Joseph Kabila
«Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu’elle a pu causer», disait Goethe dans un des ses maximes. Les faits sont têtus. Le rapport du Haut commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies (HCDH) sur les meurtres, viols et pillages commis sur le territoire zaïro-congolais de 1993 à 2003 vient tordre le cou à près de deux décennies d’imposture. Deux décennies de manipulation voire d’auto-manipulation.
Arrêtons-nous sur la période 1996-1998. En parcourant les extraits publiés dans le quotidien français «Le Monde» daté du vendredi 27 août, on peut lire notamment que «les attaques systématiques et généralisées [contre des Hutu réfugiés en RDC] révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide». Le journal d’ajouter : «Les faits imputés à l’armée patriotique rwandaise (APR) remontent à la première guerre (1996-1998) en République démocratique du Congo. (…). L’offensive militaire est menée sous couvert de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une coalition créée à Kigali en octobre 1996».
En vertu du principe dit de la territorialité de la loi, la justice congolaise est en droit d’exiger l’obtention de ce document de 600 pages pour ouvrir une information judiciaire sur des allégations faisant état des faits criminels commis sur le territoire de la RD Congo. Hélas, phagocyté par le pouvoir politique, l’appareil judiciaire de ce pays a les pieds et les poings liés. Et dans sa configuration actuelle, il ne dispose ni de la volonté, encore moins de moyens pour se saisir d’office. C’est bien dommage !
En tous cas, le rapport du HCDH donne un éclairage nouveau non seulement sur l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) mais surtout sur les avatars de ce mouvement qualifié jadis de «conglomérat d’aventuriers» par le président LD Kabila. Pour ceux qui avaient encore des doutes, il est désormais clair que l’AFDL n’a jamais un mouvement de libération stricto sensu. Cette organisation n’a été qu’un subterfuge monté de toutes pièces par l’homme fort du Rwanda et ses conseillers anglo-saxons pour «camoufler» une entreprise criminelle, l’agression du territoire zaïro-congolais par les armées régulières du Burundi, de l’Ouganda et du Rwanda. La présence des Congolais à la «tête» de cette «Alliance» devait servir d’alibi aux gouvernements de ces pays décidés à traquer leurs «rebelles» respectifs. Le Rwanda de Paul Kagame est donc l’initiateur de ce que des Congolais nomment, avec candeur, la «guerre de libération» ou la «guerre des Banyamulenge». Question : André Kisase Ngandu, premier chef militaire de l’AFDL, a-t-il été assassiné pour s’être opposé aux brimades infligées à la population en général et aux réfugiés Hutu rwandais en particulier?
Le rapport du HCDH éclaire d’un jour nouveau les avatars de l’AFDL. Quels sont ces avatars ? Il y a d’abord Joseph Kabila. Celui-ci a été l’aide de camp du «commandant James» (l’actuel ministre rwandais de la Défense James Kabarebe) sur le «Front nord». Lorsque les troupes de l’armée patriotique rwandaise ont fait leur entrée à Kisangani le 15 mars 1997 sous la bannière de l’AFDL, «Joseph» était à la tête du contingent. Aucun Congolais de souche n’a été associé aux opérations militaires. Certains essayistes soutiennent que l’actuel chef d’Etat congolais jouait le rôle de «responsable du Front nord» lors du massacre des réfugiés Hutu notamment dans la Province Orientale. Joseph Kabila est-il un officier de l’armée patriotique rwandaise? Les kabilistes auraient tort de répondre comme à l’accoutumée que «le chien aboie la caravane passe». Kabila est-il un agent du Rwanda infiltré en RD Congo avec pour mission de maintenir le grand voisin Congo dans un état d’instabilité permanente avec la complicité vénale de quelques filles et files du pays ?
Il est en effet troublant de constater la mollesse que Kabila affiche à l’Est par rapport à la «main de fer» brandie à l’Ouest. Le chef d’Etat congolais paraît impuissant face aux groupes armés qui fleurissent dans les deux provinces du Kivu et dans la Province Orientale. Les meurtres et les viols le laissent impassible. Etrange. Et pourtant. Au Bas-Congo, des adeptes du mouvement religieux «Bundu dia Kongo», rebaptisé «Bundu dia Mayala», ont été massacrés en 2007 et 2008 par des forces dites de sécurité sous prétexte de «rétablir l’autorité de l’Etat». A l’Equateur, des bataillons entiers de la police et de l’armée ont été déployés pour écraser les «combattants Enyele». Joseph Kabila a demandé aux autorités brazzavilloises l’extradition du fameux Udjani présenté comme étant le chef de la rébellion née à Dongo. L’opinion congolaise constate l’impuissance du même Kabila a articulé la même exigence auprès des dirigeants rwandais afin d’obtenir l’extradition du président du CNDP, Laurent Nkunda Mihigo.
