dimanche 17 juillet 2011

RDC : Le régime d’occupation ne pourra jamais assurer le développement socio-économique !

image Femme - Une femme avec son enfant et des sacs au dos

« Dans les conditions actuelles de la République Démocratique du Congo, toutes choses restant égales par ailleurs, il faudra encore plus de 175 ans de pouvoir au régime d’occupation de « Joseph Kabila » pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (O.M.D.). »

1. Analyse des rapports d’évaluation du développement en RDC 

Depuis quelques mois, les institutions financières internationales et les agences spécialisées de l’ONU, en accord avec le Gouvernement congolais, ont publié plusieurs rapports d’évaluation relatifs au niveau de développement socio-économique de la République démocratique du Congo au cours de ces dix dernières années.
Le choix du moment de ces publications, l’année électorale oblige, devrait attirer l’attention de tout Congolais qui s’intéresse à l’avenir de son pays. Car, par ces rapports, on dirait que la Communauté internationale veut faire passer un message aux Congolais sur l’échec de ce régime d’occupation et son incapacité avérée de pouvoir assurer, dans un avenir proche, le développement socio-économique de la RDC. C’est donc un avertissement adressé aux Congolais de ce que serait leur pays au cours de la prochaine législature s’ils ne changent pas de régime d’imposture au pouvoir. C’est à nous de comprendre ce message subliminal, de le saisir et d’agir.
En effet,  l’analyse de tous ces rapports d’évaluation et des recommandations qui en découlent, dégage une seule constance qui montre clairement l’incapacité, l’incompétence et l’impuissance du régime d’occupation de pouvoir assurer le développement socio-économique de notre pays.

a) Mars 2011 : « Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté ».

En mars dernier, le Ministère du Plan, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Banque africaine de Développement (BAD), a publié la deuxième génération du « Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté ». Ce rapport s’inscrit dans un programme de mise en place d’un cadre de dépenses à moyen terme pour un meilleur alignement du Budget de l’État sur les priorités de la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté en RDC. 
En fait, compte tenu de la situation d’échec du Gouvernement actuel dans le domaine du développement socio-économique, malgré « les efforts entrepris », la communauté internationale estimerait qu’un Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) constituerait pour le futur Gouvernement, un outil politique pour la bonne conduite du processus de la stratégie globale de croissance et de la réduction de la pauvreté. Le CDMT permettrait de redresser la situation et d’assurer une meilleure cohérence entre les politiques publiques et le budget. Il permettrait également d’améliorer l’efficience dans l’allocation et l’utilisation des ressources publiques.
En effet, ce rapport de  programmation budgétaire a pour but de présenter les perspectives macroéconomiques pour la prochaine législature, période allant de 2011 à 2015, et d’analyser les orientations budgétaires qui en résulteraient en relation avec le défi de réduction de la pauvreté et du développement social qui doit demeurer la constance principale du programme du futur Gouvernement quel qu’il soit.   
Le rapport de programmation budgétaire prévoit également de confier aux provinces décentralisées la responsabilité de la mise en œuvre des programmes des secteurs sociaux en vue de permettre, selon les autorités congolaises, d’asseoir  un aménagement du territoire équilibré. Cela nécessiterait un renforcement des capacités institutionnelles et techniques au niveau des provinces. Le régime d’occupation estimerait que le Congo serait trop grand pour assurer harmonieusement son développement socio-économique. 
Or, on sait qu’actuellement, comme l’a prouvé le DSCRP (voir infra),  l’État congolais est confronté lui-même à l’absence d’institutions efficaces pour garantir le règlement de différends (notamment entre les entités décentralisées) par voies pacifiques. Le système de gouvernance politique souffre d’une centralisation du pouvoir et d’autorité de l’État. Comment un tel régime peut-il assurer l’équilibre entre des provinces décentralisées ? 
Compte tenu de la disparité des ressources et des richesses entre les provinces et l’absence de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national, cette politique de décentralisation économique pourrait conduire fatalement le pays au séparatisme et à la balkanisation.
Par contre, le programme socio-économique de l’APARECO propose  d’organiser « une Table ronde économique »  qui réunirait les experts de toutes les provinces au lendemain de la libération du pays afin de dresser un tableau de bord sur l’état global de la situation socio-économique du pays (voir notre intervention du 19  juin 2010). La vision du développement intégral du pays serait basée plutôt sur une répartition selon  des pools de développement économique que sur une décentralisation territoriale qui cacherait une vision de balkanisation du pays. 

