dimanche 17 mars 2013

« L’heure est venue pour les africains de se prendre en charge » Patrick Mbeko

22. déc 2013

Plus de 50 ans après les indépendances africaines, il s’observe un phénomène nouveau.
De plus en plus de jeunes africains donnent corps aux idéaux et principes de ces leaders d’autrefois, proposant une expertise à la méticulosité irréprochable, des analyses hautement scientifiques et des argumentations pouvant défier celles des meilleurs experts ou pseudos-experts de l’Afrique.


Le Canada dans les guerres en Afrique centrale

« L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité ». Patrice Emery Lumumba

En cette fin d’année 2012, jambonews a eu l’honneur de recevoir Patrick Mbeko. Il fait parti de cette génération d’africains prophétisée par Lumumba, qui a pour souci de restituer sa part de vérité sur l’histoire de notre continent.

Dans cette interview sans concession et sans langue de bois, Patrick Mbeko nous dévoile le contenu de son livre « Le Canada dans les guerres en Afrique centrale » écrit en 2012.

Cet ouvrage est le résultat d’une enquête minutieuse sur l’une des plus grandes mafias internationales dans la région des Grands Lacs.

Y est dénoncé l’angélisme illusoire dont jouit le Canada qui grâce à son apparent statut de neutralité a participé de manière très active aux crimes les plus ignobles en Afrique centrale.

On y apprend par exemple comment le Canada a pris part à l’assassinat de Patrice Emery Lumumba ainsi que des chefs d’Etats rwandais et burundais en 1994, les présidents Habyarimana et Ntaryamira.

Le rôle néfaste des médias du nord dans les propagandes savamment orchestrées par les laboratoires occidentaux en période de guerre y est également exposé. On apprend notamment comment le Président Habyarimana avait été mis au pilori par ces médias bien avant qu’il ne soit assassiné.

Son argumentation s’appuie exclusivement sur les documents officiels de ces Etats incriminés ou ceux des institutions internationales parfois complices de ces forfaits presqu’essentiellement à but économique.

Patrick Mbeko nous révèle aussi l’existence de guerres sans merci parfois insoupçonnées entre Etats prédateurs, ici en l’occurrence entre les pays anglo-saxons secondés par la Belgique et les pays latins menés par la France toujours soucieuse de conserver sa sphère d’influence en Afrique centrale.

Tous les curieux de l’histoire de cette région trouveront satisfaction car chose rare, Patrick Mbeko expose les raisons pour lesquelles les américains continuent de privilégier le Rwanda pour leur sous-traitance dans cette région.

L’auteur affirme également que l’ethnie Banyamulenge n’a jamais existé au Congo, et s’appuie sur les déclarations de James Kabarebe actuel ministre de la défense du Rwanda à l’Université Libre de Kigali et ancien chef d’Etat-major… de la RDC.

La classe politique congolaise n’est pas non plus épargnée. Le premier ministre Matata y est décrit comme un « idiot utile », même le très respecté Etienne Tshisekedi en prend pour son grade.

Enfin l’auteur recommande aux africains de cesser de lire l’histoire à travers les canaux de la culture occidentale qui a tant falsifié la réalité africaine pour son propre compte, il conseille aux leaders d’opinions de s’adonner à l’éducation des masses et particulièrement à l’éducation aux choses essentielles afin d’initier réellement un réveil de conscience, préalable à toute vraie révolution.

Charis Basoko
Jambonews.net

Exclusif: Bosco Ntaganda tué?




Des sources autorisées rwandaises nous ont fait savoir que l’officier congolais recherché par la CPI se trouvait «quelque part dans la forêt congolaise, accompagné par certains des militaires qui lui étaient restés fidèles», tandis que Kinshasa accuse le Rwanda. Une version qui colle avec certaines hypothèses occidentales. L’homme serait-il simplement tué?

La Rédaction de Direct.cd reveillait il y a un mois la décision de Kigali d’ »éliminer » Bosco Ntaganda, recherché par la CPI. Ajourd’hui, les informations selon lesquelles le général Bosco Ntaganda, vaincu par les forces de son rival Sultani Makenga, commandant militaire des forces rebelles du M23 aurait traversé la frontière du Rwanda ont été formellement démenties à Kigali.

Des sources autorisées rwandaises nous ont fait savoir que l’officier congolais se trouvait « quelque part dans la forêt congolaise, accompagné par certains des militaires qui lui étaient restés fidèles ».

Cette version des faits confirme certaines hypothèses, de source occidentale, selon lesquelles Bosco Ntaganda aurait trouvé refuge dans le parc naturel des Virunga, d’où il tenterait de gagner Walikale afin de faire sa jonction avec le groupe armé congolais Sheka.

Cependant, selon des informations recueillies à Goma, dans des milieux indépendants des officiels congolais (qui pourraient avoir intérêt à accuser le Rwanda d’abriter un homme recherché par la justice internationale), il se confirme que le général Sultani Makenga était plus fort que Bosco, qu’il disposait de plus d’hommes et de plus d’armement et que, lors des combats de Kibumba, ses forces avaient réussi à prendre le contrôle des collines contrôlant la localité.

En outre, soutenant les négociations de Kampala engagées avec une délégation gouvernementale congolaise, il souhaitait ramener ses hommes dans les rangs des FARDC, à condition que soient respectées les dispositions de l’accord de paix de 2009.

Après de très violents affrontements entre les deux factions du M23, le général Bosco, qui voulait se battre jusqu’au bout, dut reconnaître sa défaite, manquant d’hommes et de munitions.

Après avoir subi de lourdes pertes (plus de 150 tués) plusieurs centaines de ses hommes prirent la direction du Masisi, espérant se fondre ensuite dans la forêt tropicale du côté de Walikale.

Quant à lui, il se serait présenté vendredi après midi déjà à la frontière rwandaise où il a été officiellement refoulé.

Il se serait alors replié vers le volcan Karisimbi et c’est de là que, le samedi matin, il a réussi à gagner le Rwanda par un passage peu contrôlé.

