Joseph Kabila, president de la RDC
L’Amp a trop mal. Mal de ses cadres. L’Amp c’est Joseph Kabila Kabange. Tout tourne autour de lui. Lui l’Autorité Morale. En 2006, le panel qui avait la charge de l’élection présidentielle n’avait pas su assurer celle-ci au 1er tour. Les choses auraient été si faciles...
Pour reprendre la balle au bond en garantissant au final l’élection, l’Alliance Pour la Majorité Présidentielle passa au douloureux tripatouillage. Puis vint l’emballement. L’obligation d’élargir plus amplement le panel.
On eût ainsi recours à des PPP, des Personnalités Politiques Populaires. Ensuite à des partis politiques dont des alliés (Palu et Udémo) qui passèrent chacun un accord resté à ce jour secret. Puis ce fut le partage «équitable et équilibré du pouvoir». Ainsi, le Président de la République fut élu Président de la République.
Le pays sortait d’un régime 1+4 détestable avec des chefs de guerre et le partage «équitable et équilibré du pouvoir». Le tout se solda par une guerre urbaine à Kinshasa opposant la milice du candidat Bemba et l’armée régulière loyaliste.
Mais le pays entrait dans un régime détestable avec des chefs des partis, avec toujours ce partage «équitable et équilibré du pouvoir» dont pour l’heure nul ne connaît l’épilogue mais dont il n’est pas nécessaire de faire un dessin. Il suffit de voir les déchirements qui ont présentement cours.
En mars 2009, il y eut la grosse crise Kamerhe qui se solda dans le sang au figuré par le départ brutal du président de la chambre basse; il y eut la crise Puela (du nom d’un chef de file des Députés Arc-Forces du Renouveau), crise qui allait engendrer début mai 2010 le CLP, le Courant libéral et patriotique (avec l’Arc-Forces du Renouveau).
RASSEMBLER, RASSEMBLER, RASSEMBLER LE PLUS POSSIBLE DE VOLONTÉS.
Alors qu’on pensait le CLP rayé du dictionnaire politique national, voilà que le député (Indépendant Amp) Modeste Bahati Lukwebo le remet en force jeudi 23 septembre au siège de l’Amp tirant profit d’une rencontre destinée à ouvrir la phase préparatoire d’un Conclave du Comité politique de l’Amp, l’organe dirigeant de l’Alliance de la Majorité Présidentielle.Après avoir pris le pari de porter le débat CLP au Comité politique de l’Amp, après qu’il eût échoué à l’assemblée des présidents de groupes parlementaires avant celle fin mai des députés et sénateurs Amp réunis à Kingakati autour du Chef de l’Etat, le président du GPI (Groupe parlementaire des Indépendants, 26 députés) s’est cru en droit de préparer et de réunir un... pré-Conclave du Comité politique de l’Amp!
En clair, un Conclave parallèle! En clair, un Conclave à lui! En réalité, une rébellion! Une nouvelle rébellion à l’Amp! L’Amp a trop mal...
Faut-il jeter Bahati aux flammes après ses mille rodomontades? Après qu’il eût franchi le dernier stade par la lettre ci-contre qui lui a été adressée par le Secrétaire exécutif adjoint Louis Alphonse Koyagialo Ngbase Te Gerengbo, ce serait certainement le plus simple.
À moins de s’y être organisé pour - cela n’est pas le fort de l’Amp - c’est loin d’être le plus sage. Ni le plus prudent.
L’Amp a besoin de tous ses enfants qui disposent d’une réelle emprise sur le terrain même les plus galeux de tous si elle veut gagner demain. A ce stade, il faut mettre un trait aux querelles et ne considérer que l’intérêt général.
Le mot d’ordre doit être rassembler, rassembler, rassembler.
IL MOBILISA TOUT SON FRIC ET FAILLIT FAIRE ÉCHEC À UN PROJET BIEN HUILÉ.
Icône de la société civile qui lui a tout donné, mais à qui il n’a rien donné (depuis Mobutu, depuis Mzee Kabila, depuis Kabila), Bahati est Shi notoirement connu à Kabare comme Kamerhe est Shi bien implanté à Walungu, deux territoires du Sud-Kivu jadis même et seul territoire, le territoire de Kabare dépendant d’un même Mwami - le Mwami de Kabare - qui avait délégué certains de ses pouvoirs à un sous-Mwami basé à Walungu. De là les relations qui unissent Kamerhe et Bahati.Celui-ci a depuis longtemps fait ou fait ses adieux à la Société civile: il vient de créer son parti politique l’AFDC, Alliance des Forces Démocratiques du Congo, qui aurait eu la bénédiction du Chef de l’État - l’Autorité morale de l’Amp -, du moins prêche-t-il, pour contrer le parti de Kamerhe annoncé, éternellement repoussé. Ce qui lui permet de lever au passage quelques adhésions.
S’il lui est pratiqué l’autodafé, cet homme peut et va faire mal chez les Shi, qu’ils soient de Kabare ou de Walungu.
Il retrouvera son naturel en faisant jonction avec qui il voudra, à commencer avec les siens Shi de Walungu.
Mais on sait en même temps que Bahati n’est jamais du calibre à vivre loin du pouvoir.
Mobutu qui connaissait ces petits et grands fauves de sa faune disait de lui: «Tata oyo, soki opesi ye pouvoir te, okolala pongi te» (à cet homme, si tu refuses une ordonnance de nomination, il n’arrêtera pas de te harasser - c’est-à-dire qu’il pourrait devenir incroyablement dangereux).
Tous ceux qui l’ont pratiqué le réalisent à leurs dépens. À commencer par l’Amp.
On a vu comment face au pays et au monde, il mobilisa tout son fric et faillit faire échec au projet Amp bien huilé, celui de s’assurer la direction pleine et entière du bureau Boshab; on a vu comment il s’est assuré une fidélité sans faille du GPI après avoir éloigné tous ceux qu’il soupçonnait en mesure de lui faire face et comment il réussit contre toute logique à demeurer dans le partage malgré des ukases répétées dans la dernière équipe de l’Exécutif en s’adjugeant un ministère clé, celui de l’Industrie confié à un sympathique député et comment depuis il s’en mord les doigts estimant que le choix n’avait pas été parfait.
Bahati a tellement perfectionné l’art de l’attaque et de l’esquive, de la duplicité et de la dissimulation qu’il est rare voire impossible de le mettre K.O. Ses échecs, il a toujours su les faire porter par d’autres. Chez lui, l’ami de toujours peut en un tournemain devenir un ennemi à abattre. A la manœuvre, il ne peut y avoir quelqu’un d’autre, autre que lui, et lui seul...
À moins d’un an de cruciales élections, alors que le pays a besoin d’un Gouvernement de combat - un vrai dream team - avec des technopolitiques de choc que Kabila devrait rassembler seul et qui doivent l’amener à la victoire si tant est que l’enjeu à l’Amp c’est Kabila, Bahati réclame de rouvrir les débats en réclamant pour le GPI, pour lui, le ministère des Finances. Il s’agit à ses yeux de respecter une logique inaugurée par l’Indépendant (Maniema) Athanase Matenda Kyelu, son dernier des Mohicans d’une société civile orpheline, et qu’il exècre désormais. Logique à ses yeux depuis violée par le PPRD! L’Amp a trop mal.
Mais à l’Amp, Bahati n’est pas le seul à faire roussir les cheveux de ses camarades et on aurait tort en croyant se défaire de lui d’avoir réglé le problème.
AU KWILU MASSACRES INTER-ETHNIQUES PLANIFIÉS.
Si, au centre du pays, au Sankuru, entre Tetela de la forêt et Tetela de la savane, on en est à compter les morts et les maisons incendiées alors que l’approche des élections fait rejaillir toutes les peurs, à l’ouest, on n’en est pas très loin.A Masimanimba, les plus récents développements sont annonciateurs des massacres inter-ethniques sérieux planifiés dans la Capitale ne sont pas une vue d’esprit.
Quand un ministre du Gouvernement central envoie en mission aux frais du Trésor des membres Ngongo de sa famille et de son parti à charge de lui rédiger un rapport - en réalité de signer un rapport rédigé par lui-même à Kinshasa - et qu’il se saisit officiellement comme dossier à charge pour écrire, sur du papier à en-tête du ministère en demandant à toutes les autorités - le Premier Vice-ministre en charge de l’Intérieur, le gouverneur de province PPRD du Bandundu qu’il tient à ses bottes - la révocation d’un administrateur Ngongo de territoire, de même que son mari Ngongo, secrétaire général à l’Isp, invoquant que le territoire n’a aucune chance d’aller au développement socio-économique et de lutter contre la pauvreté tant que ce couple restera en place, on se croit dans un mauvais film quand on sait que le mal de cette admistrateure de territoire, nommée par ordonnance présidentielle dans le cadre de la politique de promotion des femmes édictée par la SADC dont le pays est membre, fait partie du quota d’un député Mbala - l’ethnie majoritaire - dont on croit ce faisant continuer à bloquer l’ascension.
L’autre problème - ce n’est pas le moins troublant - est que ce ministre n’a pas pour fief le territoire qui le séduit et qui l’attire et nul ne sait quel acte il a déjà posé dans ce territoire...
Alors, comment expliquer ces affaires que le Comité politique de l’Amp souhaite régler lors d’une session annoncée comme imminente et qui se présente comme celle de la dernière chance et qui attend le retour au pays de l’Autorité Morale de l’Amp?
T. MATOTU, le soft
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