jeudi 5 septembre 2013

Sommet de Kampala. Echec et mât. Robinson pour une sortie honorable de Kagame


jeudi 5 septembre 2013 

 
A travers le sommet qui s’ouvre aujourd’hui à Kampala, Mary Robinson veut tout simplement chercher une sortie honorable pour Paul Kagame, coincé par toute la communauté internationale à cause de son soutien avéré aux rebelles du M23

*En prônant la solution politique, l’Envoyée spéciale de Ban ki-Moon contredit la déclaration du Conseil de sécurité du 28 août 2013, qui exige au M23 et à d’autres groupes armés, y compris les FDLR de mettre immédiatement fin à toutes les formes de violence et activités déstabilisatrices et que leurs membres soient démobilisés

C’est depuis dimanche dernier que Mary Robinson, l’Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU séjourne en République démocratique du Congo. 
A en croire plusieurs Congolais, l’ancienne présidente de l’Irlande était venue appuyer les FARDC et la Brigade spéciale d’intervention qui sont déterminées à éradiquer les rebelles du M23 ainsi que d’autres milices qui écument les pauvres populations de l’Est de la Rd Congo. 
D’autant plus qu’il a été prouvé et reconnu que c’est le Rwanda qui combat derrière les rebelles du M23.

Robinson indésirable

Telle n’a pas été notre surprise de constater qu’au lieu d’encourager cette dynamique, l’Envoyée spéciale se permet de déclarer à qui veut l’entendre qu’elle est venue en Rdc pour privilégier une solution politique, parlant à peine de l’option militaire. 
Et pourtant, le chef de l’Etat n’a jamais négligé cette solution politique. En définissant sa stratégie en trois volets (politique, diplomatique et militaire), il a manifesté sa volonté de concourir à la cessation des hostilités à l’Est de son pays. Et même les Concertations nationales qui s’ouvrent ce week-end en sont une preuve interne indéniable.

En réalité, tous ces volets sont à ce jour activés. Raison pour laquelle le pays remporte, aujourd’hui plus qu’hier, des batailles notamment sur le front militaire contre la coalition RDF-M23. 
Sur le plan diplomatique, toute la communauté internationale est d’avis que c’est le Rwanda qui appuie ces rebelles et il devrait être condamné pour ce comportement qui viole les dispositions de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.

En lieu et place de continuer la traque des milices et autres forces négatives par respect à la Résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations Unies, Mary Robinson vient distraire les Congolais, une fois de plus, avec une prétendue solution politique. Et cela, une stratégie bien trouvée chaque fois que les Fardc se comportent en maître de terrain sur la ligne de front.

C’est comme si chaque fois que les FARDC appuyées par la Brigade spéciale d’intervention gagnent du terrain, une certaine communauté internationale avec Mary Robinson à la tête intervient pour distraire les Congolais en arrêtant l’attaque, freinant l’élan, …le temps de permettre ainsi à son protégé le Rwanda de se préparer pour reconquérir les territoires congolais qui lui échappent un à un.

Malheureusement, cette machination ne réussira plus et les Congolais ne sont plus naïfs. Car, agir de la sorte, c’est prendre des Congolais comme des imbéciles. 
Aujourd’hui, il est prouvé qu’on n’a jamais appris qu’on a violé les femmes au Rwanda, qu’on a tué les pauvres populations ou pillé les ressources naturelles au pays de mille collines. C’est toujours en Rd Congo où ces graves cas de violations des droits de l’homme sont perpétrés.

En réalité, Mary Robinson est venue se moquer, voire cracher sur la mémoire de plus de 6 millions des Congolais tués, en voulant verser quelques larmes de crocodile. Si tel était le cas, il serait préférable qu’elle ne vienne plus en Rd Congo.

Kampala, une pure distraction

En prônant cette fameuse solution politique, Mary Robinson s’est permis de contredire le Conseil de sécurité qui s’était réuni sur demande de la Rd Congo et de la France. 
Dans un des paragraphes de la déclaration du Conseil de sécurité présidé pour le mois d’août par Mme Maria Cristina Perceval de l’Argentine, il est exigé au M23 et à d’autres groupes armés, y compris les FDLR, qu’ils mettent fin immédiatement à toutes les formes de violence et activités déstabilisatrices et que leurs membres soient démobilisés immédiatement et de façon permanente pour déposer les armes. 
A cet égard, ils ont aussi rappelé qu’ils étaient prêts à adopter de nouvelles sanctions ciblées contre les éléments qui agissent en violation du régime des sanctions et de l’embargo sur les armes.

Nulle part, comme on peut bien le constater, le Conseil de sécurité n’exige un quelconque accord politique avec des gens qui sont voués à la disparition. Au contraire, il exige qu’ils soient démobilisés, c’est-à-dire qu’ils perdent leur statut de militaire et soient intégrés dans la société en vue de la reconstruction du pays.

Pour plusieurs Congolais, Kampala ressemble à une pure distraction. Car en effet, dans leur sale besogne, le souhait de Robinson et de tous ceux qui sont derrière elle, c’est de permettre à Paul Kagame, de surcroit président d’un pays devenu il y a peu anglophone pour des raisons évidentes, de sortir de ce conflit la tête haute. 
Pendant que toute la communauté internationale est au courant que le Rwanda est trempé dans cette crise de l’Est des pieds à la tête. Raison pour laquelle tous les Congolais n’accepteront pas que leur président soit humilié, alors que seul Kagame mérite bien cette infamie.