Joseph Kabila n’est pas l’unique avatar de l’AFDL. Il y a aussi le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie). A l’instar de l’AFDL, le RCD a été créé à Kigali par les dirigeants rwandais. Par le truchement du dialogue inter congolais - qui a mis fin à cinq années de guerre opposant plusieurs armées africaines sur le sol congolais -, le Rwanda de Paul Kagame, sous couvert du RCD, a pu placer ses hommes-liges dans tous les grands corps de l’Etat : gouvernement central et provincial, parlement, haute administration, commandement de région militaire, chef d’état-major chargé des opérations, entreprises et organismes publics etc. Affublés de l’étiquette «Banyamulenge», ces hommes et femmes à la loyauté discutable, occupent encore des postes importants malgré la fin du régime «1+4». La RD Congo est un pays occupé par le Rwanda de Paul Kagame. Les Congolais le savent. Ceux qui tirent profit de cette situation inadmissible laissent faire. Les autres, c’est-à-dire la grande majorité de la population, regardent sans réagir.
Le rapport du HCDH met à nu le caractère criminel des régimes au pouvoir à Kampala, Kigali et Kinshasa. Depuis l’arrivée de Joseph Kabila à la tête de l’Etat, les ressources naturelles du pays sont pillées. Les exécutions extrajudiciaires camouflées en crimes crapuleux ne se comptent plus. Trois mois après l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya Bahizire, aucune inculpation n’a été prononcée par les magistrats instructeurs de l’auditorat militaire. Fidèle Bazana, lui, n’a jamais été revu. Les deux hommes ont disparu après avoir répondu à un rendez-vous avec l’inspecteur général de la police nationale. C’était le 1er juin dernier. Comment ne pas conclure à l’implication de la plus haute autorité du pays dans cet homicide ?
On ne le dira jamais assez : Joseph Kabila est un imposteur. A preuve, son C.V élude toute mention sur son parcours professionnel en général et sur le service militaire qu’il a effectué dans l’armée tanzanienne en tant que citoyen de ce pays autant que son passage dans l’armée patriotique rwandaise en particulier. Les Congolais devraient commencer par ne plus le reconnaître en tant chef d’Etat. A défaut de mettre fin à cette imposture par la force des armes, les citoyens doivent se constituer en groupe de pression en écrivant au Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi individuellement aux Etats membres. L’objectif est d’obtenir la mise en place d’un Tribunal pénal international sur les crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis au Congo-Kinshasa, à l’instar de la Sierra Leone. Il s’agit de déférer ces malfaiteurs qui nous gouvernent devant les instances judiciaires internationales. Utopique? L’avenir le dira.
Par Baudouin Amba Wetshi (congoindependant.com
Arrêtons-nous sur la période 1996-1998. En parcourant les extraits publiés dans le quotidien français «Le Monde» daté du vendredi 27 août, on peut lire notamment que «les attaques systématiques et généralisées [contre des Hutu réfugiés en RDC] révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide». Le journal d’ajouter : «Les faits imputés à l’armée patriotique rwandaise (APR) remontent à la première guerre (1996-1998) en République démocratique du Congo. (…). L’offensive militaire est menée sous couvert de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une coalition créée à Kigali en octobre 1996».
En vertu du principe dit de la territorialité de la loi, la justice congolaise est en droit d’exiger l’obtention de ce document de 600 pages pour ouvrir une information judiciaire sur des allégations faisant état des faits criminels commis sur le territoire de la RD Congo. Hélas, phagocyté par le pouvoir politique, l’appareil judiciaire de ce pays a les pieds et les poings liés. Et dans sa configuration actuelle, il ne dispose ni de la volonté, encore moins de moyens pour se saisir d’office. C’est bien dommage !
En tous cas, le rapport du HCDH donne un éclairage nouveau non seulement sur l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) mais surtout sur les avatars de ce mouvement qualifié jadis de «conglomérat d’aventuriers» par le président LD Kabila. Pour ceux qui avaient encore des doutes, il est désormais clair que l’AFDL n’a jamais un mouvement de libération stricto sensu. Cette organisation n’a été qu’un subterfuge monté de toutes pièces par l’homme fort du Rwanda et ses conseillers anglo-saxons pour «camoufler» une entreprise criminelle, l’agression du territoire zaïro-congolais par les armées régulières du Burundi, de l’Ouganda et du Rwanda. La présence des Congolais à la «tête» de cette «Alliance» devait servir d’alibi aux gouvernements de ces pays décidés à traquer leurs «rebelles» respectifs. Le Rwanda de Paul Kagame est donc l’initiateur de ce que des Congolais nomment, avec candeur, la «guerre de libération» ou la «guerre des Banyamulenge». Question : André Kisase Ngandu, premier chef militaire de l’AFDL, a-t-il été assassiné pour s’être opposé aux brimades infligées à la population en général et aux réfugiés Hutu rwandais en particulier?
