mercredi 15 décembre 2010

Le gouvernement réaffirme l’appartenance du plateau continental à la RDC




Le Premier ministre Adolphe Muzito a réaffirmé mardi à la plénière du Sénat l’appartenance à la République Démocratique du Congo du plateau continental frontalier  avec l’Angola. La RDC tirera bénéfice des gisements d’hydrocarbures qui s’y trouvent au moment voulu, après que les deux pays voisins eussent réglé le désaccord  lié à la question, a rassuré le chef du gouvernement.

Adolphe Muzito, qui répondait à la question orale avec débat du sénateur Raphaël Siluvangi Lumba, a saisi l’opportunité pour donner à la représentation nationale de la chambre haute des explications  sur les démarches déjà menées et celles en cours pour que la souveraineté de la RDC devienne effective sur cet espace marin. Il a rappelé la requête provisoire introduite par le gouvernement congolais aux Nations Unies avant la date butoir du 13 mai 2009, soulignant qu’il s’appuyait ainsi sur l’engagement pris par le Chef de l’Etat dans son dernier discours à la nation « de veiller à ce que aucun  centimètre carré du territoire national n’échappe à sa souveraineté ».

M. Muzito a précisé, concernant cette requête, qu’elle n’avait pour but que d’assurer la présence de la RDC dans le peloton des pays qui prétendent à l’extension de leur plateau continental au-delà de 200 mille marins, conformément à la Convention de Montego Bay. La requête définitive sur le fonds, a-t-il ajouté, contiendra toutes les données nécessaires.

Le Premier ministre a évoqué par ailleurs les travaux des experts nationaux et internationaux qui vont se fonder sur le droit de la mer et le manuel des procédures établi par la Commission des limites du plateau continental des Nations Unies. Il a indiqué, en réponse à une préoccupation de l’auteur de la question orale, qu’à ce jour, il n’y avait jamais eu de conflit ouvert entre la RDC et l’Angola. « L’introduction de la requête de La RDC  auprès de la Commission de l’ONU répondait à une exigence de la procédure au niveau de cette instance. Elle n’est pas la conséquence ni le point de départ d’un quelconque conflit. On se conforme à la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer », a-t-il insisté.

Toutefois, a renchéri le Premier ministre, les négociations avec l’Angola porteront sur les conséquences directes de la délimitation entre les deux pays. Elles auront pour objectif de clarifier la pertinence des méthodes employées par les experts pour délimiter la frontière de façon à préserver  l’équité et les liens traditionnels de solidarité et d’amitié.

Quant aux bénéfices que la RDC va tirer de l’exploitation des blocs pétroliers du plateau continental, le chef du gouvernement, qui a reconnu l’importance des gisements d’hydrocarbures qui s’y trouvent, a dit que seules les statistiques réelles de la production peuvent donner la hauteur et la valeur des richesses. Il a révélé que le gouvernement envisage dans l’entre-temps des arrangements provisoires, pour un début de règlement de la problématique de l’exploitation et de la production pétrolière.

Lors du débat qui a suivi l’exposé du Premier ministre, les sénateurs sont revenus sur l’opacité de la distribution des blocs pétroliers, la nature de la Commission nationale d’experts, l’environnement des zones pétrolières, l’indemnisation des populations, ainsi que sur ce qu’ils ont appelé « l’immobilisme et le laxisme » du gouvernement dans la gestion du dossier des hydrocarbures. A toutes ces préoccupations des sénateurs, Adolphe Muzito a sollicité et obtenu de la plénière de revenir lundi prochain pour des réponses appropriées.

La zone économique exclusive du plateau continental de la RDC est évaluée à 68.400 km2. Elle est reconnue comme telle par l’ensemble des Etat réunis au sein de la Commission permanente du courant de Guinée, à laquelle appartient aussi l’Angola, rappelle-t-on. 

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