jeudi 26 janvier 2012

RDC: Le feu de la contestation des législatives s’étend

Le carnet de Colette Braeckman
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24 janvier 2012

Au départ, le feu était circonscrit à la violente contestation de l’élection présidentielle par les partisans d’Etienne Tshisekedi. Deux mois après le scrutin du 29 novembre, les résultats des élections législatives ressemblent à des flammèches qui embrasent tout le pays !

Contestée de tous côtés, la Commission électorale, dont certains membres seraient prêts à jeter le gant,  a annoncé un report « sine die » de la publication des résultats définitifs, afin, a déclaré son vice président Jacques N’Djoli, de « pouvoir gérer en toute impartialité les recours et réclamations ».

Il a rappelé qu’à Kinshasa, où près de 5500 candidats se sont présentés pour 51 sièges, plus de 70% des votes avaient été compilés et qu’en province le travail était pratiquement  terminé.

C’est précisément là que le bât blesse : au vu des résultats définitifs, les protestations fusent de toutes parts, y compris dans les rangs de la majorité. En effet, nombreux sont les candidats qui, au vu des procès verbaux affichés sur les bureaux de vote le soir même des élections et contresignés par tous les témoins, avaient crié victoire.

Or, une fois passés par les centres de compilation, il apparaît souvent que les résultats définitifs ne correspondent pas aux premières indications.

Et pour cause : les observateurs européens avaient déjà souligné qu’avant de publier les résultats finaux, les centres de compilation les soumettaient à Kinshasa.  Comme si un « deuxième tour dans l’ombre » avait bousculé les cartes ! Dix huit mille candidats s’étant présentés pour 500 sièges à pourvoir, les contestataires sont innombrables,  y compris au sein de la majorité présidentielle où sont dénoncées les pressions exercées sur la Ceni pour qu’elle bouscule les cartes.

Au sein de l’opposition, le malaise n’est pas moindre : alors que le parti de Tshisekedi compte plusieurs dizaines d’élus, très désireux de siéger à l’Assemblée, le « lider maximo » risque de torpiller leurs ambitions. Prenant la parole vendredi dernier  dans sa maison de Limete où il est toujours confiné, entouré de forces de police, Etienne Tshisekedi a considéré comme « nulles » les élections législatives et prévu un recensement général avant les élections régionales et locales.

Comment les élus de l’opposition pourraient ils siéger dans une Assemblée récusée par leur chef ?

Pour endiguer la crise,  trois candidats battue à la présidentielle dont le président du Sénat Kengo wa Dondo, ont préconisé une table ronde au sujet de la validation ou non des législatives, d’un nouveau calendrier électoral et de la réorganisation de la Ceni. 

Si officiellement, le pouvoir n’est pas chaud, demain peut-être c’est tout le pays qui brûlera, les flammes étant attisées par plus de 17.000 mécontents criant à la fraude pour la seule raison qu’ils n’ont pas été élus…..

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