Sur le boulevard en contrebas, la circulation était alors d’autant plus fluide que rares étaient les automobilistes osant se risquer dans ces parages. Devant l’hôtel, clos de barbelés, circulaient pêle-mêle casques bleus des contingents jordaniens, bangladeshis ou togolais et autres ex-rebelles des Forces nouvelles, lance-roquettes à l’épaule, goûtant le calme revenu après une journée très tendue.
Pour la première fois depuis le second tour de la présidentielle, gardes prétoriennes des camps Gbagbo et Ouattara se sont défiées hier, armes à la main. Et c’est en l’air que les premières balles ont été tirées.
La partie d'échecs à l'ivoirienne
Les deux camps ivoiriens sont actuellement engagés dans une partie d'échecs où chacun tente de pousser l'autre à la faute tout en gardant l'initiative des actes et des déclarations. Hier, sans engager une confrontation directe, l'armée fidèle à Laurent Gbagbo a imposé un blocus sur l'Hôtel du Golf. « Une provocation qui n'entame pas notre sérénité » selon Guillaume Soro.
En l'état actuel, il est bien difficile de dire s'il s'agit d'un coup de bluff ou d'une annonce qui sera suivie d'effet. Quoi qu'il en soit, Guillaume Soro en appelle encore et toujours à l'esprit républicain des forces de défense et de sécurité et met au défi ceux qui voudraient l'arrêter d'oser un acte qui ne manquera pas d'être condamné internationalement.
Les sanctions européennes à l'encontre de Laurent Gbagbo et de ses proches Dès l’annonce par la Commission électorale indépendante de la nette victoire d’Alassane Ouattara, l’Union européenne s’est empressée de le reconnaître comme le nouveau chef d’Etat légitime de Côte d’Ivoire. Mais depuis, l’attitude des Européens n’a pas été spécialement ferme. Dans ce contexte, les sanctions décidées par les ministres des Affaires étrangères de l’UE, ont pu étonner d’autant qu’à l’ouverture de leur réunion, le projet semblait encore se limiter à la désignation d’un groupe d’experts qui aurait proposé des projets de sanctions. Mais quelques heures plus tard, ces nuances étaient oubliées avec l’annonce de l’interdiction de visas pour l’Union européenne et du gel des avoirs qui devraient frapper Laurent Gbagbo et son entourage. Ce sont là, les mêmes sanctions qui ont été appliquées à la junte birmane et les Européens ont clairement choisi de taper du poing sur la table. D’aucuns voient une influence française dans cette fermeté inattendue mais la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie n’a pas assisté à cette réunion. Peut être pour ne pas donner aux Ivoiriens l’impression d’une ingérence française. Les Européens préparent maintenant la liste des personnes qui seront visées par les sanctions. Ils espèrent aussi que le président sortant profitera de ce bref délai pour passer le pouvoir à Alassane Ouattara. |

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