L’Institut Facultaire de Développement, IFAD en sigle, dirigé par l’Abbé Recteur Emmanuel Eyenga Liongo vient d’introduire en son sein la faculté du journalisme de développement. Bientôt, il compte procéder à la vulgarisation de la plante « Le Moringa Olifera » dont les fleurs, les cosses et les graines nourrissent et possèdent des vertus pharmaceutiques.
Ainsi, nous avions pensé ouvrir une parenthèse sur cet « arbre de vie » d’origine indienne et dotée des propriétés thérapeutiques qui luttent contre la propension du paludisme, constituant en Afrique un fléau qui tue plus que le sida. Des Etats-Unis à l’Inde en passant par le Nigéria, le Moringa est un arbre qui nourrit et qui contient plus de calcium que le lait, de vitamines C que les oranges , de potassium que les bananes , soigne le diabète et n’a pas besoin d’eau. C’est un arbre miracle, soutiennent certain, un arbre noueux aux feuilles ébouriffées, qui a porte le nom de Moringa. Son nom scientifique est le « Moringa Olifera. Tout le long du fleuve Niger, il en pousse des champs entiers.
En bordure des jardins, il forme des haies vives, qui protègent les cultures du vent et de la chaleur. Au Niger, il entre dans la composition du « dambou », un plat fait de brisures de riz ou de maïs préparés avec le couscous, on ajoute des feuilles de Moringa préalablement bouillies et mélangées à la pâte d’arachide, avec comme garniture , un peu de poulet pilé au sésame. Les Nigériens se servent aussi des feuilles écrasées pour nourrir des animaux, nettoyer les ustensiles de cuisine. Au Sénégal, on en fait une sauce. Mais tout, dans le Moringa, est utile : les fleurs, les graines , les cosses. L’huile tirée des graines donne un lubrifiant. On en fait également de la peinture. Du tronc et des branches, on tire des piquets et du bois de chauffage. Ou même, à la Jamaïque, une teinture bleue. Non seulement le moringa nourrit son homme, mais aussi possède des vertus pharmaceutiques et thérapeutiques.
Dans certains villages de la vallée du Nil, on s’en sert pour purifier l’eau. En Afrique de l’Ouest, on le recommande aux diabétiques, en Inde, aux hypertendus. A poids égal, il apporte autant de calcium que quatre verres de lait, de vitamine C que sept oranges et de potassium que trois bananes. Comme le moringa a, en plus, la bonne idée de pousser dans des régions ou se posent des problèmes d’approvisionnement en eau potable et de malnutrition , le Conseil national des Eglises américaines a recommandé son utilisation, par exemple , au Sénégal. Il est mieux accepté par la population que le lait en poudre, l’huile végétale et le sucre, et il est quatre fois plus efficace. Aux Etats Unis comme en Grande Bretagne, on s’intéresse beaucoup à cet arbre miracle.
La Fondation nationale de la science, la Société Géographique nationale et la Fondation Andrew Mellow ont financé des recherches pour repérer les treize espèces de moringa qui existent dans le monde. Il y a dans le moringa , quatre fois plus de carotène, un produit qui soignent les yeux plus que les carottes. La Fondation internationale pour la vue qui a son siège dans le Maryland recommande au Malawi la consommation de feuilles de moringa, riches de cette vitamine A dont la carence provoque 70 pourcent de la cécité infantile. « Trees for life » ou des arbres pour la vie, une association qui a son siège au Kansas, et qui, depuis 1984 milite pour la culture des arbres nourriciers, finance , en Inde, des plantations de moringa après avoir convaincu le édiles d’une ville de 40. 000 habitants d’en faire une des bases de leur alimentation.
L’Université de Leicester en Grande Bretagne a étudié de près les propriétés des graines de moringa , et constaté qu’elles sont plus efficaces que le sulfate d’aluminium, qui peut être toxique. Ses chercheurs ont convaincu les chefs d’un village du Malawi de renoncer à importer ce produit chimique, et se construire une station d’assainissement utilisant les vertus de moringa. Cet arbre, disent les spécialistes américains qui s’y sont intéressés, possède encore une diversité génétique qui a disparu avec l’agro business et la culture intensive. Les maladies qui ont détruit les champs de pommes de terre en Irlande, au XIXème siècle, ou 15 pourcent de la récolte de blé aux USA, en 1970, attaquant des plantes génétiquement trop uniformes et donc trop exposées au même ennemi. Il existe probablement d’autres « moringas » au potentiel énorme, mais les plantes trop « domestiques » ont perdu une grande partie de ce potentiel. C’est pourquoi, il est important de préserver la biodiversité naturelle.
Franck Ambangito / L.A.Time
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