samedi 16 février 2013

Tshisekedi et Mobutu justifiant la pendaison publique de 3 ministres et ...

L’honneur perdu de l’«association culturelle» Buluba - i - Bukata (Balubakat)

Le président LD Kabila et son "fils biologique" et futur successeur "Joseph Kabila".


La télévision franco-allemande «Arte» a diffusé le 19 octobre dernier un documentaire - réalisé par Arnaud Zajtman et Marlène Rabaud - sur Antoine Vumilia. Qui est Antoine Vumilia ? Militant de l’opposition anti-mobutiste au Kivu, «Vumi», comme l’appèlent ses proches, a rejoint l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) dès le mois d’octobre 1996. Idéaliste, l’homme voyait en Laurent-Désiré Kabila un «révolutionnaire» capable de promouvoir le «Changement» à l’image de Che Guevara et autres Thomas Sankara. Promu «agent de renseignements» à la Présidence de la République au lendemain de la «libération» du 17 mai 1997, Antoine Vumilia fera partie des «30 condamnés à la peine capitale» à l’issue du procès sur l’assassinat de LD Kabila. Il s’est évadé, l’année dernière, de la Prison centrale de Makala où il a passé dix années de détention. Pour Vumilia qui a obtenu le statut de réfugié politique en Suède, «la libération du 17 mai 1997 n’était qu’une vaste escroquerie». Et que «pour conserver le pouvoir, les Katangais ont inventé la théorie du complot en accusant les Kivutiens d’avoir assassiné le président Kabila…».

«Conserver le pouvoir», les mots sont lâchés. Les Luba du Nord Katanga dits «Balubakats» seraient-ils prêts à hypothéquer l’intérêt national et l’avenir des 70 millions de Congolais dans le seul but de «conserver le pouvoir» que, selon eux, «Laurent-Désiré Kabila a conquis et légué à son fils biologique Joseph Kabila» ? C’est la question qu’on ne peut pas ne pas se poser après lecture de l’étrange correspondance que le président national de l’association dite socio-culturelle «Buluba-i-Bukata», l’autre appellation de Balubakat, a adressé, en date du 8 février dernier au président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Daniel Mulunda Ngoy Nyanga. Tous les deux appartiennent à la communauté tribale des Luba du Katanga.

Depuis la mort de Laurent-Désiré Kabila dans les circonstances non-élucidées à ce jour, il faut refuser de voir pour ne pas constater que les natifs du Katanga en général et les membres de la communauté tribale «Balubakat» en particulier sont, avec "Joseph Kabila" et sa fratrie, les grands bénéficiaires - pour ne pas dire les «grands profiteurs» - de cette disparition. Tels des vautours, les «Balubakats» ont transformé la dépouille de leur «frère» en une sorte de fond de commerce. Depuis ce mardi 16 janvier 2001, les bonzes de cette communauté n’ont guère lésiné sur les moyens jusqu’à falsifier l’Histoire. Objectif : conserver le pouvoir. Tout se passe comme dans une pièce de théâtre à plusieurs actes.

Premier acte : Inventer un prétendu testament que LD Kabila aurait laissé aux termes duquel il léguait le pouvoir suprême à son «fils biologique Joseph Kabila». Lancée par le colonel Eddy Kapend, cette allégation a été balayée par Gaétan Kakudji, alors ministre de l’Intérieur, lors du procès. C’est à croire que le Congo-Kinshasa est une république monarchique. Kabila est mort, vive Kabila !

Deuxième acte : Le procureur général de la République d’alors, Luhonge Kabinda Ngoy, met son expertise de haut magistrat au service de l’imposture en donnant un lieu de naissance fictif à «Joseph Kabila». Celui-ci est ainsi «né» à «Hewa Bora II». Une localité qui n’a jamais existé.

Troisième acte : Une mère putative, congolaise de souche, Sifa Mahanya, est attribuée au nouveau chef de l’Etat dont le parcours personnel reste nébuleux.

Quatrième acte : Un professeur d’université de Kinshasa écrit un ouvrage sur les «Quatre premiers présidents du Congo». Le « CV » du quatrième tient en trois paragraphes. Devinez de qui il s’agit? Etrange démarche de la part d’un «scientifique». Le même « prof » va plus loin en concevant un prétendu arbre généalogique de la famille de Mzee Kabila où son «héritier» figure en bonne place.

