jeudi 21 juillet 2011

Déstabilisation de la Côte d’Ivoire : Un réel danger plane (Soir Info)

July 21, 2011
 
Le volcan de la déstabilisation du régime Ouattara n’est pas encore totalement éteint. Il est tout simplement en sommeil et pourrait, à tout moment, se réveiller et cracher ses larves sur le pouvoir en place. Les partisans du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, peuvent donc « faire la nouba », mais en gardant les yeux grandement ouverts, notamment, sur les proches d’Ibrahim Coulibaly dit IB, tué à Abobo PK 18 par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), des jeunes patriotes de Charles Blé Goudé, des éléments de la garde Républicaine, les mercenaires pro-Gbagbo, les anciens officiers supérieurs des Fds en exil et certains restés dans l’armée. Ce constat, pour le moins stupéfiant, est de l’Opération des Nations unies en Côte d`Ivoire ( Onuci).
Le rapport que Young-Jin Choi, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d’Ivoire, a produit le 18 juillet 2011 à New-York, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, se veut un « avertisseur » des dangers qui planent sur le pouvoir d’Alassane Ouattara. Il a posé, en effet, un regard sur la situation sécuritaire du pays, qui donne tout simplement froid dans le dos. Choi a d’abord mis en relief l’incapacité des Frci à assurer la mission de sécurisation du pays de façon efficiente. « Les Frci continuent d’être caractérisées par leur nature non conventionnelle et disparate, leur absence de cohésion et ‘`insuffisance de leurs moyens », soulignant qu’on ne peut pas attendre grand-chose d’elles, en termes de sécurisation du territoire ivoirien. Ce qui, naturellement, a amené l’Onuci à prendre les choses en main, notamment, par le renforcement de ses troupes et leur déploiement à l’échelle du pays.
Y.J Choi affirme que le danger est toujours présent et plane comme l’épée de Damoclès sur le nouveau pouvoir. « La situation qui règne dans le pays, sur le plan de la sécurité, en particulier à Abidjan et dans l’ouest du pays, demeure extrêmement précaire », fait remarquer le diplomate sud-coréen. Qui s’empresse d’enfoncer le clou : « Le risque d’une reprise du conflit armé est toujours aigu et les attaques contre les populations civiles continuent. Il est possible qu’elles soient fomentées par les nombreux soldats de l’ex-garde républicaine qui se sont fondus dans la population civile à Abidjan avec leurs armes ou encore par les milices pro-Gbagbo, les mercenaires et les anciens membres des Fds qui ont été re-aiguillés à partir d’Abidjan et tentent de se regrouper dans les provinces occidentales, ou encore par les Jeunes Patriotes et les membres de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire ( Fesci) qui ont toujours accès à des armes et des éléments des commandos invisibles qui sont entrés dans la clandestinité avec leurs armes ».

Troupes renforcées
Au fur et à mesure que l’on épluche ce rapport, on est plutôt abasourdi et étreint d’inquiétudes face à la précarité de la situation sécuritaire. Par ailleurs, le représentant de Ban Ki-moon en Côte d`Ivoire analyse le fait qu’un peu plus de 15 % des policiers et gendarmes ivoiriens soient toujours dans la nature comme étant une autre boîte de Pandore que le pouvoir Ouattara devrait gérer avec tact. « En plus, au niveau de la police et de la gendarmerie jusqu’à ce jour, 85 % d’entre eux se sont fait enregistrer pour la reprise de leurs fonctions, mais très peu sont ceux qui travaillent effectivement », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Les mercenaires partisans de Gbagbo, les milices et les anciens éléments des Fds ( Ndlr : Forces de défense et de sécurité dont le Cema, Philippe Mangou vient d’être limogé) à l’ouest constituent une grave menace, non seulement pour la Côte d’Ivoire, mais également pour ses voisins.
La plupart des voisins de la Côte d’Ivoire risquent d’être déstabilisés du fait du caractère poreux des frontières et de l’histoire des anciens combattants et milices de la sous-région qui agissent pour leur propre compte ». Au total, ce rapport de Choi présente des perspectives très sombres pour la Côte d’Ivoire, notamment au plan sécuritaire…Il interpelle le pouvoir Ouattara à plus de vigilance pour endiguer le péril. En ce qui la concerne, face à ces menaces graves, l’Onuci a entrepris de boucler, militairement, le pays. Ainsi, son effectif militaire, de 9.792 hommes soit 8.402 soldats, 186 observateurs militaires et 96 policiers d’état-major sera-t-il maintenu. La police de l’Onuci verra son effectif passer à 1.555 éléments. Ses troupes se renforceront sur toute la bande occidentale du pays qui couvre les départements de Toulépleu, Taï et Tabou. Par ailleurs, l’effectif de 2.400 soldats onusiens et 100 policiers supplémentaires, précédemment autorisés, seront maintenus jusqu’au lendemain des élections législatives. L’Onuci et la Mission des Nations unies au Libéria ( Minul) devraient prendre en charge la sécurité transfrontalière entre la Côte d`Ivoire et le Liberia.

Armand B. DEPEYLA
Source: SoirInfo

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