Lorsque Mary Robinson parle de la solution politique, en réalité, elle voudrait demander à la Rd Congo d’intégrer ces criminels qualifiés comme tels par la communauté internationale au sein de son armée et de créer cette zone franche en leur faveur. 
Pendant ce temps, nombreux d’entre eux sont recherchés tant par la justice internationale (Cour pénale internationale), que par la justice nationale.

Et certains encore sont sous sanction des Etats-Unis qui ont notamment gelé leurs avoirs avec interdiction de voyager. Si elle peut avoir la facilité d’exiger cela à la Rd Congo, pourquoi ne pas demander au Rwanda de faire de même, en intégrant les FDLR dans son armée et à l’Ouganda d’emboiter le pas en ce qui concerne les ADF-NALU ?

Si elle a une mémoire courte, les Congolais ne sont pas prêts à oublier l’expérience douloureuse de l’intégration des militaires de l’ex RCD/Goma, pourquoi pas du CNDP au sein des FARDC. Quel est leur sort aujourd’hui ? 
Si Robinson était sincère, elle devait prendre tout son courage en mains et exiger cela à Paul Kagame et à Yoweri Kaguta Museveni.

Nombreux avaient cru qu’en arrivant en Rd Congo, Mary Robinson va appuyer sur l’accélérateur et soutenir la solution défendue par Jakaya Kikwete, président tanzanien, lorsqu’il a demandé au Rwanda et à l’Ouganda de discuter avec leurs rébellions respectives pour mettre un terme à la crise dans la Région des Grands Lacs.

Le moment est donc venu pour les Congolais, de toutes les couches sociales, de se mobiliser comme un seul homme, afin de condamner la tentative de Mary Robinson et d’encourager les FARDC, appuyées par la Brigade spéciale d’intervention des Nations Unies, à traquer ces terroristes jusque dans leur dernier retranchement.

Quand poursuivre Kampala devient sa priorité

Mary Robinson, Envoyée spéciale de Ban ki-Moon ; Martin Kobler, numéro 1 de la Monusco, Boubacar Diarra de l’Union africaine, Russel Feingold des Etats-Unis d’Amérique et Koen Vervaeke de l’Union européenne sont tous dans la Région des Grands Lacs. 
Après Kinshasa où ils ont rencontré les autorités du pays, ils se sont rendus hier à Kampala où doit s’ouvrir un sommet pour la pacification de la sous-région.

Peu avant leur départ, lors d’un point de presse commun tenu dans la soirée, M. Robinson acculée par la presse a soutenu qu’en dépit du fait que les Fardc, soutenues par la Brigade se comportent bien au front, il est temps de profiter de ces prouesses pour relancer Kampala, en ce moment où le M23 est faible.

Mettant du baume au cœur de son auditoire, elle pense comme à l’accoutumée que ce n’est pas par les armes, mais par le dialogue entre voisins que l’on aura une paix durable. 
Peut-être qu’elle ignore aussi qu’il est dit que « celui qui veut la paix prépare la guerre »,… peut-être qu’elle a voulu tout simplement redéfinir les missions dévolues à la Brigade sur laquelle elle est censée veiller. 
Et comme la politique de l’autruche est son cheval de bataille, rien de bon ne sortira de celle qui croit que la solution politique va l’emporter sur la solution militaire. Mettre autour d’une même table des hommes aux intentions pernicieuses et occultes contre la Rdc ne tirera pas le pays d’affaire.
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L’Avenir

Guerres et massacres au Congo : Faut-il "surveiller"les Américains ?

A priori deux pays et deux peuples n’ayant rien à voir l’un avec l’autre. La République Démocratique du Congo et la Syrie. Sauf d’être les cibles concomitantes de l’Amérique et de ses alliés militaires. 

Quelles que soient les explications qui pourront être fournies pour justifier ces actions, les Etats-Unis se révèlent être un empire militaire assez inquiétant. 

Mais l’occasion tombe à point nommé. Il était temps de savoir ce que subit un peuple, les Congolais, meurtri de façon récurrente dans le silence de la communauté internationale par deux alliés des Etats-Unis. 


Les attaques rwando-ougandaises devaient être menées juste pendant que Washington " absorbe" l’actualité internationale.

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Il a fallu du temps pour relever de troublantes coïncidences entre les emballements médiatiques déclenchés par Washington et les déclenchements des opérations armées contre le Congo à partir du Rwanda et de l’Ouganda, deux puissants alliés du Pentagone en Afrique accueillant des coopérants militaires américains. 


La dernière semaine du mois de septembre a été marquée par une montée de fièvre, Washington s’apprêtant à mener des frappes contre la Syrie. 

C’est exactement le moment que choisit le Rwanda pour dépêcher plusieurs bataillons sous le couvert du M23 dans l’Est du Congo et bombarder la ville de Goma en violation de plusieurs règles du droit international dont la Charte de l’ONU prohibant les actes d’agression et les dispositions du Statut de Rome sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité (bombardement des populations civiles). 

