samedi 16 octobre 2010

Pourquoi tout le pouvoir d'Etat est-il concentré, en République Démocratique du Congo, entre les mains du président de la république ? (B. O. Henri)

En tentant d'expliquer en quoi consiste la démarche anthropologique de sa collègue, Madame HÉRITIER Françoise, une dame qui fait de la recherche au CNRS en France, Madame FINE Agnès, écrit ceci : « Ce qui l'intéresse [elle,HÉRITIER][…] est la recherche des "mécanismes invariants sous-jacents, en petit nombre, qui ordonnent le donné phénoménologique des sociétés et lui confèrent son sens" ».
Ce souci de cerner les « MECANISMES INVARIANTS SOUS-JACENTS », dans l'ordre ou le désordre du monde tel que nous le vivons notamment au vu par exemple de la dernière annonce de l'intégration des éléments du CNDP dans un gouvernement provincial alors que cette formation politico-militaire n'a participé à aucune élection, fut le souci d'un des mes maîtres, le très regretté Monsieur le Professeur PILIPILI KAGABO Gérard, un historien zaïro-congolais dont les travaux ont mis en exergue le rôle du troisième roi des Belges, Albert Ier, dans la réflexion commencée par le Président WILSON, au niveau de la présidence des États-Unis dans la période entre les guerres de 1914-1918 et 1939-1945, et qui conduira à la création de l'alliance politico-militaire entre les Européens et les États-Unis, l'O.T.A.N., après la guerre de 1939-1945.
C'est en écoutant PILIPILI KAGABO, au cours des nombreuses conversations qu'il m'accordait avec beaucoup de bienveillance, que j'ai compris que, par ses recherches et réflexions sur les MECANISMES INVARIANTS SOUS-JACENTS dans les relations entre - d'une part - les Européens et les États-Unis et - d'autre part - les Africains subsahariens, un élément important est à retenir : LA CAPACITE A S'ORGANISER POUR FAIRE LA GUERRE est une donnée cruciale de l'organisation des être humains en société politique ; même l'aptitude au commerce dépend des instruments forgés dans les activités relatives à la guerre.
Vous aurez, par exemple, remarqué que, dans les traditions européennes, le statut de l'homme libre (contrairement à celui de l'homme réduit à la servilité) est de porter une arme (épée, revolver) et de se déplacer à cheval. La tradition japonaise, elle aussi, présente cet INVARIANT SOUS-JACENT et, constatant cela, on ne s'étonne pas que, durant plusieurs siècles, les Japonais ont interdit leur pays aux Européens et, quand ils furent contraints de l'ouvrir sur injonction d'un États-Unis, le Commodore PERRY, ils s'empressèrent d'assimiler les sciences et technologies d'Europe en reconvertissant leurs samouraïs en scientifiques, industriels et militaires. Par exemple, le modèle d'organisation militaire de la Prusse fut adapté aux traditions militaires nippones. Autre exemple : les japonais recherchèrent dans leurs propres langues et philosophies la meilleure façon de désigner le concept que la langue française énonce par le mot : « énergie ». Cela étant, on pose la question : qu'avons-nous fait de similaire, nous les Africains subsahariens et particulièrement les Zaïro-Congolais, pour transcrire dans nos langues, nos philosophies et pratiques ce que nous avons découvert dans la confrontation avec l'Occident ? Je pose la question ! Donc, l'aptitude à se préparer à la guerre, à se mobiliser pour la guerre et à la conduire à outrance est un INVARIANT SOUS-JACENT à ne pas négliger quand on veut comprendre les relations entre les peuples.
