Créé le 13.01.11 à 22h56 -- Mis à jour le 13.01.11 à 22h56
CRISE IVOIRIENNE - Six attaques de ce genre ont été enregistrées jeudi...
Les forces loyales à Laurent Gbagbo ont commencé jeudi à s'attaquer et à brûler des véhicules des Nations unies en Côte d'Ivoire, exacerbant les tensions entre le pouvoir détenu par le président sortant et l'organisation internationale qui a certifié l'élection de son rival, Alassane Ouattara.«Le secrétaire général (de l'Onu) est très préoccupé par ce début d'attaques et d'incendies de véhicules des Nations unies par des forces régulières et irrégulières loyales à M. Gbagbo», a déclaré à New York Martin Nesirky, porte-parole de Ban Ki-moon.
Il a précisé que six attaques de ce genre avaient été perpétrées jeudi, dont une impliquant un véhicule militaire qui a été incendié. D'après des responsables de l'Onu, une ambulance a reçu des jets de pierre qui ont blessé le chauffeur et le médecin.
Changement de tactique côté Gbagbo
En privé, des responsables de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire font état d'une situation de plus en plus tendue et propice à l'affrontement dans la cité lagunaire.Ils affirment que les forces loyales à Laurent Gbagbo ont changé de tactique et, refusant la confrontation militaire, poussent désormais la population à s'attaquer de préférence aux véhicules de l'Onuci.
Cela complique singulièrement la tâche des casques bleus de l'Onuci, forte de 10.000 militaires et policiers, pour riposter à ces attaques dans ce pays puisqu'il n'est pas question pour l'Onu de blesser des civils.
Du renfort pour les casques bleus?
«Gbagbo est en train de monter ses foules en colère contre l'Onuci, déclare un diplomate de l'Onu. Et si les casques bleus ouvrent le feu sur la foule, ce sera le chaos total.»Certains responsables de l'Onu affirment redouter que le président sortant ne cherche à provoquer les casques bleus à tirer sur des civils dans le but de déclencher un vaste mouvement de boomerang qui contraindrait l'Onuci à plier bagages.
Laurent Gbagbo avait demandé en décembre le retrait de son pays du contingent de l'Onu, ce à quoi s'est refusée l'Onuci en contestant la légitimité de la requête du chef de l'Etat sortant.
A New York, le Conseil de sécurité devait approuver vendredi un renfort de 2.000 hommes en faveur de l'Onuci mais selon des diplomates, le vote a été repoussé à la semaine prochaine.
Avec Reuters
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