L’opération est « heureusement » un tragique fiasco pour Kigali, l’armée congolaise et les troupes tanzaniennes de la brigade d’intervention de l’ONU ayant réussi à repousser l’agression

C’est aussi le moment que choisit l’Ouganda, à la grande surprise des Congolais, pour franchir la frontière et occuper le territoire de Mahagi au Nord-Est du Congo. La violence des attaques et leur coordination interpellent. Hasard de calendrier ? Sûrement pas.

De troublantes coïncidences

Il y a près d’un an, en novembre 2012, les armées rwandaise et ougandaise avaient lancé une opération éclair dans l’Est du Congo sous couvert du M23 qui se termina par la prise de Goma


Personne n’avait relevé que les médias internationaux étaient absorbés par la campagne présidentielle américaine. On avait tenu l’opinion internationale en haleine sur une possible défaite de Barack Obama face à Mitt Romney, juste ce qu’il faut pour passer sous silence la fulgurante opération que les deux alliés militaires des Etats-Unis, Museveni et Kagamé, menaient dans l’Est du Congo. 

Un hasard de calendrier là aussi ?... Certainement pas.

  
Le M23 dans les rues de Goma

En tout cas, les coïncidences se multiplient et ne laissent guère de place à l’hypothèse de simples hasards de calendrier.

Il y a cinq ans, en octobre-novembre 2008, le CNDP, l’ancêtre du M23, moribond quelques semaines seulement auparavant, s’était révélé d’une puissance de feu étrangement déroutante. L’armée congolaise fut balayée au bout de quelques jours de combats. 


Des milliers de soldats et de civils congolais furent jetés dans la nature, terrifiés par des massacres comme celui de Kiwanja. Les autorités congolaises signèrent un véritable acte de capitulation que sont les fameux accords du 23 mars 2009 et acceptèrent, sur instruction de l’administration Obama[1], l’entrée des bataillons rwandais sur le territoire congolais. 

Officiellement pour traquer les rebelles hutus rwandais des FDLR. L’accord fut en réalité un piège qui permit au Rwanda de disposer d’une véritable armée parallèle dans l’Est du Congo comme cela a fini par être révélé. 

Une armée de chevaux de Troie en mission pour drainer les minerais de l’Est du Congo vers le Rwanda[2] où s’activent des multinationales impliquées dans le trafic des minerais de sang[3], anglo-saxonnes pour la plupart.

Ce qu’on a oublié de relever, c’est que cette humiliante déroute de l’armée congolaise se produisit au moment où le « monde entier » accompagnait le premier président noir à la Maison Blanche. 


Personne n’aurait imaginé que pendant ce grand moment de frénésie planétaire aux cris de « yes we can », des mains occultes orchestraient un énième carnage dans l’Est du Congo, à l’insu de l’opinion internationale. 

Une fois la fièvre électorale retombée aux Etats-Unis, plus un seul coup de feu ne fut tiré par les combattants rwando-ougandais. Du moins, jusqu’à la « prochaine occasion ».

Les mystères de la Première Guerre du Congo

Ça commence à faire beaucoup. Il semble que dès la Première Guerre du Congo, il fallait relever le lien entre les grands moments de l’actualité internationale « orchestrée » par les Etats-Unis et le lancement des opérations militaires contre le Congo.

En effet, on s’est longtemps demandé comment un pays de la taille du Rwanda, qui sortait d’une guerre qui l’avait saigné sur le plan démographique et ruiné sur le plan économique, a pu acquérir la capacité de terrasser un mastodonte de la taille du Zaïre (90 fois plus grand que le Rwanda) et mené ses troupes jusqu’à Kinshasa, en moins de six mois. 


Les recherches entreprises plus tard ont révélé que plusieurs pays avaient été mêlés à l’atroce « aventure ». Mais la vitesse avec laquelle cette coalition s’était formée laissait perplexe. 

Des mains secrètes avaient tout entrepris pour que des Rwandais, des Ougandais, des Burundais, des Angolais, des Zimbabwéens, et surtout des Américains, des Britanniques et même des Israéliens se retrouvent tout d’un coup ensemble, à ce moment précis, pour mener l’assaut contre le Zaïre du Maréchal Mobutu.

Là aussi, un hasard de calendrier ? Surtout pas ! Le « monde entier » était alors scotché devant les écrans pour « accompagner » Bill Clinton vers son second mandat face au républicain Bob Dole. 


Personne, ou presque, ne prêta attention à la boucherie qui se déroulait dans les forêts du Congo et à une intense, mais discrète, activité de l’armée américaine dans la région des Grands Lacs. 

Personne n’avait prêté attention à l’intérêt croissant des Etats-Unis pour les ressources du Continent africain, exprimé quelques années plus tôt par l’administration Clinton et aux effets dévastateurs que ces intérêts étaient au point de produire sur le Congo, pays particulièrement visé par Washington. 

Personne ne prêtait attention aux dirigeants avec qui les Etats-Unis faisaient alliance en Afrique (Museveni et Kagamé) et à la calamité qu’ils mijotaient contre le Congo et qu’il a fallu quelques années pour commencer à comprendre[4].

Lorsque la pression médiatique retombe, et que Bill Clinton finit de s’installer confortablement dans son second mandat, le dernier coup de feu a été tiré au Congo. Tout redevient calme. Sauf que le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) ne retrouve plus ses réfugiés hutus. Entre 100.000 et 400.000 d’entre eux ont disparu, comme avalé par un trou noir. 


