mardi 13 décembre 2011

Présidentielle en RDC : on n’est pas sorti du tunnel !


  Joseph Kabila vainqueur avec 48,95% des voix face à Etienne Tshisekedi, 32,33%. ( © AFP).


Code de mauvaise conduite, signée « révérend » pasteur président de la Ceni Daniel Ngoy Mulunda, dans la province du Katanga ou à Kasumbalesa, par exemple, le taux de participation serait de 99,46% et Joseph Kabila réalise un score de 100%. Par contre au Kasaï occidental, réputé proche de Tshisekedi, le taux de participation est particulièrement faible (58,81%).

Enfin à Kinshasa, hostile au sortant Kabila, 2.000 plis représentants plus de 350.000 électeurs ont été « perdus » et ne seront jamais comptés. Encore et toujours, selon la fondation Jimmy Carter, 500.000 voix se sont évaporées comme ça dans la nature. Ça sent le lapin !

La suprême ironie est que l´opposition congolaise n´a que peu de moyens pour contester les résultats du scrutin : la « justice » (Cour suprême) inféodée et cocaïnée par le pouvoir en place à Kinshasa et la rue. La fin tragique de cette contestation est connue : la proclamation des résultats définitifs de cette présidentielle risque de se dérouler dans la rue !

Car, malgré le désordre organisé du scrutin, l’opposition politique congolaise aura beaucoup de mal à contester le scrutin devant la Cour suprême congolaise.


D´abord, parce que les irrégularités sont tellement nombreuses et l´anarchie a élu domicile au sein même du centre de compilation des résultats de la Commission électorale « indépendante » du Congo Kinshasa.

Donc, il sera impossible sinon très difficile de prouver quoique ce soit – bureaux de votes inexistants ou fermés, bulletins détruits ou perdus, pas de chiffres fiables, doublons sur le fichier électoral – dans un délai légal de 7 jours, devant la Cour suprême de Justice.

Ensuite, un autre casse tête congolais s´appelle changement « tactique » que le fraudeur Kabila venait d´opérer, il y a quelques mois, en nommant la majorité de juges « collabos » du parti présidentiel à la Cour suprême de justice rdcienne.

L´hydre du Congo est que l´opposition congolaise devrait contester les résultats provisoires de la Ceni devant une Cour suprême noyautée par le président sortant pendant que le « président » opposant Tshisekedi ne veut pas saisir cette Cour suprême.

Entretemps, il ne peut pas non plus compter sur la communauté internationale pour se tirer d’affaire ; car la communauté « internationale » ne peut que se contenter de ces élections imparfaites qu’elle a voulu à tous prix, et elle ne peut tolérer la « violence ».

Autant dire que le bout du tunnel au Congo Kinshasa n’est pas pour demain. Reste le recours à la rue qui risque d’enfoncer le pays dans une spirale de violence.

Résultats partiels de la présidentielle du 28 novembre 2011 au Congo-Kinshasa : du n´importe quoi !

La bouffonnerie de cette mascarade électorale est le coup de gueule de la fameuse Cour pénale internationale. Quand Etienne Tshisekedi avait demandé aux congolais de se libérer de la peur pour leur auto-défense, le monde entier avait tremblé.

Des menaces d’arrestations avaient fusé de partout. Quand les militaires de Kabila ont tiré à bout portant sur les manifestants en pleine campagne électorale le samedi 26 novembre 2011, c’est-à-dire au moment où les congolais exprimaient librement leur opinion politique, aucune condamnation n’a été faite par les grands de ce monde.

Au vu de cette vague de violence sans précédents, où des congolais sont enlevés même dans leurs maisons, d´aucuns s’étonnent du silence de la Communauté internationale qui n’hésitait pas à monter au créneau, il y a quelques jours pour condamner des prétendus propos jugés « violents » qu’aurait tenus le candidat Tshisekedi , mais qui brille aujourd´hui par un silence coupable face aux massacres orchestrés par le régime du Congo-Kinshasa avec l’aide de ses mercenaires.

La communauté internationale qui est intervenue en Côte d’Ivoire pour chasser un Président accusé de s’accrocher au pouvoir et en Libye pour prévenir les massacres des « rats » de Kadhafi à Benghazi, semble laisser la violence s’abattre sur un peuple qui a tant souffert.

Comme d’habitude, quand les grandes puissances ne veulent pas agir, ils noient le dossier en le confiant aux organismes onusiens qui n’ont pas le pouvoir réel de décision et qu’elles financent elles-mêmes. Telles sont la Commission des Droits Humains, la Mission de Stabilisation au Congo (Monusco), etc. L’opinion congolaise n’est pas dupe.

Elle observe attentivement le silence et l’indifférence de la Cour pénale internationale quand le raïs des congolais, Joseph Kabila, organise des rafles ou tue à Ndjili, à Kimbanseke, à Kananga, Mbandaka, Mbuji-Mayi, Goma, Beni, Butembo. Devant ce massacre à grande échelle, la Cour pénale internationale se confirme dans ce qu’on savait déjà d’elle : la caisse de résonnance des néocolonialistes racistes.

En République démocratique du Congo, les conditions d’un sursaut de dignité – comparable à celles des Tunisiens ou des Égyptiens – sont réunies. Un régime de prédateurs au sommet de l´État. Une administration gangrenée par la corruption. Une insécurité chronique alimentée directement ou indirectement par les autorités. Des électeurs floués.

Cinq chantiers (promesses électorales) inexistants. Bref, les richesses du sol et sous sol congolais toujours livrées au pillage pendant que la misère accable des Congolais qui peinent à se procurer un repas par jour.

Les enseignants sont à la charge des parents. Et certains parents, à l´est de la Rd Congo par exemple, sont des déplacés de guerre, dont des femmes doivent se frayer le chemin pour aller cultiver leurs champs et ramener de quoi nourrir leurs familles.

Malheureusement, elles sont systématiquement violées en désordre par des bandes armées et même les soldats de l’armée de Kabila, parfois à quelques centimètres des camps des soldats de l´ONU (casques bleus) qui passent l’essentiel de leur temps à attendre le versement de leurs salaires qu’ils s’empressent de renvoyer à leurs familles en Inde, au Pakistan ou au Bangladesh.

Et il n’est pas rare que des massacres de civils se produisent en leur présence sans qu’ils ne réagissent. Lorsqu’ils se rendent dans les zones à risque, c’est pour accompagner des journalistes et des diplomates occidentaux afin de renvoyer aux « occidentaux » les images qui font bonne conscience.

Les Congolais, eux, sont livrés à la merci des « seigneurs » de guerre car les patrouilles des soldats onusiens pourtant payés 1000 dollars par mois – pendant que le soldat congolais touche 42 dollars, quand il est payé, et doit racketter la population pour nouer les deux bouts du mois – sont rares.

Les casques bleus préfèrent se cantonner à Kinshasa et dans les grandes villes alors que les Congolais se font massacrer et violer dans l’arrière pays. La communauté internationale verse plus d’un milliard de dollars par an à la mission des Nations unies au Congo (Monusco), mais l’essentiel de cette somme ne reste pas au Congo.

Les gros salaires étant perçus par le personnel expatrié, les sommes sont renvoyées dans les pays des expatriés et n’apportent rien à l’économie congolaise. Mais les richesses du Congo, notamment les cuivre, diamant, or, coltan, cassitérite, étain, pétrole, bois rares sont souvent arrachées du sol congolais, dans les conditions quasi mafieuses, sans aucun espoir de revenir sous forme d’investissements.

Lorsqu’un peuple est maltraité et humilié de la sorte. Lorsqu´il a l’espoir de voter afin de décider pour son meilleur avenir mais se retrouve devant des urnes pleines de bulletins pré-remplis. Lorsqu’il manifeste son mécontentement mais se fait tirer dessus par une police droguée et dévoyée : le peuple rumine sa colère, sa déception et sa frustration.

Peu importe le temps que ça prendra, mais tôt ou tard l’irréparable va se produire au Congo Kinshasa. Une confrontation sanglante avec son lot de tueries, dans un pays qui a perdu six millions de ses habitants. Pire saignée humaine jamais subie par aucun autre pays depuis la seconde guerre mondiale.

Par Dr. & Habil., Prosper Nobirabo Musafiri
Lecturer and senior researcher at University
Avant, pendant et après la présidentielle à un tour du 28 novembre dernier, la merde électorale continue son bonhomme de chemin en République démocratique du Congo (RDC). Il ne se passe pas un seul jour sans une bourde au Congo Kinshasa.

La dernière en date est la violence et la contestation poste-électorales qui ont déjà fait 4 tués à Kinshasa, 72 heures seulement après l´annonce de la « victoire » du sortant Joseph Kabila.

Et la fondation Carter a mis les pieds dans le plat : les observateurs du Centre Carter ont noté des irrégularités « graves » pour conclure que « les résultats publiés par la commission électorale nationale indépendante (Ceni) en République très très « démocratique » du Congo révèlent des données qui manquent de crédibilités ».

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