Lundi 30 septembre 2013
Dans
une lettre adressée à Mary Robinson, l'Envoyée spéciale du Secrétaire
général de
l'ONU pour les Grands Lacs, et à Martin Kobler, Représentant spécial
du Secrétaire général de l'ONU en RDC, la société civile du Nord-Kivu
s'oppose à l'idée d'amnistier et d'intégrer tous
les rebelles du M23 dans l'armée tel que le propose le président
ougandais Yoweri Museveni, médiateur dans la crise entre Kinshasa et le
M23.
Une telle démarche est «dangereuse» pour le pays,
estime la société civile dans cette correspondance publiée à Goma en
début du week-end dernier.
Notre
coordination a appris la proposition du président ougandais d'une
solution à la burundaise de la crise du M23. C'est-à-dire,
l'octroi d'une amnistie générale à tous les éléments du M23 pour
leur intégration ensuite dans les FARDC. Notre coordination attire
l'attention de Mme Mary Robinson et de M. Martin Kobler
sur le danger que pareille initiative présente», a affirmé le porte-parole de la société civile du Nord
Kivu, Omar Kavota.
D'après lui, «une
intégration de ce genre consacrerait l'impunité flagrante des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et d'autres
graves violations des droits humains perpétrés par les criminels du M23».
Pour la population du Nord-Kivu, a poursuivi Omar Kavota, «la
rébellion du M23 est composée des criminels, des militaires rwandais
et ougandais qui cherchent à nouveau à infiltrer l'armée congolaise en
vue de continuer à fragiliser la réforme de l'armée
entreprise par le gouvernement et poursuivre le plan de la
balkanisation.»
Il y a dix jours, Omar Kavota avait
exprimé sa «déception suite à la disponibilité du gouvernement congolais à intégrer les rebelles du M23 dans
l'armée même dans les institutions politiques », estimant qu'en faisant cela, Kinshasa risquerait « d'intégrer au sein des FARDC une très grande partie de l'armée rwandaise».
Le gouvernement congolais a pour sa part remis à la Monusco une liste reprenant près d'une centaine
de membres de la rébellion du M23 qu'il ne souhaite pas réintégrer dans l'armée.
Officiellement, les rebelles estiment que les questions liées à leur réintégration dans l'armée sont
« subsidiaires ». C'est ce qu'a affirmé à l'AFP Bertrand Bisimwa, le président du M23 :
"Nous
nous battons pour le pays et pour notre survie. Pour la sécurité de
notre population, le retour
des réfugiés et la réconciliation nationale. C'est à ces problèmes
qu'il faut accorder beaucoup plus d'importance. Ces questions doivent
trouver une réponse à Kampala. Nous ne nous battons pas
pour l'amnistie, nous ne nous battons pas pour l'intégration. (…) La
question de l'amnistie, la question de l'intégration, ce sont des
questions subsidiaires".
Les
dirigeants du M23 ont combattu au sein de l'ex-rébellion du CNDP avant
d'intégrer l'armée aux
termes d'un accord de paix signé le 23 mars 2009 à Goma avec le
gouvernement. Le M23 tire son nom de cet accord de paix dont il
revendique la pleine application depuis mai 2012.
En
novembre 2012, les rebelles ont occupé brièvement la ville de Goma
avant de la quitter en échange
des négociations ouvertes en décembre de la même année à Kampala.
Ces pourparlers suspendus depuis mai ont repris le 10 novembre dernier
après que les FARDC appuyées par la brigade offensive de
la Mission de l'ONU en RDC ont repoussé les rebelles à une trentaine
de kilomètres de Goma qu'ils menaçaient de reprendre.
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