Les témoignages sont étouffés, discutables, mais lorsqu’on met la main dessus, on imagine aisément l’ampleur de l’horreur qui vient de se dérouler, à une « vitesse éclair », dans les forêts du Congo. On sait seulement que les auteurs de ce massacre « de haute volée » n’ont jamais été inquiétés. Ca, au moins, ça ne peut pas être le fait du hasard, les crimes ayant bel et bien été commis. 

Il faudra attendre 2010, c’est-à-dire 14 ans, pour que les enquêteurs de l’ONU produisent un premier rapport[5], assez timide, mais suffisant pour ouvrir juste une lorgnette sur cette effroyable « exploit militaire ». Moins de six mois… Il doit y avoir un chef d’orchestre doué d’un génie froid derrière ces menées macabres.

SOS pour les populations du Congo !

On est naturellement dérouté par l’idée que « la plus grande démocratie du monde » puisse être mêlée[6] à ces guerres de massacre. Mais on ne peut pas non plus ne pas soulever des interrogations sur Washington qui dispose de coopérants militaires très entreprenant[7] au Rwanda et en Ouganda. 


Museveni et Kagamé peuvent-ils vraiment envoyer des troupes à répétition dans l’Est du Congo à l’insu du Pentagone et des coopérants militaires américains

Des questions embarrassantes, mais qui devraient susciter l’extrême vigilance sur le sort des Congolais. En tout cas, il va falloir désormais surveiller l’actualité internationale dominée par les Etats-Unis. 

Que les dirigeants américains soient de bonne foi ou pas, par rapport aux tragédies à répétition qui déciment femmes et enfants dans l’Est du Congo, les coïncidences deviennent suffisamment inquiétantes pour que l’histoire à venir du Congo, face aux Etats-Unis, puisse faire l’objet d’une rigoureuse surveillance. 

Ne serait-ce que par compassion pour les populations innocentes de l’Est du Congo qui ne demandent qu’à vivre et qui méritent meilleur traitement de la part des « grands pays civilisés ».

Paranoïaque ou échaudé à raison ?

On peut déjà commencer à s’inquiéter pour 2016, une année annoncée pour être à risque. Le Président Kabila finit son second mandat et on ne sait toujours pas s’il envisage de se maintenir au pouvoir


Mais surtout, de l’autre côté de l’Atlantique, le Président Obama va céder son fauteuil, limitation à deux mandats oblige. Coïncidence explosive… Pour une fois, les « amis » du peuple congolais seraient bien inspirés de ne point se passionner pour la campagne présidentielle américaine. 

C’est le contexte idéal dont profitent les « bouchers » de tous poils pour massacrer des populations sans défense dans l'Est du Congo. Mais en attendant 2016, il va falloir suivre avec attention une possible intervention américaine en Syrie. 

On sait que le Rwanda, allié de Washington, masse des troupes dans la ville frontalière de Gisenyi[8]. Au premier bombardement en Syrie, ces troupes pourraient déferler sur Goma.

Et il y a déjà des indices qui devraient inquiéter au plus haut point. L’envoyée spéciale de l’ONU, Mary Robinson, proche de Londres et Washington, répète à qui veut l’entendre qu’il faut une solution négociée à la crise actuelle de l’Est du Congo[9]


Que faut-il négocier avec les individus qui ont largué des bombes sur la population de Goma et de Gisenyi ? Que faut-il négocier avec les individus qui avaient pillé Goma en novembre 2012 et violé des dizaines de femmes[10]

Faut-il que le Congo réintègre dans son armée de nouveaux Ntaganda qui ont longtemps paralysé le pays sur le plan de la défense ? 

Les appels à la négociation laissent les Congolais perplexes. On demande l’impensable à un peuple, mais ce n’est pas le sujet qui devrait retenir l’attention. 

Il faut penser à une prochaine attaque qui se prépare, les discours sur une « solution négociée » ne servant qu’à distraire l’armée et la population pour faciliter la victoire aux armées d’agression.

Décidément, le Congo est la cible de trop de coups fourrés et de complots meurtriers qui commencent seulement à livrer quelques indices. Le péril est que trop de monde s’y trouve mêlé.

On s’est longtemps demandé comment est-il possible qu’au 21ème siècle la mort de six millions de personnes passe quasiment à l’insu de l’opinion internationale. 


Il n’est pas rare, de se retrouver en Occident avec des gens qui ne savent même pas situer la République Démocratique du Congo sur la carte. Le pays où se déroule le plus grand massacre du monde est un illustre inconnu de l’actualité internationale. On commence à y voir clair.

En faisant coïncider les attaques contre le Congo avec les grands moments de l’actualité internationale, on a chaque fois créé un épais rideau de fumée que l’opinion internationale peine toujours à percer. 


Quel média serait aujourd’hui audible en parlant du M23 pendant que le monde retient son souffle dans l’angoisse d’une possible attaque américaine contre la Syrie ? 

Et pourtant des dizaines[11], voire des centaines de soldats rwandais viennent de périr dans les batailles au nord de Goma. Une bérézina qui aurait pu « bénéficier » d’une couverture médiatique planétaire. Incognito… Sauf pour les familles des soldats rwandais.