Pour comprendre en quoi nos sociétés humaines de la Cuvette Centrale Africaine, principalement au Congo-Zaïre, sont en décalage par rapport à la société japonaise et par rapport à celles d'ascendance européenne, considérerons par exemple le statut de prestige et de pouvoir que, chez nous, on accorde à une dame qui est la grande sœur de votre papa. Cette dame est désignée, en lingala, par les mots TATA MWASI. Or, un tel statut est étudié par les anthropologues occidentaux comme s'il n'existait pas dans la hiérarchisation des rapports de forces entre les êtres humains. Voici ce qu'on en dit FINE Agnès commentant le livre de HERITIER Françoise, MASCULIN, FEMININ - LA PENSEE DE LA DIFFERENCE. (éditions Odile Jacob, 1996) en page http://clio.revues.org/index326.html. : « En explorant les différentes possibilités logiques et celles qui ont été réellement observées dans les sociétés humaines, Françoise Héritier fait une découverte : sans doute parce qu'en tant que femme, elle n'admet pas a priori l'idée de la symétrie entre les sexes, elle met en évidence un fait resté jusque là inaperçu, l'asymétrie dans le rapport entre germains de sexe différent. Le rapport frère/sœur est différent du rapport sœur/frère. Elle s'aperçoit en effet que SUR LES SIX COMBINAISONS LOGIQUES POSSIBLES, UNE SEULE MANQUE DANS LES SOCIETES HUMAINES OBSERVEES : celle dans laquelle LE RAPPORT AINE-CADET DANS LA FRATRIE CONCERNERAIT LA SŒUR (AINEE) A L'ÉGARD DE SON FRERE (CADET). " ON NE TROUVE AUCUN SYSTEME DE PARENTE qui, dans sa logique interne, dans le détail de ses règles d'engendrement, de ses dérivations, aboutirait à ce qu'on puisse établir qu'un rapport qui va des femmes aux hommes, des sœurs aux frères, serait traduisible dans un rapport OU LES FEMMES SERAIENT AINEES ET OU ELLES APPARTIENDRAIENT A LA GENERATION SUPERIEURE ». Il y a là, à mes yeux, une découverte majeure, un peu accablante, celle de l'universalité de ce que l'auteur appelle « la valence différentielle » des sexes ».
Par cet exemple, nous saisissons le décalage, entre Européens et Africains subsahariens de la Cuvette centrale africaine, au sujet des schémas de structuration des rapports de pouvoir et de prestige tant dans la société qu'au sein des familles.
On découvrira d'autres éléments pour une telle compréhension des nuances dans les rapports de pouvoir lorsque, surtout nous les Zaïro-Congolais, nous nous attacherons à étudier les mécanismes par lesquels il a fallu arriver à la fin du XIXème siècle et au début du XXème pour que la partie subsaharienne du continent africain soit un des derniers espaces de notre planète où les Européens tentèrent, à l'ère moderne, des colonisations d'exploitation et de peuplement alors que, dès le XVIIème siècle, ils étaient partis dominer et exterminer des populations occupant, avant eux, des espaces sur les continents américains, asiatiques. Au moment où ils intensifiaient lesdites colonisations, alors que des Hollandais étaient déjà installés dans la corne de l'Afrique (qui deviendra le pays de la nation arc-en-ciel de MANDELA), les Britanniques et les Français exterminaient des occupants de la Nouvelle Calédonie, de la Nouvelle Zélande et de l'Australie sur le modèle de l'extermination des populations amérindiennes par les Espagnols et les Britanniques dans les espaces qui donneront les actuels pays d'Amérique latine (dont la langue est l'espagnol) et surtout d'Amérique du Nord (dont la principale langue est l'anglo-américain). Quand on pense que, pour bâtir leur nation, les États-Unis ont eu des comportements encore plus condamnables que les Hollandais et les Britanniques en Afrique du Sud, on se demande vraiment par quelle prétention ces gens-là osent donner des leçons à qui que ce soit en matière des droits de l'Homme ; ou, plutôt, on se dit que la violence et le mépris de l'Humanité sont à ce point consubstantielle à la création des U.S.A. qu'il ne faut pas s'étonner de voir les dirigeants de cet État être capables d'instrumentaliser et de tirer avantage de la violence telle qu'elle se déchaîne chez nous dans le prolongement des tueries inter-rwandaises.
Nombreux, parmi mes compatriotes, disent que ce qui le désole, s'agissant de la comparaison entre le reste du monde et les Africains subsahariens (particulièrement les Zaïro-Congolais), c'est ce décalage entre ce qui pourrait ou devrait être apporté en bien à nos populations, d'une part, et, d'autre part, les explications que certains avancent pour justifier nos échecs par rapport au bienfait à apporter à nos populations. Resterons-nous les éternels assistés au sein de l'Humanité ?
Pourquoi les choses en sont-elles ainsi ?
Telle est la question que nous ne devons jamais cesser de nous poser jusqu'à ce que nous ayons transformé le monde en cet aspect des rapports entre les peuples.