Cette arrivée très discrète s’est peut-être opérée à l’insu des officiels rwandais absorbés, à Gisenyi, par l’accueil et le dispatching des généraux Ngaruye et Zimurinda (aussitôt hospitalisé) et plus de 150 blessés, ce qui peut expliquer le démenti de Kigali.

De toutes manières, le général Bosco Ntaganda représente désormais une personnalité très embarrassante pour tous les chefs d’Etat de la région : il est visé par un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, accusé de nombreux crimes de guerre.

Ayant guerroyé dans l’Ituri où il commandait les forces de Thomas Lubanga (aujourd’hui détenu à la Haye) il rallia ensuite le général tutsi congolais Laurent Nkunda qu’il remplaça, en 2009, à la tête du CNDP (Conseil national pour la défense du peule) et il devint le chef militaire le plus important du Kivu.

Début 2012, des négociations étaient en cours entre Kigali et Kinshasa pour lui retirer ses fonctions, le faire comparaître devant la justice congolaise et lui éviter la publicité de la justice internationale. Ces négociations ayant échoué après la disparition du député Katumba Mwanke, très influent auprès du président Kabila, la guerre reprit au Kivu, avec les conséquences que l’on sait…

Direct!cd

Cameroun : Ce pasteur qui délivrait ses fidèles par des rapports sexuels


Cameroun - le 15 mars 2013 - Un pasteur a été mis aux arrêts après que sa fille de 13 ans et plusieurs autres de ses jeunes fidèles du même âge ont confié à la police que l’homme de Dieu couchait régulièrement avec elles en prétendant les exorciser des démons.

Le pasteur Adrien Mbena Ndomo de l’église d’évangélique du réveil dans le département de Mbam et Inoubou au centre du Cameroun est en prison, accusé de pédophilie et de viol sur mineures.

En effet, ce jeune pasteur, qui vivait seul avec sa fille âgée de 13 ans avait pour habitude de se livrer avec elle à des séances « spéciales » d’exorcisme. Le père répétait à l’adolescente en classe de cm1, qu’elle était possédée par plusieurs démons et la seule manière pour elle d’être délivrée était de coucher avec lui.

Le manège a finalement été découvert lorsque la naïve jeune fille fière d’avoir été enfin délivrée s’est confiée à sa mère en lui racontant toutes les séances d’exorcisme pratiquées par son père. L’homme a été aussitôt mis aux arrêts.

Plusieurs adolescentes de la même tranche d’age que sa fille, toutes fidèles de son église, ont elles aussi révélé avoir été des victimes du pasteur.

Nanita
Koaci Info

Runiga au Rwanda: « J’ai préféré sauver ma vie »




Des centaines de combattants du Mouvement du 23 mars (M23) venus de l’Est de la République démocratique du Congo ont trouvé refuge au Rwanda voisin, fuyant les combats avec une faction rivale de la rébellion fidèle au général Sultani Makenga.

Des centaines de combattants du Mouvement du 23 mars (M23) venus de l’Est de la République démocratique du Congo ont trouvé refuge au Rwanda voisin, fuyant les combats avec une faction rivale de la rébellion fidèle au général Sultani Makenga.

« Environ 600 combattants » fuyant les combats entre rebelles du M23 ont traversé la frontière dans la nuit de vendredi et sont arrivés dans le « Nord-Ouest du Rwanda », où ils ont été désarmés, a annoncé dans un communiqué le gouvernement rwandais.

Ce chiffre a été confirmé à l’AFP par le colonel Séraphin Mirindi, l’un des cadres militaires du M23 en fuite, précisant que « 640 soldats » de ce groupe avaient fui au Rwanda dans la nuit de vendredi à samedi.

Plusieurs officiers figurent parmi ces réfugiés, dont Jean-Marie Runiga, le président politique du M23, déchu par les proches du chef militaire Sultani Makenga.

« Je suis ici car la situation sur le terrain s’était dégradée (…). J’ai préféré sauver ma vie », a déclaré M. Runiga dans le camp de transit de Nkamira, au cours d’un entretien avec la presse organisé par les autorités rwandaises.

« Tant que je suis ici, je ne peux pas faire de politique. (…) Pour le moment je suis ici car je sais que je peux y trouver un asile », a-t-il expliqué.

« On s’est battu et on s’est retrouvé ici à cause du manque de munitions. (…) C’est un repli technique pour faire soigner nos blessés et mettre fin à la guerre entre frères », a justifié pour sa part le colonel Baudouin Ngaruye, l’un des chefs militaires de l’aile Runiga.

Depuis la signature le 24 février d’un accord-cadre de l’ONU pour la pacification de l’Est congolais, signé par onze pays africains, des combats ont opposé dans la province du Nord-Kivu les factions pro-Makenga et les pro-Runiga, les deux principales composantes du M23.

A la base de la scission: un chapelet d’accusations. Makenga accuse Runiga de soutenir le général en fuite Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI). Runiga a accusé Makenga d’avoir pactisé avec le chef de l’Etat, Joseph Kabila, pour « torpiller » des pourparlers de paix en cours à Kampala.

Après une brève accalmie, les combats ont repris le 9 mars aux alentours de la base militaire de Rumangabo, fief du général Makenga, et de Kibumba, nouveau quartier-général de Jean-Marie Runiga. Ces affrontements ont poussé près 12.000 personnes à quitter leurs maisons et villages, selon l’ONU.

Les combats de ces derniers jours, violents, ont permis aux fidèles du général Makenga de « mettre hors d’état de nuire l’ensemble du groupe d’indisciplinés », et de prendre le contrôle de « tout l’étendue de l’espace investi par les malfrats ».

Cette offensive a également eu pour conséquence le retour dans les rangs du M23 pro-Makenga « d’une vingtaine d’officiers et des plusieurs centaines » de soldats du groupe rival.

Face à la débâcle des pro-Runiga, les « Makengistes » ont donc annoncé la « fin des opérations militaires », dont l’un des objectifs affichés était notamment la capture du général Bosco Ntaganda pour le transférer à la CPI. Ils n’ont donné samedi aucune information sur le sort de Ntaganda.

