mardi 7 juin 2011

Révision du fichier électoral : Cafouillages autour des statistiques livrées par la CENI!


MARDI, 07 JUIN 2011 
La CENI a annoncé atteindre 31.000.003 électeurs à la présidentielle et aux législatives du 28 novembre. Sur quelle base le bureau de la Commission électorale s'est appuyé pour établir pareille estimation ? Dans un pays où les statistiques démographiques fiables n'existent pratiquement plus, comment a-t-on procédé, afin de conclure qu'environ 6 millions de nouveaux électeurs se sont ajoutés à ceux de 2006 ?

Il n'y a que la méthode des projections et d'évaluations anticipées qui doit avoir été utilisée. Mais cette méthode est crédible dans les pays où l'administration publique fonctionne plus ou moins bien.

Dans ce capharnaüm qu'est devenue la RDC, cet exercice se révèle très hasardeux.

Il est d'autant plus hasardeux que le bureau de la CENI ne peut clairement établir la courbe d'évolution de la population ou des électeurs par province. Cette situation va inévitablement déboucher sur une série de malentendus entre la classe politique et la CENI.

Le ton de contestation a été donné le samedi 4 juin, lorsque le bureau de la CENI a tenu à rendre compte de l'état de la révision du fichier électoral. Alors que ce bureau s'estimait pratiquement quitte au Katanga où il annonçait 73 % d'électeurs inscrits avant le délai butoir du 10 juin, il lui a été démontré le contraire.

Un bonze du PPRD, figure représentative de la famille présidentielle, a révélé à l'assistance qu'il y a des contrées au Nord-Katanga où la révision du fichier électoral n'est pas passée. Des milliers d'électeurs, a-t-on laissé entendre, ont été inexplicablement exclus de la grande compétition. Cette situation semble toucher presque toutes les provinces où la, CENI s'est déployée. Même là où elle a annoncé avoir pulvérisé les records comme au Bas-Congo, les réclamations de non enrôlement fusent d'un peu partout.

Dialogue des sourds

Il est à craindre que cette situation ne provoque une levée de boucliers à plusieurs niveaux. En effet, il apparaît que la CENI ne possède pas la même mesure démographique que la classe politique. En cas de blocage au moment de la publication du fichier électoral par province, qu'est-ce qui servira d'unité de mesure pour départager les parties ?

Nous nous retrouvons fort malheureusement dans un cas de figure où chacun semble posséder sa propre comptabilité électorale. La parole de la CENI sera difficilement opposable aux partis et leaders politiques. Ceux-ci se sont déjà fait une certaine appréciation du volume de leur électorat respectif.

Ainsi à Kinshasa et dans les deux Kasaï, particulièrement, où l'abstention avait atteint un seuil remarquable, on attend beaucoup dans certains milieux. On pense, dans ceux-ci, que l'engouement suscité par la présidentielle du 28 novembre, doit doper les statistiques au cours de l'enrôlement.

Mais quand on regarde de près, la répartition du surplus supposé d'électeurs par province ne confirme, pas la démarcation de ces trois provinces. A titre indicatif, le nombre d'électeurs attendus dans les deux Kasaï, ne se démarque pas de manière significative de ceux que la défunte CEI avait prévu en 2006.

Il se pose du coup un problème majeur que devra s'atteler à résoudre la CENI en amont. Car cette difficulté risque de faire le lit d'une contestation électorale qu'il sera très difficile de gérer au bout du compte.

C'est tout un signe que de voir Etienne Tshisekedi et l'UDPS exiger que les observateurs internationaux se signalent déjà au pays en ce moment de révision du fichier électoral. Pour l'UDPS et son leader, c'est en ce moment que se tisse la fraude électorale. Un homme averti …
LP                                                                                                                    

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