Cinquième et dernier acte : En guise de couronnement, le Grand chef coutumier des Balubakat, Kasongo Nyembo, annonce fin février 2005 que « Joseph Kabila » est un «Muluba du Katanga à 100%». Un cas sans précédent. Qui a osé impliquer cet homme respectable dans une farce tragi-comique? D’aucuns citent le Mukongo Abdoulaye Yerodia Ndombasi, alors vice-président de la République, sous le régime "1+4", pour le compte de la composante "gouvernement".

Douze années après la succession dynastique orchestrée par les Balubakats, un certain 26 janvier 2001, l’Etat congolais est loin de se porter mieux. C’est un euphémisme : les bandes armées nationales et étrangères font la loi dans la partie orientale du pays; les affaires congolaises sont regentées par certains pays voisins; la corruption dans les milieux dirigeants est devenue un sport national. Ceux-ci s’occupent de tout sauf des sujets qui préoccupent la population. La misère sociale crève les yeux. Au lieu de rassembler, les détenteurs du pouvoir d’Etat s’évertuent à diviser faisant l’éloge du tribalisme et le régionalisme. Incapable de se défendre par ses réalisations, "Joseph Kabila" et ses séïdes renforcent l’emprise sur l’Etat par une multitude des forces dites de sécurité.

La survie du Congo-Kinshasa en tant qu’Etat est gravement menacée. Elle est menacée par l’appétit vorace et égoïste de quelques inciviques prêts à pactiser avec le «diable» à la seule condition de préserver des intérêts tribaux voire corporatifs. En tous cas, le contenu de la lettre adressée à Mulunda par le président de l’«association-socio-culturelle» Buluba - i - Bukata érode l’honneur de cette organisation communautaire laquelle se présente désormais sous les traits hideux d’un groupe maffieux. Une sorte de pieuvre dont les tentacules s’étendent sur toutes les institutions nationales.

Reste que cette missive a le mérite de confirmer ce que la grande majorité des filles et fils de ce pays savent depuis le 26 janvier 2001. A savoir que le Congo dit démocratique est dirigé par un imposteur. Et ce par la volonté de tous ceux qui estiment que ce mystificateur constitue pour la communauté luba du Katanga «une mine d’or très précieuse» qu’il faut "protéger quelles que soient ses erreurs".

Il est désormais plus que clair que le Congo-Kinshasa doit affronter des ennemis non seulement externes mais aussi internes. Ces derniers sont plus coriaces. Cette lettre confirme enfin qu’il est illusoire d’escompter une quelconque alternance à la tête de l’Etat congolais par voie démocratique. Le Changement est-il impossible? Nullement! Il dépend de la capacité de la population congolaise à accepter de payer le prix...

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant

Pouvoir : Quand les Balubas du Katanga s’entredéchirent !


Daniel Mulunda Ngoy Nyanga.

Pour avoir fustigé «l’ingratitude» de «Joseph Kabila» devant quelques notables balubakats réunis, le mercredi 6 février, au bâtiment du 30 juin à Lubumbashi, Daniel Mulunda Ngoy Nyanga, ancien conseiller spirituel du « raïs » et président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), s’est fait houspiller par Nday Ngoy Matembo, le tout-puissant président national de l‘association socioculturelle Buluba - i – Bukata. Sur un air de «je te tiens, tu me tiens par la barbichette… », Nday use des menaces à peine voilées à l’encontre de Mulunda. On peut gager que la diffusion de ce document sur la toile ne peut profiter qu’au "pasteur"

«Je ne connais pas cette lettre !». L’homme qui parle s’appelle Nday Ngoy Matembo. Il est le président national de l’association socio-culturelle Buluba-i- Bukata (Balubakat). C’est la réponse qu’il a donnée à l’auteur de ces lignes qui l’a joint au téléphone à Lubumbashi, dans la matinée du mardi 12 février. La question était simple : confirme-t-il l’authenticité d’une correspondance qu’il aurait adressée à Daniel Mulunda Ngoy en date du 8 février 2013? Curieusement, le président Nday a répondu par la négation sans chercher à connaître le contenu de ladite missive. Bizarre !

De quoi s’agit-il ?