Satisfaits mais frustrés, les pro-Makenga ont regretté que « certains officiers, soldats et cadres politiques » de la faction rivale ont fait le choix de « s’exiler au Rwanda voisin ou de se réfugier » auprès de la Mission de l’ONU (Monusco).

Le groupe a lancé « un appel vibrant » pour que ces rebelles en fuite « regagnent le mouvement, où des mesures exceptionnelles ont été prises pour les accueillir, garantir leur sécurité et poursuivre ensemble la lutte (…) ».

L’armée gouvernementale congolaise combat le M23 depuis mai 2012 dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Ce groupe rebelle, majoritairement tutsi rwandophone, réclame entre autres la pleine application de l’accord du 23 mars 2009 sur la réintégration de ces hommes dans l’armée.

Des experts de l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda voisins de le soutenir, ce que ces deux pays réfutent. Depuis décembre, de laborieux pourparlers de paix sont en cours à Kampala, capitale de l’Ouganda, médiateur de la crise pour la région des Grands Lacs.


Elimination physique de Seti YALE : Le clan SBK fait peur à « Joseph KABILA »

16/03/2013


Seti YALE

Après les pressions faites par l’Honorable Henri Thomas Lokondo, un autre membre du clan « SBK », ainsi que les notables de la Province de l’Equateur pour la déchéance du Gouverneur Jean Claude Baende.

Le duo Louis Koyagialo-Aubin Minaku a convaincu J. Kabila dans une réunion secrète à Kingakati de l’élimination du Chef du clan SBK, Seti Yale, avant l’élection d’un nouveau gouverneur dans la province du Marechal Mobutu.

Louis Kayagiolo a argumenté en démontrant le rôle jouait par le clan « SBK » dans les élections du gouverneur dans la province du Bas Congo et Province orientale. Equateur étant une province très stratégique dans la partie Ouest de la RDC, les lieutenants du Raïs, après multiples réflexions et face au risque de voir cette province entre les mains de ce fameux clan. Ces derniers ont pris la décision fatale, l’élimination physique de SETI YALE.

En effet, le clan SBK (Seti-Bemba-Kengo) donnerait des insomnies à J. Kabila. A travers leurs pions, placés au Bas-Congo et Province Orientale, ce groupe des mulâtres marcherait sur les champs pétroliers du Raïs. J

acques Mbadu, ancien condamné à mort du régime de l’AFDL, voudrait à tout prix obtenir les droits de la province dans l’exploitation du brut de Moanda et celui du plateau continental.

De l’autre coté, Jean Bamanisa, ami à l’époque de la 2ème république avec le général Kikunda, ancien PDG de la RVA. Jean Bamanisa, patron de la société « BAJE », spécialisé dans le nettoyage des bâtiments, serait l’enfant chéri du clan SBK.

Le général Kikunda, Léon Kengo Wa Dondo, ancien premier ministre et le sécurocrate de cœur de Mobutu, Seti Yale donnaient régulièrement à la société BAJE, le marché de nettoyage et de l’application des nouvelles couches de peintures dans les bâtiments publics.

Le chouchou des mulâtres est devenu aujourd’hui gouverneur dans une province pétrolière sur laquelle les occidentaux n’arrêtent pas de fixer leurs regards, cela dérange le régime.

Voila pourquoi J. Kabila a peur de voir ce clan récupérer une fois de plus la province de l’Equateur.

D’où il faut prendre le taureau par les cornes, en neutralisant son Chef. Pendant qu’ils seront en deuil, il en profiterait pour placer son pion, Louis Koyagiolo dans la province du Marechal.

2016 donne déjà ses couleurs, le PPRD veut le contrôle de l’impérium, le MSR cherche à contrôle l’administration, le clan SBK rêve les ressources pétrolières et énergétiques. La bataille sera longue et populaire, mais à qui le prochain tour ?

[Yves Kongolo]
 © KongoTimes

Côte d'Ivoire: la dure loi des vainqueurs

Mardi 26 Février 2013

Après Gbagbo, tout devait être rose. Hélas, à lire les 80 pages du rapport que publie aujourd’hui Amnesty International sur l’état des droits de l’homme, deux ans après la fin de la crise post électorale, il y a loin de la coupe aux lèvres. La preuve par les faits.



Le titre du rapport est terrible « La loi des vainqueurs », le contenu accablant : deux ans après la fin de la crise post-électorale et ses 3000 morts, dont une majorité de civils, les droits de l’homme n’ont guère progressé en Côte d’Ivoire. Détentions arbitraires, exécutions sommaires, tortures, harcèlements et exactions de tous ordres y demeurent monnaie courante.

Mais cette fois au détriment des populations et ethnies soupçonnées de sympathie pour l’ancien président Laurent Gbagbo. A plusieurs reprises, Amnesty International comme d’autres organisations humanitaires avaient déjà tiré la sonnette d’alarme et mis en garde le président Alassane Ouattara contre les dérives de ses forces de sécurité et de certaines milices supplétives, notamment dans l’ouest du pays.

A l’issue d’une mission d’un mois étalée entre septembre et octobre 2012, l’ONG dresse un long réquisitoire, nourri de plusieurs dizaines de témoignages, direct et indirects, illustrant le climat de terreur que font régner les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), l’appellation donnée aux ex Forces armées des forces nouvelles (FAFN) de Guillaume Soro, l’actuel Premier ministre, allié d’Alassane Ouattara dans la conquête du pouvoir.

Pour mémoire rappelons qu’après leur tentative de coup d’Etat de 2002 ayant abouti à la partition de fait du territoire ivoirien, les ex rebelles du Nord (les FAFN et les « commandants de zone» de sinistre réputation) ont toujours été dans la mire de nombreuses ONG et de l’ONU, déjà tenus pour responsables de nombreux crimes contre l’humanité.

Une fois installé dans le fauteuil de la présidence, avec l’aide militaire décisive de la France, Ouattara s’était engagé à instaurer un état de droit et, autant que faire se peut, à rechercher par tous les moyens la voie de la réconciliation nationale. En clair, ce que d’autres, avec plus ou moins de succès et de conviction, ont tenté dans d’autres points du globe, en particulier l’Afrique du sud pour ne pas la citer.