Le rapport du HCDH éclaire d’un jour nouveau les avatars de l’AFDL. Quels sont ces avatars ? Il y a d’abord Joseph Kabila. Celui-ci a été l’aide de camp du «commandant James» (l’actuel ministre rwandais de la Défense James Kabarebe) sur le «Front nord». Lorsque les troupes de l’armée patriotique rwandaise ont fait leur entrée à Kisangani le 15 mars 1997 sous la bannière de l’AFDL, «Joseph» était à la tête du contingent. Aucun Congolais de souche n’a été associé aux opérations militaires. Certains essayistes soutiennent que l’actuel chef d’Etat congolais jouait le rôle de «responsable du Front nord» lors du massacre des réfugiés Hutu notamment dans la Province Orientale. Joseph Kabila est-il un officier de l’armée patriotique rwandaise? Les kabilistes auraient tort de répondre comme à l’accoutumée que «le chien aboie la caravane passe». Kabila est-il un agent du Rwanda infiltré en RD Congo avec pour mission de maintenir le grand voisin Congo dans un état d’instabilité permanente avec la complicité vénale de quelques filles et files du pays ?
Il est en effet troublant de constater la mollesse que Kabila affiche à l’Est par rapport à la «main de fer» brandie à l’Ouest. Le chef d’Etat congolais paraît impuissant face aux groupes armés qui fleurissent dans les deux provinces du Kivu et dans la Province Orientale. Les meurtres et les viols le laissent impassible. Etrange. Et pourtant. Au Bas-Congo, des adeptes du mouvement religieux «Bundu dia Kongo», rebaptisé «Bundu dia Mayala», ont été massacrés en 2007 et 2008 par des forces dites de sécurité sous prétexte de «rétablir l’autorité de l’Etat». A l’Equateur, des bataillons entiers de la police et de l’armée ont été déployés pour écraser les «combattants Enyele». Joseph Kabila a demandé aux autorités brazzavilloises l’extradition du fameux Udjani présenté comme étant le chef de la rébellion née à Dongo. L’opinion congolaise constate l’impuissance du même Kabila a articulé la même exigence auprès des dirigeants rwandais afin d’obtenir l’extradition du président du CNDP, Laurent Nkunda Mihigo.
Joseph Kabila n’est pas l’unique avatar de l’AFDL. Il y a aussi le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie). A l’instar de l’AFDL, le RCD a été créé à Kigali par les dirigeants rwandais. Par le truchement du dialogue inter congolais - qui a mis fin à cinq années de guerre opposant plusieurs armées africaines sur le sol congolais -, le Rwanda de Paul Kagame, sous couvert du RCD, a pu placer ses hommes-liges dans tous les grands corps de l’Etat : gouvernement central et provincial, parlement, haute administration, commandement de région militaire, chef d’état-major chargé des opérations, entreprises et organismes publics etc. Affublés de l’étiquette «Banyamulenge», ces hommes et femmes à la loyauté discutable, occupent encore des postes importants malgré la fin du régime «1+4». La RD Congo est un pays occupé par le Rwanda de Paul Kagame. Les Congolais le savent. Ceux qui tirent profit de cette situation inadmissible laissent faire. Les autres, c’est-à-dire la grande majorité de la population, regardent sans réagir.
Le rapport du HCDH met à nu le caractère criminel des régimes au pouvoir à Kampala, Kigali et Kinshasa. Depuis l’arrivée de Joseph Kabila à la tête de l’Etat, les ressources naturelles du pays sont pillées. Les exécutions extrajudiciaires camouflées en crimes crapuleux ne se comptent plus. Trois mois après l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya Bahizire, aucune inculpation n’a été prononcée par les magistrats instructeurs de l’auditorat militaire. Fidèle Bazana, lui, n’a jamais été revu. Les deux hommes ont disparu après avoir répondu à un rendez-vous avec l’inspecteur général de la police nationale. C’était le 1er juin dernier. Comment ne pas conclure à l’implication de la plus haute autorité du pays dans cet homicide ?
On ne le dira jamais assez : Joseph Kabila est un imposteur. A preuve, son C.V élude toute mention sur son parcours professionnel en général et sur le service militaire qu’il a effectué dans l’armée tanzanienne en tant que citoyen de ce pays autant que son passage dans l’armée patriotique rwandaise en particulier. Les Congolais devraient commencer par ne plus le reconnaître en tant chef d’Etat. A défaut de mettre fin à cette imposture par la force des armes, les citoyens doivent se constituer en groupe de pression en écrivant au Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi individuellement aux Etats membres. L’objectif est d’obtenir la mise en place d’un Tribunal pénal international sur les crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis au Congo-Kinshasa, à l’instar de la Sierra Leone. Il s’agit de déférer ces malfaiteurs qui nous gouvernent devant les instances judiciaires internationales. Utopique? L’avenir le dira.
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