mardi 7 juin 2011

RDC : A Brazzaville, l’état de santé du général MUNENE se détériore

06/06/2011
  
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 Le Général Faustin MUNENE

«L’état de santé du général Faustin Munene (…) ne cesse de se détériorer depuis une semaine», le général Munene «a dû être transporté à deux reprises à l’hôpital militaire». Et «son évacuation sanitaire vers un pays européen est apparemment très sérieusement envisagée». A-t-il été empoisonné ?

D’après l’hebdomadaire parisien «Jeune Afrique», le général Faustin-Benoît Munene, détenu depuis mi-janvier dernier à Brazzaville, aurait des ennuis de santé. Son évacuation vers un pays étranger serait même envisagée. A Kinshasa, "Joseph Kabila" ne décolère pas devant le refus de son homologue du "Congo d’en face" d’extrader cet ancien dignitaire de l’ex-AFDL accusé de fomenter un putsch.

«Congo-Brazzaville : Munene mal en point». C’est le titre d’une «brève» publiée dans l’édition n°2630 de "Jeune Afrique", daté du 5 au 11 juin 2011. «L’état de santé du général Faustin Munene (…) ne cesse de se détériorer depuis une semaine», peut-on lire. A en croire ce magazine, depuis son interpellation en janvier dernier par le DST (Direction de la sécurité du territoire), le général Munene «a dû être transporté à deux reprises à l’hôpital militaire». Et que «son évacuation sanitaire vers un pays européen est apparemment très sérieusement envisagée».

De quoi souffre cet officier supérieur des Forces armées de la RD Congo? «J.A» n’en dit pas un mot. Selon une source proche de la famille contactée par Congo Indépendant, «le diabète serait la cause des ennuis de santé du général Faustin». Il semble que l’ancien vice-ministre de l’Intérieur de Mzee développait cette "affection" depuis plusieurs années.
Général en cavale

Natif de Bandundu (Kwilu), Faustin Munene a passé une bonne partie de sa vie en exil en Angola. C’est dans ce pays alors marxiste qu’il a fait l’apprentissage du métier des armes. Il est revenu au Congo-Zaïre lors de la guerre dite de « libération». Après la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila, il a assumé plusieurs postes de responsabilité : chef d’état-major de la force aérienne, vice-ministre de l’Intérieur, chef d’état-major général de l’armée (avec Joseph Kabila comme adjoint). Selon des bonnes sources, les généraux Munene et «Kabila» se détestaient «affectueusement».

Après le décès de Mzee LD Kabila, le chemin de la Croix commence pour «le général Faustin». Devenu président de la République, «Joseph Kabila» nomme

Munene au poste de chancelier des ordres nationaux. C’est le temps de la suspicion. En septembre 2010, la résidence de l’ancien chancelier est attaquée par des membres de la garde prétorienne de «Kabila». Selon des témoins, l’opération a été conduite par Zoé et Jaynet «Kabila». L’information n’a jamais été confirmée ou infirmée. Munene est suspecté de préparer un putsch. Celui-ci entre en clandestinité avant de faire sa réapparition au mois de novembre à l’occasion d’une intervention-réquisitoire à «Radio Bendele» : «Le Congo va mal. La situation du pays est pire qu’à l’époque du maréchal Mobutu». Et d’ajouter : «Faut-il aller aux élections pour voter les mêmes individus qui violent les droits de la personne humaine ?»
Refus d’extradition

Quelques semaines après cette tonitruante prestation, Munene est interpellé au Congo-Brazzaville par la DST (Direction de la sécurité du territoire). Son cas est au centre d’une bisbille diplomatique entre les deux Congo. En cause, les autorités brazzavilloises rechignent à faire droit à la demande d’extradition de Kinshasa. Une attitude applaudie tant par l’opposition congolaise que dans les milieux des Congolais de la diaspora. «Joseph Kabila réprime sans rémission les Congolais originaires de l’Ouest du pays tout en étant bienveillant à l’égard de ceux de l’Est, particulièrement les rwandophones», entend-on dire ici et là.

L’opinion congolaise peine à digérer la mollesse qu’affichent les autorités de Kinshasa à l’éagrd du régime rwandais de Paul Kagame. Celui-ci a, depuis janvier 2009, donné asile à Laurent Nkunda Mihigo. «Kabila et le ministre des Affaires étrangères Thambwe n’osent même plus faire semblant d’exiger l’extradition à Kinshasa de l’ancien président du CNDP», s’enrage un opposant politique. Notre interlocuteur de poursuivre : «Après avoir massacré des Congolais dans le district de l’Ituri, Bosco Ntaganda jouit de l’impunité à Goma grâce à Kabila. Il en est de même de plusieurs violeurs apartenant au CNDP promus au grade de major et de colonel des FARDC par le jeu du mixage.»

Dans une interview accordée à «Jeune Afrique» fin février dernier, le président Denis Sassou Nguesso créé l’événement en clamant à haute et intelligible voix le refus de son gouvernement d’extrader le général Munene. «(…). Ce n’est pas la première fois, explique-t-il, que telle ou telle personnalité de la RD Congo traverse le fleuve pour se réfugier chez nous. (…). A chaque fois, nous les interceptons et nous en informons les autorités de Kinshasa. Reste le problème de l’extradition sur lequel nous observons depuis plus de quarante ans une position négative de principe.» Sassou-Nguesso de rappeler le "précédent" Pierre Mulele. Exilé au Congo-Brazzaville en 1968, l’ancien chef de la rébellion dite muléliste a été exécuté dès son rapatriement. Un rapatriement négocié par Justin-Marie Bomboko, alors ministre des Affaires étrangères. «Nous nous sommes promis de ne plus jamais nous tromper de la sorte», soulignait le président du Congo-Brazzaville.
Crise diplomatique

Le 27 février 2011, la résidence présidentielle située dans la commune de la Gombe est attaquée par un mystérieux commando. Des sources proches des «enquêteurs» assurent que «les assaillants seraient venus de Brazzaville». Trois mois après, les personnes arrêtées non toujours pas été traduites en justice. Comme à l’accoutumée, le dossier est géré en toute opacité par les services de renseignements civils et militaires. Les relations entre les deux Congo prennent le relief d’une crise. Dans un communiqué daté du vendredi 25 mars, le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, décide de «rappeler en consultation» l’ambassadeur de la RD Congo à Brazzaville, Esther Kirongozi Maliyabwana. L’ombre du général Munene continue à hanter «Joseph Kabila» et ses sbires notamment au Bandundu et au Bas-Congo.

Dans un communiqué daté 5 mai dernier, l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans Voix» annonce l’arrestation du lieutenant-colonel Jean-Pierre Kazamba Mukala. Il s’agit du commandant de la police nationale pour le District du Kwango. L’homme a été «enlevé», mercredi 19 avril, à son domicile à Kenge, par des éléments de la tristement célèbre «Direction de renseignements généraux et services spéciaux de la police nationale» (DRGS), une police politique vouée au service des intérêts du "raïs". Motif de l’arrestation : «Intelligence» avec le général Faustin Munene. Dans son communiqué, la «VSV» exigeait «la libération immédiate et sans conditions» de cet officier qui est détenu à ce jour dans un cachot de l’ANR.

Vers quel pays européen va-t-on évacuer Faustin Munene ? «Joseph Kabila doit boire du petit lait en apprenant les nouvelles sur la santé chancelante du général Munene, marmonne avec amertume un ami de la famille joint lundi soir au téléphone à Kinshasa. Il faut espérer que les nervis du raïs n’iront pas l’achever dans son lit d’hôpital à l’étranger».

B.A.W
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