Amnesty met d’ailleurs une de ses promesses en exergue du rapport : « Il n’y aura aucune discrimination, aucun favoritisme, pas d’acharnement non plus à l’égard de qui que ce soit. Le drame de ce pays a été l’impunité. Je veux y mettre fin. C’est par une justice équitable que nous y parviendrons. »

Promesse méritoire…mais non tenue, ô combien. Tout en reconnaissant en préambule, que la Côte d’Ivoire est confrontée « aux difficultés typiques des Etats qui sortent d’une crise grave et qu’elle a été visée par des attaques armées », Amnesty n’a pu que constater la généralisation de « la logique de vengeance et la perpétuation de l’impunité. »

Pour le moins grave, si l’on peut dire, elle a abouti au maintien en détention sans jugement de nombreuses personnalités proches de Laurent Gbagbo mais aussi à l’arrestation de responsables du Front populaire ivoirien (FPI), la formation de l’ancien président, à l’étranger mais aussi à l’intérieur des frontières.

C’est notamment le cas de Laurent Akoun, le secrétaire général du FPI, condamné, entre autres, à six mois d’emprisonnement ferme pour « trouble à l’ordre public » alors que cet enseignant s’est clairement prononcé contre tout recours à la violence. Amnesty le considère « comme un prisonnier d’opinion et demande sa libération immédiate et inconditionnelle. »

Pour l’avocat de Simone Gbagbo, Me Rodrigue Dadjé, c’est l’atteinte à la « sureté de l’Etat » qui a été invoquée pour justifier son arrestation par la DST à sa descente d’avion à Abidjan puis trois mois d’incarcération avant une mise en liberté provisoire.

D’innombrables Ivoiriens semblent avoir subi le même arbitraire sur le seul critère d’un patronyme « sudiste » (ethnies pro Gbagbo), d’opinions politiques imprudemment affichées ou simplement supputées en faveur de l’ancien président.

Avant d’affronter des « procédures judiciaires dilatoires qui ne respectent pas les normes internationales d’équité », ils sont le plus souvent confrontés à la brutalité partiale des FRCI et de la police militaire (PM), laquelle a été crée le 19 décembre 2011 avec comme mission officielle de lutter « contre le banditisme, les abus et autres exactions, exercés par des individus armés ou en tenue contre les populations sur toute l’étendue du territoire. »

En réalité ces deux entités se sont substituées aux classiques forces de polices et de gendarmerie, qui, coupables d’avoir participé à l’appareil répressif de Laurent Gbagbo, se retrouvent marginalisées et souvent désarmées par le nouveau régime.

Cette situation entretient un climat de tensions, de divisions et de ressentiment tant au sein de l’appareil sécuritaire que de la population. D’autant note Amnesty que la police militaire « a très vite outrepassé ses pouvoirs en s’octroyant le droit de détenir et d’interroger des militaires mais aussi des civils, alors même que le texte portant création de cet organe n’accorde pas à celui-ci un pouvoir de détention. »

Exécutions sommaires, destructions de biens et pillages...

Le pouvoir quasiment sans limite des FRCI et de la police militaire s’est déchainé contre les populations civiles tout au long de l’année 2012 au prétexte « de la vague d’attentats ayant ciblé des objectifs militaires et stratégiques. »

Au passage l’ONG se montre très prudente sur l’identité des auteurs des attaques contre diverses positions de l’armée, des postes frontière, une centrale thermique ou encore le camp militaire d’Akouédo à Abidjan, la prison de Dabou ou, à Port-Bouët, deux commissariats de police et un poste de gendarmerie.

Des miliciens et des anciens militaires des Forces de défense et de sécurité (FDS) pro-Gbagbo? C’est évidemment la thèse des autorités qui pointent du doigt les nostalgiques de l’ancien régime réfugiés au Libéria, à l’ouest et au Ghana, à l’est.

Mais, relève Amnesty, il faut peut être aussi y voir l’œuvre « d’éléments isolés qui avaient rejoints les forces armées soutenant Alassane Ouattara dans les derniers temps de la crise électorale », déçus de ne pas avoir été payés en retour.

Reste donc qu’au nom de la sécurité, une répression aveugle et sans pitié s’est abattue sur de nombreux Ivoiriens, interpellés, « sans aucun mandat d’arrêt et à toute heure du jour et de la nuit, à leur domicile, dans des lieux publics ou sur leur lieu de travail. » La plupart ont été détenus, longuement et en toute illégalité, inculpés, « souvent sur la base d’aveux extorqués sous la torture. »

Dans la longue liste des humiliations subies durant leur détention, des simulacres de noyade, d’exécutions, des « brûlures au plastic fondu », des coups incessants et variés, l’usage régulier de la « gégène. »

Parmi les nombreux témoignages recueillis par Amnesty voici celui d’un policier arrêté en août 2012 à San Pedro, le grand port cacaotier et relatif au sort d’un de ses collègues : « Serge Hervé Kribié a été remis aux FRCI. Il a été déshabillé, attaché à un poteau électrique et de l’eau a été versée sur lui. Puis il a reçu des décharges électriques. Moi j’étais allongé sur la dalle et je me suis penché pour voir. Il criait, il a évoqué ses enfants…Il poussait des cris atroces. Après cela, un de ceux qui donnaient des ordres a demandé en dioula (terme générique désignant les ethnies et dialectes des populations du Nord, supposées majoritairement favorables à Alassane Ouattara)

« Est qu’il est mort ? S’il est mort, on va attacher ses pieds pour le jeter dans la lagune » J’ai vu qu’on lui faisait des massages cardiaques. On ne l’a plus entendu. Quelques jours après, un militaire que je connais m’a informé que notre collègue était décédé le jour même de son arrestation. »

De nombreux détenus ont été libérés contre le versement d’une rançon par la famille. D’autres ont payé mais sont restés incarcérés. Et Amnesty de conclure ; « aucun des auteurs des violations et atteintes très graves aux droits humains décrites dans le présent rapport n’a été traduit en justice ni même relevé de ses fonctions. »

Mais c’est peut-être dans l’ouest du pays, que le pire a été commis. L’instabilité comme le rappelle Amnesty n’y date pas d’aujourd’hui, entretenue tout à la fois par la chaos qui a longtemps régné dans le Libéria voisin et les tensions intercommunautaires dues à la poussée migratoire des dioulas du nord venus travailler dans les plantations.

