jeudi 4 juillet 2013

Le nouveau rapport des experts onusiens banalise le « soutien continu mais limité » du Rwanda au M23

 Wednesday, 03 July 2013



Le prochain rapport intermédiaire du groupe d'experts de l'ONU sur la situation en République démocratique du Congo a été divulgué ce week-end par Inner City Press. 


Dans ce rapport plus contrasté que le précédent, l'ONU révèle que le soutien du Rwanda au M23 est désormais « limité » et que l'armée régulière (FARDC) « collabore » avec le groupe armé des FDLR.

Le tout nouveau rapport préliminaire du groupe d'experts de l'ONU sur la République démocratique du Congo daté du 20 juin 2013 a fuité ce dimanche et été mis en ligne en exclusivité par Inner City Press (rapport accessible en anglais ici).

Le rapport final 2012 avait suscité une vive polémique l'an passé en accusant le Rwanda et l'Ouganda de soutenir les rebelles du M23, en guerre contre le gouvernement congolais à l'Est de la RDC. 


Selon ce précédent rapport, « les leaders du M23 avaient reçu des ordres militaires directs du chef de l’armée rwandaise et Kigali avait fourni armes lourdes, conseils militaires et politiques aux rebelles », une petite bombe diplomatique qui avait plongé Kigali dans l'embarras.

Rwanda : « soutien continu mais limité au M23 »

Le nouveau rapport 2013 du groupe d'experts était donc très attendu, tant par Kigali, que par Kinshasa et l'ensemble de la communauté internationale. Ce dimanche, le rapport préliminaire était opportunément disponible sur internet. 


Il est plus nuancé et contrasté que le précédent, notamment sur l'implication des pays voisins dans l'aide à la rébellion du M23.

Le groupe d'experts note qu'il ne dispose à ce jour « d'aucune indication de soutien de l'Ouganda aux rebelles » et a « recueilli des preuves d'un soutien continu - mais limité - au M23 en provenance du Rwanda ». 


Le rapport explique ensuite, qu'après les combats au sein du M23 entre pro-Makenga et pro-Ntaganda en mars 2013, la fuite de Bosco Ntaganda et de 788 de ses hommes a considérablement affaibli la rébellion « incapable de contrôler l'ensemble de son territoire ».

Les experts estiment que le M23 de Sultani Makenga est actuellement composé de (seulement) 1.500 soldats répartis sur une superficie de 700 km2. La rébellion continuerait donc à recruter au Rwanda, selon l'ONU, et enrôlerait des soldats rwandais démobilisés.

Le Rwanda lâche Ntaganda et se rapproche de Makenga

Autre élément important révélé par le rapport préliminaire du groupe d'expert : le Rwanda (vraisemblablement sous pression internationale) aurait fait sérieusement le ménage dans ses relations avec la rébellion du M23.

Les experts expliquent que les autorités rwandaises ont arrêté un colonel rwandais, Jomba Gakumba, « en raison de ses liens étroits avec Bosco Ntaganda ». 


Le 10 mars 2013, les autorités rwandaises ont également arrêté Gafishi Semikore et Theo Bitwayiki, alors « qu'ils tentaient d'aider Bosco Ntaganda au Rwanda en lui fournissant des munitions ».

Le Rwanda s'est donc visiblement très vite détourné de Ntaganda, devenu infréquentable, pour venir en aide à son rival Sultani Makenga. 


« Deux membres et un collaborateur du M23 ont confirmé que des groupes de soldats rwandais démobilisés s'étaient infiltrés en RDC au cours des deux semaines de combats pour aider Makenga », selon le rapport.

Autre information intéressante de l'ONU : les centres de commandement de la rébellion se seraient déplacés : le siège administratif du M23 se situerait à Rumangabo et le quartier général militaire serait à Chanzu.


Christophe Rigaud
Le Potentiel

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