b) « Rapport national 2010 sur les « Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) », publié en mai 2011,

Par ailleurs,  lors du lancement officiel du « Rapport national 2010 sur les  « Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) », le 23 mai dernier, le Gouvernement congolais a fait un aveu terrible d’incompétence en reconnaissant qu’il lui est impossible d’atteindre les OMD dans l’échéance fixée par l’Assemblée des Nations Unies, c’est-à-dire de 2011 à 2015.
Selon le Rapport national 2010, dans l’état actuel des choses, la marche de la RDC vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD) est très lente et il lui est difficile de les atteindre à l’échéance de 2015, notamment des objectifs relatifs aux matières de la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim en RDC. Les indicateurs de pauvreté en RDC restent très faibles par rapport aux normes régionales : plus  de 70 % de la population congolaise vivent encore avec moins d’un dollar us par jour. Le Gouvernement n’a donc pas atteint l’objectif  qu’il s’était assigné lui-même en termes de réduction de l’extrême pauvreté.
Le rapport indique également que les conflits armés continuent d’être un frein dans la marche vers l’atteinte des OMD. Malgré les multiples accords de paix annoncés par ce régime et plusieurs accords et opérations militaires qui frustrent parfois la logique humaine ordinaire, on peut constater encore aujourd’hui que la paix en RDC n’est qu’une illusion. 
Le Gouvernement congolais, par son Ministre du Plan, attribuerait ce grave échec aux « facteurs structurels et conjoncturels et à la faiblesse de l’administration de l’État ». Cette justification ne justifie en fait rien du tout. Les raisons de l’échec étaient déjà consignées dans la première génération du  Document de Stratégie  de Croissance et de Réduction de la Pauvreté, publiée en juillet 2006. Nous l’analysons au point 2 infra.
Dix ans après la signature de la déclaration des Nations Unies relative aux Objectifs du Millénaire, selon le rapport national d’évaluation 2010, des progrès enregistrés vers la réalisation de ces objectifs en RDC sont très lents : on peut noter que le taux de pauvreté est passé de 71 % en 2006 à 70 % en 2010. Pendant 5 ans de législature, le Gouvernement congolais n’a réalisé qu’un point dans le cadre de la réduction de l’extrême pauvreté. 
Aujourd’hui donc, 70 % de la population congolaise vivent encore dans l’extrême pauvreté avec moins d’un dollar par jour. Il est donc clairement établi que ce régime d’occupation ne pourra jamais réduire l’extrême pauvreté de moitié en 2015 (de 70 % à 35 %).
Dans l’état actuel des choses, toutes choses restant égales par ailleurs, il lui faudra donc encore 35 législatures de 5 ans (soit 175 ans) de pouvoir en plus pour réaliser les objectifs des Nations Unie !
Le tableau ci-dessous illustre bien la faiblesse des progrès enregistrés dans le domaine de développement socio-économique :
Evolution comparative des indicateurs du développement socio-économique

Indicateurs socio-économique 2006 2010
1. Incidence de la pauvreté (personnes vivant avec moins d'1 usd par jour)
71,34% 70%
2. Population vivant en milieu rural (réduction due essentiellement à cause des migrations à l'intérieur du pays)
80% 78%
3. Population ayant accès à l'électricité (1 % en milieu rural où vivent la majorité de la population)
6% Non déterminé
4. Population ayant accès à l'eau potable
16,7% 27%
5. Taux d'investissements publics
5,1% 5,5%
6. P.I.B. aux prix du marché (baisse)
6,22% 6,06%

