Madesu ya bana........
En République Démocratique du Congo la classe politique aux affaires et la ville de Kinshasa se confondent au pays tout entier. Seuls les hommes politiques au pouvoir ont droit à une vie descente. Véhicules, rations alimentaires, gros émoluments et dotations leurs sont alloués pendant que le salaire mensuel du Congolais moyen ne lui permet pas de bien se nourrir ne fut ce que pendant une semaine.
Les soldats et policiers congolais mènent une vie de misère. Ces hommes et femmes sensés assurer la sécurité publique et défendre l’intégrité territorial vivent de la mendicité si ils n’usent pas de leurs armes pour se servir. Nous en avons eu la preuve lors de notre dernière tournée à l’Est de la RDC. Sur des routes impraticables sont postés, à divers endroits, des policiers et des soldats a la recherche de la survie. Les agents de la Police de Circulation Routière que vous rencontrez sur la route se soucient très peu de l’Etat de votre véhicule et encore moins de la détention, par le chauffeur et le vehicule, des documents requis. En ordre ou pas, chaque vehicule qui passe doit débourser quelque chose pour ces policiers. Le tarif est bien connu des conducteurs : 500 francs congolais ou plus par véhicule (Camion, voiture, moto, vélo) qui passe. Sur le tronçon routier Bunia-Mahagi par exemple les conducteurs nous avons dénombré plus ou moins 15 postes de policiers et six positions des soldats FARDC le long de la route. Et à chaque poste il faut débourser 500 francs congolais. Les soldats exigent cette somme pour avoir de quoi s’acheter du café et de la cigarette afin de mieux assurer la sécurité.
Les pauvres paysans n’échappent pas à cette règle. Sur la route Ariwara-Azayi quelle n’a pas été notre surprise de voir des hommes en uniforme exiger 500 franc congolais aux paysans transportant leurs effets sur des vélos. C’est de cette manière que les militaires et policiers affectés à l’intérieur du pays survivent. Cela n’est pas sans conséquences sur la vie des paisibles paysans et sur les prix des denrées alimentaires et autres biens. Dans les postes frontaliers, les agents des renseignements militaires et de la police de frontière ne se privent pas d’exiger certaines sommes d’argent aux passants. C’est à croire que la police nationale et l’armée nationale se sont transformées en services générateurs de recette.
Les usagers des routes de l’intérieur du pays prennent soins, avant tout voyage, de se prémunir de l’argent nécessaire pour le paiement de ces taxes de fait. Comme si cela ne suffisait pas, les usagers de la route doivent aussi payer la taxe de l’ACCO (association des Chauffeur du Congo) et celle de la DRPO (Direction des Recettes de la Province Orientale) sans oublier le fameux péage route. Au finish, les conducteurs se retrouvent avec une multitude des taxes à payer en plus qu’ils doivent braver l’état de délabrement très prononce des routes. Nombreux sont des chauffeurs qui se demandent a quoi servent toutes ses taxes sur les routes ne doivent pas être entretenues.
Pour des militaires et soldats affectés dans les différents villages, les modiques soldes leurs alloués par l’Etat Congolais ne leur permettent pas de bien vivre avec leurs familles. Plutôt que de se livrer aux actes de barbarie, il vaut mieux demander assistance aux populations locales. A Avenva, 45 kilomètres sur la route Ariwara-Azayi, nous avons rencontré une position des FARDC avec des militaires occupés à fabriquer de la braise pour survivre. Preuve que l’Etat Congolais ne les prend convenablement en charge. Quoi de plus normal que les plus vicieux des hommes en uniformes se livrent aux actes de vandalismes. L’Etat Congolais devrait penser à la bonne prise en charge des hommes en uniforme. Il y va de la sécurité de la population.
Le Millenaire
mise en ligne le lundi 13 decembre 2010
www.lemillenaireinfoplus.com
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