samedi 9 mars 2013

15 mars 2013 : Kinshasa – M23, l’accord de tous les dangers




Selon les échos en provenance de Kampala, le gouvernement congolais et la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars 2009) devraient finaliser un nouveau « deal politique» le vendredi 15 mars 2013.

En effet, les négociations entamées par les « frères ennemis » de Kinshasa et de Bunagana, semblaient se dérouler dans un climat d’incompréhension tel que le commun des Congolais croyait qu’elles allaient se terminer en queue de poisson.

Aussi, l’annonce soudaine d’un compromis autour de plusieurs questions non précisées clairement, telle celle de l’intégration des combattants du M23, jusqu’au grade de lieutenant, au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) fait frissonner de peur plus d’un compatriote.

Le temps de nouveaux infiltrés

D’aucuns semblent banaliser la présence, au sein de l’armée de la République, de criminels habitués à tuer des innocents, à piller nos ressources naturelles, à saboter nos infrastructures de base depuis plusieurs décennies, sous les labels successifs de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) et aujourd’hui, du M23 (Mouvement du 23 mars 2009). Simples soldats, sous-officiers ou officiers, ces infiltrés restent des dangers permanents pour la patrie, d’autant que parmi eux se recrutent des milliers de militaires et officiers rwandais.

Depuis 1996, année de création de la première rébellion congolaise truffée de combattants et officiers rwandais, ougandais, burundais, érythréens et autres, la République Démocratique du Congo est entrée dans un cercle vicieux d’alliances et trahisons aux conséquences désastreuses pour la défense et la sécurité nationales, la cohésion nationale, la réconciliation nationale, la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale, la vie socio-économique, la démocratie, les droits de l’homme, etc.

Beaucoup de Congolaises et de Congolais ont du mal à croire que le gouvernement congolais a décidé de verser une fois de plus, au compte des pertes et profits, des milliers de compatriotes morts, blessés, violés, pillés, sans abris à cause de la nouvelle et sale guerre déclenchée en mars-avril 2012 par le M23. Cette « force négative » est en passe de réussir, comme le CNDP, sa mutation comme « alliée » de Kinshasa grâce à l’Accord du 15 mars prochain.

Cette brèche militaire cache vraisemblablement d’autres. Il ne serait pas étonnant d’apprendre, dans les semaines et mois à venir, que le M23 attend la nomination de ses membres dans la territoriale, les entreprises du portefeuille, la diplomatie, les services spéciaux, etc.

La révolution de Palais a réussi

Le colonel Makenga, sujet rwandais diabolisé à mort sur la place de Kinshasa au lendemain du déclenchement de la nouvelle guerre de l’Est et surtout de f occupation de la ville de Goma, a réussi la révolution de Palais, en chassant Jean-Marie Runiga de Bunagana.

Les Congolais se trouvent aujourd’hui en face de « bons rebelles et « mauvais rebelles ». Les « bons rebelles » (M23 aile Makenga) sont ceux qui se disent prêts à déposer les armes et à se remettre sous la coupe des autorités de Kinshasa, comme en mars 2009, tandis que les « mauvais rebelles » (M23 aile Runiga) sont fichés comme pro-rwandais.

Croire que le colonel Makenga a rompu avec le Rwanda serait une grosse erreur de jugement de la part du pouvoir en place à Kinshasa. De l’avis de nombreux observateurs, le régime de Kigali a provoque volontairement la scission de sa rébellion afin de pouvoir placer, en douceur, des pions qui, à la moindre consigne, pourraient de nouveau faire très mal au Congo et aux Congolais.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’Accord en gestation pour le 15 mars 2013 devrait se révéler aussi nocif que celui du 23 mars 2009.

Kimp
Direct!cd

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