Perçus par les autochtones comme des « envahisseurs » puis des agents des ex-rebelles qui avaient pris le contrôle du nord du pays après 2002, ces immigrés de l’intérieur ont subi la loi de diverses milices locales auxquelles que le régime de Laurent Gbagbo a quelquefois prêté main forte.

Pendant des années, souligne l’ONG « toutes les parties au conflit ont participé à des attaques contre des villes et des villages de l’ouest du pays, tuant des civils et recourant au viol et à l’esclavage sexuel comme arme de guerre. Elles ont toutes également recruté de force des civils, notamment des réfugiés libériens, y compris des garçons et des jeunes filles de moins de dix-huit ans. »

L’offensive des rebelles alliés d’Alassane Ouattara en mars-avril 2011 a inversé le rapport de force et a été marqué par des massacres à grande échelle dans la région de Duekoué.

De véritables « crimes de guerre et crimes contre l’humanité » selon Amnesty et l’ONU, restés totalement impunis, ignorés pour l’heure tant par les autorités ivoiriennes que par la Cour pénale internationale (CPI) qui s’est contentée de réclamer le seul Laurent Gbagbo.

La défaite de ce dernier n’a pourtant marqué la fin des troubles dans la région et à l’issue de deux séjours sur place à l’automne 2012 les délégués d’Amnesty ont fait état de nombreuses « exécutions sommaires, destructions de biens et pillages dans les villages de Diehiba, Guehibly, Guitrozon, Guezon et dans les quartiers de Carrefour et Togueï dans la ville de Duekoué », les victimes étant principalement des membres de l’ethnie guérée.

Dans la plupart des cas, les auteurs de ces exactions appartenaient aux FRCI et à la confrérie des dozos, des de chasseurs traditionnels, présents dans plusieurs pays de la sous-région.

Encore des crises politiques à venir ?

Après avoir protégé les dioulas en butte aux milices pro-Gbagbo, les dozos ont activement participé à l’offensive rebelle, et une fois la victoire acquise, se rendant responsables non seulement d’un rançonnement systématique des populations mais surtout de « graves atteintes aux droits humains (…), d’homicides délibérés qui ont ciblé des personnes souvent uniquement en raison de leur appartenance ethnique. »

Pour Amnesty, « l’existence d’une étroite coopération et coordination entre les Dozos et les FRCI (notamment dans le cadre de nombreuses opérations conjointes) » ne fait aucun doute.

Elle s’est tristement illustrée le 20 juillet 2012 dans l’attaque et la destruction d’un camp de près de 45000 personnes déplacées à la suite de la crise post électorale, à Nahibly, à quatre 4 kilomètres de Duékoué.

La présence avérée de criminels à l’intérieur du camp y a été le prétexte d’une chasse à l’homme organisée par les Dozos, avec l’aide d’éléments FRCI et une foule de plusieurs centaines de dioulas, « armés de machettes, de fusils, de bâtons épais avec des clous et d’autres armes. »

Commencée vers huit heures du matin, l’attaque, selon Amnesty, s’est soldée par au moins « 14 personnes tuées auxquelles il faut ajouter un nombre inconnu de personnes victimes de disparitions forcées après avoir été arrêtées par les Dozos ou les FRCI. » Les autorités elles ont retenu un bilan inférieur (7 morts), le 31ème rapport périodique du Secrétaire général de l’ONU évoquant pour sa part 11 personnes tuées, 56 blessés et le camp détruit.

Au-delà de la polémique sur les chiffres, les multiples témoignages décrivent un climat de terreur qui rappelle les pires moments de la guerre civile de 2011. Voici celui d’une survivante : « Nous étions sous notre tente quand nous avons appris que le site était encerclé et que le portail avait été défoncé. Le feu a été mis aux bâches, une épaisse fumée se dégageait.

Les FRCI et les Dozos m’ont dit que les femmes allaient être épargnées. J’ai assisté à la mort de deux personnes. L’une a été tuée avec une hache par un Dozo. L’autre l’a été par les FRCI. Il a reçu une balle et est tombé. » Plusieurs des victimes ont été brûlées vives. Bien que le procureur de Man soit chargé d’une enquête, à ce jour celle-ci n’a donné débouché sur aucune poursuite.

L’attaque a mis également en évidence l’impuissance des forces de l’ ONUCI (la mission de l’Onu en Côte d’ivoire) dont le représentant à Abidjan Bert Koenders a précisé qu’elle n’était pas chargée de la protection du camp.

Explication à moitié convaincante pour l’ONG, visiblement indignée par l’attitude de certains soldats ( en l’occurrence marocains et pakistanais) qui ont repoussé les populations implorant leur aide et les ont littéralement abandonnées à leurs agresseurs. »

Qu’en restera-t-il ? Rien de très bon selon Ivan Simonovic, sous-secrétaire général des Nations Unies, chargé des droits de l’Homme. « L’incident tragique survenu au camp de Nahibly me rappelle des scènes de Duekoué lors de ma dernière visite en 2011.

Les victimes de ces crimes attendent toujours que justice soit faite. Une telle impunité, l’incapacité à tenir les auteurs de ces crimes atroces responsables crée un risque grâce de violence continue. »

L’appréciation générale que porte Amnesty sur la situation actuelle n’est guère plus optimiste. Avec une Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation » « inerte », un appareil judiciaire « affaibli et manquant d’indépendance», ignorant superbement les crimes que sont le viol et les disparitions, « l’avenir de la Côte d’Ivoire risque d’être marqué par des crises politiques successives où les espoirs de réconciliation ne cesseront de s’amenuiser. »

Une douloureuse piqure de rappel pour tous ceux convaincus, ou feignant de l’être, que la chute de Laurent Gbagbo ouvrait forcément une ère nouvelle.

