mercredi 3 juillet 2013

EGYPTE - L'armée écarte Morsi

Les manifestants devant le palais présidentiel du Caire, le 3 juillet 2013.
Les manifestants devant le palais présidentiel du Caire, le 3 juillet 2013. (Photo Louafi Larbi. Reuters)
 

L'armée égyptienne a annoncé une élection présidentielle anticipée. La Constitution a été suspendue.

• L'armée a renversé mercredi l'islamiste Mohamed Morsi, premier président civil démocratiquement élu d'Egypte, après une année tumultueuse au pouvoir marquée par des crises à répétition parfois meurtrières.

• Dans une première réaction, M. Morsi, confronté durant sa présidence à une contestation populaire qui a atteint son apogée ces derniers jours, a affirmé que ce "coup d'Etat est rejeté par tous les hommes libres du pays", faisant planer le risque de la poursuite du bras de fer.

• L'annonce de l'armée a été accueillie par une explosion de joie par les dizaines de milliers de ses opposants qui manifestaient en masse à travers le pays.

22 heures. Des voitures défilent en klaxonnant à travers la capitale, tandis que la foule massée sur l’emblématique place Tahrir a exhulté au moment du discours télévisé. «Un comité chargé d’examiner les propositions d’amendements constitutionnels sera formé», explique le général Sissi.

De même, un gouvernement regroupant «toutes les forces nationales» et «doté des pleins pouvoirs» sera chargé de «gérer la période actuelle», selon lui.

Le représentant de l’opposition, Mohamed el-Baradei, s’est exprimé après le général Sissi avec qui il a mené des tractations durant la journée, estime que ces mesures «répondent aux aspirations du peuple».

21h15. L’armée écarte Morsi et annonce une élection présidentielle anticipée. Morsi appelle à résister «pacifiquement» à ce «coup d'Etat complet».  

«Les mesures annoncées par le commandement des forces armées représentent un coup d’Etat complet, rejeté catégoriquement par tous les hommes libres de notre pays», a-t-il déclaré sur Twitter. Il est remplacé par le chef de la Cour constitutionnelle.

20h10. Les Etats-Unis se disent«très inquiets» de la situation en Egypte et ont appelé le président Morsi à «en faire plus» pour répondre aux inquiétudes des manifestants égyptiens. «Nous restons très inquiets de ce que nous voyons sur le terrain en Egypte», a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d’Etat.  

«Nous avons le sentiment qu’il manquait des propositions déterminantes dans les propos du président Morsi», a-t-elle poursuivi, évoquant le discours prononcé mardi par Mohamed Morsi. Washington pense que le président égyptien «devrait en faire plus» pour répondre aux demandes des manifestants, a poursuivi la porte-parole: «Des actes sont plus forts que des paroles».

19h50. «Nous l’oublierons vite !», se réjouissent déjà les manifestants hostiles à Mohamed Morsi. Dans une ambiance festive, ils sont des milliers aux abords du palais présidentiel à attendre la chute, inéluctable selon eux, du chef d’Etat égyptien.  

«Morsi mérite une telle fin. Il n’était que le président des Frères musulmans», affirme Amr Mohamed, 40 ans, sa fillette sur les épaules, près du siège de la présidence dans le quartier d’Héliopolis. Un groupe de femmes a installé une table dans la rue pour distribuer de l’eau et des dattes. «C’est pour le bien de l’Egypte. Nous fêtons le fait d’être débarrassés de Morsi» affirme l’une d’elles, Nehal Sery.

19h15. Une webcam permet de voir en direct les événements sur la place Tahrir.

19 heures. Des dizaines de blindés de l’armée égyptienne se déploient aux abords de rassemblements des partisans du président islamiste Mohamed Morsi au Caire, constatent des journalistes de l’AFP.

Une source militaire, citée par l’agence officielle Mena, a déclaré que les troupes s’étaient massivement déployées dans les quartiers de Nasr City, d’Héliopolis et près de l’université du Caire.

