(Lettre écrite par Jean Luc Erick)
L’objet de cette lettre se veut être non pas la réplique ou la contradiction de toutes les infos sur la CI mais juste ma version des faits. Des faits vécus au quotidien, des faits pour lesquels j’ai été témoin et dans un certain sens, acteur ou… victime.
Le Président Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir en 2000 après que le Général Guei ait refusé le verdict des urnes et fait tirer sur la foule sortie pour le forcer à partir. Sa première mesure a été de dénoncer certains points des accords régissant les relations entre la France et son ancienne colonie qu’est la Cote d’Ivoire. Entre autre, le compte d’opération, le Franc CFA, les accords de défense et la gestion des matières premières.
Le compte d’opération :
C’est un compte SANS INTÉRÊTS logé au TRÉSOR Français dans lequel les pays de la zone CFA doivent reverser 65% de leurs recettes d’exportation en devise. Ce compte est géré par l’état Français. Tous les décaissements sont AUTORISES et EFFECTUES par l’état Français, et doivent uniquement servir pour les achats de services et/ou d’équipements EXCLUSIVEMENT Français, comme le stipule les accords de «coopération». Mais deux exemples ont montré que ces accords n’étaient pas toujours appliqués d’où la nécessité de s’y désengager.
En 1988, a la suite des difficultés financières du a la réduction des prix des matières premières (prix fixés par les acheteurs occidentaux : une aberration!), le compte d’opération n’a pas été utilisé. Au contraire, la France a orienté les pays de la zone CFA vers le FMI et la Banque Mondiale avec les plans d’ajustements structurels qui ont conduit à la privatisation (concession à des entreprises FRANÇAISES) de tous les secteurs publics rentables (eau, électricité, communication, etc.).
En 1993, le compte d’opération n’a pas été utilisé pour éviter la DÉVALUATION du franc CFA qui a eu lieu sous prétexte de mauvais résultats économiques des pays de la zone CFA. En fait, l’EURO arrivant et le franc CFA étant garanti par le trésor Français( ?), l’état Français, au lieu d’utiliser la réserve de devise du compte d’opération comme le stipule les accords, a choisi la dévaluation malgré son cortège d’inflation, parce que cette opération lui revenait moins chère que de garantir une monnaie Africaine face a l’EURO. le compte d’opération est utilisé par la France comme sa propre cagnotte en violation de tous les accords.
LE FRANC CFA
Le franc CFA est la monnaie des anciennes colonies Françaises d’Afrique. Il est «garanti» par le TRÉSOR Français et il est logé à la BCEAO pour les pays de l’Afrique de l’ouest. La BCEAO, elle-même, rend compte au TRÉSOR Français. Ce qui lui fait perdre son caractère souverain de banque centrale. Les transactions internationales se faisant en devise et non en CFA, la CI doit automatiquement avoir recours au trésor Français pour honorer ses engagements. Mais la procédure n’est pas toujours rapide, surtout lorsqu’il s’agit de fournisseurs non Français. Et très souvent, les décaissements ne sont pas autorisés par l’état Français qui propose plutôt de prêter…
La France devient donc de fait le pourvoyeur en devise de la CI (et de toutes ces anciennes colonies d’Afrique). Elle empoche tous les intérêts issus des milliards de dollars d’exportations des pays de la zone CFA. La Cote d’Ivoire représente à elle seule 60% du PIB de l’Afrique de l’ouest, donc 60% des exportations de la zone BCEAO. La Cote d’Ivoire malgré la crise reste le N°1 mondial du CACAO et le N°3 du CAFÉ. Mais à cause du système du franc CFA et du compte d’opération, la CI ne bénéficie que de 35% de ces recettes d’exportations. Le fait de ne pas avoir accès directement à ces propres ressources en devise, oblige la CI à toujours solliciter le trésor Français et donne à la France un puissant moyen de pression. La CI ne contrôle pas son argent, elle ne peut donc pas réaliser ses ambitions, diversifier en toute liberté ses partenaires et surtout, jouir de sa SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE. Elle doit emprunter au TRÉSOR Français (malgré un compte d’opération fourni) puisse que les échanges internationaux ce font en devise, non en CFA. Enfin, ce système oblige la CI à acheter des biens et des services exclusivement FRANÇAIS. En fait, la France prête à la CI son propre argent (en plus, à des taux élevés et en échange de nombreuses concessions) ce qui est tout a fait scandaleux!