Depuis la tenue de l’élection présidentielle et des législatives du 28 novembre 2011, le tout-Kinshasa politique bruissait des rumeurs selon lesquelles le président de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), Daniel Mulunda Ngoy Nyanga, un proche parmi les proches de «Joseph Kabila», avait des «états d’âme». L’homme donnait à ses interlocuteurs l’impression de frôler la «neurasthénie». Et pour cause ? A l’intérieur comme à l’extérieur du pays, des voix se sont élevées pour chapitrer les tripatouillages ayant émaillé ces consultations politiques. Lors du XIVè sommet de la Francophonie, tenu en octobre dernier, à Kinshasa, le président français François Hollande est allé jusqu’à subordonner sa présence à des réformes structurelles à opérer au niveau de cette institution d’appui à la démocratie. Mulunda, le "gourou", se serait-il senti «lâché» par son «filleul spirituel» ?

«Ingratitude»

Mercredi 6 février, les Lushois vaquent tranquillement à leurs occupations. C’est le jour choisi par Mulunda pour organiser une rencontre avec des personnalités lubas du Katanga. Lieu : le bâtiment du 30 juin. Le «Pasteur Daniel» ne serait pas allé par le dos de la cuillère en clamant son amertume face à ce qu’il appelle «l’ingratitude» de «Joseph Kabila» à son égard. L’homme est resté néanmoins muet sur la nature du «service» qu’il aurait rendu au "raïs" et pour lequel il attendait une certaine «reconnaissance» voire une rétribution.

Informé, le président Nday Ngoy Matembo est littéralement tombé de sa chaise. Aussi, s’est-il empressé de prendre sa plus belle plume pour signifier à Mulunda «quelques observations». Dans une lettre n°30/PT/BIB/2013, datée du 8 février 2013, Nday d’alterner la douceur et la menace. «(…), vous êtes, note-t-il, un digne fils Luba, vous avez travaillé dans le cadre et à la tête de la Ceni pour conserver en famille le pouvoir suprême que Mzee Laurent-Désiré a conquis et légué à son fils biologique Joseph Kabila Kabange. (…), vous avez conduit le processus électoral à bon port en dépit de nombreuses difficultés rencontrées à la grande satisfaction de notre communauté de Buluba-i-Bukata à qui vous avez évité l’humiliation grâce à l’élection de Joseph Kabila Kabange. Le peuple luba tout entier vous restera à jamais reconnaissant.»

«Conclave»

Il n’est pas sans intérêt d’ouvrir la parenthèse pour rappeler ce «conclave» organisé début février 2011 à Kamina, District du Haut Lomami, dans la province du Katanga. Tous les bonzes balubakat étaient présents. C’est le cas notamment du gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu Mulongo, du «général» John Numbi Banza, des députés Jean Mbuyu et Vicky Katumwa, de Célestin Mbuyu Kabango alors ministre des Hydrocarbures, du président de l’Assemblée provinciale du Katanga Gabriel Kyungu wa Kumwanza et de l’actuel procureur général de la République (PGR) Flory Kabange Numbi. Sans omettre le sénateur Luhonge Kabinda Ngoy. Pour la petite histoire, celui-ci était PGR lors de l’investiture de «Joseph Kabila», un certain 26 janvier 2001. Ce haut magistrat ne s’est pas empêché de commettre un «faux public» dans le réquisitoire de prestation de serment qu’il a lu lors de cette cérémonie. «Attendu que l’examen par l’organe de loi du dossier personnel de Monsieur Joseph Kabila, général-major, révèle que ce dernier est Congolais d’origine, de père et de mère et qu’il est né à Hewa Bora II, Collectivité de Lulenge (…)», peut-on lire. Un seul point était à l’ordre du jour de cette rencontre : élaborer des stratégies pour assurer la victoire de «Joseph Kabila Kabange» au scrutin présidentiel. On ferme la parenthèse.