Mais qui aurait imaginé une telle coordination des opérations armées contre deux pays si différents (RD Congo et Syrie). Des agents au Pentagone ?

On aboutit à l’angoissante conclusion que les massacres des populations dans l’Est du Congo, depuis maintenant 17 ans, ont les allures d’un « chef-d’œuvre » ultra-macabre réalisé de main de maître suivant un timing rigoureusement calibré.

Effrayant…
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Boniface MUSAVULI 



 

Moment de deuil après le massacre de Kiwanja

[1] http://blog.lesoir.be/colette-braec...

[2] http://blog.lesoir.be/colette-braec...

[3] http://blogs.mediapart.fr/blog/sam-...

[4] http://www.amazon.fr/Crimes-organis...

[5] http://www.ohchr.org/Documents/Coun...

[6] Pierre Péan, Carnage - Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Éditions Fayard novembre 2010, pp. pp. 339-390.

[7] http://oeildafrique.com/loccupation...

[8] http://radiookapi.net/actualite/201...

[9] http://fr.africatime.com/republique...

[10] http://www.hrw.org/fr/node/117360

[11] http://radiookapi.net/actualite/201...

Mary Robinson: "Je serai directe avec Kigali."

L’émissaire spéciale de l'ONU pour les Grands Lacs visite la région avant le sommet de la CIRGL, le 5 septembre à Kampala.

 

Mary Robinson (à dr.) parle aux journalistes à Goma, en compagnie du représentant de l'ONU en RDC Martin Kobler (2 sept. 2013)

L’émissaire spéciale des Nations Unies pour la région des Grands Lacs se promet d’être “directe” avec Kigali, quant aux preuves du soutien rwandais aux rebelles du M23 en RDC. 


Mary Robinson espère aussi que les récents succès militaires face aux rebelles offriront une chance de trouver une solution politique à la crise.

Mary Robinson est arrivée lundi à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, dans le cadre d’une tournée dans la région. Sa visite fait suite à presque 2 semaines de combats entre les FARDC et le M23, non loin de la ville. 


Elle doit participer le 5 septembre à Kampala au sommet de la CIRGL, où les leaders de la région discutent du conflit en RDC.

 

Des combattants du M23

Le Rwanda continue de démentir tout soutien au M23, mais Mme Robinson assure qu’elle est prête à aborder franchement la question avec les leaders de ce pays: 


"Je ne dis pas une chose à Goma, et une autre au Rwanda. Je dis de dures vérités, particulièrement à ceux qui doivent entendre de telles vérités directement. Et je suis prête à parler très franchement, tout en maintenant le dialogue avec le Rwanda, parce que c’est mon rôle, ma responsabilité."

Pour le groupe d’experts des Nations-Unies, le Rwanda a des liens militaires avec les rebelles congolais, et les Etats-Unis ont eux-mêmes appelé Kigali à mettre fin à tout soutien au M23 – malgré ses démentis.

D’autres émissaires étrangers dont ceux de l’Union africaine Boubacar Diarra, et des Etats-Unis Russ Feingold, doivent se joindre à Mme Robinson, lors de sa tournée qui inclue une étape au Rwanda.

 

Est de la RDC, une véritable poule aux œufs d’or

04/09/2013 

 

FARDC
 

"Pour comprendre une partie de la guerre de l’est de la RDC, il faut s’arrêter sur le lac Albert"

Anciennement appelé Lac MOBUTU SESE SEKO, le lac Albert est l’un des plus grands lac d’Afrique, il se trouve dans la région dite des grands lacs, sur la chaine des lacs de la vallée du grand rift, à la frontière entre l’Ouganda et la république Démocratique du Congo. 

Le lac Albert est bordé au nord ouest par les montagnes bleus qui forment la ligne de partage entre les eaux du bassin du Nil et celle du bassin du Congo ; au sud est par le lac Victoria l’une de ses sources provenant du Nil Victoria et au sud ouest par la rivière SEMLIKI en provenance du lac EDOUARD et à l’extrémité nord, il y’a le Nil Albert connu sous le nom de Nil des montagnes, lorsqu’il pénètre au Soudan.

L’Ouganda possède 57% du lac Albert alors que la RDC n’en possède que 43%, il est l’un des lacs les plus poissonneux au monde, du côté Ougandais par exemple, les captures de poissons sont évaluées à 22.000 tonnes/an dont 60% sont des TILAPIA (le lac Albert a un nombre important d’espèces de poissons, mais 50% sont en voie de disparition), la flotte de pêche sur le lac est passée de 760 bateaux au milieu des années 1960 à près de 6.000 en 2011.

Le lac Albert est une poule aux œufs d’or noir, puisque se trouvant sur le bassin sédimentaire du GRABEN ALBERTINE qui contient prés de 2 milliards de barils d’hydrocarbures et de gaz naturels qui de ce fait, se trouve au centre d’une grande querelle entre la RDC et l’Ouganda à cause de la limite maritime des deux états . Cette querelle est l’un des grands enjeux de la situation dans la région des grands lacs, l’une des épines dorsal de la guerre de l’Est de la RDC.