Outre ladite question, nous nous demandons comment organiser l'Etat pour garantir le respect de la vie et de la dignité humaines alors que nos juristes ne nous entretiennent pas suffisamment des principes et règles censés organiser et humaniser la lutte pour le pouvoir d'Etat.
C'est l'habitude de la facilité intellectuelle parmi les nombreux lettrés zaïro-congolais qui conduit à ce que nulle part on ne fait œuvre de recensement et d'analyse systématiques des volontés et expectatives des populations et des individus pour les traduire en principes et règles de droit afin d'apprécier au mieux la légitimité des actes de gouvernement, des actes de législation et des actes juridictionnels et de police.
Une grave erreur commise chez nous, c'est par exemple, l'habitude de désigner les injonctions du président de la république par des mots du genre : sur décision de la haute hiérarchie, et cela se fait comme si ledit président décidait en fonction de son bon vouloir ou de son propre discernement alors qu'il n'est pas censé prendre des décisions personnelles orientant sa propre vie ou celles des fonctionnaires et politiques lui ayant fait allégeance. Ses décisions d'homme d'Etat influencent le sort de nombreuses populations et la vie quotidienne de gens pour qui la personne du Président de la République n'existe pas en dehors des institutions. Sa volonté est présentée comme ayant, par elle-même, force de loi pour toute la population alors que, souvent, elle n'est coulée que dans une lettre d'un de ses collaborateurs et MEME PAS formalisée dans un texte de loi ou de règlement. On accepte cela. Et, ensuite, on s'en plaint quand il y a violence ou corruption flagrantes. Il faut cesser cette façon de se complaire en lamentations de pleureuses émotives comme dans nombreux sites Internet, consacrés au Congo-Zaïre, où nos compatriotes s'infantilisent eux-mêmes.
Quand j'étais à l'université, certains de mes compatriotes, condisciples apprentis juristes, disaient qu'ils faisaient des études de droit pour réussir des examens de droit en Belgique afin d'être recrutés et bien rémunérés au Congo-Zaïre alors qu'un professeur, historien et anthropologue spécialiste de l'histoire du droit coutumier en Europe et en Afrique, recommandait que nous comprenions les principes juridiques sans nous attacher, comme des perroquets, à lettre du droit belge qu'on nous enseignait.
C'est l'insuffisance de la réflexion sur les principes juridiques, organisateurs de l'Etat et de la société, qui est une des causes du fait qu'on se contente de critiquer, même à juste titre, aujourd'hui le jeune Président KABILA et hier ses prédécesseurs, le M'zee KABILA et le Guide MOBUTU, alors que ces trois Présidents de la République ont osé accepter la dérive dictatoriale inhérente au présidentialisme que leur prédécesseur, Monsieur le Président NKASA MVUBU, n'osa que très timidement et très maladroitement face à Monsieur LUMUMBA, Premier Ministre d'alors.
On sait que le pouvoir d'Etat se partage dans la connivence, comme dans le Collège des Commissaires Généraux créé par MOBUTU et ses maîtres occidentaux afin de torpiller les espoirs de notre Indépendance ; ou encore comme parmi les caciques du F.P.R. au Rwanda : pendant qu'ils organisent des crimes contre l'Humanité chez nous par des violations des droits humains fondamentaux et des violations du droit de la guerre, ils jouent à la bonne gouvernance chez eux, bonne gouvernance qu'ils mettent en publicité par des images et des articles de journalistes sur commande.
On sait aussi que, si on ne veut pas du partage du pouvoir d'Etat dans la connivence immorale du Collège des Commissaires Généraux ou des caciques du F.P.R. rwandais, il faut alors organiser le partage du pouvoir d'Etat dans le respect des principes et des règles établis. Mais il ne suffit pas d'établir des principes et des règles, encore faut-il les expliquer au gré des circonstances.
C'est l'insuffisance de ce travail d'explication qui facilite actuellement chez nous l'exercice du pouvoir d'Etat par la brutalité et par le fait accompli. Cette insuffisance relève de la responsabilité fautive des juristes zaïro-congolais. Il faut le dire !
Résultat de ladite insuffisance de nos juristes : les brutalités contre les populations s'accompagnent de l'emprise exclusive du Président de la République sur les mécanismes d'ordonnancement des dépenses publiques, sur le corps des Inspecteurs des Finances, sur la Magistrature, etc.