c) «Synthèse du mémorandum économique de la RDC » publié en juin 2011  

Un troisième rapport concerne « la synthèse du mémorandum économique de la RDC », publiée par la représentation de la Banque mondiale à Kinshasa le mardi 7 juin 2011. Ce rapport est axé sur le thème : « Accélérer la croissance et l’emploi en RDC». Selon la Banque mondiale, la situation socio-économique de la RDC se résumerait actuellement en trois défis que le régime d’occupation n’a pas pu relever. Il s’agit de :
  • l’inefficacité dans les actions de l’État ;
  • le manque d’infrastructures de base ;
  • le climat des affaires et des investissements.
On peut constater que tous ces rapports aboutissent à une seule constance qu’après plus de 10 ans de régime d’occupation et d’imposture, la grande majorité des Congolais  continue à vivre dans l’extrême pauvreté et que si rien ne change càd si ce régime continue après 2011, la République démocratique du Congo ne pourra jamais réduire l’extrême pauvreté de la population qui se traduit actuellement par :
  • la faiblesse de revenus individuels (moins d’1 USD par jour) ;
  • la non-satisfaction des besoins alimentaires ;
  • l’accès difficile aux soins de santé, à la scolarisation et à un logement décent.
Sur base des faiblesses constatées de ce régime d’imposture, le mémorandum de la  Banque Mondiale (BM) recommande également au futur Gouvernement d’adopter  un plan d’action d’urgence qui pourrait stimuler la croissance économique et de créer de nouveaux emplois qualifiés pour les Congolais. Il indique qu’il serait également nécessaire, par rapport à ce qui se fait actuellement, d’avoir une meilleure gestion et une bonne coordination de l’aide extérieure en vue de réduire la pauvreté et les inégalités, de consolider la croissance économique et de renforcer les capacités locales existantes. 
Enfin, face à l’échec du régime actuel, les experts de la Banque mondiale recommande au futur Gouvernement congolais de :
  • mener une politique axée sur les résultats ;
  • relancer l’administration publique ;
  • faire le suivi des priorités du développement.
Les divers rapports d’évaluation sur le développement socio-économique de la RDC parmi lesquels ceux que nous venons d’analyser ci-dessus ont deux principales sources. Il s’agit de :
  • l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) ;
  • la Déclaration des Nations-Unies sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). 
Pour une meilleure compréhension de notre analyse, nous vous proposons de parcourir brièvement l’historique et le contenu de ces deux processus.

2. L’initiative des pays pauvres très endettés  

Depuis le 1er juillet 2010, la République Démocratique du Congo a atteint le Point d’achèvement de l’initiative PPTE. Une grande partie de la dette extérieure a été annulée de près de 90 %. Ce qui est une très bonne chose pour le pays.
Mais il est important de rappeler au peuple congolais que l’allègement de la dette publique extérieure de la RDC n’est pas une initiative du Gouvernement d’occupation. Ce n’est pas un objectif des cinq chantiers ou du Plan Économique du Gouvernement (P.E.G.). La suppression ou la réduction de la dette extérieure bilatérale ou multilatérale n’est pas à mettre au crédit des acquis de ce régime d’occupation.

a) A cause de ce régime d’occupation, la RDC a accusé un retard de près de 10 ans pour atteindre le point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