LES ACCORDS DE DÉFENSE
Signés entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique, ces accords de défense autorisent le stationnement d’un détachement de l’armée Française en CI destiné à la formation et au renseignement des troupes ivoiriennes. Selon ces accords, les TFCI doivent INTERVENIR MILITAIREMENT aux cotés des FANCI en cas de CRISE ARMÉE (coup d’état ou agression étrangère). Par cet accord, la CI confi 90% de sa défense militaire à la France.
En Décembre 1999, le Président Bédie qui exerçait un pouvoir légal a été renversé par un coup d’état militaire sans que les TFCI ne lève le petit doigt. Au contraire, les français l’on exfiltrés et il s’est retrouvé en exil…en France.
En Septembre 2002, une tentative de coup d’état s’est transformée en rébellion armée en CI. Lorsque le Président Gbagbo a voulu actionner les accords de défense, l’Elisée a refusé recevoir.
Comme on le voit, confier sa défense à une autre nation pose des problèmes de souveraineté militaire, car en cas d’agression, on ne peut jamais savoir à l’avance si les accords signés seront appliqués ou comment ils le seront. Ces accords deviennent alors dangereux et obligent la CI à satisfaire la volonté de la France si elle veut toujours bénéficier de la protection militaire Française. Ces accords de défense sont donc un chantage honteux, une menace permanente, pire, une prise d’otage et sont considérés à juste titre comme une prolongation de la colonisation comme d’ailleurs l’ensemble des autres accords.
LA GESTION DES MATIÈRES PREMIÈRES.
La CI est le premier producteur mondial de CACAO, le 3eme de CAFÉ. Son sous sol regorge de richesses naturelles stratégiques diversifiées. La dernière en date est le PÉTROLE et le GAZ au large du golf de Guinée. Les réserves sont estimées à 1 million de baril /jour pendant 100 ans. La quantité exploitée en ce moment est de 70000 barils/jour sur un seul puits exploité par TOTAL. Les accords commerciaux entre la France et la CI accordent l’exclusivité de toutes ces matières premières à la France et à aucun autre pays. Leur prix d’achat est décidé par les occidentaux ce qui empêche toute prévision et toute planification de l’état de CI. En plus, aucune matière première ne peut être transformée sur place en CI toujours selon les accords. La CI devant se contenter de récolter pour la France alors que la plus petite des transformations apporterait une plus-value aux matières premières brutes de base et surtout créerait des emplois, donc des richesses. La CI se retrouve alors dépourvu de souveraineté économique, monétaire, militaire et même commerciale. Tout simplement, la CI se retrouve comme une colonie, comme la France occupée.
Ce sont ces accords injustes basés sur l’influence et les rapports de force que le Président Laurent GBAGBO a voulu et continu de dénoncer depuis 2000. Depuis 2005, la CI ne reverse plus ses recettes d’exportation au trésor Français. La CI a introduit dans son marché de nouveaux partenaires tel que la Chine, la Russie, Israël, l’Inde, l’Iran, le Brésil etc. La CI n’accorde plus à la France l’exclusivité de ces matières premières. La CI a instaurée un système d’appel d’offre pour l’exploitation de son premier puits de pétrole (remporté par TOTAL) et pour la construction de plusieurs infrastructures comme les quatre ponts d’Abidjan, les deux autoroutes, la construction du nouvel abattoir, la rénovation de trois aéroports etc. La CI vient de signer avec la Chine un contrat de livraison de plusieurs usines de transformation de fève de Cacao et avec la Russie un contrat d’équipement de forage de pétrole. La CI sortira cette année de la zone CFA, battra sa propre monnaie et mettra en place sa propre Banque Centrale, privant ainsi la France d’une bonne partie de «ses» ressources financières et d’une autre de ses sources d’approvisionnement en matière première. Toute cette agitation est la conséquence des choix politiques responsables de Laurent GBAGBO.
