Par Rue89 | 19/03/2011 | 08H49
Des tirs ciblés contre des objectifs libyens par les forces britanniques et américaines se sont poursuivis pendant la nuit.
9h. Plusieurs réactions diplomatiques réservées ou hostiles à l'intervention militaires en Libye sont intervenues ce matin ou pendant la nuit.
La Russie et la Chine, qui se sont abstenues lors du vote de la résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, ont dit regretter la décision d'utiliser la force contre la Libye. Elles appellent toutes les parties à mettre un terme à la violence.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a fait une déclaration télévisée : « Plus de morts, plus de guerre. Ils sont les maîtres de la guerre. Quelle irresponsabilité. Ils veulent saisir le pétrole libyen. Les vies du peuple libyen ne leur importent pas. »
L'Union africaine, une organisation régionale dont fait partie la Libye, a réclamé la fin des opérations militaires contre le régime libyen. Le Comité de l'UA réuni à Nouakchott a pris l'initiattive d'une médiation, mais n'a pas pu obtenir une autorisation de vol pour se rendre lundi à Tripoli comme il le souhaitait.
8h45. Voici un point sur l'engagement des différents pays.
- Jusqu'à présent, seuls trois pays sont engagés dans les frappes aériennes en Libye : la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
- Les avions français en opération samedi ont regagné leur base.
- Les Etats-Unis insistent sur le caractère limité de leur intervention. « Nous sommes en première ligne des opérations de la coalition », a expliqué le vice-amiral Bill Gortney, directeur de l'état major interarmes. Mais « dans les jours qui viennent, nous entendons transférer [cette responsabilité] à un commandement de coalition. »
- D'autres pays se préparent, notamment le Canada, la Belgique et le Qatar.
- « Le Qatar participera à l'action militaire parce que nous pensons que des pays arabes doivent entreprendre cette action, parce que la situation est intolérable », a déclaré le Premier ministre du pays.
- En Belgique, « entre 150 et 220 hommes sont prêts, dont 12 ou 13 pilotes »,explique un porte-parole du ministère de la Défense.
- L'Italie offre « pour le moment » ses bases militaires en vue de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Libye.
- Le Canada, le Danemark, la Norvège et l'Espagne ont annoncé leur intention de dépêcher des avions.
8h30. Rob Crilly, l'envoyé spécial du Daily Telegraph à Benghazi, sur Twitter ce dimanche matin :
- « Nuit tranquille à Benghazi. Quelques détonations et fracas, mais rien de plus que la Libye ordinaire. »
- « D'abord une averse et maintenant le soleil brille. Benghazi ressemble à une ville qui renaît. »
Dimanche 20 mars, 7h10. Voici les principaux événements survenus pendant la nuit de samedi à dimanche.
- Des explosions et des tirs de défense anti-aérienne ont eu lieu à Tripoli tôt ce matin. Pour CNN, la source de ces explosions (voir vidéo) n'est pas connue.
- Des chasseurs bombardiers britanniques Tornado ont lancé des raids aériens sur la Libye.
- Selon la chaîne américaine CBS, trois avions américains B-2 ont lâché 40 bombes sur un aéroport libyen.
- Selon les autorités libyennes, les frappes aériennes ont fait 48 morts et 150 blessés.
0h30. Nous allons clore provisoirement ce live blogging jusqu'à dimanche matin, sur une synthèse des informations les plus importantes. Pour suivre les événements de la nuit, nous vous recommandons une visite chez nos confrères du site du Monde qui ont prévu d'assurer une couverture en continu.
- Lors du sommet organisé à Paris samedi en début d'après-midi, une action militaire a été décidée en Libye.
- Elle a commencé par l'intervention d'avions français qui ont détruit plusieurs blindés et véhicules militaires à proximité de Benghazi.
- Plus tard dans la soirée, 110 missiles ont été tirés contre une vingtaine de sites libyens, notamment de défense anti-aérienne, par des sous-marins et navires américains et britanniques.
- La télévision libyenne a affirmé qu'un avion français a été abattu dans la région de Tripoli, une information démentie par l'état-major français.
23h15. Dans une brève allocution retransmise par la télévision libyenne, le colonel Kadhafi menace d'attaquer des objectifs « civils et militaires » en Méditerranée, appelle les Libyens à s'armer pour la « révolution » et annonce que « les dépôts d'armes sont ouverts pour défendre la Libye ». L'opération militaire est une « agression croisée injustifiée », estime-t-il, et la Méditerranée est devenue « un vrai champ de bataille ».