En effet, l’allègement de la dette des pays pauvres est une approche adoptée conjointement par le F.M.I. et la Banque mondiale. Il s’agit d’un dispositif global de réduction de la dette extérieure des pays les plus pauvres et les plus lourdement endettés qui (le dispositif) donne la latitude à tous les créanciers concernés d’accorder un allègement de dettes aux pays débiteurs.
La Communauté internationale s’est rendu compte que le surendettement des pays pauvres compromettait leur croissance à long terme et leur capacité à se développer et à lutter contre la pauvreté et que le poids excessif de la dette publique réduisait les ressources disponibles pour l’investissement et pour les dépenses sociales. Le surendettement diminue également la crédibilité du pays concerné auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs potentiels.
Plusieurs pays en développement se sont fortement endettés entre les années 1960-1970 pour financer légitimement leur développement suite au boom du prix des matières premières. L’endettement de tous ces pays n’a fait qu’augmenter jusqu’au début des années 1990.
Face à ce problème de surendettement, le Groupe des 8 grands pays les plus industrialisés (G8), a entériné dès 1988, différentes dispositions pour pouvoir réduire les dettes bilatérales des pays pauvres. Mais ces mesures traditionnelles d’allègement de la dette n’ont pas pu résoudre la crise de la dette extérieure des pays pauvres.
C’est ainsi qu’en septembre 1996, à l’issue de leur réunion annuelle conjointe, la Banque mondiale et le F.M.I. ont lancé l’initiative sur la dette des pays pauvres très endettés (Initiative des PPTE), afin d’assurer qu’aucun pays ne soit confronté à une charge d’endettement qu’il ne puisse gérer.
Depuis lors, les institutions multinationales et les autorités nationales des pays créanciers, ont œuvré en vue de ramener à un niveau soutenable la charge de l’endettement extérieur des pays pauvres et lourdement endettés dont la République démocratique du Congo. L’initiative concerne plus de 43 pays en développement. Ce n’est donc pas le résultat de la politique d’occupation qui sévit actuellement dans notre pays.
A partir de l’année 1999, cet objectif fut revu pour intégrer la dimension de la « Réduction de la pauvreté » afin de permettre aux pays pauvres très endettés de mettre ainsi un terme à des rééchelonnements susceptibles d’alourdir indéfiniment la charge de leurs dettes extérieures.
En vue d’accélérer les progrès vers la réalisation des O.M.D. des Nations Unies, l’initiative PPTE a été complétée par l’initiative d’allègement de la dette multilatérale (IADM). Cette dernière initiative prévoit l’allègement de la totalité des dettes admissibles par les institutions financières internationales pour les pays parvenus au bout du processus de l’initiative PPTE.
En effet, le processus de l’initiative PPTE comporte deux étapes dont « le point de décision »au début et « le point d’achèvement » à la fin. La RDC a atteint le point d’achèvement plus de 7 ans après le point de décision au lieu de 2 ans initialement prévus. Pourtant, certains pays africains l’ont atteint à moins de 3 ans, c’est notamment le cas du Ghana qui n’a attendu que deux ans et dix mois. La RDC peut donc bénéficier de l’initiative d’allègement de la dette multilatérale.
Pour justifier le retard mis pour l’atteinte du point d’achèvement, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, dans son discours à l’occasion de la 11ème Conférence diplomatique tenue du 22 au 27 novembre 2010, a déclaré notamment que « malgré la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes aux niveaux présidentiel, législatif et provincial entre 2005 et 2006, les conflits armés ont réapparu. Ceux-ci eurent une incidence négative sur les dépenses publiques et, par ricochet, sur les critères de performances économiques ».Cette déclaration qui reconnaît que les élections n’ont pas ramené la paix, rejoint en fait le discours de l’APARECO qui a toujours dit que les mascarades d’élections de 2006 n’allaient rien changer en RDC. 
On constate qu’après les élections de 2006, les dépenses publiques consacrées aux conflits armés sont un frein pour atteindre les critères de performances économiques et donc pour atteindre les OMD.

b) La Communauté internationale savait déjà que les conditions n’étaient pas remplies pour aller aux élections en 2006 !

