouvent Phil Taylor, John Philpot et Christopher Black, trois avocats de la défense qui, à l'instar de nombre de leurs collègues, se sont dévoués sans compter pour dissiper les écrans de fumée créés par les médias propagandistes occidentaux et par la justice des vainqueurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Robin Philpot a démasqué les agresseurs, ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali, l'un des rares livres qui remet franchement en question le récit du génocide rwandais diffusé par l'establishment.

Ces nombreux Canadiens se sont faits défenseurs de la vérité. Ce sont des gens aussi extraordinaires que méconnus, comme Roxy Statish et Charles Boylan. Certains sont allés au Congo et d'autres non. Guidés par leur sens moral, ils refusent de se laisser séduire par les sirènes du capitalisme et de vendre leur âme à l'ignoble système de propagande.

LE ZAÏRE DE MOBUTU, UN ETAT EN DÉROUTE

Lorsque je suis arrivé au Zaïre, en 1991, cela faisait plus de 25 ans que le président Mobutu Sese seko était au pouvoir. Le pays était qualifié d'Etat en déroute, qu'un dictateur impitoyable avait conduit à la ruine. La vie y était rude.

Les infrastructures étaient en décomposition ou simplement inexistantes. J'ai rencontré des missionnaires étatsuniens de race blanche qui semblaient vivre confortablement dans la brousse, tandis que le citoyen zaïrois moyen manquait de tout : produits de base, services sociaux, transport, éducation et soins de santé.

Des gens se faisaient expulser de leur terre par des associations occidentales de conservation de la faune, en particulier le Fonds mondial pour la nature, le fonds Dian Fossey pour les gorilles et Wildlife Conservation Intenational. Qui eût cru que, quinze ans plus tard, je découvrirais que l'organisme de mon héroïne, le Jane Goodall Institute, agissait comme un commanditaire de la guerre en finançant directement l'une des milices sévissant dans les lointaines forêts de Walikale, au Nord-Kivu ?

J'étais allé au Zaïre pour voir les gorilles, mais j'y vécus une aventure et une épreuve que je souhaite ne jamais revivre. La vie des habitants du pays était cruelle et brève. L'endroit était aussi d'une beauté incroyable, à de nombreux égards, tout comme les gens eux-mêmes.

Sur la route boueuse, après avoir quitté Béni, je rencontrai une famille de paysans qui me soigna lorsque je tombai malade des suites d'une piqûre d'insecte qui s'était infectée, derrière une oreille. Pour la première fois de ma vie, je fus profondément touché de voir des gens faire preuve d'un profond d'un désintéressement, d'une bonté, d'un courage et d'une dignité inébranlables.

Alors qu'ils étaient parmi les plus pauvres de la terre, ils partagèrent le peu qu'ils avaient avec moi, un Etatsunien de race blanche, arrogant, inconscient et riche, qui traversait leur village et leur région en faisant du tourisme à vélo. Loin de me reprocher mon arrogance sans borne, la famille de Yafali kulu-kulu se montra d'une grande générosité.

En 1996, cette famille fut assassinée de sang-froid, du grand-père jusqu'aux nouveau-nés, par les troupes venues du Rwanda, qui en étaient à leur première invasion du Zaïre, avec l'appui de leurs parrains occidentaux. Voilà pourquoi je suis en train d'écrire au sujet du Congo.

Voilà pourquoi je suis en train d'écrire au sujet du Congo. Voilà pourquoi j'ai consacré plus de dix ans de ma vie à dénoncer la désinformation, la tromperie et le mensonge pur et simple entourant ce qui s'est passé en Afrique centrale et ce qui s'y passe encore. Voilà pourquoi l'auteur du présent livre m'a demandé d'en écrire la préface, lui qui vient du Congo et qui a vu le sang couler dans son pays.
BRAQUER LES PROJECTEURS SUR LES TIREURS DES FICELLES

Quelle que fût la situation au Zaïre lorsque j'y étais, en 1991, ce n'était rien comparativement à la souffrance, aux viols et au pillage qui ont ravagé le pays depuis ce temps. On n'a jamais vraiment braqué les projecteurs comme on le devrait sur les gens qui tirent les ficelles dans les guerres du Congo et qui appuyaient Mobutu. Toute l'époque Mobutu est résumée comme ceci : il était corrompu, son compte bancaire en Suisse était bien garni, il a causé la ruine du Zaïre, il est parti, et la page est tournée.

