Désormais, l’or, la cassitérite un minerai qui contient l’étain, et le colombo-tantalite connu sous le nom de coltan; feront l’objet d’une traçabilité avec l’institution sur ces substances minérales d’un certificat de type Kimberley. Ce certificat avait permis de mettre fin au commerce des « diamants de sang » c’est-à-dire les diamants qui provenaient de zones de guerre.
Le certificat de Kimberley a permis de mettre fin aux conflits sanglant en Serraleonne, en Angola notamment et en RDC il a contribué à l’augmentation des recettes minières. Le succès de ce processus a convaincu les chefs d’Etat de la sous- région des grands lacs d’Afrique centrale de l’étendre aux autres substances minérales exploitées dans les zones en conflit, de l’Est du pays notamment, Ces derniers ont convenu d’un mécanisme de certification des substances minérales stannifères et aurifères le mercredi à Lusaka en Zambie dans le cadre d’un sommet organisé à cet effet dans la Capitale zambienne. C’est pour mettre fin aux financements des groupes armés qui pullulent à l’Est du pays comme les FDLR, les Maï-Maï et certains officiers de l’Armée et qui occasionnent l’instabilité de la région de grands lacs que les chefs d’Etats de cette région se sont mis d’accord sur les termes d’un certificat sur les substances minérales présentes dans les zones de conflit en RDC. Par ailleurs pour les Chefs d’Etats, ce mécanisme de la certification des substances minérales autres que le diamant contribuera à rendre transparente la filière minière dans la sous région des grands lacs et partant limitera efficacement au commerce illicite desdites substances. On saura avec l’effectivité du certificat, la provenance des minerais et sa destination, le minerai sera traçable depuis sa sortie du puits en passant par le négociant jusqu’au comptoir agrée puis l’exportation. Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo qui a fait personnellement le déplacement de la capitale zambienne a déclaré que ce mécanisme de certification de minerais mettra fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles de son pays. If a inscrit cette décision dans la continuité des mesures de suspension des activités minières à l’Est du pays intervenues en septembre dernier, ces mesures, par lui décidées ne visent qu’un seul but celui de voir tous les groupes armés anéantis. Pour sa part, le chef de l’Etat zambien Rupiah Banda, Hôte et président de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) qui regroupe 11 pays, a également appelé à trouver une solution durable à ce problème d’exploitation illégale des ressources naturelles à l’origine de conflits dans de nombreux pays. Il faut cependant noter que sur les onze pays membres dont le Rwanda, seuls les chefs d’Etat de la Tanzanie et du Burundi étaient présents à cette conférence et bien entendu Joseph Kabila de la RDC. Les autres chefs d’Etat se sont fait représenter par leurs ministres des mines respectifs. Ainsi ce sommet n’a vu rehausser de leurs présences que Kabila, Jakaya Kikwete de la Tanzanie, Pierre Nkurunziza du Burundi et le président hôte de la Zambie, Rupiah Banda. Si l’absence de Omar El Béchir le président soudanais est justifié par le fait qu’un mandat d’arrêt pour crimes de guerre au Darfour de la émis contre lui par la Cour Pénale Internationale (CPI), par contre les absences du Rwandais Paul Kagame,
l’Angolais Edouardo do Santos et l’ougandais Yoweri Museveni, laissent perplexe quand au succès de ce mécanisme de certification de substances minérales autre que le diamant. Le Rwanda comme nous l’avons dit dans l’édition précédente s’attend à ce que son économie profite des mesures de suspension des activités minières à ‘Est de la RDC et c’est aussi lui qui profite le plus avec l’Ouganda de la fraude mini ère.
Ces deux pays n’ont aucun intérêt à voir la traçabilité prendre corps car elle asséchera leurs revenus illégitimes. A la communauté internationale de jouer son rôle pour appuyer les efforts des pays de grands lacs de l’Afrique centrale pour que la paix et le développement soient effectivement au rendez-vous des congolais de la partie orientale qui n’ont que trop souffert de la guerre.
Eric Masimo
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire