"La période couverte par le présent rapport, de mars 1993 à juin 2003, constitue probablement l’un des chapitres les plus tragiques de l’histoire récente de la République démocratique du Congo. Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, de guerres et de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions, de personnes", indique le "Rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo", notamment dans l'Est du pays, par les groupes armés rebelles et les forces armées étrangères déployés dans la région. Le document, élaboré par le Haut commissariat aux Droits de l'Homme de l'Onu et issu d'enquêtes menées sur place après la découverte de trois fosses communes au Nord-Kivu fin 2005, soutient que "les attaques apparemment systématiques et généralisées décrites dans le présent rapport, ayant ciblé de très nombreux réfugiés hutu rwandais ainsi que des membres de la population civile hutu et causé leur mort, révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide" commis par les forces armées rwandaises. Les épisodes mentionnés dans le rapport se seraient en effet produits dans les localités où l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (Afdl) et l'Armée Patriotique Rwandaise (Apr, armée nationale rwandaise de 1994 à 2002) étaient actives. Les experts de l'Onu font état de 617 cas de violences et de graves crimes commis entre 1993 et 2003 au Congo et plus précisément pendant la période entre les deux guerres de 1996-1998 et de 1998-2001. L'Ouganda est également mise en cause, notamment dans le cadre de la mise hors d'usage des turbines du barrage d'Inga "privant Kinshasa et une bonne partie de la province du Bas-Congo de leur principale source d’électricité pendant près de trois semaines (…) et entraînant la mort d’un nombre indéterminé de civils, notamment des enfants et des malades dans les hôpitaux". L'armée du Burundi est quant à elle accusée d'avoir participé fin 1996, en collaboration avec des groupes rebelles rwandais et congolais, au massacre de centaines de civils, des réfugiés pour la plupart, dont certains brûlés vifs, tandis que les forces armées angolaises "procédaient systématiquement à une opération de ratissage et exécutaient tous ceux qu’elles soupçonnaient de collusion avec leurs ennemis". De son côté, l'armée tchadienne est accusée d'avoir brûlé 55 habitations de Boyasegbakole le 9 janvier 1999. Enfin, le bombardement de Kinshasa par les forces armées du Zimbabwe en août 1998 pourrait être qualifié de "crime de guerre" considérant le grand nombre de civils morts sous les décombres. [CO] | ||
lundi 4 octobre 2010
1993-2003: RAPPORT DE L'ONU SUR 10 ANS DE VIOLENCES ET DE CRIMES DE GUERRE Justice et Droits de l'Homme, Standard
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