
L'ex-président haïtien Jean-Claude Duvalier (C) à l'aéroport de Port-au-Prince, le 16 janvier 2011
Amélie Baron/ RFI
Le retour inattendu de l'ancien président Jean-Claude Duvalier en Haïti, dimanche 16 janvier 2001, est une nouvelle pièce à ajouter au complexe puzzle politique haïtien. Et ce d'autant qu'un autre nom commence à circuler, celui d'un autre ex-président également chassé du pouvoir, Jean-Bertrand Aristide.
Avec nos envoyés spéciaux en Haïti, Valérie Rohart et Manu Pochez et notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie baronLa même foule a accompagné le cortège de l'ancien président jusqu'à son hôtel. Ses partisans se sont rassemblés ensuite devant les grilles de l'hôtel Caribe où s'est installé Jean-Claude Duvalier. Il est sorti les saluer mais n'a fait aucune déclaration. Cet accueil n'est pas surprenant car nombreux sont les nostalgiques de l'ère Duvalier, une époque où, selon les nostalgiques du régime, «tout le monde avait à manger».
On ne sait rien des intentions de Jean-Claude Duvalier, qui était resté silencieux depuis le début de la crise politique en Haïti. Mais il a choisi de revenir au pays entre les deux tours de l’élection présidentielle et alors que l'on attend le résultat du premier tour depuis bientôt deux mois. Ce retour ajoute donc à la confusion d’autant que s’il y avait des Haïtiens pour se féliciter du retour d’un homme à poigne, d’autres en ont profité pour demander le retour d’un autre président, lui aussi chassé de Haïti et exilé, Jean-Bertrand Aristide.
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Le régime Duvalier, dictatorial et corrompu Jean-Claude Duvalier devient président à vie d'Haïti en 1971 à la mort de son père François qui avait régné d'une main de fer sur le pays durant 14 années. Surnommé «Bébé Doc», Jean-Claude Duvalier arrive donc au pouvoir à l'âge de 19 ans, ce qui a fait de lui le plus jeune chef d'Etat au monde. Si au cours de ses premières années aux affaires il donne quelques gages démocratiques, rapidement il renoue avec les méthodes répressives de son père en baillonnant la presse et en usant de la milice paramilitaire les tristement célèbres «tontons macoutes». En 1986, suite à une révolte populaire soutenue par les Etats Unis, Jean-Claude Duvalier est chassé du pays et part s'installer en France. Depuis, des procédures avaient été lancées pour bloquer les avoirs de la famille Duvalier, des fonds estimés à 100 millions de dollars détournés des caisses de l'état haïtien. Le règne des Duvalier a été marqué par les violences et crimes politiques, pour autant, Jean-Claude Duvalier ne faisait l'objet d'aucun mandat d'arrêt et il a donc pu regagner ce dimanche son pays... grâce à un passeport diplomatique. Amélie Baron |





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