« Circulez, il n'y a rien à voir... »

La mission de la délégation d’Amnesty n’a apparemment pas été de tout repos. Si l’ONG reconnaît bien volontiers avoir pu travailler « en toute liberté et toute confidentialité dans les lieux de détention qu’elle a été autorisée à visiter, l’organisation n’a pas eu accès à tous les lieux de détention. »

Au Génie militaire des détenus ont disparu lors de sa présence et des menaces exercées sur ceux qu’elle a pu interroger. Plusieurs responsables de la sécurité, y compris les ministres de l’Intérieur et de la Défense ont accepté de s’entretenir avec ses délégués.

Et c’est le ministre de la Justice qui a répondu au rapport. En résumé : « Tous les efforts déployés par l’Etat dans le sens d’un cadre apaisé en Côte d’Ivoire méritent d’être signalés et félicités. » Ou si l’on préfère : « Circulez, il n’y a rien à voir… »

M23 : "Une guerre par procuration"

le 16/03/2013


Le chef d’une des factions voit la main de Kinshasa dans la scission de la rébellion du Nord-Kivu.
Congo-Kinshasa

Alors que les combats entre factions au sein de la rébellion du M23 se poursuivent, au Nord-Kivu, sans que soit clair qui l’emporte, "La Libre Belgique" a interrogé un des deux camps, celui de Jean-Marie Runiga - chef politique du M23 jusqu’à la scission - sur ce qui se passe à Kampala.

C’est dans la capitale ougandaise, en effet, que des négociations entre la rébellion et le gouvernement de Kinshasa avaient été ouvertes en décembre, sur pression internationale et en échange du retrait du M23 de Goma.

Selon Jean-Marie Runiga, que nous avons interviewé, les négociations "vont reprendre" : le facilitateur des négociations, le ministre ougandais de la Défense Crispus Kyonga, "a reçu François Rucogoza", négociateur en chef du M23 uni, qui appartient au M23-Runiga.

"C’est nous que la CIRGL (Conférence internationale sur la Région des Grands lacs, qui patronne les négociations) reconnaît comme représentants du M23. La délégation du Mécanisme conjoint de vérification élargi (organe d’observation militaire créé par la CIRGL) m’a dit la même chose."

"Manipulation"

Selon les informations obtenues par "La Libre Belgique", il semble que l’autre faction, le M23-Makenga (du nom de son chef militaire), affirme lui aussi être reconnu par la facilitation - qui ne se prononce pas officiellement. Et rien ne confirme, pour l’instant, que les négociations soient sur le point de reprendre.

Jean-Marie Runiga admet que la position de la rébellion est affaiblie par ses divisions. Selon lui, "en réalité, Kinshasa nous mène une guerre par procuration, au moyen de Makenga, qu’elle a corrompu".

Comment espérer faire entendre les revendications d’une rébellion affaiblie ? "Les Congolais savent que tout ça, c’est une manipulation de Kinshasa", croit savoir M. Runiga. Et de s’impatienter des "blocages créés par Kinshasa" aux négociations, qui ont à peine avancé en trois mois.

Le gouvernement congolais, explique-t-il, "veut torpiller les négociations. Il s’est rendu compte que l’accord d’Addis Abeba ne lui est pas favorable puisqu’il l’oblige à des réformes, à la construction d’infrastructures, etc. Alors il utilise Makenga.

Kinshasa a l’argent pour corrompre, mais pas pour développer le pays", accuse M. Runiga. Selon cet accord d’Addis Abeba, les pays de la région s’engageaient à ne plus aider de rébellion et appelaient Kinshasa à "s’attaquer avec sincérité aux réels problèmes de droit, de justice, de développement" au Kivu.

Une guerre de clans

Le conseiller politique de M. Runiga, Salomon Baravuga, ajoute qu’en outre "le M23 a toujours été divisé en pro-Nkunda et pro-Bosco, une opposition qui reflète la rivalité entre ressortissants de Rutshuru et ceux de Masisi. C’est une guerre de clans tutsis pour l’influence sur le Nord-Kivu.

Ceux de Masisi se voient comme des intellectuels, tandis que ceux de Rutshuru seraient peu éclairés." Tout en reconnaissant que les deux factions ont, dans leurs rangs, "des gens qui n’ont aucun avenir parce qu’ils sont accusés de crimes" de guerre ou contre l’humanité, M. Baravuga estime que la faction Runiga est moins dépendante de ces personnes que la faction Makenga.

"Si Joseph Kabila fait une alliance avec Sultani Makenga, il ne pourra pas l’arrêter. Pour nous c’est plus facile : nos militaires compromis savent qu’ils ne seront pas intégrés dans les institutions", contrairement à ce que demande Makenga : l’amnistie pour lui et ses hommes et leur réintégration dans l’armée.

Lalibre.be

RDC : les membres du M23 fidèles à Runiga se réfugient au Rwanda


Jean-Marie Runiga, le 17 octobre 2012 à Bunaganan.
AFP PHOTO / Junior D.Kannah

Par RFI
Le gouvernement du Rwanda a annoncé ce samedi 16 mars 2013 que la faction du M23 fidèle à Jean-Marie Runiga, l’ancien chef politique du mouvement rebelle congolais récemment limogé, s’était enfuie en territoire rwandais.

Ce nouveau développement survient alors qu’un accord était censé être trouvé, ce vendredi à Kampala, entre le gouvernement congolais et le M23, maintenant divisé en deux camps (celui de Runiga et celui du général Sultani Makenga) qui se sont affrontés ces derniers jours dans l’est de la RDC.

Selon la ministre rwandaise des Affaires étrangères, ils seraient 600 à avoir passé la frontière ce samedi 16 mars au matin. Un simple communiqué, mais un voyage de presse a été organisé pour présenter ceux qui ont donc trouvé refuge au Rwanda.

Il s'agit de l'essentiel des leaders du M23 tendance Runiga. Ces rebelles disent avoir été désarmés à leur arrivée au Rwanda, s'être repliés pour pouvoir apporter des soins à leurs 150 blessés, qu'ils ont d’ailleurs ramenés avec eux, et surtout avoir manqué de munitions pour combattre l'autre faction, celle dirigée par Sultani Makenga.