La présence de pétrole sur le lac Albert a été décelé depuis longtemps, le côté Ougandais a été exploré dès 1938 par SHELL et entre 1952 et 1954 du côté congolais ; il a fallu attendre 1997 et la signature d’un premier contrat d’exploration entre le gouvernement Ougandais et HERITAGE Oïl et ensuite avec le gouvernement congolais, le 02 Juin 2002 portant sur l’exploration d’un immense périmètre de 30.000 km carré, allant de la ville de RUTSHURU au sud du lac EDOUARD jusqu’à MAHAGI à la pointe nord du lac Albert.

L’Ouganda étant très avancé dans la phase d’exploration, le gouvernement congolais accuse les sociétés travaillant en Ouganda de forer sur la nappe pétrolière congolaise, donc de voler le pétrole congolais, de son côté Kampala accuse Kinshasa de violer son territoire, les autorités Ougandaises reprochent, à Kinshasa d’avoir établit un poste sur la rive transfrontalière du lac Albert. GOLI par exemple, dans le territoire de MAHAGI (en Ituri, RDC) limitrophe du district Ougandais de NEBRI, fait l’objet d’un contentieux entre les deux pays, car la RDC y a établit un poste frontière. Les deux pays convoitent également l’île de RUKWANZI à la pointe sud du lac, une véritable éponge saturée de pétrole.

Selon un expert Ougandais, les inquiétudes émises par le gouvernement congolais qui accuse l’Ouganda de forer sur sa nappe pétrolière ne sont pas techniquement fondées, car le pétrole du GRABEN ALBERTINE n’est pas une nappe souterraine unique sur un champ, mais plutôt plusieurs blocs qui regorgent chacun une quantité bien évaluée, l’exploration et l’exploitation des blocs qui se trouvent sur la zone de démarcation font toujours l’objet d’un accord entre les deux états concernés, selon une législation internationale bien connue de tous les opérateurs pétroliers. Malgré ces affirmations, des intellectuels congolais parlent de pompage criminel du brut congolais sur le bassin commun du Graben Albertine par l’Ouganda.

Tant bien et malgré, un face à face officieux à exister et existe entre les armées des deux pays. En début Août 2007, un ingénieur Britannique qui prospectait pour HERITAGE Oïl, sur la partie Ougandaise du lac a été retrouvé mort, Kampala avait accusé l’armée congolaise d’être l’auteur, du meurtre et quelques temps après, les forces armées congolaises (FARDC) ont fait prisonniers 4 soldats des forces de défense patriotique Ougandaise (UPDF), deux jours plu tard, les deux armées, se sont affrontés autour d’une embarcation de la compagnie pétrolière HERITAGE Oil. 


Le 08 Septembre 2007 JOSEPH KABILA KABANGUE et YOWERI KAGUTA MUSEVENI signent un accord «LES ACCORDS DE NGORDOTO (Tanzanie)« pour le respect des frontières hérités de la colonisation et prévoir, l’exploitation commune des nappes pétrolières du lac Albert. 

Le 25 Septembre, 17 jours seulement après les accords, un accrochage mortel entre FARDC et UPDF à eu lieu, un véritable échec pour le dialogue Ougando-Congolais, mise en scène ou oiseau de mauvais augure pour les deux états, En tous cas, le président Joseph Kabila est accuser de haute trahison par l’opposition en étant de mèche avec le Rwanda et l’Ouganda(avec une main noire occidental derrière) dans la déstabilisation de l’est de la RDC, une déclaration de l’opposition existe et parle de preuve de complicité. 

L’ancien ministre de la justice de Laurent désirée Kabila Père :Mwenze Kongolo dans son point de presse du 13 août 2012 à corroborer cette accusation.

A côté de cela, il y’a une attitude commune au niveau des deux gouvernements, c’est celle d’écarter systématiquement la société civile, des activités liées au domaine pétrolier, les deux gouvernements ont par le passé été accusés de secrets et de mise en œuvres des politiques d’exclusions de la société civile. 


En 2007, des membres de la société civile ont été exclus des commissions mixtes de sécurité entre les deux pays et des négociations des accords de pétrole. Pour preuve, un groupe de journalistes et d’activistes de la société civile de l’Afrique de l’EST qui ont accompagnés des membres de l’assemblée législative dans la visite des puits de pétrole dans le comté de TONYA KAISO du côté Ougandais furent impitoyablement refoulés, ce qui a fait croire que le gouvernement Ougandais avait quelque chose à cacher dans l’exploitation des sites. Il faut noter aussi que ces sites sont gardés par SARACEN UGANDA une compagnie de sécurité proche du général SALIM SALEH, le frère de MUSEVENI.

Les territoires de RUTSHURU et LUBERO, autour du lac Albert côté RDC sont les zones à forte densité miliciennes où les groupes armées se battent régulièrement entre eux. C’est un véritable sanctuaire de milices. 


Déjà en Mars 2003 AMNESTY International avait accusé l’Ouganda d’instrumentaliser le conflit ethnique dans cette zone et que tous les groupes armés présent étaient d’une manière ou d’une autre des protégés du gouvernement Ougandais et rwandais pour des raisons liées à l’exploitation des richesses. 

Certains observateurs pensent également que le président ougandais c’est immensément enrichit dans le pillage de l’or, autres minéraux précieux et l’exploitation du bois rares et précieux de cette zone de la RDC .

