
PARIS, 15 déc 2010 (AFP) - Le musicien ivoirien Alpha Blondy appelle depuis Paris les Ivoiriens "à respecter le verdict des urnes" et le "président Alassane Ouattara à avoir la victoire modeste".
"Monsieur Laurent Gbagbo était mon candidat, mais ça ne m'empêche pas de reconnaitre la victoire de Monsieur Alassane Ouattara", précise Alpha Blondy dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP.
"Je ne peux que répéter ce que j'ai toujours prêché : la voix des urnes contre la voix des armes. Les urnes ivoiriennes ont parlé. J'invite les Ivoiriens à respecter le verdict des urnes", écrit le pionnier du reggae
africain, âgé de 57 ans.
Le musicien, qui termine actuellement l'enregistrement de son album à Paris, appelle les forces armées des deux camps, "des FDS comme des FN (à se) concerter pour éviter à la Côte d'Ivoire un nouveau bain de sang" et les "politiques ivoiriens" à "respecter votre parole et d'être à la hauteur de l'amour que les Ivoiriens vous ont donné".
"J'avais indiqué qu'il était dangereux d'aller aux élections avec deux armées face-à-face (...) J'avais proposé que l'on donne des papiers à tous les Ivoiriens qui n'en ont pas, pour éviter de faire des Ivoiriens frustrés", rappelle-t-il.
"J'avais - malheureusement - prévu que si des élections se tenaient sans que ces préalables soient réglés, elles aboutiraient au blocage que nous connaissons, avec deux présidents pour un seul fauteuil".
Alpha Blondy, lui-même Dioula, met en cause "l'ivoirité", une théorie développée depuis une dizaine d'années par l'entourage de l'ancien président Henri Konan Bédié, opposant les "vrais Ivoiriens" aux populations - par extensions - Dioula, originaires du nord du pays ou des pays voisins (Burkina-Faso, Guinée...).
Alpha Blondy avait été personnellement menacé lors des troubles de l'automne 2000 à Abidjan par les partisans du président sortant Laurent Gabgbo qui conteste aujourd'hui le verdict des urnes.
Il conclut en souhaitant que "le président Alassane Dramane Ouattara veille personnellement à la sécurité du Président Gbagbo, de sa famille et de ses proches. Que personne ne soit humilié".
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