mercredi 27 juin 2012

par Patrick Mbeko
Dans son livre Servir la République Catilina - César - Cicéron: Quel modèle pour l'Afrique? qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, le docteur Charles Wola Bangala interpelle vivement les élites africaines sur les enjeux auxquels fait face le continent noir en citant une analyse de PATRICK MBEKO. Il écrit :
« Il n’y a rien de plus paradoxal pour un combattant que de ne pas connaître les vrais enjeux de la lutte dans laquelle il s’engage. Et c’est l’une des erreurs des « élites » africaines dans leur commerce avec les « élites » des autres continents. Ces dernières ont démontré, au cours de l’histoire, leur capacité de ruse et de cynisme. Cela aurait déjà dû suffire à ouvrir les yeux des Africains. Mais non.
Dans le cadre de ses recherches en sciences politiques à l’Université de Montréal, Patrick Mbeko a voulu savoir, par exemple, pourquoi la « communauté internationale » refuse de reconnaitre les millions des morts congolais liés aux agressions des voisins rwandais, ougandais et burundais.
A force de chercher, il a fini par découvrir les raisons de ce silence, de cette omerta. Et il l’a fait au nom d’un droit fondamental. Les Africains n’ont-ils pas, en effet, le droit de rechercher la vérité pour savoir pourquoi leur continent souffre continuellement?
Notre chercheur a ainsi découvert que des organismes internationaux de sécurité se font une guerre de chiffres sur la tragédie congolaise, les uns les minorant, les autres les estimant à peu près selon les réalités sur le terrain. Tous ces organismes arguent néanmoins d’utiliser des méthodes scientifiques dans cette comptabilité macabre. Soit.
Malheureusement, découvre Patrick Mbeko avec stupéfaction, « la Human Security Project (HSP), un de ces organismes, est loin d’être une structure indépendante. En examinant les donateurs et les membres qui composent son conseil d’administration, on réalise qu’on est en face d’une de ces organisations Think Tank qui prêchent la bonne parole pour certains intérêts capitalistes.»
L’on pourrait me demander ce que cet excursus a à voir avec la corruption des « élites » intellectuelles africaines. C’est ceci : il est ahurissant de constater que derrière chaque coup fourré contre l’Afrique se cache, paradoxalement, la main d’un Africain.
Contrairement aux élites des autres continents, les Africains ont la propension ─ par faiblesse, naïveté, veulerie, imbécillité, ignorance ou manque d’amour-propre et de confiance en soi─ de s’allier à leurs propres bourreaux. Et c’est ce que montre, par ailleurs, la suite de l’enquête de Mbeko.
En effet, alors que tous les hommes de bonne foi reconnaissent aujourd’hui la responsabilité du Rwanda dans la tragédie congolaise, les esprits corrompus, de par le monde des puissants, continuent de tenir le régime tutsi rwandais pour une victime angélique.
En fait, ils ne font cela que parce qu’ils ont été obligés de prendre au sérieux leur responsabilité dans le génocide rwandais de 1994 qu’ils n’avaient pas voulu ou pu empêcher […]
Mais avançons encore un peu plus à la recherche de la main africaine dans ce drame congolais. Au fil de ses investigations, Mbeko nous emmène chez un certain Andrew Mack, qui est le directeur Human Security Project (HSP).
Ce vénérable professeur aux universités Simon-Fraser de la Colombie-Britannique et de Harvard « a passé deux ans et demi comme directeur de la sécurité auprès de l'ex-secrétaire général des Nations unies » le très respectable Koffi Annan!
Mbeko balance alors : « C'est sous Koffi Annan et son homme de main Mack, que plusieurs dossiers incriminants le Front Patriotique Rwandais(FPR) ont été mis sous scellés, si pas disparus. Au sujet par exemple du rapport Gersony qui accusait le FPR d'avoir exterminé plus de 30 milles rwandais au sud-est du Rwanda, le représentant spécial du secrétaire général des nations-unies à Kigali à l'époque, Shahiyaar Khan a affirmé que Kofi Annan aurait dit : “If this gets out, UN and Kigali Will severely embarrassed.
Prevails on Boutros Boutros-Ghali to reprimand Ogata and to ban further public info” ; c'est-à-dire “Si cela sort, l'ONU et Kigali seront sérieusement embarrassés, Insiste chez Boutros Boutros-Ghali pour qu'il réprimande Ogata, qu'il interdise de le rendre publique”... » (Sic).
Quel intérêt auraient ces grands Africains, que sont Koffi Annan ou Boutros Boutros-Ghali, à laisser se poursuivre la tragédie congolaise, au profit du Rwanda?
Les origines nordiques de son épouse suffiraient-elles pour qu’un haut fonctionnaire de la trempe de Koffi Annan change sa conscience de si vils crimes politiques et humains?
Là encore, ainsi que l’on peut le constater, ce fut une occasion manquée de servir la res publica africaine, mais une preuve supplémentaire d’un déficit de leadership dans le chef des « élites »africaines du savoir et du pouvoir.
Néanmoins, c’est bon pour que les générations futures des bons dirigeants du continent sachent, à l’avenir, devant quelles personnalités il conviendra de dérouler le tapis rouge.» Charles Wola Bangala, Servir la République Catilina - César - Cicéron: Quel modèle pour l'Afrique? Editions L'Harmattan, 2012. pp.90-91.