18h40. Le conseiller pour la sécurité nationale du président Mohamed Morsi, Essam al-Haddad, dénonce un «coup d’Etat militaire» après l’expiration d’un ultimatum de l’armée et l’interdiction faite à plusieurs dirigeants islamistes, dont Morsi, de quitter le territoire. 

«Dans l’intérêt de l’Egypte et pour la précision historique, appelons ce qui se passe par son vrai nom : un coup d’Etat militaire», a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur Facebook, peu après l’expiration de l’ultimatum demandant au président Morsi de se plier «aux revendications du peuple», allusion aux foules qui réclament son départ.

18h30. Le président Mohamed Morsi et plusieurs dirigeants des Frères musulmans sont interdits de quitter l’Egypte mercredi, dans le cadre d’une enquête sur une affaire d’évasion de prison en 2011, selon des sources de sécurité.

«Tous les suspects impliqués dans l’affaire des évasions de la prison de Wadi Natroun en 2011, dont le président Mohamed Morsi et plusieurs dirigeants des Frères musulmans, sont sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire conformément à une décision de hauts responsables de la sécurité», a déclaré une source au sein des services de sécurité.

Des responsables à l’aéroport du Caire ont confirmé à l’AFP avoir reçu l’ordre d’empêcher les responsables islamistes, dont le Guide suprême de la puissante confrérie Mohammed Badie et son «numéro 2» Khairat al-Chater, de voyager.

17 heures. Le président égyptien Mohamed Morsi appelle à former un «gouvernement de coalition et de consensus» au moment où expire un ultimatum lancé par l’armée, menaçant d’imposer sa propre «feuille de route» au chef d’Etat s’il ignorait les «revendications du peuple». Sur sa page Facebook officielle, Morsi, contesté par une partie de la population, a appelé à «former un gouvernement de coalition et de consensus afin d’organiser des législatives à venir».

16h30. Des foules de partisans et d’opposants à Morsi se massent à travers l’Egypte à l'expiration de l'ultimatum de l’armée. Cette dernière était engagée entretemps dans d’intenses tractations sur cette «feuille de route» avec l’opposition et des responsables religieux, selon une source militaire.

Les représentants des partis islamistes, dont celui de Mohamed Morsi, ont été invités mais ne sont pas venus.

Morsi, accusé par ses détracteurs d’accaparer le pouvoir au profit des Frères musulmans, avait de nouveau martelé mardi qu’il ne quitterait pas le pouvoir, faisant valoir sa «légitimité» gagnée à l’issue de la première présidentielle démocratique de l’histoire du pays, il y a un an.

Lundi, l’armée lui a donné 48 heures pour «satisfaire les revendications du peuple», dont une partie manifeste par des dizaines de milliers depuis dimanche pour appeler à son départ.

Alors que des violences, notamment lors de heurts entre pro et anti-Morsi, ont déjà fait 47 morts depuis une semaine, le ministère de l’Intérieur a affirmé qu’il répondrait «fermement» à toute violence.

16 heures. Sur l’emblématique place Tahrir, des milliers de manifestants sont rassemblés en scandant «Dégage !» à l’adresse de Mohamed Morsi.  

«Il a répété au moins 1 000 fois le mot "légitimité" comme si nous n’existions pas. Sa légitimité, il la tient du peuple qui aujourd’hui manifeste partout contre lui», dénonce Rouaya, 19 ans, une jeune manifestante voilée rejetant le discours de Morsi.

Les manifestants se massent par milliers place Tahrir, au Caire, le 3 juillet.
Place Tahrir, le 3 juillet. Photo Reuters.

Ailleurs au Caire, des milliers de pro-Morsi étaient toujours massés sur la place Rabaa al-Adaouiya, au Caire. Les rassemblements anti-Morsi commençaient également à se former dans d’autres villes, dont Alexandrie (nord) et Port-Saïd, sur le canal de Suez.

Libération.fr

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