22h40. Les attaques aériennes des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, sont « coodonnées » à partir d'un quartier-général américain basé à Stuttgart, en Allemagne, indique un responsable français sous couvert d'anonymat.
22h35. Selon le site du Monde, qui a joint l'état-major des armées, celui-ci dément qu'un des avions français ait été abattu en Libye : « Tous nos appareils sont bien rentrés sur leurs bases. »
22h25. Le ministère de la Défense détaille sur son site web l'opération militaire en cours.
« Au total, une vingtaine d'aéronefs sont engagés aujourd'hui [samedi, ndlr] (8 Rafale , 2 Mirage 2000-5, 2 Mirage 2000 D, 6 avions ravitailleurs C 135, un E3F Awacs) ainsi que deux frégates anti-aérienne et de défense aérienne (le Jean Bart et le Forbin ) positionnées au large de la Libye. »
22h20. Les actions militaires en cours en Libye ont deux petits noms. L'opération globale est appelée « Aube de l'Odyssée » (« Odyssey Dawn »), au sein de laquelle la participation de la France est baptisée opération « Harmattan ».
22h10. Selon deux « diplomates occidentaux hauts placés » cités par le New York Times, « la réunion de Paris organisée par Nicolas Sarkozy a probablement différé les opérations militaires pour arrêter la progression des troupes du colonel Khadafi à Benghazi ». L'article du New York Times poursuit :
« Les premiers raids aériens français, qui n'étaient pas coordonnés avec les autres pays, ont irrité certains pays présents à la réunion, selon un diplomate haut placé d'un pays de l'Otan. Les informations sur les mouvements des troupes de Kadhafi vers Benghazi étaient clairs depuis vendredi, mais la France a bloqué tout accord de l'Otan sur les raids aériens jusqu'à la réunion de Paris, a affirmé ce diplomate, suggérant que les vols auraient pu commencer pendant la nuit de vendredi à samedi avant que les troupes du colonel Khadafi atteignent la ville. »
Un autre éclairage est donné par le site du Monde :
« La France a catégoriquement refusé que l'Otan intervienne dans les raids immédiats et urgents en Libye, estimant que cela s'agirait d'un très mauvais signal envers les pays arabes. Signe que l'Alliance n'a pas été consultée, son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, n'était pas à Paris samedi. »
21h50. Selon le Pentagone, 110 missiles ont été tirés contre une vingtaine d'objectifs libyens par des sous-marins et navires américains et britanniques. Situés sur la côte, ces objectifs sont des systèmes de défense anti-aérienne et des noeuds de communication stratégiques.
La télévision libyenne affirme qu'un avion français a été abattu dans la région de Tripoli, une information qui n'a pas été confirmée.
21h. Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que les forces du Royaume-Uni était en action ce samedi soir au-dessus de la Libye.
Un responsable militaire américain, cité par Reuters, indique que les forces américaines, britanniques, françaises, italiennes et canadiennes doivent lancer une attaque le long de la côte libyenne.
19h20. Un responsable du ministère de la défense français a confirmé que plusieurs chars et véhicules blindés libyens avaient été détruits par des avions français, sans confirmer le chiffre donné par Al Jazeera.
19h10. Selon le Monde, les rebelles ont admis avoir abattu « par erreur » ce matinleur propre avion de chasse au-dessus de Benghazi. Selon Al Jazeera, le pilote n'aurait pas survécu.
19h05. Selon Al Jazeera, les avions militaires français ont détruit quatre tanks libyens au sud-ouest de Benghazi.
18h15. Le ministère de la Défense annonce qu'un avion français a ouvert le feucontre un véhicule militaire libyen à 17h45 et a détruit sa cible.
18h. Une conférence de presse a été organisée par l'état-major de l'armée française pour présenter les opérations de l'armée de l'air.
Les forces aériennes sont mobilisées pour deux types d'opérations :
- Pour « protéger les populations civiles contre des aéronefs » (en application de la zone d'exclusion aérienne prévue par la résolution de l'ONU) ;
- Pour détruire les « blindés qui viendraient à menacer les populations civiles ».
Une vingtaine d'appareils ont été engagés ce samedi dans les opérations à partir de plusieurs bases situées sur le territoire français.
Une structure de commandement commune à toutes les pays va se mettre en place. L'intervention française, organisée très rapidement, « laisse le temps à d'autres nations de monter en puissance ».
Un point presse de l'état-major aura lieu « sur une base régulière, a priori quotidienne ».
