lundi 12 décembre 2011

Transparence de la présidentielle du 28 novembre - Le Centre Carter contredit la CENI

Lundi, 12 Décembre 2011


Outre la disparition de près de 3.000 plis contenant des résultats de vote, cette Mission d’observation accuse des chefs de bureaux de vote et de compilation d’avoir altéré des résultats.

Les deux jours de report que le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’était octroyé pour donner une certaine traçabilité à ses résultats avant de proclamer le président sortant Joseph Kabila vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier n’auront pas suffi pour convaincre plusieurs observateurs nationaux et internationaux sur la crédibilité de ces résultats.

Pour preuve, au lendemain de l’annonce de ces résultats, la Mission d’observation du Centre Carter vient de rompre le silence à partir de son siège basé à Atlanta pour remettre en cause la crédibilité des résultats publiés par la CENI.

Dans son rapport général daté du 10 décembre 2011 et portant l’organisation de l’élection présidentielle et législative du 28 novembre 2011, la Mission conduite par l’ancien président zambien Rupiah Banda Bwezani relève de nombreuses irrégularités graves ayant entouré ce scrutin, tout en déplorant la disparition suspecte de près de 2000 plis contenant les résultats de bureaux de vote rien que pour la ville province de Kinshasa.

Disparition à laquelle elle ajoute celle de près de mille autres plis représentant 500.000 électeurs !
Selon la Mission du Centre Carter, le processus de ramassage et de compilation des résultats a compromis l’intégrité de cette élection présidentielle.

Et tout en se disant dans l’incapacité de fournir une vérification indépendante de l’exactitude de l’ensemble des résultats ou du degré dans lequel ceux-ci reflètent leur exactitude dans l’ensemble, la Mission fustige la restriction excessive de la liberté d’expression des électeurs constatée à travers la suspension des SMS sur l’ensemble du territoire, national.

Le rapport général élaboré par cette Mission dont le sérieux ne fait l’ombre d’aucun doute justifie aussi le manque de crédibilité des résultats n’auront de ces scrutins par le fait que des enveloppes scellées contenant des résultats de vote ont été ouverts par des chefs de plusieurs centres de vote et de dépouillement.

Ces derniers, selon la même source, auraient à cette occasion altéré lesdits résultats, violant ainsi les procédures.

La Mission d’observation du Centre Carter accuse également la CENI d’avoir entravé le travail de ses observateurs et de ceux d’autres missions qui n’ont pas eu accès au centre national de traitement (CNT).

Pour le Centre Carter, “ la manière non transparente dont les données ont été transmises et dont la gestion de ces données a été faite enlève une importante possibilité de renforcer la confiance dans les résultats finaux “. C’est pourquoi ma Mission n’a pas hésité à affirmer que les résultats provisoires annoncés par la CENI sur la présidentielle organisée le 28 novembre révèlent plusieurs données qui manquent de crédibilité.

Aux dernières nouvelles nous apprenons que ce rapport commence déjà à faire mouche au sein de la communauté internationale si l’on en juge par les propos tenus sur certains médias occidentaux par Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères. Celui-ci commence aussi à douter de la crédibilité de la CENI et appelle Joseph Kabila à trouver une solution acceptable face à cette crise.

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