lundi 17 janvier 2011

Kinshasa: Le Campus de l’UNIKIN en ébullition !


par Clément Wa Mbuyi   
Vendredi, 14 Janvier 2011
 









Des très violents affrontements on opposé ce matin étudiants et forces de l’ordre composées des éléments de la Police d’Intervention Rapide (PIR) sur le campus de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Et pour cause, la découverte aux petites heures de ce matin du 13 janvier 2011 du corps pendu à un arbre d’un étudiant de la Faculté de Droit sur le site même du campus. Cette macabre découverte est la troisième du genre depuis la nuit du 31 décembre 2010 où un autre étudiant en 2ème Doctorat de médecine avait été découvert mort alors que le 05 janvier courant un autre étudiant était retrouvé dans la même condition sur le campus.  Depuis la fin de l’année dernière, le gouvernement n’est jamais parvenu à élucider ces morts suspects bien la grogne montait au sein de la population estudiantine.
Du Rond Point Ngaba à Kindele en passant par  Mont Ngafula et ses environs, personne ne pouvait ni circuler ni encore moins se déplacer ce matin. De pneus brûlés aux branchages d’arbres barrant les chaussées des étudiants répondaient les tirs de gaz lacrymogène des forces de la police nationale. Après plusieurs heures d’échauffourées, le calme semblait revenir en début d’après-midi même si l’on déplorait deux à trois morts de plus selon les sources. Ceci, sans compter des nombreux blessés et autres véhicules saccagés, bâtiments et commerces pillés par les populations environnantes qui se sont mêlés à la fronde des étudiants. Ce soubresaut sur le site de la colline du Mont Amba entre étudiants et forces de police du régime témoigne de la méfiance entre les deux corps vu le comportement toujours répressif du régime même s’il n’en vaut pas la peine.

Un mauvais présage ? Ces affrontements à répétition entre étudiants et forces de l’ordre tant à Kinshasa qu’ailleurs dans le reste du pays ne présage rien de bon pour un avenir proche. De l’Algérie à la Tunisie en passant par la Côte d’Ivoire, les jeunes sont au devant de la contestation contre des régimes qui ne sont pas que démocratie.

Un pasteur d’une église de réveil bien connu dans Kinshasa qui a requit l’anonymat et habitant la commune de Mont Ngafula interrogé par www.congoone.net nous a fait part de ses craintes quant à l’avenir proche du pays en rapport des échéances électorales de cette année. Et pour preuve de ses craintes, il cite la militarisation à outrance du pouvoir de Kabila depuis les préparatifs des 50 ans de l’indépendance du pays en juin dernier par l’introduction d’une masse très importante d’armes à feu dans la capitale comme dans le chef-lieu des provinces. Les récentes nominations des proches et autres hommes sous coupe à tous les échelons de l’armée et de la police nationales révèlent bien les intentions futures du pouvoir de Kabila qui n’est plus sûr de rien pour fin 2011 poursuit notre interlocuteur. La situation demeurant très tendue, on ne sait pas comment ça va évoluer conclut-il !

Il y a lieu de se rappeler que depuis la dictature de Mobutu au régime actuel de Joseph Kabila en passant par celui de Laurent-Désiré Kabila, les étudiants ont toujours été au devant de la contestation. Les manifestations sur le campus de Kinshasa en 1967 et celles de 1982  et 1987 en passant le massacre des étudiants de l’Université de Lubumbashi en 1990 sont autant des signes qui ont annoncé la fin d’une ère. Une chose demeure certaine, lorsque la jeunesse tant contenue et réprimée se lève, personne ne pourra ni l’arrêter, encore moins l’empêcher dans son élan pour la liberté.

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