«Réparer la honte…»

Après avoir soufflé le chaud, le président Nday de souffler le froid en commençant par regretter que Mulunda ait préféré laver les linges sales non pas en famille mais dans un «cadre hétérogène du bâtiment du 30 juin». Il critique au passage le président de la Ceni d’escompter des «dividendes» pour un service rendu «dans l’intérêt de notre communauté». Et de poursuivre : «Le président Kabila est pour notre communauté une mine d’or très précieuse que nous devons tous protéger quelles que soient ses erreurs». Adoptant un ton comminatoire, Nday Ngoy lance : « Quid alors des accusations qui me parviennent de Kinshasa selon lesquelles vous avez abusé de vos pouvoirs en vous servant indûment de la caisse de la Ceni ? Certains députés accusent le président Joseph Kabila d’être trop large à votre endroit parce que, selon eux, votre place est en prison et non en liberté (…)». Le président Nday d’inviter le «serviteur de Dieu» qu’est le pasteur Daniel à «consolider le ministère de la réconciliation» en réparant «devant tout le monde la honte» qu’il a infligée à son «frère le président Kabila». Copie de cette correspondance a été adressée à Jean-Claude Masangu et célestin Mbuyu Kabango en leur qualité respective de délégué spécial de Buluba-i-Bukata et de président de cette association pour la ville de Kinshasa.

La lettre du président Nday Ngoy Matembo à Daniel Mulunda Ngoy laisse penser que le «coming out» de ce dernier a été ressenti dans la «Kabilie» comme un véritable coup de tonnerre. Rien d’étonnant. Mulunda n’est pas n’importe qui. Pour avoir fait les «quatre cent coups» avec «Joseph Kabila», l’homme sait beaucoup sur le «Congo libéré» de Kabila père et "fils". Présenté à LD Kabila en 1997, en Afrique du Sud, alors qu’il gravitait autour de l’évêque anglican Desmond Tutu, Mulunda n’a plus quitté le Mzee jusqu’à la «libération» du 17 mai 1997. En 1999, il se trouvait à Lubumbashi lorsque « Papa Kabila » lançait les Forces d’autodéfense populaires pour contrer les combattants du RCD appuyés par l’armée rwandaise. «Joseph Kabila» était également là en tant que chef d’état-major des Forces terrestres. Il en est de même d’un certain John Numbi Banza. A l’époque, des armes ont été distribuées sans discernement au Katanga. Kyungu Mutanga alias «Gédéon» et Tshinza-Tshinza en sont les conséquences.

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

En 2005, Daniel Mulunda - qui n’avait aucun titre officiel - lançait au Katanga l’opération dite «Arme contre bicyclette». Financée principalement par «Joseph Kabila», cette action aurait permis la récupération de 6.500 armes à feu. Le 2 juin 2006, le «pasteur Daniel» sommait la représentante d’alors de la Monuc au Katanga, la Colombienne Magda Gonzales, de quitter cette région dans un délai de quatre jours. Motif : la diplomate onusienne s’était inquiétée de la destination donnée aux armes et munitions recueillies. Mulunda, lui, prétendait que cette dame multipliait «des rapports mal intentionnés pour étouffer le travail» de son association «Parec». D’aucuns suspectent encore de nos jours le duo Mulunda-«Kabila» d’être le plus grand pourvoyeur en armes des bandes armées qui «bourgeonnent» dans les deux Kivu. La dernière en date est le M26 que dirigerait le Hutu du Masisi Eugène Serufuli

Les Balubas du Katanga commencent à s’entredéchirer. Depuis le 16 janvier 2001, cette communauté tribale impose une sorte d’omerta à la Sicilienne tant sur les circonstances exactes de la mort de LD Kabila que sur les origines et le parcours personnel de son successeur. Ces deux situations leur servent de "fonds de commerce" pour conserver le pouvoir d’Etat. Il semble bien que la zizanie ambiante s’étendrait au-delà du Nord Katanga. Selon des indiscrétions, le Mubemba Moïse Katumbi Chapwe, l’actuel gouverneur du Katanga, penserait de plus en plus «en se rasant» à l’élection présidentielle de 2016. L’homme serait sur le point de lancer son parti politique.

Revenons à la lettre de Nday Ngoy Matembo. Que conclure sinon que «Joseph Kabila» et Daniel Mulunda Ngoy Nyanga se tiennent désormais par la barbichette. Question : Qui dégainera le premier… ?

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant

"Joseph KABILA" doit démissionner : L'indice global de la faim pour la RDC s'est accru à 63 %

05/02/2013


Joseph KABILA - President sortant de RDC

Tous les indicateurs sont au rouge. Les respects des institutions spécialisées dans le domaine alimentaire font état de l'insécurité alimentaire qui frappe de plain pied la majeure partie de la population congolaise. Tenez.