Disant cela, faut-il aussi signaler le contrôle étroit, voire le pilotage depuis l'année 2009, par le F.M.I. sur la Banque Centrale du Congo pour constater que, outre la tutelle de facto de AFRICOM sur les F.A.RDC, il y a aussi tutelle de facto des finances publiques de la RDC par les Etats qui font la loi au F.M.I. ?
S'étonnera-t-on, alors, que les locataires de nos institutions se soucient de leur enrichissement personnel et non de la bonne gouvernance en vue l'enrichissement de toute la nation ?
S'étonnera-t-on, que les débats au sujet de la constitutionnalité des initiatives de nos autorités, comme la coopération militaire avec le Rwanda ou comme la substitution des registres de la population et de la nationalité par les listes d'enrôlement des électeurs, ne soient pas identifiées, d'abord par nos juristes et ensuite par nos journalistes et faiseurs d'opinion publique, comme un fait majeur de la CRISE DE REGIME propre à la RDC ?
Ce fait majeur étant : l'estompement de la dyarchie (Président + Premier Ministre) par la confirmation de ce que les constitutionnalistes nomment : PRESIDENTIALISME AFRICAIN, c'est-à-dire la concentration de tous les pouvoirs régaliens entre les mains d'un seul homme dont la pérennité à la présidence dépend de son allégeance à l'Occident.
On peut regretter cette allégeance, ou s'en réjouir, mais telle est la réalité.
Tant que cette allégeance envers l'Occident est garantie par le Président de la République, celui-ci est en retour soutenu, directement et de l'extérieur, par l'Occident ou, indirectement, par l'ONU derrière lequel l'occident dissimule ses hypocrisies comme, par exemple, celle de ne pas incriminer ses propres entrepreneurs qui profitent des minerais ensanglantés du sang de nos populations.
S'il n'y a pas cette allégeance, le président sera en permanence dans le risque d'un coup d'Etat ou d'une insurrection, même artificielle. On voit actuellement comment un conflit de voisinage autour d'un étang piscicole a pu être interprété en conflit interethnique et récupéré (ou dénaturé) en un de ces nombreux épisodes de la CRISE DE REGIME QUASI PERMANENTE QUE VIT LA R.D.C. depuis la cacophonie, en 1960, dans la dyarchie au sommet de l'Etat entre le Président de la République et le Premier Ministre alors que, en province, naissaient des sécessions et des rebellions artificielles. Comment interpréter les évènements, qui commencèrent à Dongo, autrement que comme un avertissement à l'actuel Président de notre République pour lui rappeler à qui il doit allégeance ?
Et comment donc cette tradition d'allégeance a-t-elle commencée ? Pour répondre à cette question, étudions et discutons entre nous de notre histoire car cette tradition d'allégeance est antérieure à notre Indépendance.
Aujourd'hui, on sait comment, à l'occasion du fameux discours de LUMUMBA le jour même de notre Indépendance, naissait la connivence, autour de NKASA MVUBU contre LUMUMBA, pour encourager l'œuvre destructrice de la République par des gens comme MOBUTU et TSHOMBE, eux-mêmes instrumentés par Washington et Bruxelles sous le prétexte de la guerre froide entre les pro-USA et les pro-URSS.
Dans la contradiction doctrinaire internationale, entre ces deux camps, opposant la LEGITIMITE DEMOCRATIQUE, d'une part, et, d'autre part, la LEGITIMITE ANTI-IMPERIALISTE, notre République a sombré. Depuis, elle tente de se relever mais, régulièrement, arrive un coup de pied qui lui remet le visage dans la boue alors même que d'autres conflits de légitimité internationale ont remplacé celui opposant, dans la guerre froide, les pro-USA aux pro-URSS.
