samedi 23 juin 2012

1,2 avec Ray Lema "Je crois qu’il faille vraiment mettre en avant le problème culturel en Afrique"











En 2006, Ray Lema retrouve deux de ses anciens compagnons : Etienne Mbappe et Francis Lassus. Leur rencontre donne lieu à un nouvel album baptisé « paradox ».Nous avons ainsi eu le plaisir de déguster ses notes nomades au cours d’un concert à l’IFC , antenne de Yaoundé.

C’était le 25 mai dernier au cours du festival national des « scènes d’Ebène ». Au micro, l’artiste nous livre ses confidences alors qu’il est encore sous le coup de l’émotion...

1-http://www.kulturoskope.com/ : Etes-vous satisfait de votre séjour au Cameroun, ray Lema ?
Ray Lema : En fait c’est quelque chose que je suis en train de dire depuis que je suis là !

Dans notre Afrique à nous, le Cameroun c’est le premier pays africain en dessous du Sahara, où les gens savent écouter la bonne musique moderne instrumentale.

C’est surprenant pour moi et j’aimerai y revenir plus souvent parce qu’on a besoin des gens qui savent écouter. Vous avez vu à la fin du concert, j’ai parlé de la musique du tibia ! Moi aussi je sais en jouer, seulement tout un continent ne peut pas reposer sa base musicale sur cette musique là !!!

2-http://www.kulturoskope.com/ :c’est quoi la critique musicale que vous faites concrètement sur l’Afrique ?

Ray Lema : La critique de cette Afrique est que, les instrumentistes sont cachés derrière les chanteurs et comme ces derniers veulent tous être des vedettes, alors, il préfère viser la musique du tibia et tout le continent est obligé de se rouler dans ça...Nous avons un problème de rein....

avec Irvin Acao et Etienne Mbappe à la bass!!!

3-http://www.kulturoskope.com/ : Rumba, salsa, bossa-nova…D’aucun qualifient votre musique de nomade et vous quelle identité donnez-vous à votre musique?

Ray Lema : Vous savez, je suis le type de musicien qui n’a pas d’identité fixe. J’ai déjà eu à produire des gens qui font de la rumba, du reggae et je ne sais quoi encore. Mais je m’ennuis terriblement dans la mesure où je dois juste faire « doum tchak,doum tchak » pendant une heure! Je risque de m’endormir en route .Donc comme j’aime bien le reggae ;je peux en faire et même de l’assiko.

Moi je suis mon cœur et j’aimerai bien que l’Afrique commence aussi à suivre son cœur. Savez-vous qu’au Cameroun seulement il ya vous avez aux 200 ethnies ?vous allez vous arrêter au bikutsi parce que c’est la commande des autres ? Du matin au soir, « tac,tac,tac,tac » ,le même son…Quand même !Moi je pense qu’il faut le vivre !

4-http://www.kulturoskope.com/ : Et si vous nous parliez de vos projets avec l’Unesco ?

Ray Lema : Ah ! II faut dire que depuis un moment, je bagarre beaucoup (rires).Je crois qu’il faille vraiment mettre en avant le problème culturel en Afrique. En occident, on dit qu’il est économique ; moi je crois qu’il est plus structurel. Donc mon projet est d’amener les gens à aimer les musiques traditionnelles.

J’ai déjà glané des gens de gauche et à droite pour transcrire ces musiques sur partition pour qu’elles soient mises à la disposition des enfants dans des écoles. Il faut qu’il commence à comprendre cette musique dès le bas âge. Donc un enfant camerounais peut trouver sur sa table du béti, du douala, du bassa, du bamiléké et toutes les autres langues et du coup, nous allons avoir une génération qui ne sera plus compartimentée.

Toutes ces choses seront sa culture. Donc voilà comment résumer très très fort le projet pour lequel nous avons approché l’UNESCO qui malheureusement, ne deal qu’avec les Etats.

Moi je ne suis qu’un individu, on m’a répondu qu’il faudrait que l’initiative vienne de l’Etat.Voilà !

Réalisé par Fidèle Ntoogue
Kulturoscope

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