jeudi 2 juin 2011

Libye : Nécessité du bénéfice du doute à Kadhafi

Kadhafi et Obama (DR)
(AfriSCOOP) — Jacob Zuma a tenté de nouveau, lundi dernier, d’aider les belligérants du conflit libyen à trouver une solution négociée ou négociable à leurs luttes fratricides. Une fois de plus, la pression de l’Occident a fait échouer la mission de bons offices du numéro un sud-africain… Sans vergogne.
L’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique nord) ne veut pas de solution pacifique au conflit en cours en Libye mais n’est pas prête pour le dire officiellement. Normal quand les Français qui sont à l’origine de la croisade anti-Kadhafi ont commencé, depuis deux semaines, à déployer des troupes auprès des rebelles de l’ex Cnt (Conseil national de la transition) ; sous le sceau d’un repositionnement stratégique de leurs forces intervenant dans le cadre de l’Opération anti-Kadhafi. Jusqu’à l’éviction du pouvoir de Mouammar Kadhafi, personne ne comprendra réellement l’origine profonde de l’inimitié que portent subitement MM. Sarkozy et Obama contre le Guide libyen.
Car voici près de trois mois que Bachar El Assad piétine, au vu et au su de tout le monde entier, les droits humains élémentaires en Syrie. En éliminant ses compatriotes comme des mouches. Washington et Paris ne se sont fendues dans ce cas que de simples déclarations. Accompagnées de sanctions personnalisées qui ont à peine égratigné les caciques du régime de Damas. Si la vie des Libyens est chère aux présidents américain et français, toutes les voies non armées de résolution des différends dans ce vaste Etat doivent être privilégiées. Pour ce faire, les puissances coalisées doivent mettre M. Kadhafi à l’épreuve, en lui offrant un court sursis de respect des termes du « cessez-le-feu » qu’il appelle de ses vœux. Une accalmie des armes lourdes en Libye qui devrait baliser la route à l’organisation d’élections libres.
Kadhafi n’est pas souvent sérieux mais reste un Homme
Lorsqu’on regarde dans le rétroviseur l’histoire politique de la Libye, il n’est pas du tout aisé de faire confiance au numéro un de ce pays pour organiser des scrutins démocratiques. Cependant, c’est la solution tangible qui se présente dans le cas d’espèce. Avec les armes et les bombardements de l’Otan sur la tempe, le dirigeant libyen est bien obligé de suivre la voie de la démocratie si on lui en donne l’occasion.
Avec ou sans Kadhafi, la République socialiste libyenne a connu des mutations à telle enseigne que ses habitants ne se laisseront plus opprimer. Embrayer coûte que coûte sur un départ de Mouammar Kadhafi en brandissant la mort de 10.000 de ses compatriotes, c’est mal cacher les appétits voraces de Washington et de Paris au sujet des énormes ressources pétrolières de la Libye. La Russie a vite compris le jeu de ses concurrents français et américains. Inéluctablement, les Chinois, en tant qu’autre grand du monde contemporain, vont se mettre à cette danse dans les jours à venir. Pour préparer eux aussi l’après-Kadhafi.
Il y a péril en la demeure dans la région de Ciudad Juarez (au Mexique), au nez et à la barbe des Yankees. Plus de 2.000 homicides ont été commis par des bandits d’une autre époque et sauvages l’année dernière, en se livrant à des trafics de tout genre ! Ce drame contemporain et humain n’attire aucunement la Maison Blanche !! Dans le même sens, le président Saleh continue des massacres au Yémen. La France qui veut jouer un nouveau rôle dans le monde arabe a là de la matière. Mais elle reste inactive. Non, les Libyens n’ont pas besoin d’offrir leurs corps à des champs d’expérimentation des armes de l’Occident. Unité africaine, tu es la seule à même d’écourter la nouvelle humiliation infligée au continent noir via la Libye…

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