jeudi 14 octobre 2010

Kinshasa: CANNIVEAUX DEBORDES SUR EX-24 NOVEMBRE ET TRIOMPHAL

Fortunes diverses des ouvrages chinois après la pluie
                                                                  Boulevard du 30 juin
 
* Des embouteillages monstres observés sur presque toutes les artères de Kinshasa
Lorsqu’une route est construite, il faut attendre les pluies pour juger de son efficacité. Cette assertion s’est vérifiée hier durant la forte pluie qui s’est abattue sur la ville de Kinshasa, plus précisément sur l’avenue ex-24 novembre ainsi que sur le boulevard Triomphal. Si les routes construites grâce à la coopération chinoise n’ont étalé aucune faille, les caniveaux, par contre, donnent matière à réflexion. De quoi pousser les coopérants du pays de Mâo Tsé Toung à revoir leur technologie en vue de mieux l’adapter aux réalités congolaises.
Des caniveaux complètement submergés par les eaux de pluie, des routes inondées ... voilà le spectacle qu’offraient hier, à partir de 16 heures, l’avenue ex-24 novembre et le boulevard Triomphal lors de la pluie, à la fois tant attendue et redoutée, qui s’est abattue sur la capitale congolaise. En dehors d’une esquisse de pluie observée après la saison sèche, c’est la première fois que les nuages décidaient de déverser une pluie torentielle sur la ville de Kinshasa. Pour une flotte, cette pluie en était vraiment une au point que les Kinois, qui s’amusaient à croire que les Chinois avaient fermé les vannes des écluses des cieux le temps de finir leurs travaux, ont été déaagréablement surpris de constater que la pluie est et demeure un domaine priviligié du seul bon Dieu et non un domaine de collaboration avec les hommes faits à son image.
LES CANIVEAUX BATTUS EN BRECHE
Tant sur l’avenue ex-24 novembre que sur le boulevard Triomphal, l’averse d’hier a étalé l’étroitesse des caniveaux construits par les Chinois qui, en principe, devaient servir à canaliser les eaux de pluie de manière à prévenir les innondations et leurs catastrophes. Mais, ces canaux d’évacuation étaient complètement submergés par les eaux et les automobilistes pouvaient à peine se rappeler qu’ils existaient. Ce qui, aux yeux des observateurs, posent deux problèmes: ces canniveaux sont à la fois étroits et peu profonds pour contenir les eaux de pluies dans la ville de Kinshasa. Un autre problème, c’est l’orientation à donner à ces eaux afin qu’elles ne stagnent pas sur les routes au risque d’endommager les chaussées.
«Les Chinois doivent revoir leur technologie parce qu’avec ce genre de canniveaux, il sera difficile de contenir les eaux des pluies. Il suffit de voir à quel point les caniveaux des Chinois ont été vite submergés pour comprendre qu’ils ont du pain sur la planche», ne cessaient de crier, hier sous la pluie, plusieurs compatriotes obligés de marcher sous la pluie faute de moyens de transport. D’autres, plus alarmistes et même défaitistes, sont carrément allés jusqu’à parier sur l’échec des Chinois au niveau de caniveaux, tout en les félicitant pour les routes sur lesquelles ils marchaient fièrement malgé la forte pluie. C’est dire que les avis étaient encore très partagés hier sur le travail abattu jusque là par les Chinois du Groupe des entreprises chinoises (Grec).
Par contre, sur le boulevard du 30 juin, aucune plainte n’a été enregistrée ni au niveau de la chaussée, ni du côté des canniveaux où les travaux réalisés par les Chinois semblent résister à toute épreuve. Faut-il élargir les caniveaux sur l’avenue ex-24 novembre et sur le boulevard triomphal, le débat reste ouvert.