Selon Multiplie Indicator Cluster Survey (MICS), 57,8 % de la population congolaise avait en 2010 une consommation alimentaire pauvre ou limitée. Le rapport de cette institution a été publié en 2010.

En décembre 2012, Integrated food security phase classification (IPC) a rendu public son rapport dans lequel il estime qu'il y a 6,4 millions de Congolais qui sont affectés par une crise alimentaire aigüe.

En 2011, selon l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFRI), la RDC comptait parmi les six pays au monde où la faim s'est empirée. Selon le rapport de cet institut, l'indice global de la faim pour la RDC s'est accru à 63 %.

En plus, les différentes enquêtes territoriales menées par l'Institut national de statistique (INS), le ministère de l'Agriculture en collaboration avec le PAM depuis juillet 2011 dans toutes les provinces révèlent que d'une manière générale une proportion importante des Congolais est confronté à une insécurité alimentaire sévère.

Les conséquences de l'insécurité alimentaire sont énormes : elle affecte la capacité cognitive de la population dans tous ses segments et réduit la productivité du travail autre le fait qu'elle touche à la constitution physique des personnes.

A Kinshasa, la manifestation de cette insécurité alimentaire s'observe au grand jour lors des manifestations festives : mariage, anniversaire, retrait de deuil, nomination,…

A ces différentes occasions, il faut voir comment les convives se servent pour se rendre compte que beaucoup de Kinois se nourrissent mal en famille. Certains ne se gênent pas d'emporter des vivres dans des sachets. A des manifestations où sont associés les jeunes délinquants, c'est simplement la catastrophe puisque pour se servir ils font recours à leurs muscles.

A l'intérieur du pays où beaucoup d'espaces verts sont encore inexploités, la situation est plus que dramatique. Ce qui est tout simplement incompréhensible. Là-bas, lorsqu'une personnalité arrive, elle est accueillie avec des cris : " Papa est arrivé, fini la faim ". (Papa ayé nzala esili). Les petits enfants souffrent à maints endroits de malnutrition caractérisés par le kwashiorkor.

Plusieurs causes peuvent justifier cette situation, notamment les conflits armés, l'insécurité, la pauvreté, l'enclavement lié au déficit d'infrastructures de transport, du manque d'accès au marché, la faible production agricole liée au manque d'encadrement.

Mais pour nous la plus importante de ces causes réside dans la culture de la paresse qui caractérise actuellement la jeunesse congolaise en âge de produire. Il n'est pas concevable que nos terres cultivables demeurent encore vierges alors que le pays dispose d'une jeunesse aux bras vigoureux capables de produire des tonnes et des tonnes de produits agricoles susceptibles de faire nourrir tous les Congolais et une partie des Africains.

Certes dans le passé, il y a eu des initiatives pour pousser les Congolais aux travaux agricoles. Nous citons à titre illustratif l'opération " Retroussons les manches ", Programme alimentaire minimum (PAM), Service national, et sais-je encore. Malheureusement tous ces projets n'ont pas donné des résultats escomptés. Au contraire la situation n'a fait que s'empirer.

Mais au lieu de prendre conscience du danger, les Congolais se plaisent à jouir. Dans nos villages et dans certains quartiers de nos villes, les gens se livrent à la consommation inconsidérée de l'alcool au lieu de s'adonner aux travaux champêtres, à l'élevage, à la pêche et autres travaux agricoles. Nous nous contentons de consommer les surgelés importés de l'extérieur au point où nos enfants mangeront difficilement les poissons produits localement et raffolent les chinchards qui ne contiennent pas beaucoup de matières nutritives.

Il est vrai que le gouvernement doit fournir de gros efforts pour allouer un budget conséquent au secteur agricole. Mais tant que le Congolais ne comprendra pas que tout s'obtient avant tout par le travail, nous n'allons pas avancer dans quelques domaines que ça soit. Car seul le travail apporte le vrai bonheur.

[Rombaut Ot.]
 © KongoTimes

RDC : LA LETTRE QUI FAIT SCANDALE





RAY LEMA & FREDY MASSAMBA DUO

RDC : commémoration de la 21e «Marche des chrétiens» sous haute surveillance

Kinshasa commémore la 21e «Marche des chrétiens», les forces de l'ordre sont sur le qui-vive.
Kinshasa commémore la 21e «Marche des chrétiens», les forces de l'ordre sont sur le qui-vive.
Radio Okapi/John Bompengo

Par RFI
 
A Kinshasa, on commémore ce samedi 16 février la «Marche des chrétiens». Il s’agit d’une manifestation pour la démocratie qui avait été réprimée dans le sang sous Mobutu en 1992. L’année dernière, le 20ème anniversaire avait donné lieu à des incidents à Kinshasa. Cette année, les forces de l’ordre sont à nouveau sur le qui-vive.