Pour rappel, le Point d’achèvement de l’initiative des PPTE impose trois conditions dont la plus importante est l’adoption et la mise en œuvre d’un Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP).
Le DSCRP pour la RDC a été publié en  juillet 2006 (soit avant les élections !). Ce document qui constitue un véritable état de lieux socio-économique du pays établit notamment le même constat que l’APARECO en ce qui concerne l’incapacité de ce régime d’occupation à gouverner le pays (voir pages 29 et 30) :
 Une des contraintes à la bonne gouvernance politique  (en RDC)  provient de  la faible réalisation des objectifs de la transition (donc des objectifs de l’Accord global et inclusif de Sun City) qui sont :
  • la réunification effective du territoire national ;
  • la sécurisation du pays par la mise en place d’une armée intégrée ;
  • la démobilisation des ex combattants et leur réinsertion dans la vie civile ;
  • la consolidation de l’unité nationale ;
  • la restauration d’un climat de confiance entre les Congolais ;
  • la reconstitution des capacités des communautés durement éprouvées par les conflits, notamment les femmes, les filles et les enfants.
 Le constat a été fait que les décideurs politiques et le Gouvernement, ont fait preuve d’une faible culture démocratique, d’un faible attachement à l’intérêt général et d’une incapacité à résister aux pressions extérieures et clientélistes. 
 L’État est confronté à  l’absence d’institutions efficaces pour garantir le règlement des différends par voies pacifiques (manque d’une armée). 
 De même, l’État ne dispose pas de mécanismes appropriés pour prévenir les crises politiques et les conflits armés ;
 Le système de gouvernance politique souffre d’une  centralisation du pouvoir (le pouvoir est sur la rue).
Comme on peut le constater, la Communauté internationale savait déjà que les conditions n’étaient pas remplies pour aller aux élections en 2006. En juillet 2006, la publication de la première génération du DSCRP (comme celle des rapports d’évaluation actuellement) devrait attirer l’attention des Congolais pour refuser d’aller aux élections. Maintenant  en 2011, la deuxième génération du DSCRP avertit encore clairement les Congolais sur l’incapacité de ce régime d’occupation d’atteindre les objectifs du développement fixés par l’ONU, malgré les outils financiers et budgétaires importants (p.ex. l’annulation de la dette extérieure) mis à sa disposition par la communauté internationale.
Les Congolais doivent prendre conscience que les objectifs de l’occupant ne peuvent jamais se concilier avec le bien-être du peuple congolais et le développement socio-économique du pays. L’imposture ne vise que la balkanisation du territoire et l’exploitation de nos richesses. Le Président National de l’APARECO, Son excellence Monsieur Honoré NGBANDA, a écrit dernièrement un article sur « les dix raisons pour lesquelles « Kabila » doit partir ». La 8ème raison dénonce justement le pillage systématique du sol et du sous-sol de la RDC.

3. Les  Objectifs du Millénaire  

L’Assemblée générale des Nations-Unies a adopté le 13 septembre 2000, la « Déclaration sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (O.M.D) ». Cette Déclaration comporte 8 objectifs principaux que tous les États membres, dont la RDC, ont décidé d’atteindre en 2015. Le rapport d’évaluation cité ci-dessus nous a démontré l’incapacité du régime d’occupation à atteindre ces objectifs. Il s’agit notamment de :
a. La réduction de l’extrême pauvreté et de la faim : réduire de moitié, de 2000 à 2015, la proportion de la population mondiale dont le revenu est inférieur à un dollar par jour et celle des personnes qui souffrent de la faim et réduire de moitié, d’ici à la même date, la proportion des personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable ou qui n’ont pas les moyens de s’en procurer.
b. Assurer l’éducation primaire pour tous : c’est l’éducation qui permet de choisir la vie que l’on voudra mener plus tard et de s’exprimer avec confiance dans les relations personnelles.
c. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes : l’égalité des sexes, qui est inscrite dans la déclaration des droits de l’homme, doit être au cœur de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.
d. Réduire la mortalité infantile : près de  11 millions d’enfants  dans le monde meurent chaque année (soit 30.000 par jour) avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Parfois, ces décès sont dus simplement au manque d’antibiotique pour soigner une pneumonie ou de sels de réhydratation pour mettre fin à une diarrhée. La mortalité des enfants est étroitement liée à la pauvreté.
e. Améliorer la santé maternelle : plus d’un million de femmes meurent tous les ans dans le monde pendant la grossesse ou à l’accouchement.
f. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies : plus de  20 millions de personnes sont mortes dans le monde depuis le début de l’épidémie et on estime à 39 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH à la fin de 2004. Le paludisme tue un million de personnes par an, des enfants pour la plupart. La tuberculose réapparaît avec des souches de bacille pharmacorésistantes et les vulnérabilités dues au sida et à son virus.
g. Assurer un environnement durable : exploiter intelligemment les richesses naturelles et protéger les écosystèmes complexes dont la survie de l’humanité.
h. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement : tous les pays ont intérêt à participer à la lutte contre  la pauvreté dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement. Mais ce sont les pays en développement qui portent la responsabilité de la réalisation des objectifs pour leurs populations respectives.
D’autres chiffres montrent que la situation de l’emploi n’est guère encourageante avec 91 % de la population qui évolue dans l’informel et 78 % dans l’agriculture. Nous reviendrons plus tard sur les autres dimensions de la misère de la population congolaise.