CONFORMEMENT A LA TRADITION KINOISE, DES EMBOUTEILLAGES A L’ORDRE DU JOUR
Pour une première pluie digne de ce nom, depuis la fin de la saison sèche, les embouteillages n’ont pas manqué au rendez-vous hier. Sur le boulevard du 30 juin, dans le tronçon compris entre l’avenue Batetela et le rond-point Socimat, jusque 21h30’, les véhicules roulaient pratiquement en procession, s’ils n’étaient pas tout simplement bloqués. Le tronçon compris entre la place Socimat et Kintambo magasin, réputé pour des embouteillages suite à l’étroitesse de la route, c’était un véritable bouchon. Les avenues ex-24 novembre et des Huileries ont abrité, toujours hier, des embouteillages monstrueux, sans oublier l’avenue Kasa-Vubu.
La route des Poids lourds, particulièrement encombrées depuis que les travaux sur le boulevard Lumumba ont contraint certains automobilistes à prendre d’autres directions, a aussi rempli le carnet d’embouteillages hier dans la ville de Kinshasa. Bref, presque toutes les routes ont eu à expérimenter la pluie d’hier. Un compatriote ayant quitté la commune de Bandalungwa hier vers 16 heures, a dû patienter jusqu’à 20 heures pour atteindre la commune de N’Djili, soit environ 4 heures de temps. Voilà qui en dit suffisamment sur les embouteillages observés hier dans la ville de Kinshasa. Marcellin MANDUAKILA
*Kinshasa bloquée hier par la pluie
C'est une courte joie que les Kinois ont eu à éprouver hier suite à la pluie qui s'est abattue sur la ville pendant près de 3 heures. Depuis près d'un mois, en effet, la population se plaignait de la canicule après une saison sèche plutôt fraiche. Tout le monde attendait donc une pluie libératrice qui adoucirait la température. Hier, chacun en a eu pour son compte, mais un peu trop. Le torrent qui s'est déversé sur la ville l'a plutôt transformée en un véritable bourbier inextricable. Vite les Kinois ont réappris les réflexes de protection en s'abritant à qui mieux-mieux en attendant la fin de la pluie. Au bout du compte, c'est une capitale totalement bloquée qui a pris ses habitants comme prisonniers. Pas moyen de sortir de la ville, tandis que le réseau électrique s'est, par endroit, détraqué, autant que certains réseaux de téléphonie cellulaire. Pendant plus de trois heures, conducteurs et passagers ont été bloqués sur les routes dans des bouchons parfois longs de 5 Km.
Une des principales voies reliant l'Ouest et l'Est de la ville, le boulevard Lumumba, sur son tronçon compris entre les 1ère et 16ème Rues, a donné du fil à retordre aux usagers de cette route obligés, pour certains, de parcourir de longs trajets à pied suite au manque de transport en commun. Et pour cause, le sable devant servir à la réhabilitation et modernisation du Boulevard Lumumba s'est transformé en boue ne permettant pas aux véhicules de franchir les quatre bandes et rocades encore en chantiers. Ce qui a constitué un handicap majeur pour les automobilistes hier à ce niveau, c'est surtout les nombreux trous creusés par les constructeurs en vue de faciliter la traversée des tuyaux d'eau et câbles pour l'électricité. Le fossé ainsi créé par ces trous béants ont été inondés à tel point que certains conducteurs en mal de patience ont failli connaître le pire.
Cinq chantiers rattrapés ?
Il n'y a pas que le Boulevard Lumumba. Ce qu'on considérait comme un des bijoux offerts aux Kinois le jour de la célébration du cinquantenaire n'a pas résisté à la forte pluie d'hier. Le boulevard Triomphal et l'avenue Gambela réfectionnée dans l'optique de la construction du statut de l'ancien président Kasa-Vubu, et la Place du cinquantenaire ont eu du mal à contenir l'eau de la pluie. Bien que la boue et les embouteillages n'aient pas été observés ici, il y a lieu, tout de même, de reconnaitre que les caniveaux construits de part et d'autre des chaussées n'ont pas pu engloutir les eaux dont une grande partie provenait de l'avenue ex. 24 Novembre. Seuls les véhicules 4x4 et les poids lourds pouvaient s'aventurer sur ces axes. Les piétons en provenance du centre-ville se sont vus obligés d'affronter les eaux stagnantes pour franchir soit le Rond-point Kimpwanza, soit le boulevard Triomphal dans sa partie épargnée par cette inondation.
Sur Huileries, le problème de canalisation d'eau demeure
A première vue, l'élargissement, l'éclairage et la modernisation de la chaussée récemment réalisés par le Gouvernement central et l'Hôtel de ville de Kinshasa n'ont pas apporté des solutions attendues sur l'avenue des Huileries. Butée depuis des années au manque de canalisation d'eaux, cette route a encore besoin d'interventions pour pallier cette insuffisance. Les eaux de ruissellement ont, en effet, envahi la chaussée sur son tronçon compris entre le stade des Martyrs et le centre pour handicapés, en passant par le Rond-point Huileries. Conséquence, cette avenue a connu des bouchons anthologiques jusqu'en fin de soirée.
Et les embouteillages, c'était aussi l'affaire de plusieurs autres avenues et carrefours tels que le Rond-point Ngaba, la place Socimat et le prolongement du Boulevard du 30 Juin avec l'avenue Colonel Mondjiba, mais aussi l'avenue de l'Université, etc.
Par ailleurs, plusieurs quartiers de la ville ont connu des situations désagréables à la suite de la pluie d'hier. A Kingabwa, par exemple, de nombreuses rues et maisons se sont retrouvées inondées, tandis que la population a, de justesse, échappé à des branches d'arbres arrachés par le vent violent qui a soufflé sur la ville avant la pluie. A Kingasani, au niveau de la place Pascal, la population a eu à déplorer le débordement des caniveaux, tandis qu'à Barumbu, la population dit s'être réjouie du bon comportement des ouvrages aménagés pour canaliser les eaux. Idem dans certains quartiers de la commune de Kinshasa et au quartier Kauka dans la commune de Kalamu où les riverains des grandes avenues se sont promenés sans difficultés. Last but not least, la devanture de l’Hôtel de ville a été envahie d’eau jusqu’au perron, c’est-à-dire là-même où le Gouverneur reçoit, chaque matin, les honneurs militaires. Rachidi MABANDU & Jonas E. KOTA

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