Laurent GBAGBO a décidé de sortir du joug colonial Français et subit tous les revers de cette décision depuis 2000. Je ne croix pas que la France aime tant la CI. Je pense que la CI représente beaucoup d’intérêts pour la France voila pourquoi Sarkozy agite tous les relais Français en Afrique et dans le monde pour reconquérir la CI et montrer aux autres pays Africains ce que sa coute de dire «non». Les pays comme le Sénégal et le BF ne peuvent que s’aligner, eux n’ont pas les moyens de vivre sans la France et de lutter contre elle à l’image de la CI. Le BF de Blaise Compaoré à abrité les rebelles, ce pays leur sert de base arrière et leur fourni un appui logistique et militaire. Aujourd’hui, le BF est devenu un pays producteur de Cacao à cause du cacao pillé en CI. Le BF exporte des diamants, de l’or, même du Café. Blaise Compaoré bénéficie de l’appui politique et militaire Français pour lutter contre la CI. Il vient de se faire réélire au 1er tour après 23ans de règne avec plus de 80% des suffrages, après avoir refusé le vote des Burkinabès de l’étranger, et ça, personne ne s’étonne. J’en veux personnellement à Blaise, car il représente la main noire manipulée comme toujours dans l’histoire par les occidentaux pour frapper d’autres noires. J’en veux au Burkina Faso mais pas aux Burkinabès. Comme les Africains ont fait la GUERRE pour libérer la France occupée (mais se font quand même expulser de France par charter rempli), les Burkinabès ont participé au développement de la CI ; Plusieurs d’entre eux sont propriétaires de grandes plantations et emploient même des Ivoiriens. Le rôle principal de la CI est de fournir l’industrie Française en matières premières. Si la france laissait la CI s’industrialiser, elle serait privée d’une bonne partie des matières premières que lui procure la CI. Alors, il faut mettre à la tète de la CI un ami pour protéger ses intérêts, et cet ami s’appel Alassane Dramane Ouattara.
Alassane Ouattara est né au BF.
Arrivé en CI en 1989 pour faire appliquer les mesures d’ajustement structurel imposées à la CI par le FMI pour «redresser» son économie, Alassane Dramane Ouattara instaure la carte de séjour des étrangers, catégorisant les habitants de la CI. Il entame la privatisation de toutes les entreprises publiques de CI. En fait, il ne fait que céder ces entreprises à ses amis Français. Dans certains cas, il les rachète lui-même avec des noms d’emprunts. Alassane Dramane Ouattara réduit les salaires des enseignants de moitié. A la suite d’une marche de protestation consécutive à un raide de l’armée sur la citée universitaire de Yopougon, Il emprisonne l’ensemble des responsables de l’opposition avec leur famille à la MACA. Alassane Dramane Ouattara supprime les restaurants universitaires ainsi que les cars de transport gratuits des étudiants. Il augmente les frais d’inscription à l’université et introduit les loyers payants des chambres d’étudiants. Il confie à l’entreprise de sa femme (AICI), la gestion du patrimoine mobilier de la CI et prépare dans le secret, le dossier de la DEVALUATION du Franc CFA.
Tout ces faits, je les ai vécu et je continu de les vivre. Les charniers, les coups d’états manqués, la crise en CI, Marcoussis, Novembre 2004 etc... ne sont que des évènements créés de toutes pièces pour salir et/ou renverser le Président GBAGBO qui a osé commettre l’irréparable : dire NON a la France ! Le projet est connu : installer Alassane Dramane Ouattara au pouvoir en CI, lui est prêt a ramener l’ «ordre» (colonial) en CI comme il ‘a déjà montré. En clair, la France fait ce quelle a toujours fait en Afrique : Installer un de ses hommes au pouvoir!
C’est contre cette pratique et pour l’avenir de notre NATION que nous luttons tous, à l’image de la France occupée par les nazis.
Et comme l’Allemagne nazie, la France coloniale à déjà perdu.
VIVE LA COTE D’IVOIRE LIBRE!
JEAN LUC ERICK
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