4. Conclusion 

Il est plus temps que les Congolais sachent lire les signes du temps. Les rapports d’évaluation de la situation socio-économique de la RDC établissent que nous devons changer de régime si nous voulons sauver notre pays et garantir le bien-être de la population congolaise. Ces rapports relèvent notamment les constats ci-après :
 l’échec total du régime d’occupation en matière du développement socio-économique du pays et de la réduction de l’extrême pauvreté de la population congolaise ;
 la faible réalisation des objectifs de l’Accord de Sun City constitue un frein important à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement ;
 n’ayant pas de culture démocratique, les décideurs politiques du régime d’occupation ne sont pas qualifiés pour organiser des élections crédibles et démocratiques ;
 n’ayant pas d’attachement à l’intérêt général, les autorités du régime d’occupation sont incapables d’assurer une bonne gouvernance de l’Etat et de l’administration publique ;
 incapables de résister à la corruption, aux pressions extérieures et au clientélisme, les occupants de notre pays servent plus les intérêts étrangers que ceux du peuple congolais…
Dans la logique responsable de la continuité de l’État, l’APARECO suit de très près la gestion de ce régime d’imposture afin d’assumer entièrement ses responsabilité vis-à-vis des partenaires de la RDC dès que le moment sera venu de la libération du pays. Les recommandations contenues dans les rapports d’évaluation cités ci-dessus vont dans le même sens que la vision économique de l’APARECO. Nous n’aurons donc pas de mal à les inclure lors de l’actualisation de notre projet économique.
Conformément à son Projet de société, l’APARECO bâtira une économie nationale qui placera l’Homme au centre de toute son action. 
Que le Seigneur bénisse le peuple congolais.
Fait à Bruxelles, le 29 juin 2011.
ATHANASE MAPESSA
Secrétaire National Exécutif chargé de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
SOURCES :
1. Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) – Première génération, Kinshasa juillet 2006 ;
2. Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) – Deuxième génération, Kinshasa mars 2011 ;
3. Document de stratégie pays et Programme indicatif national du 10ème FED 2008-2013 (entretiens entre la RDC et l’Union européenne du 1er avril au 30 juin 2007) ;
4. Programme du Gouvernement 2007-2011 – Kinshasa, février 2007 ;
5. Fédération des Entreprises du Congo (FEC),  Etat des lieux de l’économie congolaise, Kinshasa, mars 2007 ;
6. Ministère du Plan,  Rapport national 2010 sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement, Kinshasa le 23 mai 2011;
7. Banque mondiale,  Synthèse du Mémorandum économique de la RDC, Kinshasa le 7 juin 2011 ;
8. La Résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies relative à la Déclaration du Millénaire pour le Développement, New York, le 13 septembre 2000 ;
9. Allocution prononcée par Monsieur J-C MASANGU Mulongo, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), sur « l’atteinte par la RDC du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des PPTE », à l’occasion de la 11ème Conférence Diplomatique, Kinshasa, du 22 au 27 novembre 2010 ;
10. Sites Internet : 
 des Nations Unies 
 la Banque mondiale (BM)
 le Fonds Monétaire International (FMI)
 la Banque Centrale du Congo (BCC)
 du Ministère du Plan
 de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO) www.aparecordc.org

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