Le 08 juillet 2012, la rébellion du M23 s’était emparé de la ville de RUTSHURU et y a établit sa base. Le nouveau rapport de l’ONU sur la guerre de l’Est de la RDC qui été publiée en Novembre 2012 et dont les principaux points ont été commentés par l’agence RUTEURS, accuse l’Ouganda et le Rwanda de soutenir la milice M23 depuis Avril 2012, l’armée Ougandaise aide ce mouvement à étendre son contrôle sur ce riche territoire, elle aurait également appuyé le M23 dans une série d’attaques autours desquelles un Casque Bleu a été tué en Juillet 2012.

Le gâteau du lac Albert, côté Ougandais est subdivisé en 5 blocs, évalués autour de 1,1 milliards de barils. 


Les blocs 1, 2, 3 et 4 réputés potentiellement rentable sont partagés entre 3 grandes compagnies à savoir : TULLOW Oil, CNOOC et TOTAL. C’est TULLOW Oil qui a signé le contrat de partage de la production avec le gouvernement Ougandais et a cédé pour 2,9 milliards de dollars américain, un tiers de ses actifs à CNOOC et TOTAL ; un oléoduc passera par le nord du Kenya pour atteindre la côte Est (Port de MOMBASSA), Les travaux sont estimés entre 2,5 et 5 milliards de dollars, TULLOW Oil, CNOOC et TOTAL joignent leurs forces sur un projet de développement composés de 3 centres pétro-gaziers : BULIISA, KAISO TONYA et KINGFISHER. La production visée, totalise 200.000 barils /jours sur 700 puits, pendant 30 ans ; le coût de développement sera compris entre 8 et 12 millions de dollars.

Le côté Congolais du lac est subdivisé en 5 blocs, les données sismiques, évaluent les réserves pétrolières dans les entrailles du côté RDC, à 800 millions de barils soit 150.000 barils/jours et le gouvernement Congolais envisage de construire un oléoduc de plus de 6500 Km reliant l’Est du pays à la côte atlantique « hydrocarbures du cœur de l’Afrique à l’Atlantique », un projet irréaliste. 


Les blocs 1 et 2 qui couvrent la rive ouest du lac sont les plus convoités, d’abord par TULLOW Oil en 2006, mais le Président Joseph KABILA a refusé de donner à TULLOW Oil l’autorisation d’exploration et le 18 Juin 2010, il avait approuvé le contrat de partage de production en faveur de CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP Ltd contrôlé par le très influent et jeune homme d’affaire Israélien DAN GERTLER(il est née en 1973), également présent dans le diamond et le cuivre en RDC, président de DGI (DAN GERTLER INTERNATIONAL) l’un des plus grands vendeur de diamond au monde.

Lors de la signature du contrat, CAPRIKAT Ltd a été représenté par l’un de ses actionnaires Clive ZUMA KHULUBUSE, neveu du Président Sud Africain Jacob ZUMA et FOXWHELP Ltd par Michael HULLEY, l’avocat privé de Jacob ZUMA qui d’ailleurs a été accusé d’avoir été très actif dans la signature du dit contrat. 


Les bonus versés par CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP s’élève à 3 millions de dollars US par blocs, alors qu’une estimation de la valeur du seul bloc II est de 20 millions de dollars. 

Le 21 Septembre 2010, la haute cour de justice des îles vierges dans une décision temporaire a opté pour le gel des activités de CAPRIKTAT Ltd et de FOXWHELP Ltd qui sont domiciliés aux îles vièrges, suite à une plainte de TULLOW Oil, domicilié également aux îles vierges. 

La même année CAPRIPTAT Ltd et FOXWHELP Ltd avaient dépensé 50 millions de dollar pour des études sismiques 2D et cette année, ils ont conduits des études sismiques 3D et forer 2 forages d’exploration pour un coût de 50 millions de dollars et négocié un partenariat avec TOTAL et CNOOC.

Le bloc III a été accordé à TOTAL et ce dernier est en partenariat avec la société Sud Africaine SAC OIL. Le bloc IV a été accordé fin 2011 à ALBATROS OIL DRC filiale Congolaise d’un consortium Canado-américain basé à Houston (USA). 


Cette société a injecté pour les deux premières années pour la phase de prospection un peu plus de 700 millions d’USD, y compris pour le permis octroyé sur le GRABEN TANGANYKA au nord de la RUZIZI et KIGOMA. 

Le bloc V a été attribué le 05 Décembre 2007 à DOMINION PETROLEUM CONGO, une société Sud Africaine, SOCO PLC et COHYDRO, le bloc couvre 50% de la superficie du Parc National des VIRUNGA, le plus vieux parc d’Afrique, patrimoine mondial de l’humanité ; en Octobre 2011, SOCO a été autorisé de mener des activités d’exploration dans le Parc National des VIRUNGA, se confrontant à deux logiques contradictoires, celle du profit généré par l’Or Noir et celle de la conservation de la nature.

En somme, un minimum de 5 années séparent, l’Ouganda et la RDC en matières de recherches et d’exploitation proprement dite, l’Ouganda compte débuter sa production d’ici 2014. La situation de sanctuaire de plusieurs groupes armés et de jungle politique du côté de la RDC, organisé de main de maitre par l’Ouganda qui deviendra bientôt un producteur de « pétrole du sang » pour prendre l’expression d’EDWARD ZWICK, le réalisateur du film « le Diamond de sang », la fait trainer . GEORGES CLEMENCEAU, n’avait-il pas dit « qu’une goutte de pétrole vaut une goutte de sang ». 


