mercredi 3 juillet 2013

En 53 ans d'indépendance, les autorités congolaises ont détruit la RDC

03/07/2013


Qu'avons-nous fait en 53 ans du Congo indépendant ? En un mot comme en cent : nous avons détruit. Les guerres sont passées par là : sécession, rebellions, guerres de libération.

Mais aussi des mesures tout à fait inopportunes : des nationalisations intempestives parmi lesquelles il faut épingler la zaïrianisation et la radicalisation, la laïcisation de l'enseignement, l'unification de l'enseignement supérieur et universitaire, etc.

Les pillages et la corruption devenue endémique ont fini par ruiner tout espoir de redressement du pays au point que des milliers de jeunes, la sève vivifiante de la nation, ne rêvent plus que de lointains pâturages.

Vendredi dernier, à l'ouverture de l'exposition organisée à l'Hôtel Sultani par les Archives nationales du Congo à la veille du 53ème anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, le ministre de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts nous a rafraîchi la mémoire en rappelant que le Congo en tant qu'Etat a été tour à tour propriété privée de Léopold II, Roi des Belges, pendant 23 ans, colonie du Royaume de Belgique pendant 52 ans, indépendant depuis 53 ans aujourd'hui ?

Qu'avons-nous fait en 53 ans d'indépendance ?

En 23 ans d'existence, soit de 1885 à 1908, l'Etat léopoldien a pacifié le territoire national avec une armée, la Force publique, composé principalement de Congolais, tracé l'essentiel et des frontières mis en place une administration dont un ébauche d'Etat civil, lancé la navigation sur le fleuve, construit le chemin de fer Matadi-Léopoldville, ouvert quelques routes, formé des instituteurs et des hommes de métier, et démarré l'extraction minière.

Un bilan largement positif si l''on ferme les yeux sur les moyens qui ont conduit à ce résultat…

Le Congo belge, 52 ans d'existence, presque la durée du Congo indépendant à ce jour, a été sur le plan économique et social un modèle de réussite coloniale.

A la fin de la colonisation, le territoire nationale était relié par fleuve, et lacs, par routes ou par chemins de fer ; administré jusque dans les villages un système scolaire et sanitaire bien encadré ; une économie solide et florissante ; une armée victorieuse pendant les deux guerres mondiales ; un pouvoir d'achat des populations enviable. Un échec cuisant : l'impréparation d'une élite autochtone formée pour la relève de la colonie.

Qu'avons-nous fait en 53 ans du Congo indépendant ?

En un mot comme en cent : nous avons détruit. Les guerres sont passées par là : sécession, rebellions, guerres de libération. Mais aussi des mesures tout à fait inopportunes : des nationalisations intempestives parmi lesquelles il faut épingler la zaïrianisation et la radicalisation, la laïcisation de l'enseignement, l'unification de l'enseignement supérieur et universitaire, etc.

Les pillages et la corruption devenue endémique ont fini par ruiner tout espoir de redressement du pays au point que des milliers de jeunes, la sève vivifiante de la nation, ne rêvent plus que de lointains pâturages.

Qu'avons-nous fait ? Il est temps que cette question nous taraude l'esprit jour et nuit.

Nous, dirigeants congolais, c'est-à-dire hommes politiques, opérateurs économiques, professeurs d'université, cadres à tous les niveaux, toutes catégories confondues.

Thomas Makamu 
© KongoTimes

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