Dans son livre Servir la République Catilina - César - Cicéron: Quel modèle pour l'Afrique? qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, le docteur Charles Wola Bangala interpelle vivement les élites africaines sur les enjeux auxquels fait face le continent noir en citant une analyse de PATRICK MBEKO. Il écrit :
« Il n’y a rien de plus paradoxal pour un combattant que de ne pas connaître les vrais enjeux de la lutte dans laquelle il s’engage. Et c’est l’une des erreurs des « élites » africaines dans leur commerce avec les « élites » des autres continents. Ces dernières ont démontré, au cours de l’histoire, leur capacité de ruse et de cynisme. Cela aurait déjà dû suffire à ouvrir les yeux des Africains. Mais non.
Dans le cadre de ses recherches en sciences politiques à l’Université de Montréal, Patrick Mbeko a voulu savoir, par exemple, pourquoi la « communauté internationale » refuse de reconnaitre les millions des morts congolais liés aux agressions des voisins rwandais, ougandais et burundais.
A force de chercher, il a fini par découvrir les raisons de ce silence, de cette omerta. Et il l’a fait au nom d’un droit fondamental. Les Africains n’ont-ils pas, en effet, le droit de rechercher la vérité pour savoir pourquoi leur continent souffre continuellement?
Notre chercheur a ainsi découvert que des organismes internationaux de sécurité se font une guerre de chiffres sur la tragédie congolaise, les uns les minorant, les autres les estimant à peu près selon les réalités sur le terrain. Tous ces organismes arguent néanmoins d’utiliser des méthodes scientifiques dans cette comptabilité macabre. Soit.
Malheureusement, découvre Patrick Mbeko avec stupéfaction, « la Human Security Project (HSP), un de ces organismes, est loin d’être une structure indépendante. En examinant les donateurs et les membres qui composent son conseil d’administration, on réalise qu’on est en face d’une de ces organisations Think Tank qui prêchent la bonne parole pour certains intérêts capitalistes.»
L’on pourrait me demander ce que cet excursus a à voir avec la corruption des « élites » intellectuelles africaines. C’est ceci : il est ahurissant de constater que derrière chaque coup fourré contre l’Afrique se cache, paradoxalement, la main d’un Africain.
Contrairement aux élites des autres continents, les Africains ont la propension ─ par faiblesse, naïveté, veulerie, imbécillité, ignorance ou manque d’amour-propre et de confiance en soi─ de s’allier à leurs propres bourreaux. Et c’est ce que montre, par ailleurs, la suite de l’enquête de Mbeko.
En effet, alors que tous les hommes de bonne foi reconnaissent aujourd’hui la responsabilité du Rwanda dans la tragédie congolaise, les esprits corrompus, de par le monde des puissants, continuent de tenir le régime tutsi rwandais pour une victime angélique.
En fait, ils ne font cela que parce qu’ils ont été obligés de prendre au sérieux leur responsabilité dans le génocide rwandais de 1994 qu’ils n’avaient pas voulu ou pu empêcher […]
Mais avançons encore un peu plus à la recherche de la main africaine dans ce drame congolais. Au fil de ses investigations, Mbeko nous emmène chez un certain Andrew Mack, qui est le directeur Human Security Project (HSP).
Ce vénérable professeur aux universités Simon-Fraser de la Colombie-Britannique et de Harvard « a passé deux ans et demi comme directeur de la sécurité auprès de l'ex-secrétaire général des Nations unies » le très respectable Koffi Annan!
Mbeko balance alors : « C'est sous Koffi Annan et son homme de main Mack, que plusieurs dossiers incriminants le Front Patriotique Rwandais(FPR) ont été mis sous scellés, si pas disparus. Au sujet par exemple du rapport Gersony qui accusait le FPR d'avoir exterminé plus de 30 milles rwandais au sud-est du Rwanda, le représentant spécial du secrétaire général des nations-unies à Kigali à l'époque, Shahiyaar Khan a affirmé que Kofi Annan aurait dit : “If this gets out, UN and Kigali Will severely embarrassed.
Prevails on Boutros Boutros-Ghali to reprimand Ogata and to ban further public info” ; c'est-à-dire “Si cela sort, l'ONU et Kigali seront sérieusement embarrassés, Insiste chez Boutros Boutros-Ghali pour qu'il réprimande Ogata, qu'il interdise de le rendre publique”... » (Sic).
Quel intérêt auraient ces grands Africains, que sont Koffi Annan ou Boutros Boutros-Ghali, à laisser se poursuivre la tragédie congolaise, au profit du Rwanda?
Les origines nordiques de son épouse suffiraient-elles pour qu’un haut fonctionnaire de la trempe de Koffi Annan change sa conscience de si vils crimes politiques et humains?
Là encore, ainsi que l’on peut le constater, ce fut une occasion manquée de servir la res publica africaine, mais une preuve supplémentaire d’un déficit de leadership dans le chef des « élites »africaines du savoir et du pouvoir.
Néanmoins, c’est bon pour que les générations futures des bons dirigeants du continent sachent, à l’avenir, devant quelles personnalités il conviendra de dérouler le tapis rouge.» Charles Wola Bangala, Servir la République Catilina - César - Cicéron: Quel modèle pour l'Afrique? Editions L'Harmattan, 2012. pp.90-91.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire