Réagissant à cet appel, le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, s’est borné à prédire, pour jeudi, une « journée tranquille», tandis que son collègue des Affaires étrangères Alcide Djédjé a dit que cette marche ne se « ferait pas ».
Les deux marches projetées jeudi et vendredi par Alassane Ouattara sont donc des manifs à haut risque. Mardi, l'armée a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser quelque 3 000 manifestants à Tiebissou, dans le centre. Il s'agissait de partisans d'Alassane Ouattara, venus du nord du pays.
Conséquence de cette crise politique ivoirienne, selon le HCR, 3700 Ivoiriens ont quitté le pays ces deux dernières semaines par crainte d'une explosion de violence. La plupart d'entre eux se sont réfugiés au Libéria voisin. De son côté, la pression internationale sur Laurent Gbagbo ne faiblit pas, ellle augmente même.
L'UE passe à la vitesse supérieure
Parmi les personnes visées par les sanctions européennes figurent le conseiller pour la sécurité, Kadet Berlin, le secrétaire général de la présidence, Desiré Tagro et le président du Conseil constitutionnel, Yao N'Dre. A ces noms, s’ajoutent ceux de Pascal Affi N'Guessan, secrétaire général du parti de Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI) et le directeur général de la RTI, radio-télévision d'Etat, Pierre Israel Amessan Brou.
Les mesures européennes devraient prendre la forme d’une interdiction de visas ou d’un gel des avoirs, l’autre levier d’action pourrait être l’aide au développement. Mais les 27 ne semblent pas vouloir utiliser cette option dans l’immédiat.
Pour l’Union, il s’agit en fait de cibler en priorité les responsables ivoiriens qui refusent de se placer sous l’autorité du président démocratiquement élu. A l’instar de la communauté internationale, les Européens considèrent Alassane Ouattara comme le vainqueur du scrutin présidentiel.
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