Ils accusent toujours ce dernier d'être de mèche avec le gouvernement congolais et les FDLR, les rebelles hutus rwandais. « Nous sommes arrivés ici à cause de nos frères qui voulaient nous vendre à Kabila », a même affirmé l'un d'eux.

Bosco Ntaganda n’était pas là

Ils s'exprimaient donc assez librement face à la presse, avec les soldats assis autour d'eux, dans une localité située à une trentaine de kilomètres au nord de Gisényi.

Quant à Bosco Ntaganda, dont Jean-Marie Runiga est réputé proche, il n'était pas parmi eux. Jean-Marie Runiga a d'ailleurs toujours démenti tout lien avec celui qui est toujours recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.

Celui-ci aurait trouvé refuge dans le parc des Virunga avec ses escortes, dont on ne connaît pas le nombre. Il est très difficile de progresser dans ce parc, que les FDLR contrôlent en partie.

Ntaganda chercherait à rejoindre le Masisi en contournant le volcan Nyiragongo. C'est ce qui se disait en tout cas dans son entourage depuis plusieurs jours.

En débandade, une faction du M23 se réfugie au Rwanda

16 mars 2013


S’agît-il d’un tournant dans la guerre à l’Est du Congo ou d’un nouveau leurre ? Une fraction du mouvement rebelle du M23, considérée comme l’aile dure, a franchi samedi matin la frontière du Rwanda à la hauteur de Goma.

Une soixantaine d’hommes de troupes ont été publiquement désarmés avant d’être acheminés dans des camps militaires rwandais, à Kibumba entre autres. Cette débandade avait été précédée de combats très violents du côté de Kibumba, où les hommes de Bosco ont enregistré 150 tués et ceux de Makenga une cinquantaine.

Quant aux officiers, ils ont été accueillis par leurs homologues rwandais : les colonels Ngaruye, Rwagati, Badege, Muhirwe, Karagwa, Nyabirungu ont été envoyés à Gisenyi par l’armée rwandaise ; deux autres officiers se sont rendus entre les mains de la Monusco dans le village de Kararuchinyia.

Le général Zimurinda, grievement blessé (sa mort avait déjà été annoncée) a été transporté vers Kigali. Les cadres politiques du mouvement, dont le pasteur Runiga, le chef politique du mouvement, ainsi que MM Canisius, Rwemesha, Gafishi ont également gagné le Rwanda.

Runiga aurait été accueilli par le général Gatama, chef des forces spéciales de l’armée rwandaise qui a collaboré à son exfiltration.

Même si plusieurs des officiers en fuite sont accusés de massacres et de crimes de guerre et si le pasteur Runiga est frappé par des sanctions internationales, dont l’interdiction de voyager, c’est évidemment le sort du général Bosco Ntaganda qui suscite l’intérêt général.

Il apparaît que, cerné par les hommes de son adversaire Makenga et à court de munitions, Bosco Ntaganda, lâché par ses troupes et ses lieutenants, aurait envoyé vers Masisi et Walikale une centaine de ses hommes.

Trois cent mille dollars auraient été offerts aux groupes hutus de la région afin qu’ils ouvrent un couloir permettant aux partisans de Bosco de rejoindre leur allié Sheka, le chef de l’un des groupes armés congolais.

Alors que des sources occidentales assurent que le général en fuite aurait cherché refuge dans le parc naturel des Virunga et tenterait de gagner Walikale, où il pourrait créer un nouveau maquis dans la forêt dense et deviendrait à nouveau insaisissable, de très bonnes sources congolaises décryptent cette « manœuvre de diversion » et démentent que Bosco soit resté en territoire congolais.

Nos informateurs assurent que « tôt le matin, les officiels rwandais à Gisenyi avaient assuré une grande publicité au franchissement de la frontière par les rebelles. Mais renonçant à gagner son fief du Masisi, le général Bosco a lui aussi fini par traverser la frontière samedi vers 10 heures du matin, franchissant le poste de Kabuhanga, plus discret que Goma. »

C’est au lendemain de la signature de l’accord cadre d’Addis Abeba que le M23 s’était scindé en deux factions antagonistes, qui depuis lors se battent férocement : la première, dirigée par le général Makenga, et rassemblant la majorité des troupes, était généralement considérée comme plus ouverte à un accord avec Kinshasa tandis que la deuxième, avec à sa tête le pasteur Runiga et, dans les coulisses, le général Bosco Ntaganga, présentait, lors des négociations de Kampala, des revendications plus larges, d’ordre politique et souhaitait visiblement reprendre les hostilités.

Cette intransigeance pouvait s’expliquer par les ambitions politiques du pasteur Runiga, mais aussi par le jusqu’auboutisme d’officiers visés par un mandat d’arrêt international et ne pouvant plus guère espérer leur réintégration dans les forces gouvernementales.

Les combats sur le terrain, les dénonciations et destitutions réciproques, les divergences de stratégie avaient rendu impossibles les négociations de Kampala : après avoir demandé au médiateur ougandais de déterminer quel était l’interlocuteur valable, le chef des négociateurs congolais, l’abbé Malu Malu, avait décidé de jeter l’éponge et de regagner Kinshasa ce week end.

Face à l’implosion du M23, Kinshasa redoute un nouveau coup fourré : en effet, le gros des troupes rebelles, en plus d’une centaine de partisans de Bosco ralliés en dernière minute à Makenga, serait «sauvé » et candidat à une nouvelle intégration dans l’armée congolaise tandis que le « noyau dur », politiquement embarrassant, aurait été isolé sinon sacrifié.

Kinshasa examine dès à présent la possibilité de réintégrer les hommes de troupe, à condition qu’ils n’aient pas commis de crimes de guerre, et songe à les disperser dans d’autres provinces. Quant aux officiers comme Makenga, il paraît peu probable, au vu de la pression internationale, qu’ils puissent bénéficier de mesures d’amnistie, même si leur revirement a permis l’implosion du groupe rebelle.

