par Congolese Front, vendredi 15 octobre 2010, à 22:54
L’actualité de la pensée de Mabika Kalanda
Dans son essai politique intitulé Tabalayi bana betu (*) (expression de la langue luba qui se traduirait en français par : Chers frères, soyez vigilants !), l’auteur – un profond penseur – dévoile à l’attention de ses concitoyens quels ont été les véritables motifs et enjeux de l’aventure coloniale en terre africaine en général et congolaise en particulier. Découvrons-le à travers la traduction du texte luba en français de ce long passage.
« Vers la fin du XIXème siècle, tous les pays d’Europe ne s’opposaient plus à l’avènement de la démocratie. Comme nous venons de le dire plus haut, le pouvoir colonial possédait les instruments de travail et disposait du travail. Il payait aux travailleurs colonisés un petit salaire insignifiant, tandis qu’ils étaient soumis aux travaux très durs, titanesques.
Durant ces années-là, les hommes riches des pays d’Europe ne ses souciaient pas d’équiper d’autres pays en matériels de travail en grande quantité. Pourtant ces mêmes appareils technologiques traînaient en dépôt sans acheteurs à cause de leurs coûts de vente trop élevés ; les clients ne gagnaient pas assez d’argent pour se les procurer (1). Comme le marché était saturé de la sorte, la crise s’abattit sur le monde. Ironie du sort ! Il était difficile de s’expliquer cette situation : les produits commerçables abondaient, mais les hommes manquaient de l’argent pour les acheter. A ce sujet, les Sud-Kasaïens (2) disent : « L’argent inonde, les marchandises à acheter s’envolent » ! Compte tenu de cette situation économique, un certain nombre d’hommes courageux se levèrent pour chercher des solutions. Parmi eux, il y en avait qui étaient pauvres et qui cherchaient à gagner de l’argent ; il y en avait d’autres qui disposaient de beaucoup de marchandises à écouler et qui cherchaient des débouchés. Ils se mirent à entreprendre des voyages à la recherche de nouvelles terres et de nouveaux produits. Là, ils iront écouler des tissus, du sel, du vin, des vélos, des véhicules et autres produits manufacturés. Tel est le but de l’arrivée des Blancs chez nous (3).
SOUCIS PRINCIPAUX DES BLANCS
Leurs soucis principaux étaient de deux sortes, à savoir obtenir des débouchés pour écouler leurs produits ; extraire et exploiter les matières premières et autres ressources naturelles de grande nécessité enfouis dans le sol des pays des Noirs, dont ils avaient grand besoin pour leurs industries.
Qu’appelle-t-on nouveau marché (ou débouchés)? Les nouveaux débouchés dont il est question, sont l’ensemble de notre territoire national et nous tous les hommes qui le peuplons. Depuis cette époque-là jusqu’à présent, nous sommes en train d’acheter les produits inventés et fabriqués par les Blancs. « Que sont-ils venus chercher ici chez nous ? Ces sont les minerais de toutes sortes enfouis dans les entrailles de nos terres : le cuivre, l’uranium du Katanga, le diamant de Lubilanji et du Kasaï, l’or de Kilo-Moto, et bien d’autres encore ». Il y a, en plus, notre coton, nos ivoires d’éléphants, notre caoutchouc, notre bois de forêts chez les Bangala, les Bayombe, à Kakenge et tous les autres bois frais non encore défrichés. Ce sont autant de ressources naturelles des forêts vierges et de savane que les Blancs sont venus rechercher pour les exporter chez eux afin de les transformer dans les usines, équiper (ou mieux enrichir) leurs pays et ensuite revenir nous les vendre au bas prix.
Jusqu’à ce jour, les Blancs continuent de nous vendre toutes sortes de marchandises, certaines produites dans leurs propres pays, d’autres extraites de notre sous-sol et manufacturées dans leurs usines.
Or, il n’a pas été facile de conquérir ces débouchés et de s’approprier ces matières premières de notre pays. Pour réussir, les Blancs ont mis en œuvre une politique et une organisation spécifiques.
POLITIQUE COLONIALE
The Original ISIS AND HORUS SIRUIS=ISIS and SUN=HORUS Amon Re=Amen Ra
Les histoires de Jésus et d’Horus sont très semblables, Horus ayant de plus contribué à l’attribution du nom de Jésus-Christ. Horus et son père Osiris sont fréquemment interchangeables dans le mythe ("Moi et mon Père sommes un"). Les légendes relatives à Horus datent de milliers d'années, et il a avec Jésus les points communs suivants:
* Horus est né de la vierge Isis-Meri le 25 décembre dans une grotte/crèche, sa naissance étant annoncée par une étoile à l’est et attendue par trois hommes sages.
* Il enseignait à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans.
* Il a eu 12 disciples.
* Il effectua des miracles et éleva un homme, El-Azar-us, d’entre les morts.
* Il marcha sur l’eau.
* Horus fut transfiguré sur la Montagne.
* Il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité.
* Il était aussi "la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’Homme, le Bon Berger, l’Agneau de Dieu, le Mot", etc.
* Il était "le Pêcheur" et était associé à l’Agneau, au Lion, au Poisson ("Ichthys")
* L'épithète personnelle de Horus était "Iusa," "le fils éternel" de "Ptah," le "Père."19
* Horus s'appelait "le KRST," ou "Oint," longtemps avant que les chrétiens en reprennent l'histoire 20.
Les histoires de Jésus et d’Horus sont très semblables, Horus ayant de plus contribué à l’attribution du nom de Jésus-Christ. Horus et son père Osiris sont fréquemment interchangeables dans le mythe ("Moi et mon Père sommes un"). Les légendes relatives à Horus datent de milliers d'années, et il a avec Jésus les points communs suivants:
* Horus est né de la vierge Isis-Meri le 25 décembre dans une grotte/crèche, sa naissance étant annoncée par une étoile à l’est et attendue par trois hommes sages.
