
Blaise Compaoré, président du Burkina Faso (DR)
(AfriSCOOP ) — Le Burkina Faso a besoin de sortir, une fois pour toutes, des zones de turbulence politique qu’il a traversées du mois de février à celui de juin 2011. En promettant tout simplement ce jeudi 21 juillet 2011 de « respecter la Constitution », l’ex enseignant Blaise Compaore jette ses compatriotes dans une attente qui risque d’être languissante ; une fois encore et sans aucune raison valable.
« J’exprime ma disponibilité à œuvrer avec tous au respect de la Constitution du Burkina Faso », dixit le président Compaore, ce 21 juillet à Ouagadougou, en recevant le rapport d’un Comité chargé de proposer des réformes politiques. Pour une déclaration d’une si haute importance, les habitants du « pays des hommes intègres » attendaient assurément mieux. La formule que vient d’utiliser M. Compaore pour exprimer son désir de « respecter la Constitution », d’anciens dictateurs du continent noir l’ont déjà usitée. Comme le dit l’opposant Me Bénéwendé Stanislas Sankara, la sortie du président du Faso de ce 21 juillet « cache une intention malveillante ». Dans ce manège politique, ce sont les couches les plus démunies du « pays des hommes intègres » qui risquent une nouvelle fois de payer un lourd tribut à la reviviscence des tensions politiques ; si d’aventure elles refont surface.
M. Blaise : l’heure n’est plus au dilemme
Pour un chef d’Etat qui dirige d’une main de fer gantée son pays depuis octobre 1987, déclarer tout de go devant son peuple qu’on renonce à toiletter l’article qui garantit la limitation des mandats présidentiels équivaut à une Berezina politique !! L’épreuve est d’autant plus difficile à subir quand l’on a été médiateur dans plusieurs crises ouest-africaines ; c’est le cas du chef de l’exécutif du Faso. D’autant plus que l’histoire de cet Etat sahélien pourrait retenir que c’est à la faveur du décès injustifié d’un autre Zongo que les Burkinabé ont commencé à vomir publiquement le pouvoir du Cdp (régime en place dans ce pays).
Par ailleurs, en 24 ans de pouvoir, le grand Blaise s’est entouré de proches collaborateurs parmi lesquels doivent assurément se trouver des thuriféraires de la « loi du moi ou c’est le cataclysme ». C’es-à-dire des adeptes du statu quo politique ad vitam aeternam. Un peu comme on en rencontre dans l’antichambre de toutes les présidences de la « savane politique africaine ».
Mais de tous ces manèges qui n’ont fait que retarder le développement du Faso d’une manière générale et saborder les plans de croissance définis par le régime du Cdp lui-même, les Burkinabé n’en veulent plus !!! Le printemps arabe ayant fini de faire également dans ce pays des émules. A telle enseigne qu’au-delà des habituels opposants au pouvoir de Ouagadougou, c’est une majorité de Burkinabé qui veulent et qui sont surtout décidés à respirer les effluves d’une nouvelle ère politique sans M. Compaore. Avec ou sans l’affirmation (sans équivoque) de sa volonté de ne pas briguer un troisième mandat de 5ans… Celui de trop.

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