La LEGITIMITE ANTI-IMPERIALISTE, ou la DOCTRINE JDANOV, est ainsi nommée car expliquée pour la première fois le 22-09-1947 en Pologne lors de la conférence fondatrice du Kominform par Monsieur JDANOV Andreï qui propose, en réaction à la doctrine Truman qui conduira à la création de l'OTAN, un soutien et un contrôle politique et financier des organisations et Etats communistes à travers la planète pour garantir leur conformité à la définition par l'URSS de ses intérêts idéologiques et géostratégiques. La DOCTRINE JDANOV, en ses différentes moutures dont la DOCTRINE BREJNEV, fut surtout appliquée en Europe (en réaction à la doctrine Truman) pour mater les velléités de démocratisation dans les pays d'Europe centrale et la preuve de son échec, constatée par GORBATCHEV, fut symbolisée par la fin du mur de Berlin. Dans le reste du monde, la doctrine Jdanov consista surtout en soutien aux communistes chinois puis vietnamiens. En en Afrique, il s'est surtout agi du soutien aux interventions cubaines auprès du MPLA angolais tandis que, pour le Congo-Zaîre, nous devrions encore recevoir l'enseignement de Monsieur GIZENGA Antoine pour savoir comment et pourquoi les rebellions dites "lumumbistes ou mulelistes" n'ont pas reçu ou n'ont pas exploité un soutien efficace de la part de l'URSS.
La LÉGITIMITÉ DÉMOCRATIQUE ou la DOCTRINE TRUMAN, accommodée par la DOCTRINE HARMEL prolongeant la guerre froide tout en encourageant un dialogue avec l'URSS et ses satellites, justifie que soit pratiqué, en Afrique subsaharienne notamment, la diplomatie militaire et financière du "containment" (endiguement) de l'influence soviétique en offrant une aide états-unienne financière et militaire soit directement soit par le biais de l'O.N.U.
C'est cette instrumentalisation de l'O.N.U. qui explique comment MOBUTU, devenu « coopérateur » de la C.I.A., a pu tant accentuer que profiter de la cacophonie entre NKASA MVUBU et LUMUMBA alors que l'opération ONU-C (C pour Congo), qui se termina en 1964, avait suffisamment « contenu, endigué » notre pays sous le prétexte du mandat du Conseil de Sécurité (Résolution 143) d'assurer le retrait des forces belges et d'aider le gouvernement à rétablir l'ordre public en lui fournissant une assistance technique. Tandis que l'ONU assurait le quadrillage militaire du pays en dehors des zones d'insurrection, les militaires congolais pro-occidentaux récupéraient (avec le soutien de mercenaires) le reste du pays contre leurs collègues militaires associés aux rebelles.
Les similitudes avec la période actuelle devrait nous aider à comprendre comment on a fait croire en une guerre civile entre Zaïro-Congolais alors qu'il y a déstabilisation de l'Etat pour maintenir notre caste politico-administrative sous influence.
On nous aurait, dans les années 1960, que ladite apparence de guerre civile visait le maintien de ladite influence pro-USA, prônant la légitime démocratique, qu'il aurait été possible de discuter avec nos amis occidentaux (surtout belges et états-uniens) pour faire l'économie de la dictature subséquente de MOBUTU dont le régime ne fut pas un modèle dont peuvent se vanter ceux qui furent les promoteurs de la doctrine de la LEGITIMITE DEMOCRATIQUE.
Quel gâchis ! Tout ça parce que ces gens-là avaient peur du communisme soviétique.
Mon souhait est que nous cessions de laisser les Européens et les Etats-uniens, nos incontournables partenaires, nous détruire aujourd'hui, avec la complicité de certains d'entre nous, car, pour moi, il est inutile de venir, dans cinquante ans, nous exprimer des excuses ou des regrets même avec indemnisation
En effet, aujourd'hui, on entend parfois certains anciens diplomates belges comme Monsieur le baron NOTHOMB Patrick, neveu de l'ancien ministre Charles-Ferdinand NOTHOMB et papa de l'écrivain Amélie NOTHOMB, qui, dans une entretien à la radio francophone publique belge avait difficilement, sur base d'une comparaison entre ce que fut LUMUMBA et ce que deviendra MOBUTU, tenté d'expliquer en quoi le complexe politico-financier de l'establishment francophone belge avait eu tort, en 1960, de ne pas faire l'effort de se mettre au diapason de LUMUMBA et d'expliquer à Washington en quoi LUMUMBA n'était pas foncièrement inamical à l'Occident.
On ne peut que recommander aux personnes intéressées de s'adresser à la RTBF pour écouter en podcast (si c'est possible) l'entretien qu'y fit Monsieur NOTHOMB Patrick lors de la publication de son livre « INTOLERANCE ZERO, 42 ANS DE CARRIERE DIPLOMATIQUE » (éditions Racine, Bruxelles, 2004). Il a aussi écrit un autre livre : « DANS STANLEYVILLE » (éditions Duculot, 1993-1994)

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