

Comme à l'époque de la Conférence nationale souveraine où il s'interrogeait sur le paradoxe d'un Congo riche avec une population pauvre, le cardinal Monsengwo vient de hausser le ton pour rappeler à ceux qui gèrent au quotidien les biens du pays leur obligation de veiller à ce que les richesses de ce beau pays au cœur de l'Afrique profitent à toute la population selon les règles de justice et d'équité. Le prélat catholique a animé une conférence-débat à la Cathédrale Notre Dame du Congo dimanche 5 mai autour du thème « la destination universelle des biens de la terre ». Ce grand débat a connu la participation des députés, sénateurs, jeunes 'fidèles catholiques, et d'un parterre d'intellectuels. L'ancien président de la Conférence Nationale Souveraine a, dans son exposé,, fustigé la politique des grandes 'puissances qui consiste à exploiter les matières premières de l'Afrique comme biens sans maître en complicité avec l'élite du continent noir corrompue dans la conclusion des contrats léonins, Pour y .remédier, l'archevêque a proposé, s'inspirant de la lettre de Benoît XVI, un nouveau partenariat Nord - Sud basé sur les intérêts communs. Se référant aux Saintes Ecritures, il a souligné que Dieu a créé l'homme pour mettre en valeur les biens de la terre. Partant de cette référence biblique, le cardinal a invoqué le regretté professeur Malu qui dans son discours de politique générale a lancé un défi à l'intellectuel congolais de transformer les potentialités du pays en richesses réelles. Pourquoi la justice distributive n'est pas une réalité dans notre pays alors que pendant 50 ans la classe dirigeante du Congo est dominée par les chrétiens catholiques ? A cette question d'un participant à cette conférence, le cardinal a fait remarquer que les enseignements de l'églisesont donné n'ais chacun doit vivre 'sa foi chrétienne dans l'exercice de ses fonctions tout en rappelant que dans le passé, deux hommes politiques catholiques, le président Kasa-Vubu et le premier ministre Adoula, ont reversé des reliquats de leurs frais de mission au trésor public. L'occasion faisant le larron, l'archevêque a appelé les Congolais à un vote responsable. « Si les gouvernants actuels n'ont pas accompli leur mission pour que les biens du pays bénéficient a un grand nombre, le peuple qui choisit les dirigeants par les élections doit les écarter », s'est il exprimé sans ambiguïté. Le cardinal a exhorté à la pratique de la charité pour donner à manger aux affamés et à l'Etat congolais de créer de l'emploi et de mettre des structures permettant à tous les enfants du pongo de jouir des biens de la terre grâce à un travail. L'homme devant mange à la sueur de son front, l'oisiveté n'a pas sa place dans un pays scandaleusement riche, a conclu ce défenseur acharné de la justice sociale.
Eric WEMBA
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