17h15. La Chancelière Angela Merkel a confirmé que l'Allemagne ne prendrait pas part à l'action militaire. Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi autorise l'utilisation de bases aériennes pour les opérations.
16h20. David Cameron, le Premier ministre britannique, a estimé qu'il est « temps de passer à l'action ». « C'est Kadhafi qui l'a voulu. Il a menti à la communauté internationale, il a promis un cessez-le-feu, il a rompu le cessez-le-feu. Il continue de brutaliser son propre peuple. »
15h55. Nicolas Sarkozy s'est exprimé à l'issue du sommet organisé à l'Elysée. Il a déclaré que les participants avaient « décidé d'assurer l'application de la résolution » du conseil de sécurité de l'ONU. (Voir la vidéo)
Des avions français, qui survolent actuellement la Libye, empêchent d'ores et déjà les attaques aériennes contre Benghazi. « D'autres avions, français, sont prêts à intervenir contre des blindés qui menaceraient des civils désarmés. »
Le colonel Kadhafi n'a pas respecté le cessez-le-feu, a-t-il observé. « Aujourd'hui, nous intervenons en Libye sur mandat du Conseil de sécurité de l'ONU […] pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin. » « La porte de la diplomatie se rouvrira au moment où les agressions cesseront. »
15h45. Le Premier ministre hollandais déclare que des frappes aériennes du Royaume-Uni, de la France et du Canada interviendraient ce samedi.
15h35. Le sommet de l'Elysée est terminé. En attendant la déclaration de Nicolas Sarkozy, un signe qui ne trompe pas : les chaînes d'information ont ressorti les experts militaires. Sur iTélé, un général explique ainsi que la France dispose d'« un beau porte-avion fixe, la base de Solenzara » (en Corse) pour atteindre la Libye.
15h15. Selon BFM TV et l'AFP, des avions Rafale français survolent la ville de Benghazi. BFM TV explique qu'il s'agit d'« interdire des mouvements de troupes de l'armée libyenne ». Selon la source militaire non identifiée citée par l'AFP, ce ne serait pour l'instant qu'une mission de reconnaissance. La réunion à l'Elysée, au cours de laquelle des frappes aériennes pourraient être décidées, se poursuit.
14h. Selon Al Jazeera, il y a 26 morts et 40 blessés à l'hôpital Jala de Benghazi après les bombardements sur la ville.
13h55. Selon un porte-parole de la rébellion, cité par l'agence Reuters, les insurgés auraient chassé de Benghazi les forces loyales au colonel Kadhafi et pris le contrôle de quatre tanks.
13h35. L'agence Reuters annonce, en s'appuyant sur une source qu'elle n'identifie pas, que des frappes aériennes pourraient avoir lieu dès la fin de la réunion à l'Elysée. Très rapidement, donc : la réunion vient de commencer, et une intervention de Nicolas Sarkozy était prévue pour 15h30.
13h10. Lors d'une conférence de presse à Tripoli, le ministre des Affaires étrangères a demandé à l'ONU l'envoi d'observateurs sur le terrain, en estimant que le pays avait respecté la résolution demandant un cessez-le-feu.
12h55. Selon l'AFP, quatre pays arabes participeront à la réunion à Paris, aux côtés de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis : le Maroc, la Jordanie, le Qatar et les Emirats arabes unis.
12h45. Outre Benghazi, des combats ont lieu à Misurata, la troisième ville du pays. Selon les témoignages, deux personnes ont été tuées par des snipers appartenant au camp du colonel Kadhafi. La ville a été la cible de tirs d'artillerie, mais l'armée n'y est pas encore entrée.
12h30. Le Premier ministre britannique David Cameron a tenu une réunion d'urgence à Downing Street avant de se rendre à Paris. Les spéculations sur une offensive aérienne se renforcent : selon la BBC, deux avions de chasse Tornado ont décollé d'une base écossaise, équipée de réservoirs destinés aux vols de longue distance, mais impossible pour l'instant de savoir quelle était leur destination.
12h05. Une rencontre entre Nicolas Sarkozy, David Cameron et Hillary Clinton aura lieu à 12h30, avant le début du sommet sur la crise libyenne prévu à 13h30.
Il proclame que la résolution des Nations Unies autorisant une intervention militaire en Libye est « invalide » et que les pays qu'il l'appliqueraient le « regretteraient ».
« La Libye n'est pas pour vous, la Libye est pour les Libyens », écrit-il.