Quand au pétrole congolais du lac albert, il sera produit aux prix des larmes et du risque de la disparition de 200 espèces de mammifères dont plus d’un quart de la population mondiale des gorilles,700 espèces d’oiseaux, prés de 2000 plantes dont 10% sont endémique à cette zone ,donc la perte du statut de patrimoine mondiale de l’humanité du Parc National des Virunga qui fait partie du vaste bassin forestier dénommé « le Bassin du Congo » .

Enfin en ouvrant grand mon œil sur l’est de la RDC, nous constatons que les Etats unis entretiennent une très importante ambassade à Goma dans le KIVU (comme à l’époque, le Camp Bondsteel à l’est du Kosovo avec sa « Task Force East »). 


Seront-ils, comme pour le Kosovo, les premiers à reconnaitre 2 nouveaux états, à savoir le Kivu et l’Ituri ? nous nous souviendrons que dans une Brève histoire de l’avenir, édition Fayard 2006, Jacques Attali avait parlé de la disparition de la RDC d’ici 2020, en d’autres termes, la balkanisation de la RDC, par les puissances occidentales via l’Ouganda et le Rwanda qui tiennent cette zone avec des tenailles pour s’assurer l’accès illimitée de ses immenses richesses minières pour les prochaines décennies avec la complicité des multinationales anglo-américaines.

La récente offensive militaire du M23 qui s’est soldée par la prise de Goma on dit long sur la complexité de la crise et des enjeux géostratégiques de la région des grands lacs où se développe au grand dame des nations unies qui dispose de l’une des plus importantes missions militaires soit 19000 hommes un courtage militaro-minier et politique dont le peuple de la RDC paie le plus lord tribu .

Devrons nous comprendre malgré les appels et la réaffirmation de l’intangibilité des frontières que l’avenir de la RDC est entrain d’être une fois de plus sceller par les firmes occidentales qui profitent du chaos permanent entretenu par les groupes armées à la solde du Rwanda pour mettre en exergue le plan de la balkanisation de la RDC ?

En se rappel, lors de l’avancée du mouvement de Laurent désiré Kabila encadré par le Rwanda et l’Ouganda, avait révélé au grand jour l’ambition démesuré du Rwanda d’envahir une partie du Congo pour les cause d’espace vitale ; et on s’en souvient en son temps que le président Kagamé avait demandé clairement la révision des tracés frontaliers hérité de la colonisation ; puis plus tard à Nicolas Sarkozy de demander la gestion régionale des richesses de la RDC. 


Toutes ces pistes si les congolais n’y prennent pas grade conduira lentement mais sûrement le pays vers le morcellement planifier par les puissances occultes qui opèrent dans l’Est de la RDC. 

Le président Kabila devrait revoir son positionnement diplomatique dans la région et consulté l’ensemble des forces vives de la RDC pour éviter au pays un psychodrame car le pays de Lumumba ne mérite pas cette humiliation .

Ce dernier l’avait perçu au lendemain des indépendances c’est ce qui l’avait emmené d’opter pour l’Etat unitaire au détriment de l’Etat fédéral souhaité par les belges et les occidentaux qui n’avaient pas hésité un seul instant de soutenir la sécession de Moise Tchombé. 

La RDC devrait se rappeler du message de Henri Kissinger au sujet du soudan . Ce dernier déclarait en 1960 que « tôt ou tard le soudan du sud se détachera du soudan du nord et nous nous y emploierons » 50 ans plus tard ce vœux machiavélique de l’axe qui imposa au monde le nouvel ordre mondial actuel se réalisa. 

C’est dans ce contexte qu’il est impérieux d’instaurer un dialogue régional entre le Rwanda, l’Ouganda et la RDC avec l’implication de la Belgique, des Etats unis ,de la Grande Bretagne ,de la France et de l’Union Africaine en vue de trouver une issue a la crise qui secoue l’Est de la RDC ;car les groupes armées qui opèrent dans l’Est de la RDC ne sont que des marionnettes téléguidés par le Rwanda qui met en exergue sa politique de la légitime défense préventive dans laquelle elle se camouffle pour continuer a maintenir son influence dans une partie de la RDC dont il dispose de puissantes ramifications a travers les congolais d’origine Rwandophones connu sous le vocable de Banian Mulengué qui constitue l’ossature du M23.

La région des Grands Lacs,on ne le dira jamais assez demeure la région la plus riche de la planète qui a elle seule peut enclencher le développement du continent et du monde ;voila pour quoi personne n’a intérêt de la stabiliser durablement car le chaos qui y règne depuis les années 60 profite aux puissances occultes internes et externes - 


On se rappelle que même le « CHE » El commandanté y a séjourné au plus fort des tensions de la guerre froide. C’est dans cette partie du monde que l’Uranium qui a servi à fabriquer la bombe atomique largué au Japon avait exporté tout comme le cobalt qui renforça les industries nucléaires soviétiques. 

C’est toujours dans cette région de l’Est de la RDC qu’on exploite le coltan, minerais à l’origine de la fabrication puces téléphonique et certaines composantes des ordinateurs portables.

L’Est de la RDC est par conséquent une véritable poule aux œufs d’or.
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[Par Dr Frankeur Nganga et Rodrigue Fénelon] 

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