"Nous voulons travailler avec des gens qui pensent à l'avenir, a déclaré la secrétaire d'Etat Hillary Clinton au peuple congolais, lors de son passage à Kinshasa, en 2009, et non avec ceux qui ressassent le passé". Les intellectuels congolais en furent indignés. Que diraient les New Yorkais, écrirent les Congolais, si les responsables des attentats du 11 septembre 2001 débarquaient chez eux et leur disaient d'oublier le passé et de penser à l'avenir ?

Comment réagiraient les juifs si un chef nazi allemand leur conseillait d'oublier le passé et de penser à l'avenir ? Quelle élégance de la part de Mme Clinton ! Elle demande à un pays de tourner la page et d'oublier la responsabilité de son mari dans les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les actes génocidaires dont a souffert la population de ce pays.

N'est-ce pas encore plus élégant de sa part lorsqu'on sait qu'elle a des liens personnels avec le réseau tempelsman d'exploitation des diamants, qui manipule le Congo et élimine ses dirigeants depuis le temps de Patrice Lumumba ?

L'arrogance de Hillary Clinton n'a d'égal que sa sournoiserie : si elle s'est rendue à Kinshasa, c'est entre autres pour négocier avec Joseph Kabila, au nom du baron des diamants Maurice Tempelsman et de la société de Beers.

Rappelons-nous la menace infâme qu'a souvent brandie le colonel Joseph Mobutu. Maintenu au pouvoir pendant 312 années au cours desquelles il a servi bassement les intérêts de ses partenaires d'affaires blancs : "Après moi, le déluge", disait-il. Voilà que la prophétie s'est réalisée.

Le "coeur des ténèbres" fait toujours partie de notre imagination à nous, les Blancs, et de l'imaginaire de ceux qui sont contaminés par la mythologie qui nous rend aveugles et nous empêche de nous rendre compte que nous sommes complices d'un véritable massacre.

Les Noirs ne sont pas à l'abri de l'influence de cette mythologie, ce qui fait qu'il y en a beaucoup qui participent à la folie collective et aux économies de carnage qui font des ravages en Afrique et en minent les populations, derrière les paravents du développement, de l'aide humanitaire, de la conservation de la faune, du tourisme et du prétendu maintien de la paix.

Environ 10 millions de personnes sont mortes au Congo depuis 1996, et la raison est claire : les économies du pouvoir blanc ne veulent pas s'encombrer des sales nègres. Que ce soit au Congo, au Soudant, au Rwanda ou en Somalie, on applique la politique du dépeuplement pour le plus grand bien des actionnaires qui engrangent les profits.

Il faut que ça cesse. J'espère que vous lirez le présent livre. Après, vous pourrez faire des choix qui sont hors de portée de la responsabilité qui nous incombe, puis vous demander ce que vous pouvez faire, au lieu d'attendre que quelqu'un vous le dise. L'une des personnes qui m'ont le plus aidé à comprendre les problèmes engendrés par le suprémacisme blanc, le professeur Enoch Page, nous invite à nous questionner sur nos privilèges et notre statut.

Un jour, s'adressant à un groupe de Blancs à la conscience aiguë, qui avaient manifestement entrepris une démarche critique envers leur race et qui refusaient la destruction de la beauté du monde par le système capitaliste dont nous sommes les bénéficiaires, le professeur Page leur a demandé : "Seriez-vous prêts à sacrifier vos enfants pour sauver votre corps ?"

C'et en ces termes que se pose le problème du Congo. Le premier obstacle que vous devez franchir est celui de votre consommation de la propagande au service du capital.

Cette consommation est intrinsèquement liée à l'absence de gestes concrets pour appuyer le vrai journalisme indépendant. L'impunité est le pire des problèmes : personne n'est tenu responsable, car il y a beaucoup de monde parmi nous qui participent au carnage, que ce soient nos amis ou des personnes de notre famille. C'est dans la nature du capitalisme et du rêve américain. Et, c'est le plus gros des mensonges.

Un monde juste est possible. Qu'attendez-vous ? Combien de Congolais devront encore mourir avant que vous ne leviez le petit doigt pour les aider ? Combien de millions de personnes devront être exterminées au milieu des cris d'horreur qui montent du Congo avant qu'on commence à vous entendre murmurer votre indignation?

Keith Harmon Snow Massachusetts, Août 2010

tiré du Livre «Le Canada dans les guerres en Afrique» Centrale, Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par le Rwanda interposé, Edition "Le Nègre Editeur", mai 2012 Pages 9 - 27 (*) Les intertitres sont de la Rédaction


(*) Préfacé de l'ouvrage de Patrick Mbeko publié aux Editions "Le Nègre Editeur, Montréal, mai 2012
Written by: keith harmon snow