vendredi 22 juillet 2011

Au Sénégal, Wade ne voit « personne de crédible » pour le remplacer

Me Abdoulaye Wade, président du Sénégal
(AfriSCOOP Dakar) —Le président sénégalais a redit sa volonté de se présenter à la présidentielle de 2012 pour briguer un 3e mandat. Il a dit qu’il ne voyait personne de crédible parmi les candidats pour le remplacer. Il a encore dit les « grandes qualités » de son fils et son bonheur qu’il devienne président après sa mort.

Par Macoumba BEYE, La Rédaction AfriSCOOP à Dakar ©
C’est dans un entretien au journal français La Croix que le président sénégalais Abdoulaye Wade a abordé les questions d’actualité de son pays. Il est hors de question qu’il ne soit pas candidat à la prochaine présidentielle puisque son départ « maintenant » plongerait le Sénégal dans un chaos total.
« Mon départ créerait au Sénégal un chaos pire qu’en Côte d’Ivoire » a dit Abdoulaye Wade qui a encore infantilisé ses potentiels successeurs. « Qui pourrait me remplacer « maintenant » ? Personne de crédible » a-t-il ajouté dans un entretien qu’il accordé au journal français La Croix.
Le président Wade a, comme souvent, trouvé les bons qualificatifs pour parler de son fils avec ses « grandes qualités ». Il exclut cependant clairement maintenant qu’il soit son successeur direct à la tête du pays.
« Personne ne peut l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle après ma mort. La perspective qu’il devienne un jour président du Sénégal ne me déplaît pas. Mon fils a de grandes capacités. Personne dans l’opposition n’a la compétence économique et financière de Karim », a insisté Abdoulaye Wade.
Abdoulaye Wade a refusé dans cet entretien qu’une comparaison soit établie entre ce qui se passe au Sénégal et ce qui a précédé en Egypte et en Tunisie. Ces « pays étaient caractérisés par l’absence de liberté. Ici, c’est l’excès de liberté qui est à l’origine de ces troubles. Cet excès permet à certains de dire et de faire n’importe quoi contre le régime » a-t-il jugé.
Le président sénégalais a refusé la fin de son histoire d’amour avec la jeunesse qui a été décisive dans son élection en 2000. Pour lui, elle se poursuit toujours et il va la renforcer en créant 100.000 emplois pour les bacheliers qui n’ont pas d’emploi et les étendre même à ceux qui n’ont pas le bac.
Il en a profité pour railler le mouvement très populaire « Y en a marre » qui préconise une nouvelle forme de citoyenneté et combat la candidature de Wade. « Les rappeurs de « Y’en a marre » ne représentent qu’eux-mêmes. Ils n’ont rien à voir avec les jeunes de l’intérieur du pays » a-t-il indiqué.
Une vive polémique sur la légalité d’un éventuel troisième mandat du chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade bat son plein au Sénégal. Opposition, Mouvements citoyens, Société civile et constitutionnalistes dénoncent un troisième mandat synonyme de « violation » de la Constitution alors que des responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds, au pouvoir) le juge légal. Quoi qu’il en soit, la question de la validité ou non de la candidature du président Wade sera tranchée après le dépôt officiel des candidatures par la Cour Constitutionnel.

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