vendredi 17 décembre 2010

Le président Robert Mugabe a déclaré ne plus vouloir du partage du pouvoir avec l'ex-opposition

17.12.10 - 16:06

Le président Robert Mugabe a déclaré vendredi ne plus vouloir du partage du pouvoir avec l'ex-opposition au Zimbabwe, devant le congrès de son parti Zanu-PF. Par ailleurs, Mugabe a menacé vendredi de saisir des entreprises britanniques et américaines.


"On ne saurait, a-t-il dit, accepter de continuer l'accord politique global", à savoir le gouvernement d'union nationale, formé en février 2009 sous la pression internationale entre M. Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai.

"Nous avons accepté de collaborer (...) pour avoir un compromis nous permettant de faire la part des choses, d'établir la paix, la stabilité politique et maintenant certains traînent les pieds", a-t-il dit de l'arrangement qui a permis à Morgan Tsvangirai de devenir Premier ministre de Robert Mugabe.

La Zanu-PF veut de nouvelles élections en 2011.

Morgan Tsvangirai, des analystes et diplomates occidentaux ont prévenu que la tenue d'un scrutin dès l'an prochain risquait de plonger le pays dans le même chaos qu'en 2008: la défaite électorale de la Zanu-PF avait alors entraîné un déferlement de violences dans cette ancienne colonie britannique.

Renationalisation

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a menacé vendredi de saisir des entreprises britanniques et américaines si les sanctions occidentales à l'encontre de son entourage ne sont pas levées, lors de la conférence annuelle de son parti à Mutare (est du pays).

"Pourquoi devrions-nous continuer à avoir 400 entreprises britanniques qui opèrent ici en toute liberté ?", a demandé le chef de l'Etat devant plus de 4000 délégués de son parti.

"Pourquoi devrions-nous continuer à avoir des entreprises et des organisations qui sont soutenues par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sans rétorquer?", a-t-il ajouté.

"Le temps est venu de nous venger. Une façon d'affirmer notre puissance est d'utiliser la loi d'indigénisation (...) La loi nous donne l'autorité pour saisir. Nous pouvons ordonner de prendre 51% (du capital des entreprises étrangères comme la loi l'autorise, ndlr) et si les sanctions persistent, nous prendrons 100%", a prévenu le chef de l'Etat.

La "loi d'indigénisation", entrée en vigueur le 1er mars, donne cinq ans à toutes les entreprises ayant un capital supérieur à un demi million de dollars pour faire en sorte que la majorité de leurs actions soit détenue par des Zimbabwéens.

Cette loi a provoqué des divisions au sein du gouvernement d'union formé en février 2009 par le président Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai pour qui cette nouvelle législation va effrayer les investisseurs.

Des groupes bancaires britanniques, comme la Barclays ou la Standard Chartered, sont concernées, tout comme les entreprises minières étrangères Impala Platinum, AngloPlatinum ou Rio Tinto.

Robert Mugabe, 86 ans au pouvoir depuis 1980, ne cesse de réclamer la fin des sanctions à son égard et envers ses proches. Ils sont interdits de voyage et leurs avoirs sont gelés depuis 2002 par l'Union européenne et les Etats-Unis, en raison de violations répétées des droits de l'Homme et des libertés fondamentales par son régime.

AFPCrédit photo : AFP - Robert Mugabe le 10 octobre 2010 à Sirte, en Libye

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