Par ailleurs, Kinshasa se tourne désormais vers le Rwanda, demandant à Kigali d’arrêter et de livrer les officiers mutins se trouvant sur son territoire. L’un des points de l’accord cadre d’Addis Abeba, signé par onze chefs d’Etat de la région, dont le président Kagame, prévoit en effet d’interdire tout soutien à des forces rebelles originaires de pays voisins.

Signataire de l’accord d’Addis Abeba, membre et bientôt président du Conseil de Sécurité, le Rwanda ne pourra vraisemblablement que se conformer au droit international et arrêter des officiers qui furent durant longtemps ses hommes de main sur le terrain et sont responsables de nombreux massacres.

Cependant, beaucoup doutent que le général Bosco Ntaganda soit jamais arrêté et livré : celui que les habitants du Nord Kivu et de l’Ituri appelaient « Terminator » et dont les Américains ont mis la tête à prix est probablement dépositaire de trop de secrets, auteur de trop de crimes, pour jamais finir devant un tribunal.

Le carnet de Colette Braeckman

Bosco Ntaganda, recherché par la CPI, est passé au Rwanda



Le général déchu Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), a quitté samedi l'est de la République démocratique du Congo pour se rendre au Rwanda voisin, a indiqué dimanche le gouvernement de RDC.

Le général mutin a traversé hier (samedi) et il est au Rwanda aujourd'hui, a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

Rebelle devenu général de l'armée de RDC, puis radié, Bosco Ntaganda, 41 ans, fait l'objet de deux mandats d'arrêts de la CPI pour des crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans les régions de l'Ituri (nord-est de la RDC) et du Kivu au début des années 2000.

Selon le porte-parole du gouvernement, il a traversé la frontière en même temps que des centaines de combattants d'une faction de la rébellion congolaise du Mouvement du 23 mars (M23), faction qu'il est accusé de diriger.

Lambert Mende a appelé le Rwanda à ne pas accueillir le général Ntaganda, en vertu d'un accord-cadre pour ramener la paix dans la région des Grands Lacs signé à Addis Abeba en février par onze pays.

Parmi ces onze pays figurent la RDC ainsi que que le Rwanda et l'Ouganda voisins, accusés par des experts de l'ONU de soutenir le M23, ce qu'ils démentent.

Il y a un engagement clair: pas d'asile, pas d'accueil aux criminels recherchés par la justice internationale, pas d'accueil à ceux qui sont sous sanction des Nations Unies. (...) Nous attendons de voir comment Kigali va exécuter ses engagements, a déclaré Lambert Mende.

Bosco Ntaganda a été intégré dans l'armée après un accord de paix signé en 2009 entre Kinshasa et la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dont il était chef d'état-major. Il a ensuite fait défection et est accusé depuis par le gouvernement d'être à la tête du M23 - qu'il a toujours démenti.

L'armée combat depuis mai 2012 le M23 dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Ce groupe armé, l'un des nombreux de la région, est surtout constitué d'ex-rebelles du CNDP, qui estiment que l'accord de 2009 n'a pas été bien appliqué.

En novembre, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait estimé que Bosco Ntaganda était l'un des principaux instigateurs de linstabilité qui prévaut sur l'ensemble de la région des Grands Lacs et qu'il fallait l'arrêter impérativement.
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Kinshasa, 17/03/2013 (AFP / MCN, via mediacongo.net)

Exclusif: Runiga arrêté, Ntaganda en fuite




Les événements se sont accélérés dans le conflit qui oppose les deux factions rivales du M23. Son ancien président, Jean-Marie Runiga, a été arrêté au Rwanda. Bosco Ntaganda serait toujours en fuite dans le parc des Virunga avec une trentaine d’hommes.

Dans la guerre intestine qui fait rage entre les courants de la rébellion M23, les partisans de Sultani Makenga ont pris l’ascendant sur le général Bosco Ntaganda. Les pro-Makenga contrôlent désormais de la localité de Kibumba (à 30 km de Goma), obligeant les proches de Ntaganda à fuir vers le Rwanda voisin.

L’ancien responsable politique du M23 destitué par Sultani Makenga, Jean-Marie Runiga, a été arrêté au Rwanda. Baudouin Ngaruye, un proche de Ntaganda et de Runiga a été « désarmé » à la frontière rwandaise.

Il aurait affirmé n’avoir « aucun lien avec Ntangada », recherché par la Cour pénal internationale (CPI). Le Lieutenant-colonel Muhire a également été arrêté à Gisenyi, au Rwanda. Concernant, Bosco Ntaganda, peu d’informations fiables sont actuellement disponibles.

L’attaque de Kibumba par les troupes de Makenga, l’a obligé à fuir dans le parc des Virunga, avec 200 de ses hommes. L’aile Makenga affirme que Ntaganda ne disposerait plus "que d’une trentaine de militaires".

Le colonel Innocent Zimurinda serait toujours aux côtés de Bosco Ntaganda dans sa fuite.


Seti Yale est décédé samedi à Bruxelles

Samedi 16 mars 2013


L’ancien conseiller spécial du maréchal Mobutu Sese Seko en matière de sécurité Jean Seti Yale (métis, à gauche sur la photo) est décédé samedi 16 mars à 6h00 (5h00 TU) à Bruxelles (Belgique), a appris lepotentielonline.com de sources concordantes, sans autre indication.

« Oui, depuis 6h00 à Bruxelles », a confirmé l’une d’elles en réponse à la question « c’est vrai qu’il est mort ? ».

« Très discret, très efficace »

De son vivant, Jean Seti Yale, né le 21 juillet 1943 dans le secteur de Yakoma, territoire du même nom dans le district du Nord-Ubangi (Equateur), a été « un homme très discret mais très efficace aux côtés du président de la République », témoignent ceux qui l’ont connu.

A près des études primaires et secondaires chez les pères Scheutistes et les Capucins à Molegbe, Seti a rejoint l’Université Lovanium à Kinshasa, d’où il est sorti licencié en sociologie de la faculté des Sciences sociales en 1969.

Sur le campus, il avait été membre du « parlement » des étudiants et de l’Association générale des étudiants de Lovanium (A.G.E.L.).

Angelo Mobateli
Le Potentiel