* Il enseignait à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans.
* Il a eu 12 disciples.
* Il effectua des miracles et éleva un homme, El-Azar-us, d’entre les morts.
* Il marcha sur l’eau.
* Horus fut transfiguré sur la Montagne.
* Il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité.
* Il était aussi "la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’Homme, le Bon Berger, l’Agneau de Dieu, le Mot", etc.
* Il était "le Pêcheur" et était associé à l’Agneau, au Lion, au Poisson ("Ichthys")
* L'épithète personnelle de Horus était "Iusa," "le fils éternel" de "Ptah," le "Père."19
* Horus s'appelait "le KRST," ou "Oint," longtemps avant que les chrétiens en reprennent l'histoire 20.
- Enseigner au Noir certains traits du style de vie de la civilisation européenne afin de lui faire acheter les marchandises d’Europe. Lui apprendre à aimer à s’habiller à la mode, à se laver avec le savon de luxe, à circuler à vélo, à se couvrir de ou avec la couverture, à manger dans les assiettes en métal ou en porcelaine, avec des fourchettes, à table, à boire du vin, à s’asseoir sur les chaises, à porter la veste avec la cravate, à lire et à écrire…
- Le programme d’enseignement doit être élémentaire voire superficiel, éviter de l’approfondir ou d’entrer dans les détails de peur que le Noir ne s’éveille et ne se développe vite, au risque de nous chasser trop tôt sans que nous ayons assez de temps de puiser dans les ressources de son sol.
- Eviter d’apprendre au Noir de se prendre en charge, de devenir autonome, afin qu’il s’habitue à dépendre des Blancs, à obéir aux Blancs.
- S’emparer de toute autorité (ou tout pouvoir) politique des Noirs et le (la) remettre aux Blancs. Faire des chefs coutumiers les employés des Blancs (ou du gouvernement des Blancs) de telle sorte qu’ils soient payés mensuellement comme tous les employés. Le chef qui mérite d’être maintenu dans son fauteuil de chef coutumier doit être celui qui respecte les Blancs, qui leur est soumis. Le véritable chef coutumier doit être investi par le pouvoir colonial avant son entrée en fonction.
- Prendre soin d’éviter de vivre ensemble avec des Noirs, de peur qu’ils ne se familiarisent avec les habitudes des Blancs assez rapidement et n’en viennent à découvrir le secret de notre réussite et de notre intelligence.
- Ne pas ouvrir au Noir le chemin des études universitaires, sinon il va connaître plusieurs choses au point de parvenir à se rebeller et passer ou entraîner la population à la révolte.
- Appliquer un régime autoritaire, répressif ; user de la chicotte ou du fouet dans l’administration du Noir pour lui imposer la crainte des Blancs. Les soldats, les policiers et les administrateurs blancs doivent faire usage de la cruauté envers les Noirs (gifles, coups de pied, fouets, coups de crosse). Si les Noirs se révoltent (comme à Lubumbashi, à Luluabourg, à Matadi, à Léopoldville…), les soldats doivent réprimer la révolte en ouvrant le feu sur eux à temps afin d’effrayer les autres. Dresser les soldats pour être cruels.
- Il faut freiner le commerce des Noirs et, par contre, favoriser les affaires commerciales des Blancs. Il ne faut octroyer de crédit aux Noirs, mais les commerçants blancs auront accès au « Crédit Colonat ».
- Ne pas tolérer l’entente entre les Noirs, car s’ils se concertaient, ils s’organiseraient et auraient la force de nous chasser. Pour prévenir cela, il faut les séparer : le soldat ne peut séjourner aux côtés des civils incultes ; le policier garde du corps du Blanc doit être logé à part ; le moniteur est un homme évolué ; les autres Noirs sont les sauvages, les singes. Le clerc est supérieur au cheminot ; l’évolué est au-dessus de tous les Noirs ; mais l’immatriculé possède le rang supérieur à tous. Le Muluba surpasse en intelligence toutes les autres ethnies. Les Kasaïens sont des Noirs de pire espèce. Les Katangais sont de bons sauvages, etc.
- Les matières premières extraites par les Blancs du sol des Noirs sont exportées pour être transformées dans des usines d’Europe, sans quoi ils risquent d’en connaître la technique et les Blancs perdront leurs débouchés…
Tel est l’essentiel de la politique coloniale belge en vue de coloniser, de rendre esclaves les Noirs du Congo. Cette politique coloniale était adoptée par tous les pays colonialistes sur le continent africain. Cette même politique était fondée sur une organisation solide ». De ce qui précède, le lecteur s’apercevra que l’Etat Indépendant du Congo, propriété personnelle de Léopold II, roi des Belges, en passant par le Congo-belge – une colonie – et le Congo indépendant, des constantes caractérisent les comportements des Blancs vis-à-vis des Noirs en général et des Congolais en particulier. Le général De Gaule n’avait-t-il pas déclaré : « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ». De son vivant, le Mzée Laurent-Désiré Kabila n’a cessé d’inviter le peuple congolais à « se prendre en charge ». Le Congolais arrive-t-il à saisir la profondeur de ces deux messages ? En effet, un adage séculaire est clair : « Aide-toi et le ciel t’aidera ».
Mabika Kalanda, Tabalayi bana betu, Kinshasa, Ed. Congolia, 1963, pp.54-55
ALPHONSE MBUYAMBA KANKOLONGO PROFESSEUR A L’UNIKIN




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