mardi 14 décembre 2010

Côte d'Ivoire : le Premier ministre d'Alassane Ouattara promet une évolution de la situation dans 48h

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro , le 9 novembre 2010.
Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro , le 9 novembre 2010.
N. Navarro/RFI







Par RFI
En Côte d’Ivoire, le blocus a été levé et la circulation a repris le 13 décembre en fin de journée, aux abords de l’Hôtel du Golf d’Abidjan qui sert de QG à Alassane Ouatara, et à son gouvernement. Pendant quelques heures, les forces de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo ont en bloqué l'accès. Le couvre-feu, prolongé d'une semaine, est allégé. Et pour reprendre la main, Guillaume Soro le Premier ministre d'Alassane Ouattara a promis une sérieuse évolution de la situation à partir du 16 décembre.

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL
Présidentielle en Côte d'Ivoire
Présidentielle en Côte d'Ivoire
La journée s’est achevée mieux qu’elle n’avait commencé le 13 décembre à l’Hôtel du Golf d’Abidjan. Aux abords de ce vrai camp retranché en bordure de lagune, où réside sous bonne garde Alassane Ouattara, les barrages érigés dès l’aube par les FDS ont été levés en fin d’après-midi.
Sur le boulevard en contrebas, la circulation était alors d’autant plus fluide que rares étaient les automobilistes osant se risquer dans ces parages. Devant l’hôtel, clos de barbelés, circulaient pêle-mêle casques bleus des contingents jordaniens, bangladeshis ou togolais et autres ex-rebelles des Forces nouvelles, lance-roquettes à l’épaule, goûtant le calme revenu après une journée très tendue.

Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo
14/12/2010
par Christine Muratet
Garés ça et là, des blindés blancs des Nations unies, des pickups armés de mitrailleuses, tout un arsenal venu en renfort à la suite d’un accrochage entre ex-rebelles des Forces nouvelles et FDS ayant fait plus de bruit que de mal, les premiers voulant, sans y parvenir, forcer un barrage des seconds.
Pour la première fois depuis le second tour de la présidentielle, gardes prétoriennes des camps Gbagbo et Ouattara se sont défiées hier, armes à la main. Et c’est en l’air que les premières balles ont été tirées.

Véronique De Keyser, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen
14/12/2010
par Olivier Rogez
Hier soir, la télévision nationale ivoirienne a annoncé le prolongement pour une semaine du couvre-feu. Un couvre-feu qui est cependant allégé. Il allait jusqu'à hier soir de 22h à 6h du matin. A partir de ce 14 décembre et jusqu'à mardi prochain, il ira de minuit à 5 heures du matin.
La partie d'échecs à l'ivoirienne
Les deux camps ivoiriens sont actuellement engagés dans une partie d'échecs où chacun tente de pousser l'autre à la faute tout en gardant l'initiative des actes et des déclarations. Hier, sans engager une confrontation directe, l'armée fidèle à Laurent Gbagbo a imposé un blocus sur l'Hôtel du Golf. « Une provocation qui n'entame pas notre sérénité » selon Guillaume Soro.

Mgr Joseph Aké, Président de la Conférence épiscopale
14/12/2010
par Ghislaine Dupont
Et pour reprendre la main, le Premier ministre d'Alassane Ouattara a promis une sérieuse évolution de la situation à partir de jeudi 16 décembre : « Ici tout le monde est d’accord que le président Alassane Ouattara a été élu. Il faut qu’il puisse entrer dans ses prérogatives effectives. Dans cette circonstance, le gouvernement que je dirige au grand complet, nous prendrons nos véhicules et pacifiquement nous irons à la radio télévision ivoirienne et le vendredi nous serons à la primature dans les locaux pour le premier conseil de gouvernement là-bas ».
En l'état actuel, il est bien difficile de dire s'il s'agit d'un coup de bluff ou d'une annonce qui sera suivie d'effet. Quoi qu'il en soit, Guillaume Soro en appelle encore et toujours à l'esprit républicain des forces de défense et de sécurité et met au défi ceux qui voudraient l'arrêter d'oser un acte qui ne manquera pas d'être condamné internationalement.

Catherine Ashton, Haut représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité
14/12/2010
par Joana Hostein
De leur côté, les 27 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis le 13 décembre à Bruxelles, ont décidé d'accroître la pression sur le régime de Laurent Gbagbo. L'Union européenne a opté pour des sanctions ciblées contre le camp Gbagbo. Enfin conséquence du blocage des institutions ivoiriennes depuis deux semaines, le procès sensible des ex-dirigeants de la filière cacao qui devait avoir lieu ce 14 décembre a été repoussé pour la troisième fois. Report au début de l'année prochaine.

Les sanctions européennes à l'encontre de Laurent Gbagbo et de ses proches
Dès l’annonce par la Commission électorale indépendante de la nette victoire d’Alassane Ouattara, l’Union européenne s’est empressée de le reconnaître comme le nouveau chef d’Etat légitime de Côte d’Ivoire. Mais depuis, l’attitude des Européens n’a pas été spécialement ferme.
Dans ce contexte, les sanctions décidées par les ministres des Affaires étrangères de l’UE, ont pu étonner d’autant qu’à l’ouverture de leur réunion, le projet semblait encore se limiter à la désignation d’un groupe d’experts qui aurait proposé des projets de sanctions.
Mais quelques heures plus tard, ces nuances étaient oubliées avec l’annonce de l’interdiction de visas pour l’Union européenne et du gel des avoirs qui devraient frapper Laurent Gbagbo et son entourage. Ce sont là, les mêmes sanctions qui ont été appliquées à la junte birmane et les Européens ont clairement choisi de taper du poing sur la table.
D’aucuns voient une influence française dans cette fermeté inattendue mais la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie n’a pas assisté à cette réunion. Peut être pour ne pas donner aux Ivoiriens l’impression d’une ingérence française.
Les Européens préparent maintenant la liste des personnes qui seront visées par les sanctions. Ils espèrent aussi que le président sortant profitera de ce bref délai pour passer le pouvoir à Alassane Ouattara.

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