Comme l’année dernière, aucune manifestation sur la voie publique n’est autorisée ce samedi dans la capitale congolaise. Les autorités locales invoquent des raisons de sécurité. L’année dernière, pour le 20ème anniversaire de la Marche des chrétiens, les rassemblements avaient été dispersés sans ménagement à coups de grenades lacrymogènes jusque dans les églises.

Cette fois l’Eglise catholique n’appelle pas à manifester dans la rue pour réclamer la « vérité des urnes » mais simplement à des messes, des prières. La plupart des partis d’opposition demandent à leurs membres à suivre les mots d’ordre de l’Eglise, y compris l’UDPS, l'Union pour la démocratie et le progrès social, d’Etienne Tshisekedi.

Seules, les Forces acquises au changement, un groupement d’opposition radicale, appellent leurs militants à braver l’interdiction qu’elles considèrent illégale. De fait, depuis les élections de 2011, les manifestations de rue n’ont plus été tolérées dans la capitale congolaise.

Six mois de prison pour avoir enquêté dans un hôpital chinois à Kinshasa

14 février 2013


Après avoir enquête sur les pratiques d’un entrepreneur chinois, un journaliste kinois est condamné à six mois de prison ferme.

« Le pays veut une presse d’investigation… Nous l’avons fait. Le pays nous demande de résister à la corruption. Nous l’avons fait. Et nous sommes martyrisés pour avoir fait notre travail… »

Du fond de la prison de Makala, à Kinshasa, où il a entamé une grève de la faim, le journaliste Joachim Diana Gikupa interpelle ses confrères dans un message qu’il a réussi à faire parvenir à l’extérieur.

Ancien éditorialiste du quotidien « l’Avenir », collaborateur de DigitalCongo, ce journaliste connu et réputé travaillait depuis 2011 dans un journal indépendant, « la Colombe ». Il vient d’être condamné à six mois de prison ferme par le tribunal de paix de la Gombe pour « diffamation et imputations dommageables ».

Son crime ? Avoir mené, durant des mois, une enquête approfondie sur le fonctionnement d’un hôpital situé à la 1ere rue dans le quartier Limete et appartenant à un ressortissant chinois, Tian Sheng.

Interrogeant de nombreuses accouchées, mais aussi des agents et des cadres de l’hôpital, le journaliste avait fini par conclure que l’usage de la perfusion était systématique et probablement abusif, ainsi que la pratique de la césarienne et que le département gynécologie devait satisfaire à un « contrat de performance » et multiplier le nombre d’accouchements.

D’après l’enquête de Joaquim Diana, l’usage de solutés était systématiquement encouragé, afin d’écouler lesdits produits, fabriqués par le même hôpital. Poursuivant ses investigations, le journaliste découvre un conflit foncier et il apprend la fuite d’une ressortissante chinoise, employée de Tian Sheng.

Cette dernière révèle à la police des étrangers qu’à son arrivée son passeport a été confisqué et que comme d’autres agents chinois, elle est pratiquement séquestrée !

Les premières révélations de Joachim Diana provoquent la colère de Tian Sheng, qui envoie quatre personnes au siège de la rédaction et essaient de faire écrire, sous leur dictée, un autre article.

N’ayant pas obtenu gain de cause, la délégation exigera que les sources de l’article soient révélées. Convoqué au tribunal, le journaliste produit des preuves matérielles, des témoignages, la liste des agents travaillant dans l’hôpital chinois mais rien n’y fera : il sera condamné à six mois de prison ferme.

Défendant son confrère, le quotidien Le Potentiel assure que Joachim Dianan a été expédié en prison « pour s’être octroyé la liberté de dénoncer l’empoisonnement de Congolais par ce sujet chinois. »

Et le journal conclut que, puisqu’il s’agît en définitive de la santé des Congolais, « le tribunal aurait mieux fait d’enquêter, de prendre des mesures conservatoires… »

Le carnet de Colette Braeckman