Joseph Kabila, président de RDC, entouré de sa garde rapprochée (DR)(Libre Opinion) — Ce n´est pas une mauvaise blague d´étudiants ! C´est la vérité. Après avoir alerté sans succès l´opinion nationale et internationale sur une tentative de « putsch » le dimanche 27 février 2011 à Kinshasa, deux jours ont suffi pour que son « excellence » monsieur le ministre congolais de l´information, Lambert Mende Ombalanga, fasse une marche en arrière en affirmant, sans broncher, au cours d´un point de presse organisé le mardi 1er mars 2011 à Kinshasa que l´attaque de la résidence du président congolais, Joseph Kabila, était un acte criminel qui n’est pas signé et non une « tentative d’un coup d’État ». Il soutient également que, outre la résidence de Joseph Kabila située dans la commune de la Gombe à Kinshasa, d´autres sites auraient été « ciblés ». Et son « excellence » de citer : le bâtiment de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC) et le camp militaire Kokolo, tous deux dans la commune de Lingwala à Kinshasa.
Quelle est finalement la vraie version des faits qu´il faudrait retenir ? S´agissait-il d´un « coup d´État manqué » ou d´un « acte criminel qui n’est pas signé ». Admettons que c´était un « acte criminel qui n´est pas signé » ; la question qui demeure est celle de savoir : auprès de qui son « excellence » monsieur le ministre congolais de l´information a-t-il reçu l´information initiale selon laquelle les « assaillants » lourdement armés auraient attaqué la résidence du « raïs » congolais tentaient de faire un coup d´État ? Et auprès de qui son « excellence » a-t-il reçu la seconde version des faits selon laquelle les personnes qui auraient attaqué la résidence présidentielle voulaient non pas faire un « putsch » mais plutôt commettre un « acte criminel qui n´est pas signé » ? En tout cas son « excellence » nous prend pour des naïfs !
1. Mensonge d´État ?
Dans une langue de bois, son « excellence » monsieur le ministre congolais de l´information affirme que les « commanditaires » de l’attaque, « seraient basés aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger » malheureusement il n´avance aucun nom. S’agirait-il des opposants politiques au régime de Kinshasa ? Silence radio ! Toutefois son « excellence » s´est empressé de préciser que « Parmi la soixantaine de personnes arrêtées, il n’y a aucun opposant ». Et de poursuivre dans sa divagation : « la situation est suffisamment préoccupante pour que l’on s’amuse à mettre de l’huile sur le feu avec des rumeurs dans un sens ou un autre ». Où voudrait-il en venir notre « excellence » ?
Dans une confusion totale, le ministre congolais de l´information s´arroge le droit de mettre en garde une société privée de sécurité à Kinshasa (Delta Protection) qui a envoyé des « SMS exagérément alarmistes » prétendant qu´il y avait insécurité parce que les militaires étaient déployés la nuit sur certains sites de la ville. Et son « excellence » de continuer : « le Gouvernement avait pourtant, par ma voix, annoncé de tels déploiements dès 16 heures dimanche en appelant des gens à vaquer normalement à leurs activités. Les responsables de cette société qui se sont permis de dire à leurs clients de rester chez eux à cause de cette mesure ont donc plus semé la panique que contribué à la sécurisation de notre ville . Les autorités judiciaires feront savoir très bientôt les conclusions, du dossier judiciaire qui a été ouvert sur l’agression de dimanche » avant d´ajouter que « le gouvernement déplore la stratégie du chaos qui semble inspirer les auteurs des attaques de dimanche et assure le peuple congolais de sa détermination à les mettre hors d’état de nuire dans l’intérêt du processus démocratique en marche dans notre pays. L’axe terroriste avec ses appuis politiques et logistiques internes et externes sont désormais sous surveillance ».
Pour ce membre du gouvernement congolais, « si le pays est perturbé par des attaques de ce genre qui pourraient se renouveler si on ne prend pas de mesures pour les éradiquer, et bien il est peu probable que des élections se tiennent ». Qui parle ? C´est notre « excellence » monsieur ministre congolais de la Communication, Lambert Mende. Ceci explique sans doute le cynisme qui se prépare sous nos yeux avec les prochaines interpellations de « pseudo-commanditaires » de l’attaque de la résidence présidentielle dans le but de les empêcher à participer aux échéances électorales prochaines.
2. En RD Congo : Dans plusieurs affaires les autorités judiciaires peinent à faire savoir les « conclusions » des dossiers judiciaires !
En RDC, des affaires classées sans suite, on en compte par milliers. D’ordinaire, une formule est souvent utilisée : « Les autorités judiciaires feront savoir très bientôt les conclusions, du dossier judiciaire qui a été ouvert pour faire toute la lumière sur l´affaire ». Tout se limite à cette incantation. En effet, la liste est longue, et par ailleurs, non exhaustive. Sans vouloir remonter au déluge, on peut épingler notamment les cas du lieutenant Eric Lenge. A la suite de l´attaque de la résidence du chef de l´État congolais, Joseph Kabila, perpétrée par cet officier de l´Armée congolaise (RDC), le porte-parole du gouvernement congolais (« excellence » monsieur le ministre de l´information) avait précisé qu´il n´y avait plus aucune trace de ce dernier (Eric Lenge). L´autre affaire qui a fait couler beaucoup d´encre, c´est celle des Enyele, ces « affreux » – selon son « excellence » monsieur le ministre congolais de l´information – ont tué, un dimanche de Pâques, plusieurs personnes à Mbandaka, dans la province de l´Équateur en RD Congo. Malheureusement, jusqu´au jour d´aujourd´hui, le procès se fait toujours attendre. Entretemps, beaucoup de choses ont été dites ; toutefois les conclusions des investigations des autorités judiciaires congolaises n´ont pas toujours rencontrées les attentes d´une opinion nationale qui tenait à voir les commanditaires payés pour leurs actes anti-démocratiques.
Comme si cela ne suffisait pas, l´aéroport de Luano, à Lubumbashi dans la province du Katanga, a fait l´objet d´une attaque surprise. Fort heureusement que le gouverneur de la province, monsieur Moïse Katumbi a tranquillisé tout le monde : « Il s´était agi d´un fait mineur », a-t-il dit. Toutefois, il demeure que pendant quelques heures, une psychose avait paralysé cette région minière de la RD Congo. Le dernier cas en date est l´attaque de la résidence du chef de l´État congolais, son « excellence » Joseph Kabila. Jusque-là, le doute semé dans nos esprits, par le porte-parole du gouvernement congolais, inquiète la population congolaise habitée par la soif de la transparence.
Avec tous ces mensonges cousus en fil blanc, le régime de Kinshasa présente beaucoup de similitudes avec les dictatures du monde arabe : régime sans vision ni projet politique, pas de sécurité pour les personnes et les biens, pas de liberté d’expression ni de liberté de critique et de choix politique. Pas de liberté de manifestation. Les mêmes causes produisant généralement les mêmes effets. Il ne reste plus qu´à la rue de montrer la porte de sortie à nos « excellences ».
Par Dr. & Habil., Prosper Nobirabo Musafiri
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