Vendredi, 22 Juin 2012
Le mercredi dernier, dans une conférence de presse animée à Kigali, Paul Kagame a allumé la mèche. Dans tous ses états, le Chef de l’Etat rwandais a continué à rejeter en bloc les accusations portées contre son pays dans le soutien du mouvement insurrectionnel dans la partie Est du pays.
« Le Rwanda n’est pas la cause des problèmes congolais. Ils existent avant que je naisse. Les problèmes congolais doivent être gérés par les congolais », a-t-il lancé dans un ton ferme. Ensuite, la Mission des Nations Unies pour la Stabilité du Congo (Monusco) et la ‘’communauté internationale’’ n’ont pas été à l’abri de ce qu’il convient de qualifier la colère du Président.
A la première, Paul Kagame a mis en question le sens de son travail dans le territoire congolais. Une présence qu’il qualifie « onéreuse et inutile ». A la seconde, Paul Kagame n’a fait que craché le morceau :
« Avant l’élection présidentielle en RDC, elle voulait se débarrasser du président congolais Kabila ».
Comme pour dire que cette communauté internationale ‘’hypocrite’’, n’a pas des leçons à lui donner.
Impossible innocence Il passe sans dire que ce coup de gueule surprenant ressemble à une attitude de quelqu’un pris dans le sac et qui tente désespérément de se justifier, malgré l’évidence des faits. En réalité, Paul Kagame a fourni à l’opinion internationale des indications claires et nettes sur l’impossible innocence de son pays dans l’affaire qui tourmente la santé sécuritaire de la RDC.
Son intervention, truffée de diversions, laisse jaillir une carence d’explication sur le dossier, les faits étant têtus. Au bout du rouleau, les déclarations dont on n’a jamais osé tenir dans son contexte sur la Monusco ou la supposée ‘’communauté internationale’’ se déversent dans la rue.
Comment est-ce qu’un homme anti-communauté internationale pouvait être au courant du projet de débarrasser Kabila sans être associé dans le coup ?
Comment cette communauté internationale peut-elle demander le consentement pour arrêter Bosco Ntaganda si le problème des congolais n’intéresse pas le Rwanda ? Voilà autant de questions filtrant un possible divorce entre la ‘’communauté internationale’’ d’avec sa chasse gardée, Paul Kagame.
Mis à nu, Paul Kagame délire et s’offre aux dénonciations. Vraies ou fausses, ces dénonciations ne trouvent pas sa quintessence dans l’affaire des mutins M23. Il y a quelques semaines, les Nations Unies avaient accusé le Rwanda de soutenir les mutins du M23.
Après une enquête, Kinshasa a abouti à la même conclusion en détectant même plus de deux cent rwandais dans le rang des mutins. Par la bouche de son porte-parole, Lambert Mende, le Gouvernement congolais a dénoncé ‘’la passivité’’ de Kigali. Après, des rencontres diplomatiques ont été organisées entre les deux pays pour régler cette situation.
Pas plus tard que le mardi, la Ministre rwandaise des affaires Etrangères a séjourné à Kinshasa pendant quarante et huit heures. Le premier jour, elle a discuté avec Joseph Kabila.
Des discussions dites ‘’franches et enrichissantes’’. Le point de presse de Paul Kagame est intervenu juste après cette visite. Ce qui apparemment vient anéantir tous les propos diplomatiques tenus par les deux pays sur cette affaire.
Cela dit, le voile est levé totalement.
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