Il demande à Obama : « Que diriez-vous si nous intervenions dans des villes américaines ? Dites-le moi, pour que je puisse suivre votre exemple ! »
11h50. L'avion de chasse abattu appartenait à la rébellion et non à l'armée gouvernementale, ce que les insurgés ont reconnu.
11h15. Plusieurs rapports font état d'une offensive des forces libyennes à l'intérieur de Benghazi.
- Un journaliste de la BBC a vu des tanks pro-Kaddhafi dans la ville.
- Un envoyé spécial du Guardian, Chris McGreal, tweete de Benghazi : « Le cessez-le-feu de Kaddhafi [était] clairement une ruse. Combats dans le sud ouest de Benghazi autour de l'université. Des tirs de roquette sur la ville. »
- Un journaliste du Daily Telegraph situé à Benghazi tweete : « Sur le toit d'un hôtel. Pillonage en direction de l'aéroport, colonnes de fumée au loin. Le cessez-le-feu de Kaddhafi [était] une supercherie. »
- « Il y a maintenant un bombardement de l'artillerie et des tirs de roquettes sur tous les quartiers de Benghazi », affirme un responsable de la rébellion sur Al Jazeera. « Il y aura une catastrophe si la communauté internationale n'applique pas les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. »
- Selon Al Jazeera, des milliers de personnes fuient la ville.
10h05. Selon l'agence de presse libyenne officielle Jana, les forces stationnées à l'ouest de Benghazi ont été victimes d'une attaque de « gangs de terroristes d'Al-Qaeda » samedi matin, obligeant l'armée à réagir pour se défendre. Selon le ministère de la Défense, les forces libyennes observent le cessez-le-feu.
9h45. Une déclaration à la presse de Nicolas Sarkozy est prévue aux alentours de 15h30, à l'issue du sommet organisé à l'Elysée, qui doit débuter à 13h30, indique le site de la Présidence de la République.
9h35. Selon un porte-parole militaire des rebelles, cité par Reuters, les forces de Mouammar Kadhafi seraient entrées dans Benghazi.
« Où sont les puissances occidentales ? Elles disaient qu'elles pourraient lancer des frappes aériennes en quelques heures », a-t-il déclaré.
9h15. Comment les Etats-Unis, réservés dans un premier temps quant à une intervention militaire en Libye, ont-ils changé de position ? Un article du New York Times souligne le rôle joué par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton dans ce revirement. Pour y parvenir, elle a formé « une alliance improbable avec une poignée de conseillers gouvernementaux haut placés en faveur d'une intervention ».
8h40. Voici la situation en début de matinée :
A Benghazi
Selon un envoyé spécial de la chaine arabe Al Jazira, les forces du colonel Kadhafi seraient entrées dans les faubourgs de Benghazi.
Des bombardements ont eu lieu cette nuit et se sont intensifiés depuis samedi matin.
Selon l'AFP et Reuters, un avion militaire a été abattu (voir photo de l'AFP) au-dessus de Benghazi.
Sur le plan diplomatique
Un sommet Union Européenne-Union Africaine-Ligue arabe doit avoir lieu à Paris, à partir de 13h30. Il se tiendra en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.
A l'issue de cette réunion, les premières frappes pourraient être déclenchées.
Selon l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, une intervention militaire internationale pourrait avoir lieu « dans les heures » suivant cette rencontre. « Je pense qu'après le sommet, dans les heures qui suivront, nous lancerons l'intervention militaire », a-t-il déclaré à la BBC.
Voici les principaux points de la résolution 1973 de l'ONU, adoptée à New York dans la nuit de jeudi à vendredi, autorisant le recours à la force contre le régime de Kadhafi.
- Exigence d'un »cessez-le-feu immédiat et la cessation totale des violences et de toutes les attaques et exactions contre la population civile ».
- Autorisation des Etats membres « à prendre toutes mesures nécessaires(…) pour protéger les populations et les zones civiles menacées d'attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi, tout en excluant le déploiement d'une force d'occupation étrangère ».
- Interdiction de « tous vols dans l'espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne afin d'aider à protéger les civils ».
- Autorisation des Etats membres « à prendre au besoin toutes mesures nécessaires pour faire respecter l'interdiction de vol ».
Photos : un Rafale de l'armée française décolle de la base aérienne de Saint-Dizier samedi (ECPAD/Reuters) ; un rebelle exhibe un lance-roquettes en criant « Allah Akbar » dans une rue de Benghazi samedi (Goran Tomasevic/Reuters
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